AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio

Note moyenne 3.1 /5 (sur 65 notes)

Nationalité : Espagne
Né(e) à : Palma de Majorque , 1956
Biographie :

José Carlos Llop est né en 1956 à Palma de Majorque, où il vit. Il a reçu en Espagne le prix des Meilleures nouvelles en 1999. Il a publié neuf recueils de poésie, un Journal (cinq tomes) et plusieurs romans, dont quatre sont parus aux éditions Jacqueline Chambon.

Source : http://www.actes-sud.fr
Ajouter des informations
Bibliographie de José Carlos Llop   (14)Voir plus

étiquettes
Videos et interviews (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de

Table ronde Littératures européennes - 38ème édition du Livre sur la place Inauguré en 2015, cette table ronde a pour ambition d’ouvrir la discussion sur ce qui fait l’Europe de la pensée, de la culture et donc de l’Humain. Cette année cap vers le sud ! Rhéa Galanakis L’ultime humiliation (Galaade), Davide Enia Sur cette terre comme au ciel (Albin Michel), José-Carlos Llop Le rapport Stein (Actes sud), Nils Ahl (Phébus) Animées par Nicolas Ehler, directeur du Goethe Institut


Citations et extraits (49) Voir plus Ajouter une citation
Bookycooky   08 août 2018
Rois d'Alexandrie de José Carlos Llop
.....aux lèvres un enthousiasme à la Pound : « surveiller les Vénitiens », un vers perdu de quelque Canto, au rythme des premiers accords du Concerto pour violon de Tchaïkovski, que ma mère écoutait à la maison et que je comparais à Hey Joe, de Hendrix. Je les comparais en lui disant que Hendrix faisait avec la guitare ce que son Russe avait fait avec le violon et elle me répondait « Laisse donc, où penses-tu aller, avec ton vacarme ».
Commenter  J’apprécie          440
Bookycooky   07 août 2018
Rois d'Alexandrie de José Carlos Llop
De Barcelone arrivaient* en renfort des putains qu’on appelait les mouettes, parce qu’elles suivaient le sillage des bateaux.



* à Palma.
Commenter  J’apprécie          430
le_Bison   22 juin 2018
Solstice de José Carlos Llop
Le soleil brille avec une puissance écrasante ; les papillons tricotent l'air en tâches de couleur jusqu'au milieu du mois d'août et alors les libellules les remplacent ; les oiseaux recherchent l'ombre et chantent avec force (sauf à l'heure de la sieste, où ils se taisent, anesthésiés par la chaleur) ; les chrysalides sont vides, abandonnées comme des costumes d'une autre saison ; les insectes usurpent n’importe quel territoire, faisant démonstration de la puissance de leur infanterie, de leur cavalerie et de leur aviation, pour que les choses soient claires ; la chair, fraîche et rouge, des pastèques dispute à la figue le titre de meilleur symbole de sensualité de cette saison ; le melon est un parfum raffiné qui fond dans la bouche pour apaiser notre soif ; le raisin en grappes est à partager, mais quand on est enfant on ne le sait pas ; la mer est un palais baroque – sous-marin, naturellement -, dont le toit en verrière atteint à la dimension de grande fresque picturale où les lumières varient au fil de la journée. Ses habitants sont parés de leurs plus beaux habits et de leurs cuirasses et se promènent sous l'eau comme des dames babyloniennes, des scribes assyriens et des prêtres égyptiens. Les requins bleus et les requins-taupes sont les barbares qui guettent la civilisation. Ou les détachements avancés aux frontières, qui les protègent. La mer est la splendeur et le retour à la maison, mais aussi l'immensité de la tragédie : personnelle (quand elle atrophie) et collective (quand elle est une saignée). Bref, la tragédie méditerranéenne, à laquelle, pourtant, elle survit toujours.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          364
le_Bison   26 juin 2018
Solstice de José Carlos Llop
Il y avait deux mers dans la baie. La première était placide et silencieuse, bleu pâle, presque blanche, veinée de différents tons de vert quand on s'en approchait. Les barques, peu nombreuses, flottaient de telle façon qu'elles avaient l'air de montgolfières et le fond sous-marin, d'une masse d'air emprisonnée par un merveilleux scénographe dans un grand récipient de cristal liquide. L'autre mer était tempétueuse et rugissante, bleu foncé, à la surface éclaboussée de bave blanche et avec de grandes vagues rageuses qui vomissaient des giclées d'écume blanche en arrivant à la côte, comme sur une estampe d'Hokusai.
Commenter  J’apprécie          301
le_Bison   03 avril 2018
Solstice de José Carlos Llop
Les nuits de lune nous entendions les rats aller et venir nerveusement sur les branches de pin, et les jours de soleil - c'est à dire tous les jours - les abeilles se gorgeaient de nectar sédatif de la passiflore, dans la chaleur du mois d'août. La tonnelle avait un petit air japonais - Art déco japonais, même si à la maison personne ne m'avait parlé de l'Art déco - et quelque chose de la peinture moderniste, de Fortuny, par exemple, ce qui contrastait avec son côté mystique. Les pistils lilas de la fleur formaient la couronne du Christ et les étamines safranées, les cinq plaies. La fleur, outre le blanc, avait des tonalités de carême et le nombre de pétales et de sépales avait également un rapport avec la Passion.
Commenter  J’apprécie          260
le_Bison   30 mai 2018
Solstice de José Carlos Llop
Tous les étés étaient le même été. Toutes les mers étaient la même mer. Notre vie était identique chaque mois d’août. Et c'était justement cela qu'on recherchait dans ma famille (et dans tant d'autres familles à l'époque). Ou du moins ce que recherchait mon père. Grâce à lui, j'ai découvert l'unité de temps, ou plutôt j'ai ébauché ma première conception de cette unité : en été il n'y avait pas de passé, ni de futur ; seulement le présent, et ce présent se projetait sur le reste de la vie comme un royaume ancien se projette sur les civilisations qui lui succèdent. Un présent solaire, méditerranéen, classique.
Commenter  J’apprécie          253
le_Bison   07 avril 2018
Solstice de José Carlos Llop
Je crois que la prière est un moyen d'être en contact avec les morts, en effet, mais aussi que les rêves - une autre forme de littérature - sont un territoire des morts et que parfois, dans les rêves, on instaure ou on reprend une conversation interrompue par la mort. Je suis de ceux qui pensent qu’on ne connait pas un lieu si on n’a pas visité son marché et son cimetière. Et je pense que fréquenter les tombes familiales est un rite de la mémoire et une façon d’affirmer que la vie sur la terre ne doit pas être la pâture de l’oubli, bien qu’elle le soit.
Commenter  J’apprécie          220
Bookycooky   11 décembre 2016
Solstice de José Carlos Llop
À la maison, nous n’avions pas l’habitude de nous rendre dans les cimetières. Les morts étaient morts, disait ma mère.....La messe et la prière étaient le moyen d’accéder aux morts.....Cette attitude n’était pas fondée sur des superstitions ataviques –la crainte des morts, par exemple, à l’origine de toute une mauvaise littérature gothique, ou une prévention contre les cimetières –mais était une façon d’affirmer la force de la vie face à la mort.
Commenter  J’apprécie          220
Bookycooky   10 décembre 2016
Solstice de José Carlos Llop
Après avoir pris son café sur la terrasse, face à la mer ou aux montagnes, dans la première lumière du jour, elle prépare le déjeuner. Tôt, pour être prête au plus vite, dit-elle, comme si elle devait être prête pour quelque chose, et chez elle ce quelque chose c’est exister : sans entraves, sans obligations.
Commenter  J’apprécie          220
YANCOU   02 octobre 2016
Solstice de José Carlos Llop
"Le temps de Betlem fut le temps de la vérité. Le temps où il n'y avait pas de faux pas et où tout était vérité, où tout était essentiel. Je veux dire que l'envers de la vérité -s'il y en avait un - n'était pas le mensonge mais le silence. Le mensonge viendrait plus tard. Après le début de la jeunesse et de ses faux départs. Dans le temps dont je parle, avant l'entrée dans le royaume inconnu des faux-semblants, il n'y avait pas d'écriture. La lecture oui, il y a toujours eu de la lecture. Mais pas l'écriture. Si le paysage mégalithique des environs était un paysage d'avant la littérature, il se produisait quelque chose de semblable avec mon paysage intérieur. Je n'étais pas encore écriture - et je ne savais pas, je ne soupçonnais pas que je le serais un jour. Comme les hommes des talayots et des dolmens à moitié recouverts par la rude végétation, dont la vie était étrangère à l'écriture, la mienne aussi l'était ; mais, à cause de mon père elle n'était pas étrangère aux Écritures. De la protohistoire à la protolittérature. Mais il y a aussi le pressentiment que c'est là que toute a littérature a pris naissance. Dans toutes ces années et dans leur perte : la perte du lieu, plus que tu temps. Ensuite, je suppose que d'autres pertes ont suffi - et la vie était une succession de pertes - pour que s'articule à travers l'écriture une façon de comprendre la vie et, surtout, de la vivre. Parce que la vie de quelqu'un qui revient tout les étés à l'endroit des étés de son enfance n'est pas la même que celle de celui qui ne revient jamais, ce qui déclenche la perte définitive et spéculaire de deux paradis de la mémoire. Je veux parler de paradis préservés uniquement par la mémoire, comme nous conservons des livres qui nous ont rendus heureux mais que nous refusons de relire, pour en garder cela, justement : les dons qui ont rendu notre vie différente de ce qu'elle aurait pu être. Comme l'ont fait, dans la civilisation, les grand maîtres de la peinture, les maîtres primitifs ; mais la prose marque la distance. Il y a un parallèle entre la vie d'un homme et l'histoire de la civilisation à laquelle elle appartient. Un parallèle et une symbiose. C'est pourquoi ce livre naît aussi du désir de défendre un caractère indéchiffrable de la beauté. Son mystère. Un livre réactionnaire, dans la mesure où il s'inscrit en faux contre la liquidation de l'art promue par le XXe siècle. Le siècle de la mégamort, également insatiable dans son acharnement à détruire la beauté en désarticulant son mystère, en une constante leçon d'anatomie menée par des gens qui ne connaissent même pas l'anatomie. Oui, c'est pourquoi ce livre est un livre ancien qui revendique son besoin d'être ancien pour être. Il est né dans son paysage, un paysage propre, noble et ascétique, qui de tout temps a fini dans la mer."
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40

Acheter les livres de cet auteur sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox

Listes avec des livres de cet auteur


Quiz Voir plus

Le quiz discount !

Modiano est un habitué des remises de ...?...

beigne
peine
banlieue
récompenses

10 questions
24 lecteurs ont répondu
Créer un quiz sur cet auteur

.. ..