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3.99/5 (sur 3017 notes)

Nationalité : Cuba
Né(e) à : La Havane , le 09/10/1955
Biographie :

Leonardo Padura, né Leonardo Padura Fuentes, est un journaliste, scénariste et écrivain cubain.

Il fait des études supérieures en littérature hispano-américaine et décroche une licence avant de rédiger une thèse sur Inca Garcilaso de la Vega. Il étudie aussi le latin à la faculté de philologie de l'Université de La Havane.

En 1980, il entre comme journaliste à la revue culturelle "Caiman Barbudo" jusqu'en 1983 puis participe au supplément dominical du journal "Juventud Rebelde" et signe des critiques littéraires, ainsi que des articles de fond. Jusqu'en 1995, il est rédacteur en chef de "La Gazeta de Cuba".

Il est auteur d'essais littéraires ("Con la espada y con la pluma", 1984 ; "Un camino de medio siglo : Alejo Carpentier y la narrativa de lo real maravilloso", 1993), de romans ("Fiebre de caballos", 1988), de nouvelles ("Según pasan los años", 1989) et de scénarios pour le cinéma ("Yo soy, del son a la Salsa",1996).

En 1991, il devient l'auteur d'une série policière ayant pour héros le lieutenant-enquêteur Mario Conde. Les quatre premier romans, la tétralogie "Les Quatre saisons" (1991-1998), a été adapté sur Netflix sous la forme d'une mini-série de quatre épisodes intitulée "Cuatro estaciones en La Habana" ou "Quatre Saisons à La Havane", en 2016.

En 2011, il reçoit le Prix Carbet de la Caraibe pour "L'homme qui aimait les chiens" ("El hombre que amaba a los perros", 2009), et le prix Roger-Caillois. La même année, il obtient la nationalité espagnole mais il continue à vivre à La Havane.

Pour l’ensemble de son œuvre, Leonardo Padura a reçu le prix Raymond Chandler en 2009, le Prix national de littérature cubain en 2012, le prestigieux prix Princesse des Asturies en 2015 et le prix Pepe Carvalho en 2023.

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Citations et extraits (872) Voir plus Ajouter une citation
Malgré quelques aménagements récents, le vieux quartier chinois de la Havane était toujours un endroit sordide et oppressant où pendant des décennies s'étaient entassés les Asiatiques arrivés dans l'île avec le vain espoir d'une vie meilleure et même le rêve, vite assassiné, de s'enrichir. Même si au cours des dernières années les anciennes sociétés chinoises, de plus en plus obsolètes, avaient retardé leur prévisible mort naturelle en se transformant en restaurants - leurs plats gras étaient à des prix de moins en moins modiques - qui avaient donné une vie et une ambiance au quartier, la géographie de la zone continuait à exhiber, presque avec cynisme, une furieuse détérioration...Ces vieux édifices du début du XXe siècle, dont beaucoup transformés en solares où s'entassaient plusieurs familles, avaient oublié depuis longtemps l'éventuel charme qu'ils avaient sans doute eu un jour et, dans leur décadence irréversible, ils offraient un panorama de pauvreté compacte, Noirs, Blancs, Chinois et métis de tout sang et de toute croyance cohabitaient là dans une misère qui ne faisait aucune distinction entre les nuances de couleur et les origines géographiques, les rendant tous égaux et les poussant à une lutte pour la survie qui les rendait généralement agressifs et cyniques, comme des êtres désormais étrangers à toute forme d'espoir.
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Au début, seuls Horacio puis Clara savaient que Darío avait grandi en étant souvent en butte au mépris, à l’exclusion et même à la violence parce que depuis toujours il était ce qu’il était, quelqu’un de différent ; un petit con toujours dans son coin qui lisait des livres et allait tous les jours à l’école. Qui, même avec ses pantalons rapiécés, était, grâce à ses notes, le premier de la classe et l’exemple à suivre, celui qui était toujours élu étudiant d’avant-garde chez les pionniers et auquel on avait même accordé le privilège de sauter une classe.
(page 113)
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page 85
[...] La Havane, c’était de la folie : je crois que c'était la ville la plus vivante du monde. Paris ou New York, de la merde, oui ! Beaucoup trop froides ... Pour la vie nocturne, il n'y avait pas mieux qu'ici. C'est vrai qu'il y avait des putes, la drogue, la mafia, mais les gens s'amusaient et la nuit commençait à six heures du soir et ne finissait pas. Tu t'imagines, dans une même nuit tu pouvais prendre une bière à huit heures en écoutant les Anacaonas aux Aires Libres sur le Prado, dîner à neuf heures avec la musique et les chansons de Bola de Nieve, puis t'asseoir au Saint-John pour écouter Elena Burke, ensuite aller dans un cabaret pour danser avec Benny Moré, ou avec les groupes Aragon, Casino de Playa, Sonora Matancera, te reposer un moment en savourant les boléros d'Olga Guillot, de Vicentico Valdés, de Nico Membiela ... ou aller écouter les jeunes du feeling, José Antonio Méndez avec sa voix rauque, César Portillo et, pour finir la nuit, à deux heures du matin tu pouvais faire un saut à la plage de Mariano pour assister au spectacle du Chori frappant sur ses timbales, et toi, là, comme si de rien n'était, assis entre Marlon Brando et Cab Calloway, à côté d'Errol Flynn et de Joséphine Baker. Et après, si tu n'étais pas complètement mort, tu pouvais descendre à La Gruta, là sur la Rampa, pour te retrouver au lever du jour, emporté par le jazz de Cachao, Tata Güines, Barreto, Bebo Valdès, le Noir Vivar et Frank Emilio qui faisaient un bœuf avec tous ces fous qui étaient les meilleurs musiciens que Cuba ait jamais eus ! Ils étaient des milliers, la musique était l'atmosphère et elle était à couper au couteau, il fallait l'écarter pour pouvoir passer ... Et Violeta del Rio faisait partie de ce monde ... [...]
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L'évaluation des livres prit une demi-heure, pendant laquelle ils burent deux cafés et, grâce à l'opiniâtreté de Condé, ils se mirent d'accord sur un chiffre qui leur sembla satisfaisant pour tout le monde. Quand le Conde prit place sur le canapé, Yoyi le Palomo préféra rester près de l'une des fenêtres aux verres de couleur, comme le boxeur qui attend dans le coin neutre la fin définitive du comptage ou le signal de la reprise du combat. Le frère et la soeur Ferrero s'installèrent dans les fauteuils et le Conde trouva pathétique la nervosité évidente de leurs gestes ; il pensa que la faim et les principes, la misère et la dignité, les privations et l'orgueil étaient des couples difficiles à marier.
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Bon, cet après-midi-là, quand il m’a convoqué dans son bureau, c’est la seule fois, jusqu’à il y a pas longtemps, où je me suis retrouvé en face de Quevedo. Et ça m’a suffi. Je me suis rendu compte que cet homme était par-dessus tout un sadique, un malade. Quelqu’un qui jouissait de martyriser ceux qu’il pouvait martyriser, et nous avons été nombreux, les martyrs de sa croisade. Il canalisait sa médiocrité, sa haine et je crois même ses pulsions refoulées en écrasant les gens autour de lui, parce que, comme tu le sais, exercer le pouvoir sur les autres, c’est comme une décharge d’adrénaline ou un rail de coke : cela t’élève, te libère, te donne la satisfaction de te sentir supérieur.
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Bouddha avait raison, on a beau tenter de projeter beaucoup de lumière, l’obscur génère toujours de l’obscurité.
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Ce qui est vrai, c’est que l’un des exercices les plus complexes et les plus foisonnants d’étranges interrogations se révèle être la tentative de déterminer comment se construit la vie d’un homme. Essayer de comprendre pour quels motifs ou par quelles décisions quelqu’un finit par être ce qu’il est sans jamais avoir pensé qu’il arriverait à être ce qu’il finirait par être, quelles ont été les causes, les découvertes, les rencontres, quels ont été les hasards, les tours imprévus qui ont canalisé ou dévié une existence, toutes ces questions pouvant éventuellement révéler l’imprévisible que constitue le fait de vivre, et même la façon de mourir d’une personne.
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Chaque fois qu’il le pouvait, Horacio assassinait le temps, qui pour lui aussi avait augmenté depuis qu’il était docteur en sciences physiques, en allant s’asseoir sur le muret du Malecón pour regarder la mer et, si ses neurones se réveillaient, réfléchir. Il contemplait la mer et il se demandait si les flots bleus avaient toujours la même couleur, la même densité et la même composition que trois ou quatre ans plus tôt, ou trois ou quatre siècles plus tôt. La masse liquide semblait incontestablement plus impénétrable, augmentant la sensation d’enfermement, de condamnation, d’asphyxie : l’évidence d’un prodigieux changement physique et chimique, ou la preuve d’une insurmontable insularité légale, géographique et spirituelle.
(page 96)
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Par la mer, par la terre, par les airs, par les frontières nord, sud, ouest. Par le détroit de Floride, les chutes du Niagara, les confins du Mexique ou, via Moscou, jusqu’au lointain détroit de Béring et les neiges de l’Alaska… Durant les dernières années de sa vie à La Havane, Marcos le Lynx était devenu une véritable encyclopédie des stratégies, moyens et systèmes pouvant permettre aux Cubains d’entrer aux États-Unis pour y obtenir le statut qui leur assurait au bout d’un an et un jour un titre de résidence légale. Marcos avait énormément d’amis qui avaient testé l’un ou l’autre de ces moyens, beaucoup d’entre eux avec succès.
(page 45)
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Vers la fin des années 1980, quelques mois après avoir subi l'opération réussie d'un cancer de la prostate, Daniel, poussé par cet avertissement de la mort et tout juste rétabli, surprit sa famille en prenant la décision de se rendre à Cracovie où il n'avait jamais voulu retourner. De plus, contre toute attente, Daniel Kaminsky choisit de faire ce voyage de retour aux sources, comme l'appelaient les juifs ashkénazes du monde entier, seul, sans sa femme ni son fils. A son retour de Pologne, où il passa une vingtaine de jours, l'homme, plutôt loquace en général, fit à peine quelques commentaires d'ordre général et très superficiels sur son périple vers son lieu de naissance : la beauté de la place médiévale de la ville et l'impressionnante mémoire vive de l'horreur synthétisée par Auschwitz-Birkenau, la visite du ghetto où les juifs avaient été confinés, l'impossibilité de retrouver la maison qui aurait pu être la sienne dans le quartier Kasimir, la visite de la Nouvelle Synagogue avec ses candélabres sans bougies, funèbre dans la solitude d'un pays encore dépeuplé de ses juifs et malade d'antisémitisme. Mais le choc des retrouvailles avec le cordon ombilical de son passé que pendant des années il avait tenté de couper dont il semblait même avoir réussi à se libérer depuis longtemps, avait ébranlé les recoins les plus sombres de sa conscience. Quelques mois plus tard, il rédigea enfin cette confession inattendue.

page 101
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