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4.43/5 (sur 22 notes)

Nationalité : Grèce
Né(e) à : Athènes. , le 06/06/1931
Mort(e) à : Athènes , le 22/02/2020
Biographie :

Kiki Dimoula est une grande poétesse grecque contemporaine.

En 1949, à la fin de ses études secondaires, elle entre à la Banque de Grèce où elle travaillera pendant vingt-cinq ans. Elle publie en 1952 son premier recueil de poèmes. En 1954 elle épouse Àthos Dimoulas, poète lui aussi, dont elle aura deux enfants.

Bien plus tard, pressée de rédiger sa notice biographique, elle écrira : « Mes études supérieures : les années passées auprès du poète Àthos Dimoulas. Sans lui je me serais contentée, j’en suis sûre, d’une paresse rêveuse et ignorante, vers laquelle je penche encore, sagement peut-être. Je lui dois d’y avoir échappé ne serait-ce qu’en partie, je lui dois mon initiation, incomplète sans doute, à la poésie. »

En 1971, elle publie son cinquième recueil, Le peu du monde, qui lui vaut sa première reconnaissance officielle, le Second prix d’État, et une large renommée. Son mari meurt en 1986.
Elle reçoit le Premier prix d’État en 1989 pour Je te salue Jamais, puis le Prix Ouranis en 1994 pour L’adolescence de l’oubli. L’ensemble de son œuvre est couronné par l’Académie grecque, dont elle devient membre en 2002.

Kiki Dimoula a reçu à Strasbourg le Prix Européen de Littérature 2010.
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Source : www.prixeuropeendelitterature.eu
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Citations et extraits (81) Voir plus Ajouter une citation
« Coûteuse idée, la vie.
On affrète un monde
Pour faire le tour d’une barque. »
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LE PLURIEL

L'amour,
substantif,
très substantiel,
nom singulier,
genre ni féminin ni masculin,
genre désarmé.
Au pluriel
les amours désarmé(e)s.

La peur,
substantif,
singulier au début
puis pluriel :
les peurs.
Les peurs
devant tout désormais.

La mémoire,
nom propre des tristesses,
singulier,
singulier rien d'autre
et invariable.
Mémoire, mémoire, mémoire.

La nuit,
substantif,
genre féminin,
singulier.
Pluriel
les nuits.
Les nuits désormais.
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“Dialogue entre moi et moi

Je t'ai dit:
- J'ai fléchi
Et tu as dit:
- Ne t'en fais pas.
Déçois-toi tranquillement.
Accepte sereinement
la pendule arrêtée.
Désespère-toi raisonnablement
de ce qu'elle soit pourtant remontée
de ce que ton temps à toi fonctionne ainsi.
Et si soudain
l'une des aiguilles vient à bouger,
ne te risque pas à te réjouir.
Ce mouvement ne sera pas du temps.
Mais de certains esprits le faux témoignage.
Descends sérieusement,
détrône-toi sobrement
passant par tes mille fenêtres.
Pour un peut-être tu les as ouvertes.
Et puis oublie-toi joyeusement.
Ce que tu avais à dire,
sur l'automne, les chants du cygne,
les souvenirs, canaux des amours,
les heures qui s'entretuent,
la fiabilité des statues,
ce que tu avais à dire
sur ceux qui peu à peu fléchissent,
tu l'as dit”
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Je quitte le monde des mystères
tranquillement.
Jamais de ma vie je n'ai fait de mal à une énigme :
Je n'en ai résolu aucune.

Premiers vers du poème J'ai accepté de ne pas savoir
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“CALCHAS

Je ne dors pas, je ne dors pas,
j'aide la nuit à s'agrandir,
à s'élargir,
à effacer les petites lumières, parasites.

Je ne dors pas, je ne dors pas,
j'exerce de noirs “c'est exclu”
je lance des “c'est exclu” exercés
qui déchirent quelques dernières étoiles.

Je ne dors pas, je ne dors pas,
je change de sexe, deviens minuit.
Où me mèneras-tu, abattement,
je te retrouverai quelque part
puisque j'ai prêté serment d'insomnie.
Mes doses de somnifères
dorment comme des anges
et mon cerveau qui veille
les berce tout doucement.

Je ne dors pas, je ne dors pas,
j'aide la nuit à s'agrandir,
j'écris des slogans aux murs des rêves
à bas les levers du jour des élevages de poules,
à bas les magouilles des espérances
et on vous construira des maisons
et on vous fera des routes
et on vous apportera la pluie
et du vent, et du vent.

Je ne dors pas, je ne dors pas
j'attends un dernier vieux fond d'obscurité
pour entrer chez le devin Calchas.
Je vais le tuer.
Il m'a plongée dans tout un sacrifice
pour que tu respires.
Mais toi, insomnie, tu te niches
sur chaque prophétie
en prenant bien ton temps.”
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DESSEINS ANIMÉS

C'est sûr, dans la ronde sans fin
de l'offre et de la demande
tu as dû m'emprunter quelques sentiments.
C'est sûr, toutes ces années de tabagie, un jour,
tu as dû être à court de tabac.

Si maintenant tu pouvais en échange
pour deux-trois jours me prêter un amour.
On m'invite à une comédie circulaire
et l'invitation précise bien
tenue opaque — il ne faut pas
que transparaisse l'insupportable.

Je te le rendrai intact.
Même si je me soûle, si je me salis,
ne crains rien, l'éternel sur l'amour
ne laisse jamais de taches.

Ne serait-ce qu'un ou deux jours. Je veux y aller
dans de beaux habits d'emprunt
craie ostensiblement cassante
orgueilleusement pendue
au bras de l'éponge qui m'accompagne.
Ne serait-ce qu'un jour.

Non, pas celui-là, je n'en veux pas, non
pas l'amour charitable que reprend
ta main dès qu'elle tombe dans la mienne.
C'est l'autre que je veux, l'autre
la passion folle que tu éprouves pour quelqu'un
toi encore et tu le supplies
de te prêter son amour
ne serait-ce que deux-trois jours non pas celui-là,
non pas l'amour charitable que reprend
sa main dès qu'elle tombe dans la tienne,
mais l'autre que tu demandes l'autre
la passion folle qu'il éprouve
pour quelqu'un d'autre lui encore
et à son tour le supplie
de lui prêter un amour
ne serait-ce qu'un jour, non pas le charitable
et ainsi va sans gloire notre sauvagerie.

Ce qui prêteurs nous rehausse
est ce qui nous rabaisse devenus ses mendiants.

Toujours le décalage amoureux d'un autre
et nous toujours amoureux de lui.
Et les coïncidences meurent sans être aimées.

( Je te salue jamais )
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“Elles raccourcissent les journées, raccourcissent
pour s’angoisser moins longtemps.”
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CAMBRIOLAGE D'ILLUSION

Et je vis quelque part au cœur de la nuit
resplendir
une pharmacie de garde.

Monsieur, donnez-moi un somnifère,
que dorme un peu le désert au dehors.

Et le temps que se déplace de sa somnolence
le pharmacien, j’admirais
l'égalité des douleurs sur les rayons,
incurables et guérissables, toutes
dans des petites boîtes joyeuses aux couleurs vives.

Et soudain je t’ai reconnu. À l’isolement.
En haut ; là où seul l’œil de la peur accède.
Image de mort sur l’étiquette d’un flacon de poison.

Méconnaissable, dénudée, mortelle, ta figure.
Tes bras croisés, image d’effroi
à l’endroit innocent
où rêvait naguère ta gorge insouciante.

Monsieur, ai-je crié
bousculant les douleurs des rayons,
quelle erreurs détestables, comment pouvez-vous
fournir les morts en nouvelles doses
de poison sans autre ordonnance
ni volonté divine ? Comment osez-vous,
pour vendre efficacement vos produits de mort,
démantibuler des formes que nous nous évertuons
à maintenir entières efficacement
dans des flacons d’illusion scellée ?
Rendez-moi tout de suite l’original.

Je vous crois, dit le pharmacien, mais
après avoir quitté la caisse
aucune erreur n’est reconnue.
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APOLOGIE

J’aimerais tant savoir enfanter
de petits poèmes.
J’en suis privée par ma prolixité.
Délibérée tel un préservatif
pour éviter la conception douloureuse
et n’être pas déclencheur et auteur
d’une brièveté de plus.

Elle m’impose une longue marche vaine
pieds nus croyant allonger ainsi
la dose de volupté allouée à la vie.

Un petit poème.
Presque un bébé mais la répartie facile.
Son début, petit nez
un peu retroussé
les mots, yeux fixés sur la condensation
une grimace hermaphrodite aux lèvres
on ne sait s’il rêve ou s’il a faim
– l’imprécis, c’est inné, se crispe.
Ses petits poings à la fin
bien conformés – serrés.

Un petit poème.
Incertain encore il respire en couveuse
la salle de soins intensif est pleine
de petits et grands poèmes enfermés
dans leurs cocons de plastique translucide.
Petits ou grands toujours prématuré
de savoir s’ils vivront.

Un petit poème. Et si ce qu’à Dieu ne plaise
l’oxygène pour finir ne suffit pas
on se console – au moins se dit-on
il a coupé à la marche vaine
qu’ont dû s’appuyer les grands aux pieds nus
les donsquichottesques.
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DIALOGUE ENTRE MOI ET MOI

Je t'ai dit : - j'ai plié.
Et tu as dit :
- Ne sois pas triste.
Déchante tranquillement.
Calmement accepte de regarder
l'horloge arrêtée.
Désespère raisonnablement :
tu n'as pas oublié de la remonter
le temps pour toi ainsi s'écoule.
Et si par hasard
une aiguille soudain bouge
ne te risque pas à la joie.
Ce mouvement ne sera pas du temps.
Ce seront de faux serments d'espoir.
Descends sérieuse,
Détrône-toi sereine
de tes mille fenêtres.
Tu les as ouvertes sur un Peut-être
et contente oublie-toi.
Ce que tu avais à dire
des automnes mélancoliques,
des mémoires, gouttières des amours,
de l'entre-tuerie des heures,
de la solvabilité des statues
ce que tu avais à dire
des hommes qui plient peu à peu,
tu l'as dit.

p. 23
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