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Note moyenne 4.06 /5 (sur 8 notes)

Nationalité : Grèce
Né(e) à : Athènes , le 26/06/1924
Mort(e) à : Paris , le 04/02/2010
Biographie :

Kostas Axelos est un philosophe grec. Il s'installe en 1945 à Paris. Il a enseigné la philosophie à la Sorbonne, a été rédacteur en chef de la revue Arguments (1956-1962) et a fondé, en 1960, la collection « Arguments » aux Éditions de Minuit.

Au fil des livres, il développe et reprend les grands concepts qui organisent sa pensée : le temps, le monde, le jeu. Le Déploiement du jeu, sa seconde trilogie, comprend Contribution à la logique (1977), Le Jeu du monde (1969) et Pour une éthique problématique (1972). La troisième (Le Déploiement d'une enquête) comprend Arguments d'une recherche (1969), Horizons du Monde (1974) et Problèmes de l'enjeu (1979).

Il est proche de Gilles Deleuze, avant que ce dernier ne s'éloigne à la suite d'un article d'Axelos (« Sept questions d'un philosophe », Le Monde, 28 avril 1972) à la sortie de L'Anti-Œdipe (écrit en collaboration avec Félix Guattari).

Alors même qu'il élabore une œuvre considérable, dès les années 1970 sa présence publique est plus discrète. Il s'en expliquera dans une interview donnée en 2005 : « Je ne me considère pas comme un intellectuel, c’est-à-dire comme quelqu’un qui donne son avis sur toutes les choses à longueur de jour et de nuit. J’ai des préférences personnelles en ceci, en cela, mais ce que je pense et ce que j’essaie de faire, tout en m’adressant, pour reprendre un mot de Nietzsche, «à tous et à personne», ne peut que rester souterrain et exercer, si ça doit jamais l’exercer, un pouvoir invisible plutôt que visible.»
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Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Kostas_Axelos
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Bibliographie de Kostas Axelos   (14)Voir plus

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Video et interviews (1) Voir plusAjouter une vidéo

Frédéric Nietzsche
L'émission, présentée par Serge JOUHET, se compose d'une série d'entretiens avec des philosophes et historiens sur le philosopheallemandFriedrich NIETZSCHE, entrecoupé de lectures de textes du penseur par le comédien Alain CUNY. Avec Michel FOUCAULT à propos de la folie de NIETZSCHE; Kostas AXELOS à propos du tragique chez NIETZSCHE; André SCHAEFFNER et Fred GOLBECK à propos du...
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Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
sonatem   21 mai 2022
L'exil est la patrie de la pensée de Kostas Axelos
L’épochè phénoménologique – extrait.



« les compromis nous tiennent, nous n’en sommes pas maîtres » peut-on lire du fragment 58 de Ce qui advient. La critique, ajoute Axelos, n’aboutit pas à grand-chose, si ce n’est à conforter les choses, offrir un alibi sans creuser à la racine. […]

Ce qui est apparemment aveu d’impuissance n’a donc rien d’un renoncement. Rien de sceptique, rien de nihiliste dans ce geste. Car il ne s’agit ni de douter, ni de nier, pas davantage de s’abstenir comme le fait le nihiliste, qui précisément ne « joue pas », n’entre pas dans le jeu, et contribuerait au contraire à nier, anéantir sans le savoir ce qui est à penser : ce rien d’objectif, de palpable, d’instrumentalisable qu’est notre ouverture première, cette « coappartenance du rien et du monde ».



Les mots pour le dire ici se font écho : le vide, l’abîme, le gouffre, le sans-fond, le non-être, le néant, le rien. « Indescriptible, irreprésentable, mais non totalement impensable », Cela ne cesse de « se manifester et de demeurer, en même temps, dans une réserve inapparente d’où émerger ». […]



Ce que les Anciens désignaient sous le nom de léthé, le retrait, la latence : ce qui se dissimule, demeure voilé et que la pensée philosophique se donne dès ses premiers commencements pour tâche de dé-voiler (a-letheia). Or, même pensé par les philosophes (comme nature, dieu, esprit, histoire), le voile ne peut être levé. Parce qu’il a trait au vide, au néant, relève du retrait et de l’absence, ce « centre énigmatique » dont parle le penseur ne peut être circonscrit, pas plus qu’il n’est possible d’en rendre compte, d’en faire le tour. La pensée qui s’en approche doit bien plutôt renoncer à toute saisie, accepter de demeurer suspensive : épochè.



Aveu d’impuissance, certes, mais non renoncement. Car l’homme est bien « celui à qui il incombe d’affronter le vide, puisque centralement affecté par lui ». Et faire l’expérience de ce vide, comme Axelos nous y appelle, c’est d’abord faire l’impuissance de notre pensée, l’impossibilité de nous en emparer, reconnaître que cela nous échappe tant que nous demeurons dans une perspective de maîtrise, d’omnipotence visant à tout régir.



*



L’illusion de toute-puissance et les ressources cachées de notre époque – extrait.



Reconnaître « la catastrophe » de notre époque , le « spectre de sa faillite », ce n’est aucunement s’en accommoder ou la « subir passivement ». Ce n’est pas davantage se refuser d’agir, se réfugier dans la « tranquillisation », dans une sérénité à toute épreuve comme y appelait l'épochè stoïcienne. Car le conflit (la krisis) et les échecs font parties de ce monde, de son « jeu », ou de sa « ruse » dira encore Axelos. Et c’est précisément ce qu’il nous reviendrait de penser, cela même qui se donne à nous tout en se retirant, fût-ce dans le retrait le plus radical, tel qu’il se donne à revers du trop-plein et de la saturation ambiante.



Si cette épochè, à laquelle appelle ici le penseur, est possible, c’est précisément que notre époque s’y prête, selon le sens étymologique même du terme que reprend Axelos, renvoyant à un « temps en suspens », un arrêt ». C’est la mise en suspens du monde, l’éclipse même du phénomène du Monde, sa latence pour nos yeux saturés qui se sont déshabitués de voir. [...]



Face aux phénomènes changeants sur lesquels tu n’a prise, disait Pyrrhon, abstiens-toi de juger. Abstiens-toi non seulement de juger, mais suspens toute croyance antérieure que tu pensais avoir sur ce qui t’entoure, ajoutait Descartes. Husserl, plus radical encore : radicalise geste et suspens toute possibilité même de douter ou de croire. Avec Axelos, il semble que l’on sorte tout d’un coup de la circularité dans laquelle l’argument sceptique demeurait pris : avant même de te demander s’il te faut juger ou non, croire ou non, commence déjà par « faire le vide », par accueillir cet impensé qui sous-tend toute chose.



L’épochè à laquelle le philosophe nous appelle ne porte ni donc sur nos seuls jugements (jugés éphémères, donc non fiables), ni sur la capacité que nous avons à voir le monde tel qu’il serait véritablement. La difficulté n’est pas, non pas ce que nous pensons, mais comment nous le pensons. « Nous n’allons pas plus loin. Nous allons ailleurs », peut-on ainsi lire dans Ce qui advient.



Il s’agit bien du geste par lequel nous sommes susceptibles de suspendre le regard, d’échapper à la fuite à tout va dans l’agir. En ce sens, l’épochè ne se donne pas comme une limitation, mais bien comme une dé-limitation, qui nous permet d’illimiter, de lever les limites, ce qui entrave notre rapport au monde et aux possibles. Et si le questionnement demeure ouvert chez Axelos, c’est que l’avenir le reste aussi.





La pensée comme épochè en temps de détresse, par Servanne Jollivet – pp 99-103.
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Kostas Axelos
lilianelafond   26 mai 2020
Kostas Axelos
Le nihilisme n’est pas une erreur, une aberration, une faute, une maladie ; il n’est pas un point de vue, une théorie, une disposition psychologique ; il ne caractérise pas tel ou tel état de choses particulier. Le nihilisme commence à englober tout ce qui est et se fait. Parler de lui, dans le monde de la totalité fragmentée, est extrêmement difficile. Qu’on le déplore ou qu’on s’en réjouisse : il semble que seule une systématique fragmentaire et aphoristique puisse oser l’aventure.
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lilianelafond   26 mai 2020
Notices "autobiographiques" de Kostas Axelos
Ne pas faire de sa vie un roman. Pourtant le romanesque est tellement séduisant. Faire tout pour ne pas être ou devenir littéraire, en participant créativement, plus qu’à la poésie, à la poéticité. Permettre à la poéticité de s’éployer à travers nous. » ; « Prendre soin de sa chance. Ne pas la piétiner.
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Kostas Axelos
BigDream   23 octobre 2019
Kostas Axelos
Où bat effectivement le pouls du monde?
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lilianelafond   26 mai 2020
Notices "autobiographiques" de Kostas Axelos
Le mot liberté est impossible à appliquer aux vies humaines, aux dieux et à Dieu, qui, tant qu’ils se manifestaient en demeurant cachés, obéissaient à une nécessité. En revanche, l’amitié, l’amicalité, est à libérer. Surtout dans l’ère de la communication et de l’abstraction.
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Danieljean   08 mai 2020
Arguments recherche de Kostas Axelos
Anaxagore, selon la légende, aurait demandé peu avant sa mort que des fêtes d'enfants soient organisés lors de ses anniversaires. Cette coutume se conserva, parait-il. Les jeux des enfants perpétuaient ainsi les jeux de la pensée.
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Kostas Axelos
lilianelafond   26 mai 2020
Kostas Axelos
On ne le voit pas, mais cela ne fait rien, l’époque marche vers l’instauration d’une médiocrité et d’une insignifiance mondiales et planétaires. Ce qui sommeillait depuis si longtemps tend à la domination de la terre. Puissamment aidé par la technique, sur laquelle les sots naïfs et les sots savants continuent leurs élucubrations proclamant sa domestication, quand il est clair que c’est elle qui nous domine. L’époque des derniers hommes et des derniers des hommes durera. Très, très longtemps.
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lilianelafond   26 mai 2020
Notices "autobiographiques" de Kostas Axelos
L’homme ne possède pas une nature, une essence, un être, un destin. C’est à travers lui que se déploie un jeu. De toute manière, nous ne coïncidons pas avec nous-mêmes.
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lilianelafond   26 mai 2020
Ce qui advient de Kostas Axelos
parler de ce dont on ne peut parler, faire ce qui ne se laisse pas faire, se poser des questions pour lesquelles il n’y a pas de réponse
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lilianelafond   26 mai 2020
Ce qui advient de Kostas Axelos
la pensée qui tente de prendre la relève essaie d'ouvrir, en s'y engageant fermement, un chemin où elle affronte le non-dit et le vide
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