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Note moyenne 3.66 /5 (sur 145 notes)

Nationalité : Espagne
Né(e) à : Barakaldo (Espagne) , le 8 décembre 1970
Biographie :

Né en 1970 en Espagne, Juan Manuel de Prada est l'auteur de plusieurs romans accueillis avec enthousiasme par la critique et disponibles en Points.
Le Septième voile a reçu le prix Biblioteca Breve 2007.

Juan Manuel est un écrivain, éditorialiste et critique littéraire. Sa première œuvre importante est Coños (Cons) en 1994, un livre original de proses lyriques conçu comme un hommage au Seins de Ramón Gómez de la Serna. Coños est salué par de grandes figures de la critique littéraire comme Francisco Umbral.

En 1995, De Prada publie Le Silence du patineur, recueil de douze récits courts au style recherché et baroque, à l'opposé des écrivains de sa génération.


Source : Decitre et http://es.wikipedia.org
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Le septième voile de Juan Manuel De Prada présenté en français par l'auteur


Citations et extraits (45) Voir plus Ajouter une citation
migdal   10 février 2020
La tempête de Juan Manuel de Prada
Il faut une patience de numismate pour mettre en place les pièces d'un puzzle, il faut faire un choix entre des possibilités de combinaison quasi infînies et faire coïncider les bords découpés de chaque pièce. Parfois, les liens entre les pièces sont si tenus qu'ils nous semblent évanescents, et nous avons alors l'impression qu'une erreur suffirait à les faire disparaître, mais nous écartons cette pensée et poursuivons notre exploit (car aussi longtemps que nous progressons, nous nous parons d'une sorte d'intelligence héroïque), jusqu'au moment où, une fois les pièces emboîtées les unes dans les autres, nous découvrons qu'avoir fait coïncider les contours ne suffit pas, qu'il faut encore que le dessin qui en résulte soit cohérent et non pas approximatif, que ces liens qui paraissaient tenus, presque évanescents à première vue, soient pourvus d'une cohérence interne et complètent parfaitement une image donnée. Respecter les lois de la géométrie ne sert à rien si, quand nous avons presque fini, l'image présente encore des discontinuités ; alors, un découragement intolerable nous accable (celui d’avoir gâché en vain notre énergie), l'embarras dans lequel nous sommes plongés nous empêche de nous reprendre, et nous préférons écarter d'une pichenette l'édifice que nous avons érigé sur de mauvaises bases. La déception et le dépit nous incitent à la destruction, même si nous devons nous en repentir par la suite en voyant éparpillées sur le sol les pièces retournées à leur chaos originel.
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migdal   07 février 2020
La tempête de Juan Manuel de Prada
« Je n'étais qu'une enfant, ou plutôt une adolescente ; chaque apparition de Fabio me troublait et me faisait frémir, m'ouvrait des perspectives sur des pays lointains, il parlait souvent de villes et de gens dont je n'avais aucune idée. Il se montrait aussi infiniment patient avec moi ; j'en étais alors au b.a.ba de l'art de peindre et Fabio m'apprenait les techniques et les ficelles du métier. Sans m'en rendre compte, je suis devenue la pièce la plus convoitée de la partie d'échecs qui se jouait entre Gilberto et Fabio depuis des années, une pièce qui inspirait à l'un et à l'autre des stratégies très différentes : défensive, du côté de Gilberto qui voulait me garder pour lui à tout prix, se perpétuer en moi, comme si j'étais le trésor de sa tour ; offensive, de la part de Fabio, qui voulait écrouler cette tour et m'utilisait comme bélier, sans trop s'inquiéter de me perdre. Quand il s'est fait une clientèle régulière et des contacts sûrs, Fabio n'a plus autant voyagé, il a établi son pied-à-terre à Venise, et si ses visites ont cessé d'être des événements, elles sont restées des combats. »
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migdal   31 janvier 2020
La tempête de Juan Manuel de Prada
Pendant des siècles, Venise avait pratiqué la ségrégation, croyant sans doute se conserver pure et incorruptible : les morts à San Michèle, les fous à San Servolo, les lépreux à San Lazzaro degli Armeni, les juifs à La Giudecca, et ainsi de suite ; elle s'était retranchée dernère tout un archipel d'exclusions qui ne l'avait protégée ni du métissage ni de la lèpre, ni de la folle ni de la mort, ni d'autres maux et ravages.
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migdal   24 janvier 2020
La tempête de Juan Manuel de Prada
J'ignorais que la neige pouvait se précipiter ainsi sur les villes côtières (je m'imaginais, comme si je n'étais jamais sorti de ma campagne, qu'elle était l'apanage des hauteurs continentales) ; j'ignorais que la neige pût tomber sur la mer et s'y maintenir intacte, sans fondre aussitôt. En cinq minutes à peine, la couche s'était épaissie et la lagune était tapissée d'une blancheur chaste que flétrissait la proue du vaporetto en s'y ouvrant un chemin. Denière nous, nous laissions un sillage d'eau brassée des plus noirs, mais la neige venait vite étendre son pieux manteau sur la déchirure. Je n'avais jamais encore contemplé une chute de neige aussi consciencieuse, jamais encore assisté au spectacle d'une nature libérée de ses chaînes qui bafoue ses propres lois et vous plonge dans une atmosphère d'irréalité. Il neigeait sur la lagune, il neigeait sur Venise, il neigeait sur moi avec un achamement qui avait quelque chose d'un présage ou d'un avertissement, d'une fatalité à l'œuvre que je n’ai pu percevoir.
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Erveine   27 juillet 2015
Le septième voile de Juan Manuel de Prada
Ma mère, pareille à toutes les autres mères, concevait pour moi le meilleur des avenirs, même quand celui-ci, avec le temps, s'étiolait ; mais pour les mères, c'est consubstantiel, nous sommes toujours des rudiments d'hommes quand nos cheveux sont déjà gris. (p.15)
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Erveine   02 août 2015
Le septième voile de Juan Manuel de Prada
Quand on frappe à une porte inconnue, on ne sait qui viendra ouvrir, moins encore quel accueil on recevra, et, une fois la porte franchie, on peut fort bien entendre ce que l'on aurait préféré ne jamais savoir, mais quand les engrenages de la curiosité sont mis en branle, il n'est de heurtoir avec lequel on ne frappe, ni de sonnette dont on ne presse le timbre. (p.568)
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Erveine   29 juillet 2015
Le septième voile de Juan Manuel de Prada
Parfois ses pas le menaient jusqu'au cimetière, où la fraîcheur du pourrissoir, mêlée à un reste d'humidité automnale (c'est toujours l'automne dans les cimetières), apaisait l'inquiétude qui l'assaillait dès qu'il essayait de se pencher sur le gouffre de ses souvenirs disparus. Dans le cimetière de Billancourt l'herbe avait poussé sur les tertres de telle manière que la trace des bombardements pouvait être prise pour une impatience des morts qui se seraient levés de leurs cercueils, confondant les sirènes d'alarme et les trompettes du Jugement. (p.137)
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oliviersavignat   06 juillet 2020
Les masques du héros de Juan Manuel de Prada
Pepito apparut, au coin du paravent. Il avait de nouveau fait dans ses couches et, un paquet de merde s'ajoutant à l'autre, il semait ses petites affaires dans la pièce. Il avait des yeux en amande, comme ceux de sa mère; et il ne cilla pas plus qu'elle. Teresa le prit dans ses bras, le coucha sur le lit qui sentait encore le sperme, lui lava le cul avec l'eau douteuse de la cuvette, lui changea les couches, et l'enfant, soulagé, se mit à courir, délesté de sa charge. Teresa ébaucha un sourire de tendresse, de nouveau mère.

"Ce n'est pas une vie pour toi. Tu n'es pas née pour être pute.

-- On ne nait pas pute, on le devient, rectifia-t-elle, sans me laisser le temps de lui proposer une forme de prostitution plus commode. (...)"
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Nicolas9   02 septembre 2017
Le septième voile de Juan Manuel de Prada
C'est le colonel Fabien, dit tout bas Ramiro à Lucia. Attends un peu, tu vas voir.

- Quelqu'un peut-il me dire ce que ça signifie? demanda-t-il d'une voix comminatoire en montrant la file de femmes (filles au service de l'occupant nazi) martyrisées. Qui commande ici?

- Ce sont les putes de Lafont mon colonel...

- Vous avilissez le nom de la France, leur reprocha-t-il. Nous nous sommes battus pour retrouver notre liberté, pas pour reprendre les méthodes abjectes des chacals qui nous ont tyrannisés. Vous ne vous rendez pas compte qu'agir ainsi c'est reconnaître le triomphe d'Hitler ? Nous ne pouvons nous conduire comme des ordures. Laissez les tribunaux juger et condamner ceux qui doivent l'être.
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brigetoun   02 juin 2010
La tempête de Juan Manuel de Prada
Il ne lui restait plus à présent que la consolation (consolation pourtant masochiste) de s'embarquer sur un vaporetto pour sentir sous ses pieds les ondulations de ce support verdâtre qui avait nourri sa jeunesse ; ses évocations n'étaient empreintes d'aucun regret mais il n'en présentait pas moins tous les symptômes du découragement : la contemplation de la lagune réduite en parcelles par les bouées et rayée par les sillages profonds que laissaient les vedettes-taxis était aussi douloureuse pour lui que l'est pour un monarque celle du royaume qu'il vient d'abdiquer, car la lagune avait été son fief et celui de ses aïeux
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