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Note moyenne 4.12 /5 (sur 25 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Martinique , 1976
Biographie :

Ketty Steward est une écrivaine.

Elle est titulaire d'une licence de mathématiques appliquées et sciences sociales et d'une maîtrise en sciences du travail.

Elle travaille comme conseillère principale d’éducation en région parisienne depuis une dizaine d’année, après avoir enchaîné divers métiers comme libraire, correctrice ou secrétaire.

Écrivaine, elle s’est essayé à tous les genres: poèmes, essais, nouvelles, contes, autobiographie ("Noir sur Blanc" - Éditions Henry, 2012), avec une prédilection toutefois pour la science-fiction.

Avec une quinzaine de poèmes et une demi-douzaine de nouvelles sélectionnées entre 2003 et 2005, Ketty a été lancée en écriture par la revue "Dégaine ta Rime".

Le numéro de juin 2004 du "Journal littéraire" (Éditions de Saint Mont) a publié son conte "Ver luisant et Goutte d’eau" peu après un deuxième prix au concours URB - La Voix du Luxembourg, avec la nouvelle "Wanduerf-sur-Floss" (2003).

En 2011, elle publie son premier recueil de nouvelles d'anticipation, "Connexions Interrompues" (Éditions Rivière Blanche).

son site : http://www.ktsteward.net/
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Source : www.parcheminstraverses.com
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Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
Charybde2   27 avril 2013
Noir sur Blanc de Ketty Steward
Sans s'en rendre compte, cette épicière avait été mon premier "caillou blanc". Une piste pour m'indiquer que les adultes ne sont pas tous les mêmes, que la liberté est au dehors et qu'il faut essayer d'aller à l'aboutissement de ses rêves. Je me sentis la force de daire à pied la distance qui me séparait du carrefour de Simon, ma deuxième étape ; là où je pourrais attendre le taxi collectif. Un pas après l'autre, il suffisait de marcher, de réaliser que j'étais seule au monde, seule avec ma volonté d'avancer, pied gauche, pied droit, pied gauche et ainsi de suite.
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Charybde2   12 novembre 2018
Confessions d'une séancière de Ketty Steward
« Comment aurais-je pu me douter que la plaisanterie me mènerait si loin ?

– Mais ma petite demoiselle, tu le savais ! Au plus profond de toi. Les tabous n’ont jamais servi qu’à nous protéger de nous-mêmes.

– Oh ! Ça va. Oublions les sermons, sorcière ! On fait quoi, maintenant ? »

Marie-Odile arrivait au bout de ses réserves de patience. C’était la neuvième voyante de ce genre qu’elle consultait en quatre mois et pas une ne lui avait épargné les discours moralisateurs, cent variantes de celui-ci : « Tu as enfreint une règle, il y a un prix à payer ! »

Les honoraires de ces médiums, qu’elles lisent dans les cartes, les mains, les champs magnétiques, les entrailles d’oiseaux ou le marc de café, se conformaient à ce principe.

La règle bousculée devait vraiment compter dans l’échelle des transgressions puisque Marie-Odile avait dépensé, pour tenter de réparer l’offense, presque toutes ses économies, sans résultat.

Le front sombre et ridé d’Adolphine, ses cheveux et ses yeux gris n’impressionnaient pas la jeune fille qui accueillit les poings serrés une sentence de plus :

« Celui qui pèche par le pied périra par le pied ! »

Tous les oracles de l’île semblaient s’être donnés le mot pour la culpabiliser en lui rappelant son éducation religieuse. Marie-Odile ne montrait cependant aucun attrait pour les cultes. Une seule question l’obsédait et motivait sa démarche. Saurait-on la délivrer de la malédiction qu’elle s’était attirée par une plaisanterie qu’elle avait crue sans conséquence ?

Elle souffrait depuis plusieurs mois, mais s’était bien gardée de consulter un médecin, de crainte de se voir internée d’autorité dans un asile psychiatrique. On l’aurait certainement soupçonnée de s’automutiler en plus de fabuler.

La seule aide qu’elle acceptait de la science médicale consistait en ces comprimés analgésiques disponibles en pharmacie qu’elle ingurgitait à fortes doses pour atténuer sa douleur.

Tandis qu’Adolphine murmurait des incantations tout en promenant ses mains sur la table comme pour en réveiller le bois, Marie-Odile se souvenait.

(« Pié pou tet« )
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Charybde2   27 avril 2013
Noir sur Blanc de Ketty Steward


Les mots, pour les avoir, nous devions les voler, constamment. Ma mère parlait de son ancien mari - mon père à vie - à sa mère et à sa sœur. Elle en faisait un monstre égoïste et absent. Tout me semblait faux, mais c'étaient déjà des mots. Une manne si rare que je les gardai. Les quelques fois où j'avais le courage de craqueler le vernis pour poser des questions, on me renvoyait illico à mes jeux et à mon manque de réponses. Où était mon père ? Nous avait-il abandonnés ? Reviendrait-il ? Ne nous aimait-il plus ? Et ma mère aimait-elle encore celui qui avait été l'homme de sa vie et le père de ses enfants ? Les mots se terraient sans cesse et j'eus envie de les débusquer.
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Charybde2   12 novembre 2018
Confessions d'une séancière de Ketty Steward
On raconte qu’un jour, Papa Dlo leva la main sur sa compagne qui, n’en pouvant plus de sa violence, décida de le quitter.

Manman Dlo embarqua avec elle les plus petits poissons et les écrevisses, et s’en alla vivre dans les terres, entre les creux des montagnes.

Papa Dlo regretta son geste, mais il était trop tard. Son chagrin le rendit amer et colérique. Papa Dlo attrapait les pêcheurs, leurs femmes et leurs enfants, pour les noyer. Sa demeure fut nommée l’amer, devenue ensuite la mer. Il pleura à chaudes larmes et c’est pour cela que, aujourd’hui encore, l’eau de mer est salée.

(« Sainte-Marie de la mer« )
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faracha33   12 novembre 2018
Confessions d'une séancière de Ketty Steward
Sors de ta fournaise

Ô Lune incandescente

Sors de ta fournaise

Descends, panse brûlante

Sors! et ta lumière

Fébrile et frissonnante,

Saura , ta lumière,

Rendre vie aux gisantes .
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Rosabella26   27 octobre 2018
Confessions d'une séancière de Ketty Steward
Souvent, je pense à eux trois, je regarde la tache sur mon ventre et je me souviens qu’il n’est pas bon de se moquer des gens différents. ( citation tirée de l’histoire « La po Zombi » )
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Charybde2   12 novembre 2018
Confessions d'une séancière de Ketty Steward
J’avais huit ans quand Bienaimé est arrivé dans mon école. Trois ans se sont passés depuis, mais je me souviens de tout. J’étais en CE2 dans la classe de Madame Valmy.

Bienaimé. Quel drôle de nom !

Il venait d’Haïti et, comme tous les Haïtiens qu’on voyait par chez nous, il était très pauvre. Ma mère dit que le pays paie son arrogance. « Ils ont voulu être indépendants et maintenant, ils crèvent de faim. » Pas tous. Il paraît qu’il y en a qui s’en sortent, mais Maman n’aime pas qu’on parle de tout ça. « Ils ont des sorciers puissants. Il vaut mieux éviter de parler de ces gens. »

Elle m’interdit évidemment d’approcher mon nouveau camarade.

Bienaimé n’avait pourtant pas l’air puissant du tout. Maigre comme un clou, il avait des yeux énormes qui sortaient presque de son visage. Ce qui frappait le plus, c’était sa couleur de peau. Alors que nous étions tous marron plus ou moins clair, lui était noir comme la nuit. Nous avions la couleur du bois des arbres, celle de la terre, lui était noir comme un pneu de voiture, comme le charbon, comme le sirop de batterie.

C’était tellement facile de lui trouver des surnoms !

(« La po zombi« )
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Bleuopale   24 mars 2019
Confessions d'une séancière de Ketty Steward
Dansez, fournis, dansez !

Sur le sol desséché

Courez, fournis, courez !

Sous les herbes cachées

Creusez, fourmis, creusez !

Dans les trous des rochers

Allez dire au damné que je viens le chercher

Que rien n'est oublié, que juré, c'est craché.
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JustAWord   27 décembre 2018
Confessions d'une séancière de Ketty Steward
Papa Flo attrapait les pêcheurs, leurs femmes et leurs enfants, pour les noyer. Sa demeure fut nommée l’amer, devenue ensuite la mer. Il pleura à chaudes larmes et c’est pour cela que, aujourd’hui encore, l’eau de mer est salée.
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JustAWord   27 décembre 2018
Confessions d'une séancière de Ketty Steward
Shhh ! Shhh !

M’entendez-vous,

Habitants des recoins ?

Voulez-vous un chez-vous

Sans les cris, sans les chiens

De ces êtres de boue

Que traversent vos mains ?
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