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Note moyenne 3.77 /5 (sur 25 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Laroque-d'Olmes , le 14/01/1931
Mort(e) à : Bordeaux , le 08/10/2020
Biographie :

Joseph Perez est un universitaire français, spécialiste de l'histoire de l'Espagne et de l'Ibéro-Amérique.

Il est ancien élève de l'École normale supérieure de Saint-Cloud, agrégé, Docteur d'État, ancien chargé de cours à l'ENS de Saint-Cloud, successivement assistant, maître-assistant d'espagnol à l'Université de Pau et des Pays de l'Adour, puis chargé d'enseignement, maître de conférences et professeur d'université de civilisation espagnole à l'Université de Bordeaux III.

Il a dirigé la Casa de Velázquez de 1989 à 1996 et est devenu professeur émérite de civilisation de l'Espagne et de l'Ibéro-Amérique à l’Université de Bordeaux III Michel de Montaigne dont il a été le président.

Fondateur et premier directeur de la "Maison des pays ibériques", il est l'auteur de nombreux ouvrages sur l'histoire et la culture espagnole.

Il reçoit en 2014 le prix Princesse des Asturies de sciences sociales.
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Source : Wikipedia
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Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
rkhettaoui   01 août 2018
Andalousie - Vérités et légendes de Joseph Pérez
Les Arabes n’ont jamais envahi l’Espagne. Il ne faisait que reprendre une controverse qui divise depuis longtemps les historiens. Parmi les envahisseurs de 711, les Arabes proprement dits étaient une infime minorité : neuf seulement, selon les uns, une vingtaine selon d’autres ; la majorité était formée de Berbères à peine islamisés. Au milieu du VIIIe siècle, les Omeyyades, chassés de Syrie par les Abbassides, se réfugient en Espagne. Les Abbassides s’appuyaient sur les Persans ; eux se disent du côté des Arabes. À vrai dire, dans cette deuxième vague – moins de cent mille combattants –, il est difficile de distinguer les composantes ethniques. Le nombre des Arabes n’a pas dû dépasser trente mille – hypothèse basse – ou cinquante mille – hypothèse haute. Sans risque d’erreur, on peut donc affirmer que les Berbères étaient plus nombreux que les Arabes.
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rkhettaoui   01 août 2018
Andalousie - Vérités et légendes de Joseph Pérez
La cohabitation des musulmans, des chrétiens et des juifs dans l’Espagne médiévale n’a entraîné aucun effort chez les uns pour comprendre les autres. Presque personne, par exemple, ne semble s’être soucié de faire traduire le Coran. Quand on s’intéresse à ce genre de textes, c’est dans un esprit polémique et pour démontrer la vérité et la supériorité de sa foi. C’est pour cette raison que le chroniqueur Juan Manuel félicite le roi Alphonse X : « Il a fait traduire dans la langue parlée en Castille toutes les sciences […] et des écrits de la secte des Maures de façon à mettre en évidence les erreurs que Mahomet, ce faux prophète, y a introduites. Le roi a fait la même chose pour une science que les juifs tiennent secrète, la Cabale ; d’après leurs propres écrits, il est manifeste que leur religion annonce celle que nous suivons, nous, chrétiens. »
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rkhettaoui   01 août 2018
Andalousie - Vérités et légendes de Joseph Pérez
Au milieu du Xe siècle, l’arabe était devenu la langue majoritaire grâce à l’influence politique du groupe dominant et à la supériorité de sa culture. Américo Castro en tire argument pour rejeter la thèse de l’hispanisation des conquérants africains. Il a raison. La langue qu’on parle et qu’on écrit n’est pas neutre ; elle exprime une mentalité, des façons de penser et de sentir, un état de civilisation. En adoptant l’arabe, la majorité de la péninsule s’est trouvée intégrée au monde musulman, même si elle a conservé, dans cet ensemble, une spécificité qu’elle partage d’ailleurs avec la partie de l’Afrique située de l’autre côté du détroit. L’islam s’est ainsi implanté, au VIIIe siècle, on l’oublie trop souvent, dans une portion du monde antique, romanisée, puis christianisée.
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rkhettaoui   01 août 2018
Andalousie - Vérités et légendes de Joseph Pérez
Au fond, les écrivains romantiques pensent la même chose. Pour eux, l’Espagne est à la fois le vestibule de l’Orient et un pays où les traditions médiévales se sont maintenues dans tout leur pittoresque ; elle n’est pas vraiment un pays européen. Ils mettent en valeur l’individualisme et l’orgueil d’une nation fière de son passé, la violence de l’instinct, le sens de l’honneur, le goût de la liberté et de l’indépendance, sans oublier la présence des moines, des mendiants, des bandits de grand chemin. Cette Espagne romantique est plus africaine qu’européenne ; on va y chercher le dépaysement et des émotions fortes. Rien de plus instructif à cet égard que les récits des voyageurs français en Espagne, y compris les plus grands : Custine, Théophile Gautier, Alexandre Dumas. Ils passent rapidement sur la Vieille Castille, misérable, mais encore familière à cause de ses monuments qui rappellent l’art roman ou les cathédrales gothiques.
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rkhettaoui   01 août 2018
Andalousie - Vérités et légendes de Joseph Pérez
Les conquérants arabes n’ont pas conservé le terme d’Hispania qui, pour eux, n’avait aucune signification ; ils l’ont traduit par al-Andalus, mot qui apparaît dans un texte bilingue de 716 comme traduction du latin Spania. Au Moyen Âge, les chroniques latines continuent à employer Hispania pour désigner la péninsule Ibérique dans son ensemble ; les textes arabes, en revanche, utilisent al-Andalus pour parler de l’Espagne musulmane, quelle que soit son extension géographique. L’expression ne s’applique donc pas seulement à ce que nous appelons aujourd’hui l’Andalousie.
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Blackbooks   20 mai 2020
La légende noire de l'Espagne de Joseph Pérez
Philippe II n’aurait pas hésité à faire exécuter son fils s’il n’y avait pas eu d’autre solution, mais il y en avait une, celle qu’on avait appliquée au cas de Jeanne la Folle, héritière du trône de Castille et grand-mère de Philippe II. Jeanne la Folle aussi présentait des signes de déséquilibre tels qu’en 1504, dans son testament, sa mère, Isabelle la Catholique, avait prévu que, si sa fille refusait de gouverner ou en était incapable, le pouvoir serait exercé en son nom par son père, Ferdinand d’Aragon. Il n’est pas question de priver Jeanne la Folle de ses droits à la Couronne : elle héritera du trône ; seulement, on s’arrangera pour l’écarter du pouvoir effectif. C’est bien ainsi que les choses se sont passées. Dans un premier temps, c’est son mari – Philippe le Beau – qui a gouverné en son nom ; puis, après la mort de Philippe le Beau (1506), c’est son père – Ferdinand, roi d’Aragon – et enfin son fils, l’empereur Charles Quint. Jusqu’à sa mort, en 1555, Jeanne la Folle est restée en droit reine de Castille, mais, depuis 1509, son père l’a fait enfermer à Tordesillas et, en 1516, son fils, Charles Quint, a confirmé cette décision.  À Tordesillas, Jeanne la Folle est soumise à une surveillance de tous les instants ; elle est coupée du monde extérieur ; elle n’a pas le droit de recevoir des visites ni de communiquer avec qui que ce soit. La raison d’État exigeait pareil traitement, car, libre de ses mouvements, Jeanne pouvait représenter un danger. On l’avait bien vu pendant quelques mois, en 1520, lorsque les comuneros étaient allés la « délivrer » et avaient cherché à l’utiliser contre Charles Quint. Ce précédent, Philippe II le connaissait bien. C’était probablement le sort qu’il réservait à don Carlos. Celui-ci serait resté officiellement prince héritier ; il aurait pu succéder à son père, mais il aurait été enfermé dans une forteresse – on a parlé de celle d’Arévalo – et coupé du monde… Il n’y a aucune raison de penser que Philippe II envisageait cette solution d’un cœur léger. Comme père, il a dû souffrir de voir le destin qui attendait son fils, mais il se faisait une trop haute idée de ses responsabilités pour accepter qu’un jour la monarchie pût être dirigée par un débile mental.

 Les historiens n’ont retenu aucune des attaques personnelles que Guillaume d’Orange avait portées contre Philippe II : celui-ci ne s’est rendu coupable ni de bigamie, ni d’inceste, ni de meurtre. Si le grand public continue à voir en lui l’assassin de son fils et héritier, le prince don Carlos, c’est à cause du prestige de la musique de Verdi, mais cette rumeur ne repose sur aucun élément objectif. 
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Calixto   08 avril 2018
Charles Quint. Empereur des deux mondes de Joseph Pérez
Ne donnez votre confiance à personne. En public, ils vous feront tous mille démonstrations ; en secret, ils feront le contraire.
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Calixto   08 avril 2018
Charles Quint. Empereur des deux mondes de Joseph Pérez
Nul empereur depuis Charlemagne n'eut autant d'éclat que Charles Quint.
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rkhettaoui   01 août 2018
Andalousie - Vérités et légendes de Joseph Pérez
Ces chrétiens qui vivent en terre d’islam, on les appelle des mozarabes. Le mot et le concept sont tardifs ; ils désignent l’islam, ce qui a été le cas d’un certain nombre d’entre eux dans une proportion qu’il est difficile de chiffrer. Comme on le verra plus loin, c’est après la mort de Franco, en 1975, que la pseudo-tolérance d’al-Andalus deviendra à la mode, mais historiens et arabisants n’y seront pour rien ; ce sont les politiciens et les journalistes qui exploiteront ce thème.

Ce qui est vrai des juifs l’est aussi des chrétiens. La population ne s’est convertie à l’islam, d’une manière spontanée d’ailleurs, que lentement. Il semble qu’au début les chrétiens représentaient les trois quarts de la population d’al-Andalus ; ce rapport ne se serait inversé qu’au Xe siècle.
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rkhettaoui   01 août 2018
Andalousie - Vérités et légendes de Joseph Pérez
Les grands noms de la médecine arabe sont ceux de Rhazès (al-Razi, 865-965), qui représente une tendance à l’empirisme par opposition à ses successeurs Avicenne (980-1037) et Averroès (1126-1198). Avicenne compose le Canon, sorte d’encyclopédie médicale qui va devenir pour plusieurs siècles le livre de chevet des médecins occidentaux. Quant à la chirurgie, elle est illustrée par Abulcasis, né à Cordoue vers 926 ou 936, mort en 1013 ; il était le médecin d’Abderraman III. La médecine arabe a joui d’un très grand prestige dans le monde occidental jusqu’à la Renaissance ; avec le temps, elle s’est sclérosée en devenant dogmatique et routinière.
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