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3.28/5 (sur 114 notes)

Nationalité : États-Unis
Né(e) à : New Jersey , le 06/09/1980
Biographie :

Joshua Aaron Cohen est un romancier américain.

2008 "A Heaven of Others"
2010 "Witz"
2015 "Book of Number"

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Dans "Les Nétanyahou", l'écrivain américain Joshua Cohen revient sur un épisode anecdotique de l'enfance de "Bibi" Netanyahou : le recrutement du père dans une université américaine. Une anecdote métaphorique questionnant le sionisme et l'identité juive-américaine avec humour. Dans ce nouvel ouvrage inspiré de faits réels, l'héritier de la tradition littéraire juive-américaine de Saul Bellow et Philip Roth recouvre la réalité d'un voile de fiction. le critique littéraire Harold Bloom — dont les souvenirs inspirent le roman — devient Ruben Blum, un historien américaniste spécialiste de la taxation. Avec son épouse Edith et leur fille Judith, les Blum forment une famille américaine moyenne d'origine juive mais ayant délaissé le traditionalisme religieux pour l'académisme et la modernité. Exit les fêtes religieuses passées au temple, place à la télévision en couleurs et au réfrigérateur. Une famille presque parfaitement assimilée. Or le livre s'ouvre sur le rappel désagréable qu'ils ne le sont pas tout à fait. Ruben Blum devra accueillir un aspirant-professeur venu d'Israël, un certain Ben-Zion Netanyahou, au seul prétexte qu'il est le seul Juif de son université. le plongeon dans les recherches de Ben-Zion Netanyahou est un moyen pour Joshua Cohen d'évoquer l'histoire du sionisme et ses courants variés. Notamment le "sionisme révisionniste" de Ben-Zion qui, plus tard, inspira la politique d'un certain Benyamin Netanyahou, aux commandes d'Israël pendant douze ans. Puis, dans la deuxième moitié du livre, la rencontre entre les Blum et les "Yahou" donne à voir un choc des cultures entre les Juifs d'Israël et les Juifs de la diaspora américaine — une occasion de plus pour sonder l'identité particulière des juifs-américains. A mi-chemin entre le roman de campus et le roman historique, Joshua Cohen creuse sa page d'une encre humoristique corrosive et terriblement actuelle. Et ce alors que "Bibi" Netanyahou ne quittait le poste de premier ministre qu'en juin 2021, après un règne ayant porté le sionisme révisionniste à son apogée. Olivia Gesbert invite à sa table l'auteur Joshua Cohen pour présenter son dernier livre. #JoshuaCohen #Netanyahou #Littérature _____________ Prenez place à La Grande Table pour rencontrer d'autres personnalités qui font l'actualité de la culture, ici https://www.youtube.com/playlist?list=PLKpTasoeXDrpsBVAaqJ_sANguhpPukaiT ou sur le site https://www.franceculture.fr/emissions/la-grande-table-1ere-partie Suivez France Culture sur : Facebook : https://fr-fr.facebook.com/franceculture Twitter : https://twitter.com/franceculture Instagram : https://www.instagram.com/franceculture

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Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
Tandis que l’épouse rameutait la marmaille, le mari repoussa sa capuche pour dévoiler le visage que je connaissais, ou pensais reconnaître, d’après le portrait miniature collé à l’emporte-pièce dans le coin supérieur droit de son CV. Il avait pris un coup de vieux. Devait avoir près de la cinquantaine à l’époque, son visage, une dure noix aux traits vaguement mongols, deux yeux minuscules tels des noyaux d’olive et une paire d’oreilles charnues, en conques d’huître absolument énormes, sillons nasogéniens fortement marqués dont je ne dirais pas qu’ils formaient les lignes d’un sourire ni d’un rire, car la bouche aux lèvres pincées était en elle-même dépourvue de la moindre trace d’humour. Sur sa tête poussaient deux touffes de cheveux pareilles aux deux bosses d’un chameau de Bactriane, le dôme les séparant, un œuf lumineux de calvitie parsemée de taches de rousseur. Les premiers mots qu’il m’adressa furent « Pr Blum, je suppose ?
— Ravi de vous rencontrer.
— Pr Ben-Zion Nétanyahou.
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En général, l’amour est périssable et ne négocie en face à face ; les histoires de haine, en revanche, ont tendance à se décliner selon des typologies immortelles, chaque changement d’identité se traduisant en termes toujours plus pointus, de sorte que les distinctions en vigueur dans le Vieux Monde entre mes parents, Juifs d’origine russe/ukrainienne, et les parents d’Edith, originaires de Rhénanie, devinrent, une fois transplantées dans le Nouveau, une suite de rivalités sécularisées…
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Après le dîner, ma mère s’est éclipsée direction l’évier pour passer la vaisselle sous l’eau et rappeler l’amie qui avait perturbé notre Stroganoff par son coup de fil, pendant que mon père et moi restions assis comme si la table avait besoin de pieds supplémentaires et il a dit Essayons encore une fois, donc je lui ai raconté l’histoire:
J’ai dit Il y a une fille, on va commencer par elle, évidemment il faut la décrire. Elle est jolie ? a demandé mon père, j’ai dit Dans ma description je la qualifie de flavescente (je n’étais pas très sûr du sens de ce mot), avec des cheveux teints en roux et des yeux immenses, aussi grands que sa bouche. Elle est sexy ? a demandé mon père en jetant un coup d’oeil sur ma mère, absorbée par la confection d’un dessert diététique, un sandwich oreille-téléphone-épaule. J’ai dit C’est une fille genre la voisine de la voisine, un peu vulgaire donc, mais aussi couverte de sang de la tête aux pieds, dans la première scène, elle dégouline de sang. Bien sûr, bien sûr, a dit mon père (il était distrait à cause de la bouteille de Petit-Noir dont il s’était servi la dernière goutte), mais est-ce qu’on peut appeler « scènes » les différentes parties d’un livre ? Je croyais que c’était un terme de cinéma ? J’ai dit On peut dire scènes pour un livre, mais si tu parles des chapitres d’un film, là, tu passes pour un con. Bien sûr, bien sûr, a dit mon père, et il a bu une gorgée en me faisant un clin d’œil et quand il a reposé son verre vide sur la table, l’évier était silencieux, la cuisine déserte, ma mère montée à l’étage, on entendait son rire flotter, lointain, et puis il a disparu, ventilé dans une hilarité hautement éthérée – dissous dans le bourdon du réfrigérateur, le ronron du lave-vaisselle, le tic-tac maniaque du réveil.
J’ai dit Elle rebondit sur la banquette arrière, c’est comme ça que ça commence : son corps ensanglanté sur la banquette arrière, un couteau planté dedans, elle rebondit entre le dossier de la banquette arrière et le dos des dossiers des sièges avant – Minute, a dit mon père, c’est quoi ce bazar ? J’ai dit S’il ne fait pas attention au prochain gros dos d’âne, ventru comme une femme enceinte, sur la route, le cadavre de la fille pourrait tomber, aller valdinguer sur le tapis de sol crasseux, sur l’amas de morceaux de tapis de sol dégueulasses et s’encastrer entre la banquette arrière et le dossier de son siège à lui. (« McDonald’s »)
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Je veux dire, que je savais situer le XV e siècle, quelque part entre le XIV e et le XVI e en gros, mais ça revenait dire que je savais trouver les Miel Pops au supermarché quelque part au rayon céréales entre les Chocapic et les Rice Krispies.
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Il faut savoir que le jour où Aba devait se racheter des souliers, où il était En quête de l’article chaussant de remplacement comme il avait dit ce matin-là, était un événement qui ne se produisait que deux fois peut-être dans une vie d’enfant et dans la mienne, ne se produirait qu’une seule. C’est pourquoi on se trouvait sur le lieu de ma mort, un événement ça aussi, unique dans ma vie, et le jour de mon dixième anniversaire en plus, ne l’oublions pas, mais avant le jouet comme je l’ai dit – ou est-ce que ç’aurait été, aurait pu être des jouets ? – il y avait d’abord les souliers, comme dit plus haut, parce que la veille d’hier s’était pointé un clou affamé qui avait mordu dans la chair fraîche. Une paire de plus qui irait chez les Pauvres et qui ne leur irait pas. Des centaines de centaines de boîtes de chaussures empilées en vrac au pied de ma tombe. Marche jusqu’à l’aube du deuil. Mais mes souliers sont encore vivants avait dit Aba ce matin-là devant les bols, café pour lui, thé pour la Reine, il avait dit que ses souliers Vivaient encore. Au minimum un potentiel de résurrection. Pas ces souliers, la Reine qui avait, devait avoir, Tout le Temps raison, avait dit que ses souliers étaient Moribonds, phase terminale. Électro-encéphalogramme plat, passé de bip bip biiip à un long bêêê. Voûtes effondrées, pas les en pierre, mais celles d’Aba, plantaires. Et après, au tour du mouton, agneau, veau sans taches que j’étais, le plus éclatant de santé et le plus blanc. Un mouton avec pour Aba un Aba qui marchait avec des vachettes mortes aux pieds et devait pour les achever les user à mort.
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Et là je ne sais pas pourquoi je me retourne, mais si.
Une présence. Un souffle sur ma nuque, mon Aba aurait dit L’arrière-train de la tête.
Je me suis retourné vers le gamin qui a tourné vers moi, il courait en battant des ailes bras grands ouverts.
Il s’est retourné et le gamin lui est rentré dedans.
Sa peau, du lait de pigeon, des yeux et des cheveux noirs, peut-être le perlant précoce d’une moustache.
Picotante manne céleste, ça me chatouillait, ça m’a fait rire comme si on s’embrassait ou qu’on avait l’air de.
Il m’a pris dans ses bras je ne sais pas pourquoi mais je lui rends la pareille je le prends dans les bras moi aussi.
Tous les deux, on se serre fort. On se tombe dessus. On sent qu’on ne fait qu’un et pour les autres on fait une chute. On sent. Et on se serre.
Yeux fermés, pressés l’un contre l’autre – comme des citrons.
Et puis ils explosent.
Gaffe aux pépins.
Le nom d’un des gamins était le sien, le nom de l’autre était le sien aussi. Même âge, dix ans alors, ou pas loin. Et les deux sont à moi maintenant.
Et en même temps aucun.
Mais on est loin de la question c’est où ici, proche ou pas de là-bas, sans même aller remuer le pourquoi.
Réponse : je meurs."
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Cette histoire ne reprend pas la combine classique où, sous prétexte de raconter l’histoire de quelqu’un, en fait on raconte la sienne.
Mon histoire est toute simple :
À peu près deux ans après être sorti de la fac, mon diplôme de chômage en poche – mon mémoire portait sur la Métaphore -, j’avais quitté New York pour Berlin pour y travailler comme écrivain, bien que ce ne soit pas le mot juste puisque à Berlin personne ne travaille. Je ne vais pas chercher à expliquer pourquoi ici. Cette histoire n’est pas de l’Histoire, on n’est pas sur History Channel.
Prends un stylo, recopie ça sur un bout de papier et, lorsque tu seras pas loin d’un ordi, va voir :
http://www.visitberlin.de
Tu peux aussi te contenter de cliquer du bout du doigt sur ce lien jusqu’à ce que la page s’use – que tu aies effacé l’encre sans jamais arriver sur le site. (« Émission »)
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à ne chercher qu'à rester debout, tu tombes, tu es banni puis maudit et vilipendé, condamné à errer sur un continent dont tu ne sais même pas où tu vas, seulement quand on t'attend, c'est-à-dire tous les vendredis au coucher du soleil les calendriers n'ont jamais été coordonnés et ce que vous avez toujours pensé avoir été à l'ouest n'était en réalité qu'un virage à gauche pris dos au nord, à la hâte et avec peu de sommeil, puis sur votre front, le développement d'une marque inquiétante
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Il se cambre, ses coudes se soulèvent et… se fondent en doigts… la poursuivant avec des grincements de dents – une application de l'apparence du deuil, accomplie pour titiller et blesser. Avec Sa langue dans une pensée, Son esprit dans une autre, Il sent la satiété, un suintement de lumière de l'intérieur… Glaciaire et lent, dur comme la terre Sa tête immergée, embuée, au milieu de ce qui semble un ciel doux couvert de rosée et rougeoyant. Il plisse les yeux face à cette lueur montante… des particules éblouissantes, des larmes et leur piqûre saline, vertigineuse et étrangère, une poussière de sable, du vrai sable… puis, comme si il s’y était préparé, il ouvre grand ses yeux à l'intérieur : et là, à l'intérieur d'elle, est – Jérusalem … vallée entière dans les organes génitaux de son ventre… si je t'oublie Ô Jérusalem, laisse ma main droite oublier son con, laisse ma langue s'attacher au Ruth de ma bouche…
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« Il avait une écriture de pygmée : non seulement la date était écrite à l’européenne, mais son zéro était barré, comme le veut la pratique en Europe, où les femmes ne s’épilent pas et ne portent aucun sous-vêtement, et où les enfants fument et boivent du vin
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