Krzysztof Pomian vous présente ses ouvrages "
Le musée, une histoire mondiale" aux éditions Gallimard
Retrouvez le livre : https://www.mollat.com/livres/2647093/krzysztof-pomian-
le-musee-une-histoire-mondiale-coffret
Note de musique : © mollat
Sous-titres générés automatiquement en français par YouTube.
Visitez le site : http://www.mollat.com/
Suivez la librairie mollat sur les réseaux sociaux :
Instagram : https://instagram.com/librairie_mollat/
Facebook : https://www.facebook.com/Librairie.mollat?ref=ts
Twitter : https://twitter.com/LibrairieMollat
Linkedin : https://www.linkedin.com/in/votre-libraire-mollat/
Soundcloud: https://soundcloud.com/librairie-mollat
Pinterest : https://www.pinterest.com/librairiemollat/
Vimeo : https://vimeo.com/mollat
+ Lire la suite
Les frontières de l'Europe ? Elles s'arrêtent aux mondes orthodoxe et musulman. Depuis le VIIIe siècle, le monde orthodoxe, au nord sur la plaine russe, au sud dans les Balkans, n'a pas participé à l'« unité par la foi » et il a été soustrait à l'« unité par les Lumières », au moins jusqu'au XVIIIe siècle. De la même façon, l'Europe s'est faite contre l'islam, en particulier contre l'Empire ottoman. « Du point de vue d'un historien, les frontières de l'Europe n'englobent donc ni la Russie ni la Turquie, deux pays auxquels leur géographie même impose des engagements respectivement en Extrême-Orient et aux frontières de l'Iran. ». ("L'Europe mise en scène", Les Echos, 20 février 2004)
L Communauté européenne est parfois identifiée à l’Europe, Mais elle ne l’est pas encore. Pour devenir Europe, il lui faudra d’abord s’adapter à la réunification de l’Allemagne [...] Il lui faudra en même temos relever le défi relever le défi de l’intégration civilisationnelle des pays ci-devant communistes de l’Europe centrale et orientale.
Le XIX ème siècle, c’était la belle époque de l’histoire : celle deb l’histoire considérée comme une science. Et non pas une science parmi d’autres, mais, à côté de la psychologie, comme l’une des sciences fondamentales de l’esprit. Car toutes celles qui avaient à s’occuper de ses productions : du langage, des littératures, des religions, des mythologies, de l’art, n’étaient que des histoires particulières. L’Histoire, l’Histoire tout court et avec une majuscule, devait leur servir de guide et de modèle.
Pour être peu visible – mais elle aime l’ombre-, [la maçonnerie] n’en est pas moins importante et influence, surtout dans les dernières décennies du XVIIIe siècle et les premières du XIXe siècle, où elle inspire des œuvres, quelques chefs-d’œuvre même, d’art, de littérature et de philosophie, et laisse une profonde empreinte sur la culture européenne.
Corps mystique du Christ, l’Eglise est radicalement transcendante par rapport aux institutions terrestres, ce qui fonde son autonomie et sa supériorité. […] Les monarchies […] sécrètent des doctrines analogues : la théorie des deux corps du roi en France et en Angleterre, celle de translatio imperii en Allemagne, celle de Venise, République de Saint-Marc, celle de la Corona regni Poloniae, etc, visent toures à rendre pensable et convaincante l’idée nouvelle de la transcendance des États par rapport aux individus cirporels qui les personnifient,, sans même parler de ceux qui les servent. Elles confèrent donc aux états le statut d’êtres à la fois invisibles, durables et efficaces, et sanctifient ainsi l’autonomie que sont en train d’acquérir les bureaucratie.
L’Europe cesse ainsi [à l’issue de la guerre de trente ans] d’être en théorie - elle ne l’a jamais été dans les faits - une Respublica Christiana. Même si le rêve y reste toujours vivant d’une paix perpétuelle [sic], même si l’idée nostalgique d’une nation chrétienne apparaît encore [sic], après la chute de Napoléon, dans le traité de la Sainte-Alliance, l’Europe est maintenant une coexistence de raisons d’États qui justifient leurs prétentions en en appelant au droit, les appuie, si elles le trouvent opportun, par la guerre et, donnant une forme juridique aux résultats de celle-ci, définissent les rapports de force reconnus valables jusqu’´à une prochaine épreuve. Les États modernes vivent en guerre et pour la guerre.
Pendant les sept premières décennies du XVIIIe siècle, l’influence anglaise n’atteint le continent qu’à travers le relais français. Locke est d’abord lu en traduction française. La maçonnerie arrive dans la plupart des pays via la France. Les institutions et les mœurs britanniques sont connues grâce à Voltaire. Et c’est Montesquieu qui permet aux continentaux de comprendre le système politique, fondement de la liberté anglaise : le rôle de la représentation et lieu de la séparation des pouvoirs.
Le nom de "musée" désigne alors un local fort modeste et des collections qui le sont tout autant, ou bien ne traduit que les intentions des autorités. Mais ces intentions mêmes sont symptomatiques de l'assimilation par les élites municipales de l'idée que le musée est désormais une institution indispensable à toute ville qui veut donner à ses habitants les moyens d'exercer "leur droit au bonheur" offert par la z connaissance des sciences et des arts.
Cet espace à son centre spirituel, Rome, siège de la papauté […] Cet espace a ses lieux prestigieux de culte, qui attire des masses de pèlerins, telles Saint-Jacques-de-Compostelle. Il a ses capitales intellectuels–Paris, Bologne–et ses centres universitaires qui se multiplient au XIIIe et au XIVe siècle et dont plusieurs–Montpellier, Oxford, Padoue, Salamanque, Prague, Cracovie, Heidelberg–rayonne loin au-delà des pays où ils se trouvent.
Le principe Cujus regio, ejus religio justifiait en Allemagne l’obligation pour les sujets d’adopter la confession de leur souverain. La version française de ce principe distinguait la religion du roi, religion catholique qu’une partie de ses sujets ne pratiquait pas, et la religion du royume, seule obligatoire pour tous ses sujets sans égard à leur appartenance confessionnelle : religion de la monarchie française.