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Note moyenne 3.54 /5 (sur 108 notes)

Nationalité : Canada
Né(e) à : Chicoutimi, Québec , le 13/06/1957
Biographie :

Lise Tremblay est une écrivaine québécoise.

Issue d'un milieu ouvrier, elle obtient une maîtrise en études littéraires à l'UQAM en 1991.

Auteur de nouvelles et romans, elle a reçu plusieurs prix prestigieux pour ses livres.

Dès sa parution en 1990, son premier roman, "L’hiver de pluie", a retenu l’attention des critiques et des lecteurs ; il a mérité le Prix Découverte du Salon du livre du Saguenay-Lac-Saint-Jean et le Prix Stauffer-Canada.

En 1999, elle est lauréat du Prix du Gouverneur général pour "La danse juive" (également finaliste pour le Prix des libraires).

Avec son recueil de nouvelles "La héronnière" (2003), elle obtient Le Grand Prix de la ville de Montréal 2003 et le Prix des libraires du Québec 2004.

Elle a publié deux romans aux éditions Boréal, "La Sœur de Judith" (2007) et "Chemin Saint-Paul" (2015).

Son roman "L'habitude des bêtes" (2017) revient sur le thème de l'intrusion de l'étranger dans une communauté isolée.

Lise Tremblay a enseigné la littérature au Cégep du Vieux Montréal pendant vingt-huit ans.

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Source : http://www.livres-bq.com/titres.asp?92
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Lise Tremblay - L'habitude des bêtes

Citations et extraits (48) Voir plus Ajouter une citation
calypso   16 août 2018
L'habitude des bêtes de Lise Tremblay
Je n'avais jamais eu de chien à moi. A la pourvoirie, les chiens, c'était l'affaire des guides. Je ne savais pas quoi faire, je ne pouvais pas le jeter sur la piste devant tout le monde. Le vol vers le sud avait été mouvementé. J'avais peur que le chiot vomisse ou pisse sur moi. Ce n'est pas arrivé. J'ai gardé Dan.
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SophiePatchouli   06 avril 2016
La pêche blanche de Lise Tremblay
C'était toujours plus grand et plus immense que dans leur souvenir. Ils sentaient qu'il leur fallait de la force pour prendre toute cette beauté, une force qu'ils puisaient dans leur silence.
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okta   26 juillet 2018
L'habitude des bêtes de Lise Tremblay
J'avais été heureux, comblé et odieux. Je le savais. En vieillissant, je m’en suis rendu compte, mais il était trop tard. Je n’avais pas su être bon. La bonté m’est venue après, je ne peux pas dire quand exactement.
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Tombetoile   22 novembre 2018
L'habitude des bêtes de Lise Tremblay
Mina dit que les vieux finissent par pourrir. Que c’est normal.
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Cielvariable   02 juin 2013
La soeur de Judith de Lise Tremblay
Je suis rentrée vers trois heures parce que je voulais

mettre mes culottes courtes et mes sandales. Ma

mère était dehors avec madame Bolduc. Je les voyais de

loin parce que madame Bolduc montrait un tissu

rouge à paillettes à ma mère. Cela devait être pour son

spectacle de danse. Madame Bolduc est une championne

de danse sociale et c’est ma mère qui fait ses

robes. Lorsque je m’approche, je vois que la vieille robe

de ma mère est maculée de boue et qu’elle ne touche

pas aux tissus. Elle devait être en train de travailler

dans le jardin. À la fin mai, elle prépare la terre pour

ses semences. Ma mère examine le patron Vogue que

madame Bolduc tient devant elle. Je m’approche et

regarde le modèle. Ma mère explique à madame Bolduc

qu’elle ne pourra pas faire la petite traîne aussi

longue parce qu’elle risque de piler dessus en dansant.

Madame Bolduc est d’accord, elle n’y avait pas pensé.

Ma mère dit que la secrétaire de l’école a téléphoné.



Elle raconte l’histoire à madame Bolduc et elles rient

ensemble. Je savais que ma mère n’exploserait pas, pas

sur les soeurs. Elle fait partie du comité qui réclame leur

départ. D’ailleurs, c’est décidé, elles vont partir. La nouvelle

va être officielle la semaine prochaine. Ma mère

doit se rendre à l’école avec les autres parents pour l’affaire

des bas golf. Selon elle, les soeurs sont trop vieilles:

elles ont fait leur temps. L’Église aussi. Ma mère ne va

pas à la messe la plupart du temps et, quand elle y va,

c’est parce que mon père a insisté. Elle a inventé pour

les voisins une vague histoire de ménopause et d’étourdissements.

Elle n’en dit pas plus mais je sais que ma

mère trouve que les soeurs et l’Église c’est dépassé et

que de toute façon lorsqu’on meurt, il n’y a rien. Nous

sommes des animaux comme les autres et le mieux

qu’on puisse faire, c’est d’engraisser la terre. Toutes ces

histoires de religion sont fausses et la plupart des curés

sont malhonnêtes et voleurs. Elle le sait, elle a deux cousins

qui ont volé le monde en Abitibi. Lorsqu’elle

explose là-dessus, mon père la fait taire et lui répète:

«Voyons, Simone, là tu vas trop loin.» D’ailleurs, mon

père, on dirait qu’il a deux phrases: une pour ma mère

et une pour moi. Lorsque je tiens tête à ma mère et

qu’elle fait semblant de tomber malade et n’en finit pas

de pleurer de rage dans son lit, mon père finit par venir

me voir et me demander d’être raisonnable. «Il faut

que tu sois raisonnable.» Il me répète cette phrase à

tout bout de champ, à croire qu’il n’a que cela à me dire.
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Cielvariable   02 juin 2013
La soeur de Judith de Lise Tremblay
Le lundi, j’ai remis des bas golf. Les parents avaient

fait savoir aux soeurs qu’ils nous appuyaient et la commission

scolaire aussi. Notre titulaire, soeur Thérèse,

nous a boudées toute la journée. Elle avait préparé des

piles de feuilles polycopiées remplies d’exercices que

nous devions faire jusqu’à la fin de l’année. Au tableau,

elle avait écrit qu’elle avait décidé de ne plus nous

adresser la parole. Je me suis demandé combien de

temps elle allait tenir. La directrice avait dû lui faire

la vie dure. Soeur Thérèse est son souffre-douleur, il y a

longtemps que nous le savons. C’est pour ça qu’on peut

tout faire dans la classe et qu’elle ne nous envoie jamais

la voir. Soeur Thérèse est en pleine ménopause et elle

est tout le temps épuisée. Elle est grosse et des perles

de sueur coulent continuellement sur son front. Elle

enseigne avec un ventilateur ouvert à pleine capacité.

Elle doit parler plus fort pour couvrir le son du moteur

et cela l’épuise encore davantage. Tout ce qu’elle fait

tombe à l’eau. Au début de l’année, nous devions faire

une prière toutes les heures. Une de nous avait la garde

de la cloche et devait la sonner pour nous avertir. Mais

c’est vite devenu intenable. La cloche tombait par terre,

on oubliait l’heure, Roxanne Rondeau la faisait sonner

à tout bout de champ, pour rien, pour irriter la soeur.

Soeur Thérèse, un avant-midi où une grosse tempête de

neige devait nous exciter, s’était précipitée sur la cloche

qui venait de tomber par terre et l’avait lancée au fond

d’un de ses tiroirs. Finies les invocations à la Vierge et à

notre Ange gardien. Elle avait aussi instauré un système

de points consistant à souligner notre bonne conduite.

Soeur Thérèse avait fabriqué un énorme carton où

étaient accrochées des colombes portant nos noms et

qui pouvaient glisser sur une ficelle. Le soir, soeur Thérèse

montait ou descendait la colombe qui nous représentait.

Évidemment, Roxanne s’est mise à donner de

petites poussées à sa colombe en cachette. Un vendredi,

sa colombe était rendue au ciel. La soeur était tellement

fâchée qu’elle est partie et nous sommes restées dans

la classe seules une grande partie de l’après-midi à

dessiner et à fouiller dans son bureau. Le tableau des

colombes a passé l’année derrière la porte. À la fin, il

était si détérioré que des oiseaux pendaient dans le vide

au bout de leur ficelle.
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Cielvariable   02 juin 2013
La soeur de Judith de Lise Tremblay
Le camelot a jeté le journal du dimanche à moitié mouillé sur le tapis de l’entrée. Dès que je l’ai entendu fermer la porte, je me suis levée en courant. Je voulais être la première à voir la photo de Claire. J’ai pris le journal et j’ai commencé à chercher. La photo était à la page 22 et on voyait Claire encadrée de ses deux parents. Monsieur Lavallée portait un complet. L’article racontait l’histoire de Claire, comment elle était passée du quart de finale, à la demi-finale et à la finale du concours de danse. Si elle gagnait, elle allait passer l’année comme danseuse à gogo dans le spectacle d’adieu que Bruce et les Sultans allaient donner partout dans la province. Je n’en revenais pas, si elle gagnait, la soeur de ma meilleure amie allait voir Bruce en personne et peut-être qu’elle allait l’inviter à jouer au mini-putt dans leur cour arrière et peut-être qu’on pourrait le voir. Judith et moi on ne parlait que de ça et on passait une grande partie de notre temps à aider son père à finir le mini-putt avant le début de l’été. Ils avaient un grand terrain et leur père avait décidé de construire son propre mini-putt. Judith et moi, nous l’aidions à bien étendre le tapis vert sur les formes de ciment pour que la surface soit bien lisse. Le plus dur, ça avait été le chameau. Le tapis avait gardé un pli entre les deux bosses et même si on avait forcé le plus qu’on pouvait, il n’y avait rien eu à faire. Son père s’était résigné. Il avait dit qu’au mini-golf de Jonquière, ils avaient une machine spéciale qui coûtait très cher et lui ne pouvait pas se l’acheter. Le chameau allait rester plissé, il n’y pouvait rien.
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Cielvariable   02 juin 2013
La soeur de Judith de Lise Tremblay
Le mini-putt était pratiquement fini. Il ne restait

que la fabrication des panneaux indiquant le nom des

trous. Le père de Judith était en train de les peindre

dans son atelier qu’on appelait la boutique. Tous les

Lavallée étaient fiers de leur mini-putt. Ils possédaient

la plus belle cour. Il y avait des chaises de parterre, des

tables, un foyer, une Sainte Vierge, une balançoire. C’est

là que nous passions la plus grande partie de notre

temps. Parfois, sans trop qu’on sache pourquoi, le père

de Judith sortait sur la galerie et nous renvoyait tous

chez nous en nous menaçant de nous botter le cul, mais

ça n’arrivait pas souvent et il ne s’était vraiment exécuté

qu’une fois. C’est Martial Turcotte qui avait écopé. Il

faut dire qu’il avait volé le gant de baseball de Régis, le

frère infirme de Judith, sous prétexte que, de toute

façon, il ne savait pas jouer et qu’il ne jouerait jamais.

Régis passait sa vie à traîner avec lui une boîte de carton

remplie de fils de couleurs de toutes sortes et de son

gant de baseball. Il avait aussi un vieux portefeuille de

cuir bourré de cartes de joueurs de hockey et de baseball

qu’il baptisait de noms invraisemblables qui sonnaient

un peu comme des noms anglais. Judith disait

que Régis était ainsi parce que, lorsqu’il était bébé, il

avait eu une méningite. À l’hôpital, on lui avait donné

des médicaments trop forts et cela lui avait brûlé des

cellules du cerveau. Avant ça, il était normal.
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Cielvariable   02 juin 2013
La soeur de Judith de Lise Tremblay
J’ai feuilleté le journal et j’ai pensé que je pourrais

arracher la page de la photo de Claire avant que ma

mère la voie, mais j’ai eu peur qu’elle fasse des histoires

et je l’ai laissée dans le journal. Ma mère explose. Elle

peut exploser à tout moment sans qu’on s’y attende.

Pour la photo de Claire, je me suis dit qu’elle ne la verrait

peut-être pas, mais le dimanche elle passe une partie

de la journée à scruter chaque ligne du journal. J’ai

avalé trois toasts de suite en pensant à ce qu’elle allait

dire. Une fois, je ne sais pas ce qui m’a pris mais je lui ai

raconté que Claire sortait avec le fils du docteur Blackburn

et que, lorsqu’il reviendrait de l’université, ils se

marieraient. Toute la famille de Claire ne parlait que de

ce prochain mariage. En attendant qu’il revienne, elle

continuait de travailler au comptoir cosmétique de la

pharmacie Duquesne. D’ailleurs, monsieur Duquesne

lui apprenait beaucoup de choses sur les médicaments

et parfois, lorsqu’il était parti manger, c’est elle qui remplissait

les prescriptions. Mais elle ne faisait ça qu’en

attendant. J’avais eu le malheur de rajouter que, lorsque

Claire serait mariée, elle ne pourrait plus se permettre

de parler au monde de la rue Mésy parce que toutes ses

amies seraient les autres femmes de docteur. C’est là que

ma mère a explosé. Elle s’est mise à crier que Claire

aurait dû entreprendre son cours commercial comme

elle lui avait conseillé et qu’il fallait qu’elle soit complètement

folle pour croire qu’un fils de docteur du quartier

Murdock allait se marier avec une fille de réparateur

de tondeuses. Et là, elle est repartie sur son histoire

d’instruction qui est la chose la plus importante pour

une femme parce qu’avec les hommes on ne sait jamais

et que dans la vie il faut être en mesure de se faire vivre.

Et surtout, j’avais besoin de me mettre dans la tête

qu’elle ne voulait pas entendre parler de garçons parce

que j’allais avoir affaire à elle. Lorsqu’elle s’emporte

comme ça, je finis par aller dans ma chambre pour lire

ou pour penser à Bruce. Ma mère me faisait peur. À

chaque fois, je me disais que j’aurais dû me taire, que si

j’avais fait attention cela ne serait pas arrivé mais, je ne

sais pas comment, ça arrivait tout le temps. Pour Claire,

ma mère ne comprenait pas qu’elle était la plus belle fille

de la ville, que tous les gars de La Pilule voulaient sortir

avec elle. Claire allait partir à Montréal et peut-être

devenir une vedette ou un mannequin. On allait la voir

à la télévision et dans le journal de vedettes que ma mère

achète parfois lorsqu’elle pique ses crises et qu’elle dit

qu’elle va partir pour toujours et que nous ne la reverrons

plus jamais. Ces fois-là, elle met son manteau pardessus

sa vieille robe et elle va au Casse-Croûte boire un

coke et parler avec madame Ménard, la propriétaire.

Elle passe une heure ou deux à lire son Échos Vedettes au

comptoir et elle revient avec un gros Saguenay Dry et

nous prépare notre repas favori: des hot-chickens avec

de la sauce brune en boîte et des frites. L’Échos Vedettes

est toujours au fond du sac et je me dépêche de le

prendre pour aller le lire dans ma chambre. Après, ma

mère le donne à madame Bolduc parce qu’elle ramasse

les journaux pour le camp de pêche de son mari.
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darkdays   27 janvier 2019
L'habitude des bêtes de Lise Tremblay
La musique, ça m'est venu tard, peut-être en même temps que la bonté. Je ne sais plus. Mais je me surprenais à noter des références de disques que j'entendais à la radio. Je m'étais mis à commander des disques par la poste, puis à télécharger de la musique sur Internet, mais j'étais revenu au disque. L'objet me manquait. J'avais besoin de tenir la musique dans mes mains. Je voulais qu'elle m'appartienne.
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