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3.66/5 (sur 281 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Strasbourg , 1987
Biographie :

Kaoutar Harchi est native de Strasbourg d’une famille originaire du Maroc. Sociologie, lettres modernes puis sociologie de l’art ont nourri cette très jeune femme, d’une étonnante maturité, à l’écriture. Pour raconter, entre autres, la vie de cité, avec la force de conviction de ceux qui, sans la trahir, la font évoluer. Sans jamais tomber dans le cliché. Ayant depuis toujours habité le quartier populaire de l’Elsau, cette jeune femme aux yeux graves, et à l’esprit critique, se demande, en toute sincérité si elle connaît vraiment l’Alsace, tant cette cité est un univers en soi, distinct. Une sorte d’enclave, dit-elle. Ce qui l’intéresse, c’est de faire émerger des personnages qui établissent des passerelles, quoi qu’il leur en coûte, entre l’univers des cités et celui des centres villes. Hors de tout cliché
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Source : http://www.maison-alsace.com
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Qui sont les représentants en librairie ? Ces hommes et ces femmes de l'ombre, qui sillonnent les routes de France dans des voitures chargées de livres pour faire le lien entre les maisons d'édition et les librairies ? Elisabeth Segard, journaliste à Livres Hebdo, est allée à leur rencontre pour brosser le portrait robot de l'une des professions les plus discrètes et les plus influentes de la chaîne du livre. Dans la deuxième partie de l'épisode, Lauren Malka nous emmène au coeur de la Goutte d'or, à Paris, pour y découvrir la Régulière, une librairie-café présentée par sa fondatrice Alice et par l'écrivaine Chloé Delaume, au micro de Lauren, comme “une véritable oasis de culture”.Enfin, la clique critique de Livres Hebdo se réunit pour vous parler non seulement de ses coups de coeur de février, mais aussi de ce que ces livres dessinent dans le paysage éditorial de ce début d'année. Entre essais, BD et romans, les genres sont variés : Histoire de Jérusalem, de Vincent Lemire et Christophe Gaultier, publié aux Arènes ; Littérature et révolution, de Joseph Andras et Kaoutar Harchi, publié aux éditions Divergences ; Insula, de Caroline Caugant, publié au Seuil ; Les yeux de Mona, de Thomas Schlesser, publié chez Albin Michel ; Rousse, de Denis Infante, publié chez Tistram ; Abrégé de littérature-molotov, de Macko Dràgàn, publié chez Terres de feu. Un podcast réalisé en partenariat avec les éditions DUNOD, l'éditeur de la transmission de tous les savoirs.Enregistrement : janvier 2024 Réalisation : Lauren Malka Musique originale : Ferdinand Bayard Voix des intertitres : Antoine KerninonProduction : Livres Hebdo

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Citations et extraits (65) Voir plus Ajouter une citation
Nous vivions au coeur d'un système arabe où l'érotisme et la violence étaient les deux alibis d'une époque fondamentalement privée d'amour et qui trouvait dans l'échauffement sexuel une forme de compensation à son incurable sécheresse. Nous, gamins des rues, nous étions les piliers de ces déserts et nous n'avions que le droit de regarder. Nos pantalons étaient lourds de frustrations millénaires.
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Durant plusieurs jours, je garde, enfoui en moi, un vaste sentiment de colère vis-à-vis d'elle que je ne cherche désormais plus à convaincre de la nécessité de fuir car il y a en la Mère, comme en chacune des femmes ici, une forme de complaisance à être enfermée, à être punie sans réelle raison, dans leur chair, dans leur âme, à être humiliée de la sorte- cette farine, ce sucre, cette levure, ce sel, qu'elles mendient, à chaque visite de leurs époux respectifs-comme s'il était un certain endroit où souffrir procure un certain plaisir. Et il faudrait pouvoir nommer ce lieu où se développe cette accoutumance au chagrin. Bien pire, cette dépendance au mal qu'infligent les hommes, en toutes circonstances, et auquel, pourtant, ces femmes pourraient mettre fin, en le décidant.
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Dans la Cité, le noir, ça date. Autrefois, le jour se levait et se couchait comme partout ailleurs, et comme partout ailleurs la vie était possible. On attendait que les rayons du soleil percent les rideaux pour se lever. Dès les premières chaleurs, les jupes raccourcissaient, les épaules se dénudaient. On trempait nos pieds dans les fontaines. Nos existences se passaient de sens ; le jour veillait tard avec nous. Quand nos parents nous appelaient, on se dépêchait de rentrer dîner à la maison. On feignait d'aller dormir, et on faisait le mur pour danser sous la pluie avec les copains. Le lendemain matin, on se réveillait malade, mais heureux.
Je ne sais plus si tout cela est vrai. Ou faux. Ma mémoire confond ce que j'ai vécu et ce que j'aurais aimé vivre. Car peu à peu, des voix sombres se sont fait entendre, ici et là. Vivre me tue ! ça disait. Et les premiers suicides sont arrivés. A 16 ans, j'ai fait l'apprentissage de la mort. Celle des autres. J'ai vu les mères, envahies par la tristesse, refuser le deuil. Inventer le noir et l'imposer. Dans le ciel. Dans les rues. Dans les yeux.
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La vie de ces jeunes, c'était de survivre à un système en guerre contre leurs désirs, les condamnant à une chasteté illusoire, sorte d'aphasie libidinale, désastreuse, qui les forçait à considérer le corps des femmes comme une denrée rare et précieuse sur laquelle il fallait se jeter avant la prochaine famine.
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Et jamais je ne sus l’aimer, cette mère, sans cacher au creux de cette dévorante passion une demande de pardon. Inclination née de ce que j’observais chaque jour : cette lutte pour que je sois assurée, rassurée, dans ce monde, d’avoir, quelque part, une place. Une lutte menée en mon nom – c’est pour toi que je fais cela – sans plainte ni regret. Anonyme, cette lutte, tapie dans l’ombre des vies parentales postcoloniales, une lutte dont j’étais à la fois l’objet, le sujet et le témoin.
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La vie de ces jeunes, c'était survivre à un système en guerre contre leurs désirs, les condamnant à une chasteté illusoire, sorte d'aphasie libidinale désastreuse qui les forçait à considérer le corps des femmes comme une denrée rare et précieuse sur laquelle il fallait se jeter avant la prochaine famine.
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J'ai grandi à Alger, dans une famille musulmane réduite à une mère folle et prostituée dont certains des hommes de la ville étaient les clients.
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L'évasion que je recherche dans la lecture (...) ne dure jamais qu'un instant. Continuellement, je suis ramenée à l'endroit que j'espérais fuir, l'endroit du tourment. Et me revient en plein visage, cette image de ma relation avec la Mère. Une relation affaiblie par ces mots qu'elle n'a jamais su me dire, qu'elle sait pourtant dire aux autres, avec une si grande douceur, une telle bonté. Des mots que j'ai cessé d'attendre pour cesser de souffrir. Comme ces gestes, aussi, ces attentions, ces regards que je ne recherche ni ne demande plus. Par fierté. Par orgueil. Par peur, surtout, de revivre une énième expérience du désamour dont je sortirais, encore, blessée, abattue, car la Mère a ce pouvoir, le pouvoir de tuer la petite fille qui survit en moi.
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« Longtemps, je me suis demandé quelle était l'odeur des Pères et si, un jour, ma peau de fille en serait imprégné. »
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« Quand il fait noir dans la maison, que les femmes grattent contre la porte de la chambre sans fenêtre, qu'elles en veulent à mon corps de fille pour nourrir leur corps de mère, qu'elles hurlent leur amour qui n'est qu'une forme de faim, la main du Père qui protège, Dieu, comme je la cherche. (…) Si vous pouviez entendre la voix qui s'élève, les sanglots qui l'encombrent, le silence, aussi, qui vient, d'un coup, y mettre fin, ce silence qui me laisse penser que la Mère est morte ou peut-être est-ce moi, et plus tard, les lamentations, les exhortations, les hurlements des femmes en pleurs, qui reprennent, qui retentissent et que le bois de la porte amplifie tandis que je plaque la paume des mains sur mes oreilles. »
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