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Note moyenne 4.61 /5 (sur 14 notes)

Nationalité : France
Biographie :

Julie Neveux est normalienne, agrégée d'anglais, et Maîtresse de Conférences en linguistique à l'Université de Paris-Sorbonne.

En novembre 2013, elle publie "John Donne : Le sentiment dans la langue", aux éditions Rue d'Ulm.
En septembre 2020, elle publie "Je parle comme je suis : Ce que nos mots disent de nous", aux éditions Grasset.

Auteur dramaturge, elle écrit et joue aussi des pièces de théâtre.

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Julie Neveux est dramaturge, agrégée d'anglais et Maîtresse de Conférences en linguistique à l'Université de Paris-Sorbonne. Après "John Donne : le sentiment dans la langue" (Editions Rue d'Ulm, 2013), elle publie "Je parle comme je suis" (Grasset, 16.09.20), une enquête linguistique qui dresse le portrait de la société française du XXIe siècle. À partir des moteurs de recherche, dictionnaires, de discussions avec ses amis, ses élèves, ses voisins, en écoutant les journalistes, les hommes politiques, les magazines, elle nous livre une analyse linguistique précise des mots d'aujourd'hui. "Selfie", "fake news", "écologie" : nos mots ne décrivent pas seulement le monde, mais la façon dont nous le percevons. Ils sont porteurs d'une histoire et d'une culture dont nous n'avons souvent pas conscience. La langue française s'est ainsi faite le miroir des révolutions sociales, politiques et technologiques qui ont marqué les époques : de nouveaux mots ont germé et les sens ont évolué pour charrier de nouvelles réalités.
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Citations et extraits (23) Voir plus Ajouter une citation
Pilly   04 octobre 2020
Je parle comme je suis de Julie Neveux
Quand je suis connecté(e), je peux voir ce que font mes amis, les amis de mes amis, ceux qui follow (suivent) les amis de mes amis, je ne suis plus seul(e). Mais que la connexion s'interrompe, et ma vie sociale, telle une bulle de savon heurtant un coin de meuble, éclate. Personne n'est avec moi, si ce n'est ma machine, qui ne me parle pas, ou d'une voix bizarre. Ma connexion est séduisante et reflète les rayons du soleil, mais son éclat est éphémère, et sa dispersion me rend à ma solitude, réelle, et d'autant plus cruelle.
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Pilly   05 octobre 2020
Je parle comme je suis de Julie Neveux
Mais à quoi bon alors dire story en français plutôt qu' "histoire", me direz-vous ? La réponse, je m'en excuse, est toujours la même. Quand on importe un mot, ce n'est pas seulement une donnée lexicale qu'on importe, c'est toute une culture. Avec "histoire", débarque l'image de votre vieux livre de terminale, plein de poussière, et voilà que vous prend l'envie d'éternuer, à vos souhaits. Avec "story", vous avez des dollars plein les yeux, le clap clap des sabots des chevaux qui galopent dans vos oreilles, le vent du plein Ouest qui vous décoiffe, et l'ivresse d'une promesse de succès, avec, en écho, un autre composé : la success story. (...) Alors, on a beau savoir que le mot "story" vient de notre terme "histoire", le mythe souffle plus fort, et balaie la mémoire.
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Pilly   05 octobre 2020
Je parle comme je suis de Julie Neveux
"Du coup" est peut-être le tic le plus répandu du moment : tendez l'oreille, il est partout. Chez les jeunes, les moins jeunes, les presque vieux. Dans les bars, à la radio, à la fac. Pas une semaine ne s'écoule sans qu'un de mes élèves ne me pose une question en classe sans la "ducouter" : "Du coup madame, on peut faire une pause ?"
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Pilly   04 octobre 2020
Je parle comme je suis de Julie Neveux
Souvent, cette vérité exprimée par "en mode" est empreinte d'auto-dérision ; le portrait que je fais de moi est une caricature ; drôle, il grossit le trait et désarme l'attaquant. "Je suis en mode survie, laisse-moi mourir tranquille." Mais, comme toutes les métaphores quotidiennes, l'expression "en mode" n'est déjà plus perçue comme une métaphore, et c'est en cela qu'elle peut inquiéter : car "en mode" nous présente bien comme une machine capable de passer, en une nanoseconde, en un clic, d'un état émotionnel à un autre, sans transition. L'expression consacre linguistiquement l'avènement de l'homme-zapping, l'homme qui zappait ses états. Ephémérité de l'émotion, éphémérité de l'état ; à force d'être en modes, on risque de ne plus savoir qui on est, ou ce qu'on éprouve.
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Pilly   04 octobre 2020
Je parle comme je suis de Julie Neveux
(...) lorsque vous dites essuyer une goutte de béchamel (sauce chic inventée par le marquis Louis Béchameil de Nointel, maître d'hôtel de Louis XIV), sur la porte de votre frigidaire (@Frigidaire) avec votre sopalin (@Sopalin) avant de le jeter à la poubelle (dont l'emploi fut généralisé par Eugène Poubelle à la fin du 19e siècle). Il s'agit de l'emploi commun d'un nom propre ou d'une marque déposée (ce procédé s'appelle une autonomase). Le succès de la marque Google est tel que le verbe "googler" consiste à rechercher des informations sur n'importe quel moteur de recherche. Vous pouvez googler votre date sur Safari, il ne sera pas pour autant safarisé. (A part, peut-être, s'il a une tête de girafe.)
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Pilly   05 octobre 2020
Je parle comme je suis de Julie Neveux
Quand l'histoire d'un individu (ou d'un peuple) est encore douloureuse, le langage prend une fonction politico-thérapeutique qui s'exerce comme une médecine préventive (mieux vaut prévenir que guérir) : il dénonce les abus, avant qu'ils ne soient commis, débusque les agresseurs potentiels avant qu'ils ne lèvent la main. Ce type de langage exclut l'ironie. Il exige le respect découlant du premier degré. Ainsi, notre langue fait (enfin ?) l'effort d'une inclusion maximale, et témoigne, en quelques mots ou expressions à la mode, du grand souci de l'autre, qui veut être à la fois reconnu comme cet autre, et comme le même.
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Pilly   04 octobre 2020
Je parle comme je suis de Julie Neveux
Facebook devient LA plate-forme des communautés socio-amicales (bientôt sexuelles ?), et fait de la publication de nos microgestes sentimentaux l'une des industries les plus lucratives au monde. Il est la façade de nos besoins de glorification quotidienne, il témoigne de la puissance de l'image comme définition de notre identité, il satisfait nos pulsions d'automythologie personnelle. Je suis belle (après les filtres), j'aime ma vie (ou ce que j'en montre), j'aime mes amis (que je n'ai jamais rencontrés).
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Pilly   06 octobre 2020
Je parle comme je suis de Julie Neveux
Notre langue travaille en nous, pour nous : elle nous exprime mieux que nous ne nous comprenons, elle nous éclaire, nous guide et nous soutient, et jamais ne nous juge. Elle nous tend un miroir plus réaliste que ne le fait le selfie, un miroir qui ne nous sublime ni ne nous déforme, et nous permet, parfois, si on en a la force, de nous regarder bien en face. Histoire de savoir à quoi on ressemble, et à quoi ressemble notre époque, cette époque que nous faisons, aussi, et que nous parlons, ensemble.
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Pilly   04 octobre 2020
Je parle comme je suis de Julie Neveux
Qui n'entend pas au moins cinq fois par jour l'adjectif "petit" vit sur une autre planète. Son emploi est devenu un tic de langage. A l'oral, "petit" nous situe dans l'univers des Bisounours, où tout le monde il est gentil, et petit. (...)

Notre besoin irrépressible d'infantiliser le monde et de le rendre plus mignon, chou, pou, caillou, naît sans doute d'un besoin de compensation. Plus ma réalité est violente, plus je travaille à l'adoucir, au moins linguistiquement.
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Pilly   06 octobre 2020
Je parle comme je suis de Julie Neveux
"Zénitude" en français serait comme la manifestation linguistique de l'arbre de la Bodhi sous lequel Bouddha aurait connu l'illumination : une invitation à inclure la nature, les feuilles et les racines, dans notre bien-être, un bien-être non plus rêvé comme solitaire, mais solidaire. Écolo avant nous, notre langue est une matière vivante qui se nourrit de l'air du temps, et recycle, et recycle encore, tant que tourne la Terre et voguent les humains.
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