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Note moyenne 3.32 /5 (sur 122 notes)

Nationalité : États-Unis
Né(e) à : Miami, Floride , le 10/07/1981
Biographie :

Karen Russell est romancière et nouvelliste.

Elle est titulaire d'un BA de l'Université Northwestern en 2003 et d'un MFA de l'Université Columbia en 2006.

En 2009, elle a été nominé pour National Book Foundation "5 Under 35" pour son premier recueil de nouvelles "Foyer Sainte-Lucie pour jeunes filles élevées par les loups" (St. Lucy's Home for Girls Raised by Wolves).

Swamplandia! (2011), son premier roman, a été classé par le New York Times comme un des meilleurs de l’année et a été un des trois finalistes du prix Pulitzer 2012 (non attribué, les jurés n’ayant pu se mettre d’accord).

Il est en cours de traduction dans une quinzaine de langues.

Karen Russell est considérée par le New Yorker et la revue britannique Granta comme un des vingt jeunes auteurs américains les plus talentueux.

page Facebook:
https://www.facebook.com/KarenRussellAuthor/

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Citations et extraits (24) Voir plus Ajouter une citation
Crossroads   11 avril 2014
Swamplandia de Karen Russell
Comment pourrait-on se tromper quand on n'a pas le choix ?
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Ancolie   10 mai 2013
Swamplandia de Karen Russell
Parfois, quand je voyais le soleil décliner et que la panique me gagnait, je risquais un coup d’œil en direction de l’Oiseleur. Imaginez ces milliers d’oiseaux auxquels il savait commander ! Des régiments d’oiseaux, des colonies entières. Ces couleurs sous les ailes – à mes yeux ce qu’il y a de plus joli au monde – cet homme pouvait peindre le ciel avec cela ! Et chose extraordinaire, il m’avait appelée, moi…

-Ava.
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chriskorchi   07 avril 2014
Swamplandia de Karen Russell
"Notre mère entrait en scène dans la clarté des étoiles. Qui avait eu cette idée ? Je ne l’ai jamais su. Sans doute Chef Bigtree, et c’était une bonne idée – neutraliser la poursuite pour laisser le croissant de lune se détacher dans le ciel, sans chaperon ; couper le micro, laisser les projecteurs sous leurs paupières de fer afin de permettre aux touristes d’apprécier ce cadre nocturne ; encourager le public à anticiper le palpitant numéro exécuté par la vedette de Swamplandia – la fameuse dompteuse d’alligators : Hilola Bigtree. Quatre fois par semaine, notre mère grimpait à l’échelle qui surplombait la fosse dans son deux pièces vert pour aller se placer au bord du plongeoir, prenant sa respiration. S’il y avait du vent, ses longs cheveux voletaient autour de son visage, mais le reste de sa personne restait immobile. Les nuits dans les marécages étaient sombres et tachetées d’étoiles – notre île était à une cinquantaine de kilomètres du réseau électrique du continent – et même si, à l’oeil nu, on pouvait apercevoir Vénus et la chevelure bleu saphir des Pléiades, le corps de notre mère n’était qu’une vague silhouette, une tache floue sur fond de palmiers.

Juste en dessous, des dizaines d’alligators déplaçaient leurs sourires ambigus et les diamants superbes de leurs têtes dans un bassin d’eau filtrée. Au niveau du cône noir où plongeait maman, il y avait neuf mètres de profondeur. Ailleurs, la nappe d’eau s’affinait pour n’être plus qu’un clapotis boueux formé de végétaux décomposés contre du sable ocre. Au milieu, un îlot rocheux émergeait ; dans la journée, une trentaine d’alligators pouvait venir y former une pyramide pour prendre un bain de soleil.
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fabienne2909   04 février 2013
Swamplandia de Karen Russell
Quand on n'est qu'au commencement de la fin, on peut très bien se croire déjà au milieu. Quand j'étais petite, je ne voyais pas ces nuances. C'est seulement après la déchéance de Swamplandia que le temps s'est mis à avoir comme un début, un milieu et une fin. En bref, je peux résumer toute l'histoire d'un seule mot : chute.
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Missbouquin   17 mai 2014
Swamplandia de Karen Russell
"Quand on n’est qu’au commencement de la fin, on peut très bien se croire déjà au milieu. Quand j’étais petite, je ne voyais pas ces nuances. C’est seulement après la déchéance de Swamplandia que le temps s’est mis à avoir comme un début, un milieu et une fin. En bref, je peux résumer toute l’histoire d’un seule mot : chute."
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VALENTYNE   11 mars 2020
Swamplandia de Karen Russell
Nous n’avions qu’un seul mammifère, Judy Garland, une ours brune de Floride, sauvée par mes grands-parents alors qu’elle était toute petite, à l’époque où l’espèce hantait encore les pinèdes au nord. Sa fourrure ressemble à une carpette roussie – mon frère prétendait qu’elle souffrait d’un genre de pelade. Elle savait faire un tour, enfin, une sorte de tour : le Chef lui avait appris à hocher la tête pendant Somewhere Over The Rainbow. Une horreur. Ses dodelinements terrifiaient les petits enfants et scandalisaient leurs parents. « Au secours ! s’écriaient-ils. Cette bête a une crise cardiaque ! » C’est vrai qu’elle n’avait pas le sens du rythme, mais il fallait la garder, selon le Chef, parce qu’elle faisait partie de la famille.

Notre parc bénéficiait d’une promotion publicitaire comparable à celle des meilleurs parcs aquatiques ou minigolfs ; la bière y était la moins chère de toute la région et on y présentait un « combat au corps à corps contre les alligators » tous les jours de l’année, qu’il pleuve ou qu’il vente, y compris les jours fériés. Notre tribu avait ses problèmes, bien sûr, comme tout un chacun – Swanplandia avait toujours eu plusieurs ennemis, naturels ou pas. Nous étions menacés par les niaoulis, ou Melaleuca, une espèce d’arbres envahissante qui asséchait de vastes espaces de marais au nord-est. Et tout le monde surveillait la raffinerie de sucre et la progression sournoise des banlieues résidentielles au sud. Mais notre famille sortait toujours gagnante, me semble-t-il. Tous les samedis soir (et très souvent en semaine !), notre mère nageait avec les Seths et s’en tirait toujours. Des milliers de fois nous avions vu le plongeoir vibrer dans son sillage.

Puis elle tomba malade, plus malade qu’on ne devrait être autorisé à l’être. J’avais douze ans quand le diagnostic tomba et cela me rendit furieuse. Il n’y a ni justice ni logique disaient les cancérologues. Je ne me rappelle pas exactement les termes, mais il n’y avait pas d’espoir dans leur voix. Une infirmière m’apporta des chocolats du distributeur, qui me restèrent en travers de la gorge. Ces médecins se penchaient toujours pour nous parler, du moins me semblait-t-il comme s’il n’y avait que des géants dans ce service. Maman arriva au stade terminal de son mal à une vitesse différente. Elle ne ressemblait plus à notre mère. Son crâne était chauve et lisse comme celui d’un bébé. On eû dit qu’elle plongeait en elle-même. Un soir, elle plongea et ne refit pas surface. Au niveau du vide laissé, on ne vit ni bulles ni tremblements. Hilola Bigtree, dompteuse d’alligator de classe internationale, cuisinière exécrable et mère de trois enfants, s’éteignit dans son lit d’hôpital par une journée nuageuse, le mercredi 10 mars, à trois heures douze de l’après-midi.
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Wictoriane   06 août 2017
Foyer Sainte-Lucie pour jeunes filles élevées par les loups de Karen Russell
Je ne vois pas en quoi c'est une chance. Moi, j'aurais aimé naître avec une tête colossale de taureau - la plus grosse possible. les gens se comportent comme si ma normalité apparente était tout aussi étrange, voire encore plus suspecte.
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Meduzantic   14 mai 2019
Swamplandia de Karen Russell
On se trouvait dans le dôme de cyprès, en train de ramasser pétales et racines pour l'un de ses "sortilèges". Les arbres qui constituent le coeur d'un dôme ont trente mètres de haut ; leurs racines ou "genoux" dépassent de l'eau et respirent pour eux ; avec leurs veines-lianes, on dirait de la pluie pétrifiée. Oui, on croirait marcher à travers la pluie des dinosaures. Le fossile gris-bleu d'un orage, lâchant maintenant de petites feuilles.
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pit31   15 février 2021
Des vampires dans la citronneraie de Karen Russell
La vieille revient, récupère notre soie, pousse les feuilles vers nous avec un bâton, et on se jette dessus. Si vous croyez que les Kaiko-joko seraient capables de laisser ne serait-ce qu'une tige piétinée, c'est que vous sous-estimez la saveur puissante des feuilles de mûrier, à même de défier la mort. Un vert vital, comme si le soleil parcourait votre colonne vertébrale.

Ailleurs, paraît-il, il y a des contremaîtres, des directeurs et des sifflets pour annoncer les pauses. Ici, les pendules et sifflets sont en nous-mêmes. Notre maitre, c'est le fil. Il y a une pause d'un quart d'heure entre l'orgie de feuilles de mûrier - "Dites "repas du soir", je vous en pris, ne soyez pas vulgaires", gémit Dai, alors que sa bave brille encore par terre - et la régénération du fil. Pendant cet intermède, on s'assoit en cercle au milieu de la salle, à égale distance de notre literie et de la Machine. Obstinément, nous retournons en arrière : la ville de Takayam. Le village d'Oyaka. Toku. Kiyo. Nara. Fudai. Sho. Radis et cornichons. Odeurs de laurier et de camphre à Shikoku. Père, Mère. Mont Fuji. La mer Intérieure.
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pit31   15 février 2021
Des vampires dans la citronneraie de Karen Russell
Il s'agit d'une entreprise laborieuse. L'anatomie des équidés limite les genres de lettres qu'ils sont capables de tracer dans la terre. Buchanan peut dessiner un H, un F, un E, un A, un T, un I, un X avec le sabot droit, à condition de s'appliquer. Z, une fois qu'on sait comment faire, c'est aussi facile. Les O, U, S, en revanche, c'est impossible. Quant au K et au W, ils le laissent tout tremblant et éprouvé. Jamais Buchanan n'interroge sa propre vision du passé ; les virgules sont déjà assez difficiles comme ça sans qu'il se rompe les membres avec un point d'interrogation. Il est en train de fignoler le chapitre 4. "Et voilà, messieurs ! Aujourd'hui je vais ajouter un dernier paragraphe de conclusion, après quoi je passe au chapitre... oh, non !".

Fitzgibbons roule avec l'un des tracteurs sur son texte, effaçant jusqu'au prologue.
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