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Note moyenne 3.7 /5 (sur 98 notes)

Nationalité : Portugal
Né(e) à : Galveias Ponte del Sor , le 04/09/1974
Biographie :

José Luis Peixoto, originaire d'un petit village du Portugal, a débuté comme journaliste et critique littéraire, tout en publiant des textes de poésie et de prose.

A 26 ans, son premier roman, Sans un regard (Grasset, 2004), porté par une écriture exceptionnelle et un univers bouleversant, lui vaut le prix Saramago.

Avec ce livre déjà culte, puis Une maison dans les ténèbres (Grasset, 2006), José Luis Peixoto s'impose comme l'un des écrivains les plus doués de sa génération.

Source : амазон.фр
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araucaria   23 mai 2015
Le cimetière de pianos de José Luís Peixoto
Mon père, comme son père avant lui, avait passé des années à faire des portes et des fenêtres parce qu'il ne parvenait pas à vivre en réparant seulement des pianos. Aussi, la plupart du temps, mon père faisait-il des portes et des fenêtres, des sièges pour s'asseoir, des tables qui attendaient les assiettes de soupe que les gens y poseraient. Mais, dans toutes ses songeries, il écoutait des pianos, comme s'il écoutait des amours impossibles. Et quand il venait de réparer un piano, seul, sans savoir une note, mon père s'enfermait dans la menuiserie pour jouer des musiques qu'il connaissait ou inventait. Peut-être aurait-il aimé être pianiste, mais même au temps où il n'avait pas renoncé à tous ses rêves, il ne s'en fût pas permis de cette grandeur. Mon oncle fixa son oeil gauche sur moi pour s'assurer que je n'oublierais pas et dit :

"Quand ton père parlait de pianos, quand il pensait à des pianos, il y avait en lui des tourbillons de musique"
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araucaria   23 mai 2015
Le cimetière de pianos de José Luís Peixoto
Dans l'entrée de la menuiserie, sur la droite, il y avait une porte fermée à clef, condamnée par le temps et par des chaises privées d'une jambe, par des plateaux de tables et autres vestiges accumulés en un tas désordonné. En ce début d'après-midi, mon oncle et moi écartâmes tout cela et, faute de savoir où se trouvait la clef, j'enfonçai la porte avec deux coups de pied au niveau de la serrure.

Le cimetière de pianos. Ma mère évitait de parler de cette pièce fermée de l'atelier. Si elle le faisait, c'était toujours pour dire qu'il n'y avait rien là qui pût m'intéresser. Quand cette explication cessa de me suffire, elle me parla de peurs. Elle me dit :

"Il y a des peurs là-dedans."
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nadejda   20 octobre 2017
Soufre de José Luís Peixoto
La fumée des cheminées se figea, ou si elle continua à monter ce fut selon une figure constante, sans le moindre sursaut. Même le vent, qui jusque-là s'amusait seulement avec le murmure que produisaient ses caresses sur les choses, donna l'impression de se contenir. Le silence fut absolu au point qu'il suspendit l'action du monde. Comme si le temps avait poussé un sanglot, Galveias et l'espace partageaient la même soudaine immobilité. p 15
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bilodoh   28 mai 2018
Le cimetière de pianos de José Luís Peixoto
Si dans une conversation, quelqu’un dit : tous les jours, ma femme pense à une succession infinie de lundis. Vendredi est la veille de la fin de semaine, et, pour cette raison, c’est un jour différent.Les samedis et les dimanches sont aussi des jours différents. Les mardis, mercredis et jeudis sont des jours spécifiques, où il arrive des choses spécifiques aux mardis, mercredis et jeudis. Les lundis sont des jours courants, anonymes. Ils sont tous les jours.



(Bernard Grasset, p. 315)
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bilodoh   03 juin 2018
Le cimetière de pianos de José Luís Peixoto
Le temps entremêle la vérité et le mensonge. Ce qui s’est vraiment passé s’entremêle à ce que je voudrais s’être passé, ce qu’on m’a dit s’être passé. Ma mémoire n’est pas la mienne. Ma mémoire, c’est moi déformé par le temps et mélangé avec moi-même : avec ma peur et mon sens de la faute, et avec mon repentir.



(p. 172)
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araucaria   24 avril 2014
La mort du père de José Luís Peixoto
(Et) j'ai pensé : les hommes ne pourraient-ils mourir comme meurent les jours? Comme cela avec des oiseaux qui chantent sans soubresauts, et une clarté liquide et vitrée sur toute chose, et la fraîcheur, la suave fraîcheur, la brise légère qui fait trembler les petites feuilles des arbres, le monde inerte ou qui se meurt calmement, et puis le silence qui croît, naturel, si naturel, le silence attendu, et finalement juste, et finalement digne.
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nadejda   08 novembre 2013
La mort du père de José Luís Peixoto
Sur le bord de la route, parmi des étendues jaunies de buissons et de chardons secs, parmi des champs de blé géants, surgissent des herbes courageuses et rares, surgissent des papillons qui, du feu sanglant de leurs flammes, allument la blondeur et l'or. Des marées flavescentes brûlent. Des manteaux jaunes s'élèvent vers le ciel et vers le soleil, les transpercent et en jaillissent. Et dans le matin, déjà presque l'après-midi de ce printemps torride, il y a tant d'éclats qui éblouissent les yeux. Aveuglé, je regarde de côté et je me vois petit, il y a bien des années, quand j'étais assis sous la courroie nécessaire de la ceinture de sécurité, je me vois impatient, demandant : il y en a pour combien de temps ? De nouveau je regarde la route.
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araucaria   24 avril 2014
La mort du père de José Luís Peixoto
En suspens dans l'air, ma main s'est dirigée vers ton tiroir. Et, là où tu l'as posée dans ta fatigue, ta montre t'attendait encore, les secondes passaient encore sur le cadran : une autre une autre une autre, des secondes qui se superposaient encore, même après toi, des secondes et du temps encore, comme si rien n'avait altéré le labeur ténu de tisser un fil fin et interminable, le fil menu, comme s'il ne pouvait être coupé à tout instant, comme s'il ne pouvait être coupé abruptement pour ne plus jamais être réuni, jamais plus nous réunir. J'ai ouvert la boucle du bracelet de ta montre et je l'ai refermée sur mon poignet.
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nadejda   01 juin 2011
Le cimetière de pianos de José Luís Peixoto
Le cimetière de pianos était immense. Les après-midi y avaient la taille de générations enchaînées. Je choisissais un piano, je l'ouvrais et je regardais son mécanisme immobile. Et toutes les fois, je ne pouvais m'empêcher de penser que ma vie, diluée dans l'immensité des après-midi, était exactement comme le mécanisme immobile d'un piano : le silence de ses cordes alignées, la perfection géométrique de sa presque mort, sa possible résurrection à un moment qui n'arrivait jamais, un moment simple comme tant d'autres aurait été suffisant, un moment qui pouvait arriver mais qui n'arrivait jamais.
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nadejda   01 juin 2011
Le cimetière de pianos de José Luís Peixoto
Ses yeux, l'espace d'un instant, furent un abîme où je m'enveloppai de légèreté lumineuse, où je tombai comme si je flottais : tomber à travers le ciel pour arriver au creux d'un rêve.
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