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Note moyenne 4.28 /5 (sur 30 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Tours , 1990
Biographie :

Julia Robert-Thevenot est assistante d'édition, romans et bande-dessinée, pour les Éditions Sarbacane depuis 2016.

Diplômée d'une maîtrise d'anglais (2015) et d'un M2 Métiers du Livre du Centre d'Études Supérieures de la Renaissance de l'Université François Rabelais à Tours (2015), elle est spécialisée en édition jeunesse et bande-dessinée.

Avec de l'expérience en librairie et en édition, elle est également lectrice et assistante d'édition occasionnelle pour d'autres maisons d'éditions spécialisée en littérature jeunesse, principalement Gallimard Jeunesse.

Elle est aussi créatrice, rédactrice et administratrice du site littéraire Allez Vous Faire Lire: allezvousfairelire.com

"Bordeterre" (2020) est son premier roman.


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Quelques questions à propos de Bordeterre


27/04/2020


Bordeterre, c’est le nom d’un étrange univers parallèle dans lequel vous risquez de basculer si fantasy, littérature ado, aventure et révolution sont des thèmes qui vous parlent. Julia Thévenot fait une entrée retentissante en littérature jeunesse avec un premier roman de plus de 500 pages qui a déjà envoûté nombre de lecteurs sur Babelio ou ailleurs. Cette jeune auteure est déjà bien connue des internautes sous le pseudonyme Allez vous faire lire, puisqu’elle blogue depuis des années pour parler de livres et notamment de littérature jeunesse. Également éditrice de romans pour adolescents, cela fait pourtant très longtemps que l’écriture vit en elle : depuis l’enfance jusqu’à ses premières fanfictions Harry Potter, elle a toujours eu un bouquin dans une main et un stylo dans l’autre. Nous lui avons posé quelques questions pour mieux comprendre comme naît un univers de fantasy, à quel point la musique habite son écriture et où elle puise son inventivité.


Dans votre roman, on découvre un étrange monde parallèle, Bordeterre, ville perchée sur une faille entre deux plans de réalité. Comment décririez-vous ce monde étrange à un lecteur que vous aimeriez convaincre de vous lire ?

Ah, pas facile… Ce qui me plaît, c’est la dualité intrinsèque à ce monde fantastique. Aussi, je dirais que Bordeterre est une ville magique, avec tout ce que ça a d’excitant : elle pullule d’étrangetés (un moulin géant que l’on fait tourner en chantant, de drôles de créatures à trois yeux qui semblent repérer au flair le plus petit air fredonné, du quartz scintillant qui sert de catalyseur magique…) mais, au-delà de cet aspect magique séduisant qui nous met des guilis dans le ventre, c’est également une ville profondément injuste, d’une grande violence sociale, contre laquelle on a tôt fait de se casser les dents.

La façon dont vous introduisez Bordeterre est assez déroutante : plutôt que d’expliquer, vous laissez le lecteur découvrir cet univers en même temps que les personnages, avec le même niveau d’informations qu’eux. Avez-vous construit votre narration en ce sens ? Ou l’écriture vous a-t-elle embarquée de manière intuitive dans ce monde parallèle ?

J’ai tout à fait construit la narration de façon à plonger le lecteur dans cet univers – et le laisser lui-même en découvrir les règles. J’aime beaucoup cette approche, parce que c’est ainsi qu’on procède naturellement dans nos propres aventures, déduisant des attitudes et réactions de chacun ce qu’on attend de nous, quels sont les risques, etc., et ne posant des questions que quand vraiment, il manque des éléments clefs à notre compréhension. Bon, ça, c’était mon intention… C’est évidemment atrocement difficile à mettre en place, comme équilibre ! Et, avec le recul, je pense que les 100 premières pages de Bordeterre sont un poil trop tourbillonnantes pour certains lecteurs ! Je ne regrette pas l’équilibre général du roman, mais je pense que j’ai tiré de cette expérience une grande leçon d’écriture : « Vas-y mollo. »



Les personnages, bientôt très nombreux, sont très incarnés... et très humains. La construction des personnages est-elle, dans votre processus d’écriture, une étape qui vous intéresse particulièrement ? On rencontre Inès, Tristan mais aussi Alma ou encore Philadelphe ; avez-vous choisi leurs prénoms avec la même attention que vous les avez créés ?

Hahaha ! Situons tout de suite quelque chose : je nourris depuis mes six ans une obsession pour l’onomastique, et pour les prénoms en particulier. Aussi, NATURELLEMENT, les prénoms de mes héros ont été, disons, mûrement réfléchis. Inès (qui est une variante d’Agnès), c’est l’« agneau » en latin (mais aussi la chasteté, la pureté, en grec), un prénom symbole d’innocence, parfait pour la gamine bondissante et peu informée qu’elle est ; en miroir de cela, son double, Ignace, c’est le « feu », celui de sa passion pour cet univers, passion façonnée par Philadelphe, ses séductions et manipulations… mais le feu est un élément incontrôlable… (Ces deux facettes sont par ailleurs symboliques de son élévation sociale : Inès, prénom populaire, et Ignace à connotation plutôt noble et tradi.)

Alma quant à elle signifie « l’âme », ce qui colle à ce personnage au grand cœur, qui est un peu l’« âme » de Bordetôle. Et Alma en latin, c’est celle « qui nourrit », ici : la révolte. Ce ne sera pas une surprise de vous apprendre, du coup, que Tristan signifie… « révolte, tumulte », haha. (Par ailleurs j’aime ici aussi la double personnalité de ce prénom tout mimi, étriqué, « tristounet », qui correspondrait au Tristan du début, et son sens chevaleresque caché, impétueux, qui correspond à l’éclosion du personnage.)

Philadelphe enfin est le seul du quatuor à hériter d’un prénom anormal, car c’est un personnage éminemment anormal ; il n’est véritablement à sa place nulle part dans cette ville. Je voulais pour lui un prénom complexe, bourgeois, ouvragé, élégant et fragile à la fois, et j’ai trouvé ce prénom précieux et néanmoins généreux : Philadelphe, « qui aime son frère ».

Je suis désolée, j’ai clairement débordé sur cette question. Dooonc, la première partie concernait l’incarnation des personnages, c’est ça ? La réponse est oui, la construction des personnages est centrale à mon processus d’écriture, leur arc d’évolution entre dans mon plan, se dessine en parallèle de l’intrigue. Les personnages, c’est la vie du roman ! D’ailleurs, je ne suis jamais autant ravie que quand on me complimente sur leur incarnation nuancée, sentie, complexe, etc. : je croustille de joie comme du bon pain. C’est le plus important pour moi.



À Bordeterre, la musique est interdite pour une partie de la population car elle procure des pouvoirs propres à leurs textes : des paroles sur un envol ou sur une explosion ont des effets immédiats pour la personne qui les chante... De fait, le récit est parsemé de paroles de chansons françaises, en titre de chapitres mais aussi dans l’histoire. Quelle place revêt la musique dans votre vie et dans votre travail d’écriture ? Pourquoi avoir choisi de la rendre magique ?

La musique est une source d’inspiration pendant l’étape de macération qui précède l’écriture : je fais de longues balades avec un casque sur les oreilles, pendant lesquelles me viennent 20 % des idées (les 80 % restants me venant évidemment sous la douche et à 3h du matin). Quant à la place de la musique dans le texte, en vérité, si elle est si fondamentale, c’est que j’avais un message balourd à faire passer concernant la culture, la place qu’elle tient dans l’éveil de la pensée indépendante, la façon dont on se l’approprie ou pas, et la façon dont les élites s’arrogent le droit de délimiter les contours de la « bonne » culture, la culture légitime (qui serait, à Bordeterre : la poésie) et la mauvaise, celle qui n’a que des vertus utilitaires de divertissement et d’abrutissement (qui serait, à Bordeterre : la chanson). Comme j’ai été biberonnée aux récits fantastiques, plutôt que d’écrire une histoire rectiligne dont l’intrigue aurait été articulée autour de la culture, j’en ai fait un device magique au service d’une histoire de révolte.

Symboliquement, ç’aurait pu être le dessin, la peinture, la danse, etc., c’est un peu par hasard que ça a été la chanson – peut-être parce qu’elle est (je crois) la forme de culture la plus universellement accessible. Et il faut reconnaître que les citations de vers sont une sorte de « magie » particulièrement adaptée à la forme romanesque !


Univers fantastique, roman d’apprentissage, aventure… Bordeterre est beaucoup de choses à la fois, mais c’est avant tout une histoire de révolte. L’avez-vous écrit pour parler de révolution avant tout ? Pensez-vous que cette histoire avait particulièrement sa place en littérature ado ?

Quand j’étais ado, j’étais très vite enflammée par le moindre soupçon d’injustice, et mortellement excitée, fascinée, par l’idée de la révolution ; renverser le pouvoir, ah mais quel plaisir ! Il y a une romantisation nécessaire et salutaire de la révolte quand on est ado, parce c’est un âge où l’on commence à être des adultes tout en étant encore soumis au bon vouloir des vrais adultes, ce qui est assez insupportable et donne le goût des barricades. C’est pourquoi, oui, absolument, je pense que la révolte est un thème central en littérature ado, et qu’il y a toute sa place.

En ce qui concerne Bordeterre, comme je suis moi-même devenue une adulte, j’avais aussi envie de montrer la face moche des révolutions : 1) elles ratent – et on a peur de recommencer (c’est ce qui s’est passé à Bordeterre dans la génération précédente, et la raison pour laquelle il n’y a quasi que des ados dans cette ville), 2) elles font mal.



C’est le premier roman que vous publiez, mais vous animez déjà depuis plusieurs années un blog consacré à la littérature jeunesse et êtes également éditrice aux éditions Sarbacane. Qu’est-ce qui vous a poussée à vous plonger dans la création de cette histoire ? De quelle manière vos différents métiers se nourrissent-ils les uns les autres ?

Complexe et intéressante question ! Je crois que mon métier d’éditrice a accompagné de près mon travail d’écriture, le nourrissant et parasitant à parts égales. Il le nourrit car j’apprends, chaque jour, à la lecture des manuscrits de nos auteurs, ce qui fonctionne, ce qui ne fonctionne pas, pourquoi, comment, etc. : j’ai en un sens suivi l’enseignement de certains auteurs en travaillant sur leurs textes. Mais il le parasite également dans le sens où les styles qui remplissent mes journées de travail ont parfois du mal à me quitter le soir : j’ai été extrêmement enquiquinée au printemps 2018 par deux romans en particulier, qui m’habitaient tant que leurs autrices se glissaient dans mon manuscrit comme des malpolies. J’ai peiné jusqu’au moment où j’avais enfin fini de travailler sur ces ceux-là – et puis j’ai dû reprendre tout ce que j’avais écrit sur cette période. Mon style sur ces chapitres ressemblait à l’enfant bâtard d’un accouplement accidentel. C’est très étrange, comme expérience.

Un petit mot, enfin, sur vos influences : en plus de mettre à l’honneur des centaines de chansons et notamment leurs textes, vous remerciez à la fin du livre quelques auteurs qui ont eu une certaine importance dans votre parcours. De quelle manière tous ces textes vous ont-ils aidée ? Remercier ainsi les écrivains qui vous ont marquée revêtait-il une importance particulière pour vous ?

Ces remerciements revêtent une importance monstrueuse pour moi ; j’ai l’impression que je n’aurais jamais fini de remercier tous ces gens-là. Je crois profondément dans l’idée que la culture se construit sur les épaules de la génération précédente (même si c’est une image simpliste, elle se construit aussi horizontalement, en écho à ce qui coexiste au même moment), et il est évident que les romans que je lis et lirai sont parcourus de courants très reconnaissables hérités des lectures, visionnages (etc.) de leurs auteurs. Or, il y a des livres et films qui sont, souvent, plus formateurs et définitoires que les autres : ce sont ceux que l’on a consommés, avalés goulûment, quand on était enfant (ou ado (ou adulte (enfin bref : les « premiers » !). Pour moi, ce sont ceux que j’appelle « mes géants » : J. K. Rowling, Philip Pullman, Neil Gaiman. Ils ont laissé sur le sol de mon imaginaire une empreinte dans laquelle je me suis lovée pour cultiver le mien. Et mes « nouveaux géants », ceux que j’ai découvert lorsque j’ai replongé dans la littérature jeunesse une fois adulte : Clémentine Beauvais, Axl Cendres, Benoît Minville… (et d’autres auteurs de la collection Exprim’, et Tibo Bérard, l’éditeur qui en est à l’origine), ils m’ont tendu des échelles et des outils pour sortir de cette première empreinte et la redessiner de l’extérieur.

Les remerciements de fin de roman sont précieux, ce n’est pas si souvent qu’on a la chance de pouvoir mettre par écrit tout ce qu’on doit et à qui.


Quelques questions à propos de vos lectures



Quel est le livre qui vous a donné envie d`écrire ?

Haha, je ne sais pas trop. J’ai commencé à véritablement écrire des histoires vers 7-8 ans, et je pense que mon imaginaire d’alors était influencé (si j’en crois la tendance marquée à l’aventure-dans-la-jungle de mes premières histoires) par les lectures que je piochais dans la bibliothèque familiale (bibliothèques roses et vertes à la Davy Crockett, Laura l’indienne blanche, Tom Sawyer etc.), les dessins animés que je regardais (Le Livre de la Jungle et Le Prince d’Égypte notamment ; j’ai été très déçue en grandissant de découvrir que je ne pouvais pas vivre en pagne), et les tonnes de BD que je dévorais, de Yakari à Thorgal, en passant par tout ce qui ressemblait de près ou de loin à une possibilité d’évasion : enfants sauvages, forêt, cabanes (bonus si y avait des fauves). L’absence d’adultes était une condition sine qua none du bonheur, naturellement.

Ce sont ces univers de liberté qui m’ont donné envie d’écrire, davantage que des livres précis. J’ai eu le goût des histoires, le goût de l’aventure, avant d’avoir celui du style (comme tous les jeunes lecteurs, d’ailleurs).

Quel est le livre que vous auriez rêvé d’écrire ?

L`océan au bout du chemin, de Neil Gaiman. Il y a tout ce que j’aime là-dedans : un cauchemar d’enfant, avec cette vieille gouvernante moisie du genou qui s’introduit dans le foyer et se fait aimer de tous tandis que le héros seul (et incompris, arh !) connaît sa véritable nature, des voisines sorcières aux pouvoirs inexplicablement charmants, une forêt effrayante hébergeant des monstres invisibles, une dimension symbolique forte qui en fait un solide matériau de réflexion, une double lecture adulte mélancolique au possible, bref, tout y est.

Quelle est votre première grande découverte littéraire ?

Je dirais Quand j`avais cinq ans, je m`ai tué de Howard Buten, lu vers 11 ans pour la première fois, et relu récemment. C’est un portrait vivant de l’imagination, du monde enfantin, de ce qu’il a de si singulier et indescriptible… – et aussi une représentation juste et violente de l’incompréhension des adultes face à cette façon de vivre le monde. Le travail de la langue du narrateur, toute de guingois et fourmillante d’inventivité, est un régal absolu.

Quel est le livre que vous avez relu le plus souvent ?

Harry Potter. Haha. ÉVIDEMMENT ! Je l’ai lu en boucle, obsessionnellement, de mes 10 à mes 18 ans. J’ai aussi beaucoup relu Vipère au poing d’Hervé Bazin qui parlait à mon sentiment d’injustice adolescent, la série des Malaussène, de Daniel Pennac (Au bonheur des ogres, La Fée Carabine, etc.), qui me faisait rire à la folie tout en me nourrissant d’intrigues abracadabrantesques. Je m’arrête, la liste pourrait être longue ! Je relisais beaucoup étant ado, et j’ai repris cette habitude depuis deux ans.

Quel est le livre que vous avez honte de ne pas avoir lu ?

Pff, je n’ai honte de rien, d’ailleurs, j’ai un retard éblouissant sur la lecture des classiques, n’ayant suivi aucune formation littéraire dans le supérieur. Enfin, rectifions : je les ai tous lus (CLIN D’ŒIL) mais pour certains, ça fait, pfiou, longtemps, il faudrait que je les relise (CLIN D’ŒIL).

Ce discours joueur qui tient presque de la politesse (pour ne pas se mettre, soi-même et son auditoire, dans l’embarras) a toujours un léger goût de rance dans la mesure où il est contraint par les détenteurs de la « culture légitime ». D’ailleurs, je recommande volontiers à tous les amateurs de littérature la lecture de Comment parler des livres que l`on n`a pas lus ? de Pierre Bayard, un essai brillant et drôlissime qui évoque notamment notre capacité à situer, mesurer et apprécier la littérature sans l’avoir nécessairement directement lue, mais par extraits, rapprochements, croisements et contextualisation : c’est ce que font tous les professionnels du livre au quotidien, notamment les libraires qui (GASP) n’ont pas lu tous les ouvrages qu’ils recommandent. (Et c’est le secret de l’extraordinaire élasticité de ma culture littéraire ! Hahaha !!)

Quelle est la perle méconnue que vous souhaiteriez faire découvrir à nos lecteurs ?

Ouh ! Plaisir d’offrir. (Se frotte les mains.) J’adore faire découvrir des livres. Parmi les livres sous le radar que j’ai le plus souvent recommandés ou offerts, il y a le très beau, très court, superbe Je, d`un accident ou d`amour, de Loïc Demey (poésie narrative), l’incroyablement fantastique et névrosé Les magiciens, de Lev Grossman (sorte de Narnia pour adultes), le minuscule Éloge de l`oisiveté de Bertrand Russell (essai)… en littérature ado récente : Trois garçons, de Jessica Shiefauer (un conte moderne follement étonnant, sur l’éclosion de la féminité) et, en littérature jeunesse enfin, pas qu’il soit méconnu car tout le monde a vu le film (qui est par ailleurs formidable) : L`Histoire sans fin, un roman très marquant pour moi dont peu de gens connaissent la grande richesse et fantaisie, et qui mérite de sortir du grenier ! Allez-y !

Quel est le classique de la littérature dont vous trouvez la réputation surfaite ?

Tout Marguerite Duras. Ne me lancez pas.

Avez-vous une citation fétiche issue de la littérature ?

« Moi, j’adore être heureuse ! », citation du livre Le journal de Gurty, de Bertrand Santini.

Et en ce moment que lisez-vous ?

Mes lectures de confinement (cette phrase aura-t-elle du sens dans un an ou deux ? J’espère que non) sont terriblement régressives : ayant du mal à me concentrer, je relis tous les classiques d’enfance que j’ai sous la main. En ce moment, je suis dans Marie-Aude Murail (Oh, boy !).

Découvrez Bordeterre de Julia Thevenot aux éditions Sarbacane

Entretien réalisé par Nathan Lévêque


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Citations et extraits (29) Voir plus Ajouter une citation
JCLDLGR   01 juin 2020
Bordeterre de Julia Thevenot
Elle (Ines) retourna sur ses pas en suivant le câble.

Mais le câble n'allait nulle part, enfin, nulle part en dehors du plan Zéro
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loupVDH   02 juin 2020
Bordeterre de Julia Thevenot
« La terre vous soutienne, le bord vous retienne. »
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nathanbabelio   01 mai 2020
Bordeterre de Julia Thevenot
On a tous oublié le visage de nos mères et « c'est normal », à ce qu'il parait. Ça nous laisse un gouffre sans fond dans la poitrine et « c'est normal », à ce qu’il paraît. Personne ne se demande ce que ça fait de vivre à moitié vide ?

(...)

Parce que l'eau d'oubli, elle ne fait pas le tri. Elle efface tout le bruit qu'il y a dans ta tête... et tes choses qui prennent le plus de place, qui font le plus de bruit, elles partent en premier.

J'ai complètement oublié le visage de ma mère, et ce n'est pas normal.

Ce n'est pas normal.

Ma mère m'appartenait. Ils n'avaient pas le droit de me l'enlever.
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Jangelis   22 février 2020
Bordeterre de Julia Thevenot
Elle n'avait jamais rencontré quelqu'un qui écrivait des poèmes, ignorait même qu'il y eût de vivants poètes.
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littlecookiie   07 mars 2020
Bordeterre de Julia Thevenot
Pauvre conne que tu as été. Est-ce que ça en valait la peine ? Est-ce que le plus innocent de vos jeux en valait seulement la peine ? Est-ce que son contact ou son rire, la complicité factice qui n'existait comme par hasard que lorsque personne n'était là pour la voir, est-ce que tout ça, ça te faisait vraiment sortir, même un instant, de la misère qui était la tienne ?

Et les larmes traîtresses montaient.

Oui, sur le moment, ça en valait la peine.
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GeraldineP   06 mai 2020
Bordeterre de Julia Thevenot
En vrai, ça rassure les scientifiques s'inventer des concepts pour expliquer les phénomènes qu'ils ne comprennent pas, alors ils parlent de flux et appellent ça de la quartzologie. Mais, ajoute-t-elle plus doucement, concentre-toi sur le Chant. Si j'ai appris quelque chose en dix-huit ans de vie ici, c'est bien ça : les mots, ils fonctionnent si on y croit.
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Jangelis   22 février 2020
Bordeterre de Julia Thevenot
- J'aime p-pas la façon dont cette ville fonctionne, dit-il. Elle est violente envers les plus fragiles, i-inhospitalière et tyrannique.
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SagnesSy   06 mars 2020
Bordeterre de Julia Thevenot
Frère – faut pas laisser grandir l’horizontale violence

Ou – tu vas sentir gronder une épouvantable ambiance
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florencereve   02 avril 2020
Bordeterre de Julia Thevenot
Voilà. DÉSORMAIS, JE SAIS,

Il n'avait plus mal, à part un peu partout. Alma lui apporta le thé, et tandis qu'elle le versait dans la porcelaine fleurie, il lui adressa un sourire délicat.

JE NE SUIS PAS LIBRE

DE SAUVER

CEUX QUE J'AIME.
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hashtagceline   15 mai 2020
Bordeterre de Julia Thevenot
Dans le même temps, un trou se creusait dans sa poitrine. Dedans, elle jeta rapidement les braises de sa colère ancienneet s’enhardit à rallumer tout ça. Oui, il a raison, oui !

Violente ! Les bleus sur le visage de Tristan lui donnaient l’air d’être maquillé au charbon.

Inhospitalière ! La patte froide du chien tressauta sous sa paume.

Tyrannique ! Elle souffla sur la peau rouge de son poignet, qu’elle n’avait toujours pas bandé.

Si un type à peine Débordé pouvait s’en apercevoir en quarante-huit heures, combien tremblaient de rage et d’amertume en se couchant chaque soir ? Combien s’endormaient en s’imaginant shooter les têtes de gomme des Fléreurs, ensabler ce putain de Lac Zéro, mettre le feu au château ? Combien songeaient à un deuxième Débordement ?
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