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Note moyenne 3.78 /5 (sur 93 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Remiremont , le 17/02/1878
Mort(e) à : Paris , le 13/12/1955
Biographie :

Léon Werth est un romancier, essayiste, critique d'art et journaliste français.

En 1914, il s'engage. En août 1914, il est simple soldat au 252e RI de Montélimar. Il part pour le front, où il combat pendant 15 mois, notamment au bois de Mort-Mare en septembre 14, avant d'être réformé pour cause de maladie. Il reste marqué par cette guerre, devenant un pacifiste convaincu.

Il en tire deux livres, récits plutôt que romans, pessimistes et violemment antiguerre : "Clavel Soldat" et "Clavel chez les Majors", parus en 1919.

Écrivain inclassable, à la plume acide, il écrit dans les années de l'entre-deux guerres aussi bien contre le colonialisme ("Cochinchine" en 1926), à contre-courant de la mode coloniale de cette période faste de l'empire français, que contre le stalinisme dont cet homme de gauche dénonce l'imposture. Il critiquera aussi le nazisme montant.

Collaborateur à la revue Monde, créée par Henri Barbusse, dès 1928, il en est le rédacteur en chef de 1931 à 1933.

En 1931, il rencontre Saint-Exupéry. Les deux hommes que tout semble séparer deviennent de très grands amis. Ce dernier lui dédicacera "Le Petit Prince" (1943), dédicace où il le qualifie de "meilleur ami que j'ai au monde".

Dans sa carrière littéraire, il est aussi l'auteur ou le co-auteur de plusieurs monographies d'artistes, tels que Cézanne, Puvis de Chavannes, Henri Matisse, Claude Monet, Maurice de Vlaminck, etc.

Pendant l'Occupation, il se replie dans le Jura. Dans son journal "Déposition", publié en 1946, il livre un témoignage accablant et lucide sur la France de Vichy. Il devient gaulliste sous l'occupation et après la guerre il participe à "Liberté de l'Esprit", revue des intellectuels du Rassemblement du peuple français dirigée par Claude Mauriac.

Dans "33 jours", un court récit écrit à chaud quelques semaines après la débâcle de 1940, Léon Werth y raconte sa fuite de Paris vers sa maison de Saint-Amour dans le Jura. Le manuscrit, confié dès octobre 1940 à son ami Antoine de Saint-Exupéry, est remis par celui-ci à un éditeur de New York, où l'on perd sa trace.

La "Lettre à un otage" (1943) de Saint-Exupéry mais surtout la première partie ("Lettre à un ami") a été écrite à l'origine pour servir de préface à "33 jours".

Ce n'est qu'en 1992 que Viviane Hamy découvre le manuscrit et le publie.

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Source : http://www.viviane-hamy.fr/
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Léon Werth : Cochinchine
Olivier BARROT présente depuis le Musée Rodin le livre de Léon WERTH : "Cochinchine". Images d'archives de Saîgon.
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Citations et extraits (36) Voir plus Ajouter une citation
Léon Werth
Fabinou7   27 avril 2020
Léon Werth
“On a répandu l’idée que cette guerre était la dernière des guerres. La guerre tueuse de la guerre. Comme un enfant qui réclame un dernier gâteau, les gouvernements ont demandé aux peuples le dernier sacrifice : faites la guerre, pour que vos fils n’aient plus à la faire. Mensonge imbécile. Cette guerre est la guerre. Rien ne prépare la persistance de la paix sinon l’habitude de ne pas consentir à la guerre.”
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Erik35   18 janvier 2018
33 jours de Léon Werth
Je me suis endormi, puis réveillé en sursaut. Je croyais à un bruit de mitrailleuses. Ce n'était que le cri des canards. Qu'il est beau ce cri des canards ! C'est toute la paix. J'ignorais que j'aimais à ce point le cri des canards... Mais il n'y a plus de paix sur la terre. Je suis enfermé cerné, serré dans la guerre et dans cette paix qui sera la guerre plus que la précédente encore.
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Erik35   19 janvier 2018
33 jours de Léon Werth
Pardonnez-moi, Saint-Ex, pardonnez-moi, Tonio. Vous ne conteriez pas de si pauvres choses. Vous les annulez ou les brûlez. Vous faites du cristal. Mais je ne sais pas voler. Je touche, en ce moment, aux lieux bas. Je n'espère plus beaucoup de moi ni du monde. Je suis vieux quand vous n'êtes pas là. Où êtes-vous ? Je ne sais même pas si vous êtes vivant. Je rêve parfois que votre avions a été touché, qu'il est tombé dans une catastrophe de ferraille et de feu. Je me traîne avec mon vieux métier. Je conte les lieux bas, je conte, dans cette immensité de la guerre, des histoires d'insectes.
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Erik35   16 janvier 2018
33 jours de Léon Werth
Je me sentais humilié. J'étais le vaincu, qui reçoit sa nourriture de la générosité du vainqueur. Telle est la guerre, elle impose une grossière simplification ; elle pense pauvre, elle contraint à penser pauvre, par grosses catégories, elle oppose les nations dans un excès d'unité qui n'est que démence, elle oppose le vainqueur et le vaincu, elle supprime les conflits délicats et les remplace par un pugilat. Si grand soit le pugilat, ce n'est qu'un pugilat. Mais rien ne peut faire en cette minute que ce soldat ne soit toute la victoire et moi, toute la défaite.



[NB : un soldat allemand vient de proposer une boite de conserve au narrateur et à sa famille affamée]
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Erik35   21 janvier 2018
33 jours de Léon Werth
Je m'abandonne à ces pauvres réflexions, en même temps que je suis des yeux une courbe sinueuse aux panneaux d'un vieux buffet. Ma pipe, le vieux buffet sont devenus mon opium. Mais je ne peux pas perdre mon accrochage à moi-même, je ne veux pas perdre mon accrochage à ce qu'il faut bien que je nomme la civilisation. Je ne suis pas l'homme d'une île déserte et d'ailleurs, il n'y a plus d'îles désertes. Montaigne, Pascal, l'humanisme. Mais gare aux cuistres, qui en tiennent commerce, gare aux petits boutiquiers de l'humanisme.
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Erik35   19 janvier 2018
33 jours de Léon Werth
C'était après le dîner. Deux soldats sont entrés. Ils cherchent des chambres. Madame Rose leur dit que sa maison est petite et qu'elle n'a d'autre lit que le sien et celui de ses enfants. Mais un des soldats met la main sur la poignée de la porte, qui est entre la cuisine et les chambres.



«Je veux voir... (cheu feu foir...)» dit-il.



Nous savions que nous étions sous sa botte, mais nous le sentons en cette minute à l'intérieur de notre peau.

Ils ont visité de la maison et ils sont partis, sans rien dire, sans même nous regarder.

Je n'ai pas besoin d'un dictionnaire pour définir la force et l'autorité. Je ne suis plus que l'homme d'une tribu captive.

Ils sont près de nous, contre nous et autour de nous. Ils sont hors de la maison et dans la maison, où ils entrent quand il leur plaît.
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Erik35   14 janvier 2018
33 jours de Léon Werth
J'ai lu, quand j'étais enfant, de beaux récits sur l'hospitalité. L'hôte est sacré pour le patriarche biblique, pour le grec de l'Illiade et pour le Bédouin dans sa tente. Abel, Monsieur Abel, comme souvent on vous appelle à Chapelon, je n'ai, grâce à vous, rien à regretter de l'antiquité... L'hospitalité existe encore dans ces temps modernes, et elle y est plus belle encore. Car elle n'est pas un rite, mais un don.
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Erik35   13 janvier 2018
33 jours de Léon Werth
Alors commence le vrai voyage qui est hors de soi-même.



[Extrait de la préface d'Antoine de St Exupéry au livre de son ami Léon Werth]
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Erik35   21 janvier 2018
33 jours de Léon Werth
Et Abel, qui se méfie des beaux parleurs, mais qui aime l'éloquence, lui avait dit : «Vous ne pouvez rien contre moi. J'aime mieux mourir debout que vivre à genoux»
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Erik35   15 janvier 2018
33 jours de Léon Werth
Je ne savais pas, ce premier soir de Chapelon que le couplet sur le retour à la terre allait redevenir de mode ou de consigne. Il est d'ordinaire tourné par des bureaucrates ou des académiciens, qui prouvent seulement qu'ils n'avaient d'aptitudes spéciales que pour le métier de manœuvres non-spécialisés. Ce qu'ils appellent sagesse paysanne n'est qu'une image de leur paresse d'esprit ou de leurs préjugés. Ils l'opposent à la turbulence ouvrière et ils sont ainsi rassurés. Je leur dit en vérité : Abel ne les eût point satisfaits. Et pourtant il ne serait pas paysan s'il avait accepté un catéchisme révolutionnaire. Mais je ne veux pas faire d'Abel un portrait politique et je ne sais encore si j'y serai conduit. Il me suffit aujourd'hui de dire que je n'ai jamais connu esprit plus agile et s'accrochant mieux au monde.
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