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Note moyenne 3.26 /5 (sur 17 notes)

Nationalité : Belgique
Né(e) à : Etterbeek , le 03/12/1946
Biographie :

Liliane Schraûwen, née à Etterbeek (Bruxelles) le 3 décembre 1946, est un écrivain belge de langue française.

Après une enfance africaine qui l'a marquée à jamais, Liliane Schrauwen, rentrée en métropole, a fait des études de lettres qui l'ont menée à l'enseignement et, surtout, à l'écriture. Elle est l'auteur de plusieurs romans et recueils de nouvelles publiés en France et en Belgique, dont certains ont été primés dans son pays (La Mer éclatée, La Fenêtre, Instants de femmes, Le jour où Jacques Brel..., Race de Salauds, Lignes de fuite), ainsi que d'une enquête historique sur la mort mystérieuse de Jean-Paul Ier.
Elle a également été directrice de collection aux éditions Marabout. Nègre et rewriter à l'occasion, elle s'occupe de coaching littéraire et contribue régulièrement à la revue Marginales.
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Source : Wikipédia
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Bibliographie de Liliane Schraûwen   (11)Voir plus

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Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
babounette   05 juin 2017
La fenêtre de Liliane Schraûwen
Elle a trente ans. C'est une vieille petite fille de trente ans. La brute, le salaud, l'homme, ce n'est pas son père cette fois.

...

C'est toujours l'homme, mais un autre homme.

C'est lui, le tendre fiancé, le prince charmant, l'amant tremblant. C'est le mari qui fêtera bientôt ses dix ans de mariage, c'est le père de ses enfants.

...

L. hurle dans la ville vide, elle hurle dans la nuit.
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babounette   05 juin 2017
La fenêtre de Liliane Schraûwen
Une petite fille erre dans la ville, le long du boulevard Anspach jusqu'à la place de Brouckère. Elle pleure parce qu'elle a été frappée, et elle a mal au visage, mal au cou, ,mal à l'âme. C'est Lui, bien sûr, qui a eu la main trop leste, le poing trop lourd. Alors elle s'est enfuie.

Il fut un temps où son père criait. L. avait toujours peur, elle pleurait. L. n'a jamais pu supporter les cris, la violence, même verbale. Cela la terrifie et la révolte, elle ne peut pas rester calme face à un homme qui joue de sa force et de sa colère. Le père criait souvent, très fort. "BAISSE LES YEUX ! Je suis ton père, et tu n'auras pas le dernier mot. C'est MOI qui ai raison". L. hurlait en silence à l'intérieur : "non, non, c'est moi qui ai raison. Tu es une brute, un salaud. Je te hais".
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okta   03 mai 2017
La fenêtre de Liliane Schraûwen
Maintenant, c’est le matin. Du moins, je crois bien que c’est le matin. Devant elle, il y a une journée sans but, plus désertique que la plage de son enfance, plus vide que la première page d’un cahier neuf.

Pourtant, je me souviens qu’il y a eu, à une époque, des tas de journées pleines, remplies à craquer de travaux, de repas à préparer, de lessives à terminer, d’enfants à habiller, à nourrir, à aimer… Quand était-ce ?

Il y avait une maison remplie de vie, de cris, de rires et de disputes. Il y avait sans cesse du bruit, des chansons, de la musique, des conversations. Il y avait tout plein d’enfants, trois, quatre, elle ne sait plus. Le temps était trop petit, les jours avaient trop peu d’heures et les heures trop peu de minutes, de secondes, pour venir à bout de toutes les tâches en attente. Elle était active alors, et même elle aimait cette agitation permanente, cette nécessité de passer sans cesse d’une occupation à une autre. Oui, elle aimait cela, je crois bien. Elle ne rêvait pas, ne songeait plus guère aux matins d’enfance que furtivement, devant les frimousses des petits, devant leurs regards comme en attente et qui se remplissaient si vite de joie ou de larmes…

L’enfance. La vie immense et inconnue, toute chargée de promesses tel le vent léger du soir, qui ride à peine l’eau du lac et se répand sur les jardins, tiède du parfum des fleurs exténuées. La petite fille adorait ce moment fugace et rapide où le monde respire et s’ébroue une dernière fois avant la profonde nuit tropicale, vibrante de bruissements et des senteurs de la terre qui s’endort.

Elle aimait aussi les matins rayonnants et déjà chauds, juste après le lever rose du soleil sur le grand lac laiteux rayé parfois du trait fin d’une pirogue de pêche. Elle s’étirait et regardait ce rose orangé et cette brume douce sur l’eau, elle était heureuse alors, sans le savoir, comme les bêtes assoupies qui remuent doucement. La tête pleine de rêves et d’histoires et d’horizons inconnus, elle attendait vaguement, sans savoir quoi, toute chaude encore de sommeil.

La vie. C’est la vie qu’elle attendait, comme font les enfants. Elle allait grandir, partir, voyager, aimer. Elle deviendrait une star de cinéma ou une exploratrice célèbre, les gens l’aimeraient, l’admireraient, et chaque instant de chacune de ses journées serait intense et vif, brillant comme le bonheur. Elle aurait des enfants, sûrement, avec qui elle jouerait au soleil des heures durant, sans jamais les gronder, sans laisser personne les frapper ou leur faire du mal.

Je me souviens de cela aussi, de cette plénitude
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nathavh   14 juillet 2020
Exquises petites morts de Liliane Schraûwen
Les hommes en tout cas finissent toujours par s'en aller. Le plus souvent, c'est mieux ainsi, même s'ils emportent avec eux de grands morceaux de vie rouge et saignante.

Il arrive pourtant qu'on les regrette. L'inconstant, le lâche, l'inconsistant, du moins il était là, tiède et présent, vivant. Ses mains étaient douces, et tendres ses mensonges. Il y avait ce souffle dans mes cheveux, cette main sur ma chair, ce regard menteur sans doute mais amoureux...

On se retrouve seule au creux d'un grand lit glacé, les années coulent comme de l'eau, de plus en plus rapides, et il vient un temps où l'on se prend à regretter, à chercher un peu de chaleur, quelque part, une fausse complicité, quelque chose de fraternel et de vivant, une voix dans la nuit, une présence. Simplement cela, une présence.

Mais il n'y a rien, que le vide.
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Escapist   10 février 2015
Ailleurs de Liliane Schraûwen
Le savoir a progressé, c'est vrai. La distance n'existe plus, l'espace est à portée de main, des machines de plus en plus extraordinaires agissent et pensent pour nous. Mais la faim, l'injustice et l'horreur sont toujours là. Elles se sont même développées, aussi vite et de manière aussi spectaculaire que la science et la technique. On n'a rien inventé encore pour éradiquer la famine ou le cancer, mais les bombes, qui dorment dans le ventre de la terre, bien au chaud, en attendant leur immonde germination, sont prodigieuses.
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Axelinou   28 février 2016
Vivement ce soir ... de Liliane Schraûwen
Faire confiance, c’est cesser de se protéger, c’est devenir infiniment fragile et exposé. On ne m’aura plus.

Il reste le fait que, même si je suis consciente d’avoir besoin d’aide, je continue à ne pas voir COMMENT ce psy pourrait m’aider. Or, mon côté rationnel et logique me porte à vouloir comprendre. Un médecin prescrit des médicaments ou opère, et on sait que telle molécule agit sur telle pathologie, que les antibiotiques stoppent l’infection… Même si cela ne fonctionne pas toujours comme on le souhaite, du moins comprend-on comment les choses se passent, ce qui n’est évidemment pas le cas ici. Oui, je sais, il y a des moments quand même où notre collaboration m’aide à mettre le doigt sur quelque chose. Mais cela suffit-il ?
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Axelinou   28 février 2016
Vivement ce soir ... de Liliane Schraûwen
Pas envie de parler.

A vrai dire, je ne sais même pas pourquoi je continue de venir. Ou pourquoi j’ai commencé.



Comme à chaque fois, il m’a ouvert la porte avec ce sourire faussement sympathique qu’on lui a appris, sans doute, à afficher. Main tendue, que j’ai ignorée. « Vous connaissez le chemin », me dit-il en s’effaçant. Je descends les quelques marches, marque un temps d’arrêt à l’entrée de ce qu’il appelle, je suppose, son cabinet. Ses chiottes devrait-il plutôt dire. Ce ne doit pas être un hasard, si le même mot sert à désigner ces deux endroits. Dans les deux, on se vide, on laisse couler hors de soi les flots d’une merde puante qui se reconstitue aussitôt.

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Axelinou   28 février 2016
Vivement ce soir ... de Liliane Schraûwen
C’était l’été, la porte-fenêtre était grande ouverte sur le jardin encore sauvage. Le chat est apparu entre les herbes hautes, il est entré comme chez lui, conquérant. Thomas a lâché le pinceau qu’il tenait, s’est penché, l’a caressé. Jonathan a rigolé.

- Ça y est, tu t’es fait un ami, on dirait. Une vraie terreur.

(…) Cela fait près de dix ans maintenant qu’il est là.

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daniel_dz   25 décembre 2017
A deux pas de chez vous de Liliane Schraûwen
Bref il est souhaitable, pour qui veut accéder à la gloire littéraire et au bonheur de tirages impressionnants, de s'être fait préalablement connaître pour des raisons fort éloignées de la littérature. Avoir été serial killer, par exemple, ou plus modestement s'être trouvé à la une pour quelque beau crime passionnel, pour quelque meurtre sauvage.
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nathavh   14 juillet 2020
Exquises petites morts de Liliane Schraûwen
Les mets n'ont de saveur, disait-il, que lorsque s'y marient le miel et le piment, l'aigre et le doux, le sucre et le sel. C'est si bon quelquefois, disait-il encore, de laisser grandir en soi la douleur en même temps que le vertige, de les faire naître l'une et l'autre, ensemble, au même rythme, et le gémissement monte et descend, la sueur perle au front, le visage défait se crispe, sans que l'on sache, de la douleur ou de la volupté, ce qui l'emporte au plus fort de la jouissance.
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