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Note moyenne 3.62 /5 (sur 29 notes)

Nationalité : Canada
Né(e) le : 16 /11/ 1839
Mort(e) le : 31 mai 1908
Biographie :

Poète, dramaturge, écrivain et homme politique, né à St-Joseph-de-la-Pointe-Lévy (Lévis), le 16 novembre 1839, Louis Fréchette est décédé à Montréal le 31 mai 1908)

Bien que son père, entrepreneur, soit analphabète, il étudie sous la tutelle des Frères des écoles chrétiennes.
De 1854 à 1860, il fait ses études classiques au Petit séminaire de Québec, au Collège de Sainte-Anne-de-la-Pocatière puis au séminaire de Nicolet. Déjà en ce temps, il écrit des poèmes avec son premier recueil Mes loisirs en 1863 et des dramatiques dont Félix Poutré (1862). Plus tard, il étudie le droit à l'Université Laval.

En 1864, il ouvre un cabinet d'avocat, ensuite il fonde aussi deux journaux : Le drapeau de Lévis et La Tribune de Lévis.

Il s'exile à Chicago où il réside de 1866 à 1871 et écrit La voix d'un exilé.

En 1874, peu après son retour au Québec, il est élu député de Lévis au Parlement d'Ottawa1.

Le 10 juillet 1876, Fréchette (âgé de 36 ans) épouse Emma Beaudry, fille d'un riche marchand de Montréal, alors qu'il est député de Lévis. Ils ont cinq enfants. Il retourne à l'écriture à Montréal grâce aussi à un héritage légué par sa tante.

En 1877, il publie à Montréal, son second recueil de poésie intitulé Pêle-mêle. En 1880, il est le premier Canadien-français à remporter le prix Montyon de l'Académie française pour son recueil de poèmes intitulé Les Fleurs boréales.

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Le Niagara, Louis-Honoré Fréchette
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Louis Fréchette
Piatka   17 mars 2017
Louis Fréchette
LE PRINTEMPS



Voici le Printemps, la saison des roses.

Plus de rameaux nus, de gazons jaunis ;

Plus de froids matins ni de soirs moroses

Voici le Printemps et ses jours bénis.



Voici le Printemps : aux fleurs demi-closes

La brise qui vient des bois rajeunis

Murmure tout bas de divines choses...

Voici le Printemps, la saison des nids.



Enfant, tout cela chez vous se révèle ;

Chez vous, comme au sein de la fleur nouvelle,

La coupe d'ivresse offre sa liqueur.



Pour vous nul besoin que le temps renaisse

Vous avez la vierge et sainte jeunesse ;

C'est votre printemps, la saison du coeur.
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Louis Fréchette
Aurel82   24 novembre 2018
Louis Fréchette
Hindelang



Il avait vingt-trois ans, une taille athlétique,

Un grand front qu’éclairait une âme poétique.

Son esprit et son cœur, rarement en défaut,

Plaisaient à tous.



Lorsqu’il monta sur l’échafaud,

Ses frères d’infortune et ses compagnons d’armes

Tombèrent à genoux et fondirent en larmes.

Lui leur fit ses adieux, souriant à demi ;

Puis il dit au bourreau : ― Je suis prêt, mon ami !



C’était un noble enfant de la mère patrie ;

Un enfant doux et bon. Un jour, l’âme meurtrie

Par un de ces chagrins qui brisent les plus forts,

Vaincu, désespéré, lutteur à bout d’efforts,

Ne pouvant arracher l’épine ensanglantée

Qu’en son cœur une main cruelle avait plantée,

Il avait essayé, pour tromper son ennui,

De mettre la distance entre sa peine et lui.



Et le nouveau René partit pour l’Amérique.

C’était juste au moment de la lutte homérique

Que nos pères, courbés sous un joug écrasant,

Transformant en épieu la faux du paysan,

Avaient, sous les regards de l’Europe surprise,

Pour défendre leurs droits vaillamment entreprise.



Le jeune homme entendit ce cri de liberté

Jusqu’au port de New-York par la brise porté.

Quoi ! des Français, luttant contre la tyrannie

Avec le désespoir d’un peuple à l’agonie,

À tous demanderaient vainement du secours !

Point de retard, pour lui les moments sont trop courts ;

Il arrive ; et, recrue à la hâte enrôlée,

L’arme au poing il se jette au fort de la mêlée !



C’était près d’Odeltown, où partout débordés

Les insurgés tentaient un dernier coup de dés.

Il fut l’un des géants de la lutte infernale,

Mais, blessé, quand survint la déroute finale,

Dans la fuite oublia de chercher son salut.

Hélas ! son dévoûment touchant ne lui valut

Qu’une tombe parmi nos martyrs patriotes.



Victimes des sabreurs ou des Iscariotes,

Les armes à la main et de sang encor chauds,

Les vaincus furent pris et jetés aux cachots ;

Et bientôt, sur son front livré sans résistance,

L’enfant sentit peser la suprême sentence…

Quand on le vit paraître, et gravir, calme et beau,

Sans un frémissement, le fatal escabeau :

― Grâce ! fit une voix qui partit de la foule.

― Grâce ? non pas ! dit-il ; il faut que mon sang coule.

Frères, dans l’avenir ce jour sera compté :

C’est dans le sang toujours que naît la Liberté ! ―



Et puis, pour défier la populace anglaise,

Le martyr entonna gaîment la Marseillaise.

Le chant, au mot Patrie, à sa lèvre expira.

Tu mourus, Hindelang, mais l’histoire dira

Que l’avenir n’a pas trompé ton espérance.

Et, s’il fallait du sang le plus noble de France

Pour arroser le sol où nos droits ont grandi,

Lorsque ton fier cadavre à peine refroidi

Fut étendu devant la foule agenouillée,

― Dors en paix, Hindelang ! ― la dette était payée !
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Louis Fréchette
Aurel82   02 octobre 2018
Louis Fréchette
Au frère Stephen



J’ai planté ce matin un bouquet éphémère

Au-dessus du cher mort sous le tertre endormi ;

Et je veux, un moment, dans votre sein d’ami

Épancher le trop plein de ma détresse amère.



Dieu, qui ne fait jamais les choses à demi,

Près du pauvre exilé vous mit comme une mère ;

Et quand le sort fatal vint briser ma chimère

Des peines de mon cœur votre cœur a gémi.



Aussi, dans le secret de mon âme froissée,

Je vous confonds tous deux, et ma triste pensée

Va de celui que j’aime à celui que j’aimais.



Hanté par l’un, je sens que l’autre me regarde ;

Je vous complète l’un par l’autre, et je vous garde

Tous deux dans ma tendresse alliés pour jamais.
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Aurel82   04 juin 2019
Oeuvres de Louis-Honoré Fréchette de Louis Fréchette
Chênes au front pensif, grands pins mystérieux,

Vieux troncs penchés au bord des torrents furieux,

Dans votre rêverie éternelle et hautaine,

Songez-vous quelquefois à l’époque lointaine

Où le sauvage écho des déserts canadiens

Ne connaissait encor que la voix des Indiens,

Qui, groupés sous l’abri de vos branches compactes,

Mêlaient leur chant de guerre au bruit des cataractes ?

Sous le ciel étoilé, quand les vents assidus

Balancent dans la nuit vos longs bras éperdus,

Songez-vous à ces temps glorieux où nos pères

Domptaient la barbarie au fond de vos repaires ?

Quand, épris d’un seul but, le cœur plein d’un seul vœu,

Ils passaient sous votre ombre en criant : — Dieu le veut !

Défrichaient la forêt, créaient des métropoles ;

Et, le soir, réunis sous vos vertes coupoles.

Toujours préoccupés de mille ardents travaux.

Soufflaient dans leurs clairons l’esprit des jours, nouveaux ?



Oui, sans doute ; témoins vivaces d’un autre âge,

Vous avez survécu tout seuls au grand naufrage

Où les hommes se sont l’un sur l’autre engloutis ;

Et, sans souci du temps qui brise les petits,

Votre ramure, aux coups des siècles échappée,

À tous les vents du ciel chante notre épopée !
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Louis Fréchette
Aurel82   30 novembre 2017
Louis Fréchette
Chénier



Elle fut magnanime, héroïque et sans tache,

Votre légende, ô fiers enfants de Saint-Eustache !



Quand le reste pliait ; quand, à Saint-Charle en feu,

Sacrifiant leur vie en un suprême enjeu,

Les hardis défenseurs de notre sainte cause,

Martyrs du grand devoir que la patrie impose,

Étaient morts aux lueurs de leurs foyers détruits ;

Quand les plus dévoués au loin s’étaient enfuis,

Traqués en malfaiteurs jusques à la frontière,

Et que les conquérants, avec leur morgue altière,

De leurs cris de triomphe insultaient les vaincus,

Vous, au sublime appel d’un nouveau Spartacus,

Voulûtes, réunis en phalange sacrée,

Défiant jusqu’au bout la puissance exécrée

Des tyrans désormais transformés en bourreaux,

Vaincre en désespérés ou mourir en héros !



Colborne et ses soldats, sinistre et lourd cortège,

S’avançaient en traînant leurs fourgons sur la neige.

L’invective à la bouche et la torche à la main,

Répandant la terreur partout sur leur chemin,

Ces preux, qu’on aurait dit recrutés dans les bouges,

S’approchaient, et de loin les uniformes rouges

Semblaient, mouvants replis, au front des coteaux blancs,

Comme un serpent énorme aux longs anneaux sanglants.



Ces reîtres sont joyeux ; déjà leur cœur savoure

Le plaisir qu’a le nombre à vaincre la bravoure.



En revanche, le ciel est triste et nuageux.

Ce matin-là, le jour, à l’horizon neigeux,

Tardif, n’avait jeté qu’une lueur blafarde.

Chénier toute la nuit avait monté la garde ;

Et puis, n’attendant plus que le fatal moment,

Longtemps, les yeux fixés au pâle firmament,

Tout rêveur, il se tint debout à sa fenêtre.

― Pleurez-vous ? fit quelqu’un. Il répondit : ― Peut-être !

J’aurais, ajouta-t-il sans trouble dans la voix,

Voulu voir le soleil pour la dernière fois.



À midi le canon tonna. Silence morne,

Pas un bruit n’accueillit ce salut de Colborne.

Pour combattre avec chance, équipés à demi,

Il valait mieux laisser s’approcher l’ennemi.



Les insurgés s’étaient retranchés dans l’église ;

Cent hommes tout au plus, cent cœurs que paralyse

Le manque de fusils et de munitions.

Mais n’importe, chez eux nulles défections !

Armés ou désarmés, du premier au centième,

Tous sont prêts à combattre et résister quand même.

― C’est bien, leur dit Chénier un éclair aux sourcils,

Les mourants cèderont aux autres leurs fusils :

Nous en aurons bientôt assez pour tout le monde ! ―



Cependant au dehors la canonnade gronde ;

Le bourg est envahi, tous les chemins bloqués ;

Les affûts destructeurs sur l’église braqués,

Faisant sauter les ais, déchirant les murailles,

Lancent la foudre avec des paquets de mitrailles ;

Derrière un bataillon, un bataillon surgit,

Mêlant sa fusillade au canon qui mugit ;

L’église n’est bientôt qu’une vaste masure.



Mais, du haut des clochers et de chaque embrasure,

Les hardis assiégés ripostent fièrement.

Repoussant chaque assaut par un redoublement

D’efforts et de sang-froid, d’adresse et de courage,

Chénier se multiplie et tient tête à l’orage.

Sanglant, échevelé, noir de poudre, on le voit

Grandir en même temps que le danger s’accroît ;

Un officier anglais le somme de se rendre :

Le héros souriant lui répond : ― Viens me prendre ! ―

Et l’étend raide mort d’un coup de pistolet.



Mais, presque au même instant, un énorme boulet

Fait voler en éclats la grand’porte de chêne.

Alors des assiégeants la horde se déchaîne.

On envahit l’église armé jusques aux dents,

Et l’assaut du dehors recommence au dedans.



― Hourra ! criait Chénier ; hardi ! sus aux despotes !

Montrons-leur ce que c’est que des francs patriotes !…



Et des jubés croulants, du haut des escaliers,

À l’abri de l’autel, derrière les piliers,

De partout corps à corps s’engagea la mêlée.

La lutte fut sauvage, implacable, affolée.

Nul temps de recharger les armes, à ce point

Qu’on se prend aux cheveux, qu’on se frappe du poing.

Ils sont deux mille au moins contre cent, mais n’importe

On se tue au balustre, on s’écrase à la porte ;

La masse ondule ; on va poussant et repoussant,

Fou de rage, assoiffé de carnage et de sang…

Enfin l’Anglais recule, et Colborne en furie

Est forcé de plier devant Chénier qui crie :

― Victoire, mes enfants ! victoire, grâce à Dieu !

Un cri désespéré lui répondit : ― Au feu !

Ces forts, voyant contre eux tourner la tragédie,

Avaient à leur secours appelé l’incendie.

Ils avaient fait leur œuvre, et l’église brûlait :

L’espoir, l’espoir dernier des héros s’envolait.

Il ne leur restait plus qu’à succomber en braves.



Du portail à l’abside et des clochers aux caves,

La flamme faisait rage. Alors l’œil ébloui

Vit là se dérouler un spectacle inouï.

Pendant que du brasier les spirales rampantes

Sapaient les murs noircis et rongeaient les charpentes,

Et, que, dans les horreurs d’un vaste embrasement,

L’édifice flambait, ― de moment en moment,

Du haut de la bâtisse à demi consumée,

Aux lueurs des éclairs, au sein de la fumée,

Dans les crépitements et les coups de fusils,

Aux clameurs des Anglais d’épouvante saisis,

Ensanglanté, farouche, au bord d’une fenêtre,

On voyait tout à coup comme un spectre apparaître,

Et lancer aux vainqueurs, dont sa haine fait fi,

Un dernier coup de feu dans un dernier défi !



Il en périt beaucoup dans les flammes. Le reste

Des vaincus dut subir un sort non moins funeste.

Sitôt que, poursuivi par le feu qui le mord,

Quelque insurgé tentait de s’échapper : ― À mort !

Il tombait fusillé par une balle anglaise.

Chénier, dernier de tous, sortit de la fournaise.



La scène ne dura que deux minutes, mais

Ceux qui purent la voir ne l’oublieront jamais.

Le héros, en sautant du haut d’une croisée,

S’affaissa sur le sol une jambe brisée.

Ce n’est rien ! sous le plomb qui grêle à bout portant,

Chénier sur un genou se relève un instant ;

Il se dresse, aveuglé de sang, l’habit sordide,

Défiguré, hagard, effroyable, splendide ;

Et, pour suprême insulte à la fatalité,

Le fier mourant cria : ― Vive la liberté !

Puis dans le tourbillon, la poudre, le vacarme,

Par un dernier effort il déchargea son arme.

Un nouvel ennemi tomba, mais ce fut tout :

Colborne et ses soudards étaient vainqueurs partout !

Ce qui suivit eût fait rougir des cannibales.



On traîna de Chénier le corps criblé de balles ;

Un hideux charcutier l’ouvrit tout palpitant ;

Et par les carrefours, ivres, repus, chantant,

Ces fiers triomphateurs, guerriers des temps épiques,

Promenèrent sanglant son cœur au bout des piques…



Puis la torche partout ! les braves en avant !

On brûla les maisons, on brûla le couvent ;

Si quelque humble demeure échappait mi-détruite,

C’est que l’on pourchassait quelques femmes en fuite.

De quartier nulle part, nulle compassion ;

Partout pillage, vol et dévastation !

Les vieux citent encor des traits épouvantables :

On sabrait dans les lits, on sabrait sous les tables ;

Tuer des prisonniers, éventrer des mourants,

C’étaient nobles exploits. Un enfant de quatre ans

Est là tout étonné qui regarde et qui flâne ;

Un des braves l’ajuste et lui brise le crâne…

Ce brave eut un procès, mais il fut acquitté,

N’ayant au fond puni qu’un petit révolté !

Enfin, le lendemain, ces nobles Alexandres

Laissaient par derrière eux trois villages en cendres !



C’est à ces durs prix-là ― sombre nécessité ! ―

Que tout peuple naissant t’achète, ô Liberté !
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Louis Fréchette
Aurel82   25 septembre 2018
Louis Fréchette
En mer



À ma petite Marie-Jeanne.



L’océan roule en paix sa houle souveraine,

Où, mobile, se joue un reflet de ciel clair :

Et, les ailes au vent, comme un oiseau de l’air,

Notre steamer géant y plonge sa carène.



Le soleil radieux s’enfonce dans la mer,

Dorant l’immensité de sa splendeur sereine ;

Sur les flots monte au loin comme un chant de sirène…

Et pourtant, sur ma lèvre erre un sourire amer.



Le spectacle est charmant, féerique, unique au monde ;

Mais j’aime mieux les soirs où l’âpre bise gronde

Et dans les grands huniers jette son cri strident ;



Ah ! c’est qu’il est trop lent le vaisseau qui m’enlève,

Et que je vois là-bas, loin là-bas, dans mon rêve,

Un doux berceau béni qu’on berce en m’attendant.
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Joualvert   22 janvier 2019
La maison hantée et autres contes fantastiques de Louis Fréchette
« Satan, roi des enfers, enlève-nous dans les airs ! Par la vertu de Belzébuth, mène-nous dret au but ! Acabris, acabras, acabram, fais-nous voyager par-dessus les montagnes ! »
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Lali   18 juin 2012
Les fleurs boréales. Les oiseaux de neige de Louis Fréchette
Les Mille-Iles



Massifs harmonieux, édens des flots tranquilles,

D’oasis aux fleurs d’or innombrables réseaux,

Que la vague caresse et que les blonds roseaux

Encadrent du fouillis de leurs tiges mobiles.



Bosquets que l’onde berce au doux chant des oiseaux,

Des zéphirs et des nids pittoresques asiles,

Mystérieux et frais labyrinthe, Mille-Iles,

Chapelet d’émeraude égrené sur les eaux.



Quand la première fois je vis, sous vos ombrages,

Les magiques reflets de vos brillants mirages,

Un chaud soleil de juin dorait vos verts abris;



D’enivrantes senteurs allaient des bois aux grèves;

Et je crus entrevoir ce beau pays des rêves

Où la sylphide jongle avec les colibris.
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Lali   19 juin 2012
Les fleurs boréales. Les oiseaux de neige de Louis Fréchette
Montebello



Pittoresque manoir, retraite hospitalière

Où Papineau vaincu coula ses derniers jours,

J’aime à revoir tes murs, ta terrasse, tes tours

Secouant au soleil leur panache de lierre.



Qui suit de tes sentiers la courbe irrégulière,

En s’égarant sous bois, s’imagine toujours

Voir, dans le calme ombreux de leurs secrets détours,

Glisser du grand tribun l’image familière.



Car il vit tout entier ici -dans chaque objet;

Il aimait ce fauteuil, cet arbre l’ombrageait;

Tout nous parle de lui, tout garde sa mémoire;



Et, pour suprême attrait, sur ce seuil enchanté,

Le cœur tout grand ouvert, la Grâce et la Beauté

Ajoutent leur prestige aux souvenirs de gloire.
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iarsenea   10 juillet 2012
La maison hantée et autres contes fantastiques de Louis Fréchette
Parce que faut vous dire, les enfants, que dans ce temps-là, c'était pas le John Munn ni le Québec qui nous montait au Morial. On faisait la route en canots d'écorce, par gang de trois, quatre, cinq canots, en nageant et en chantant qu'y avait rien de plus beau.

À c't heure, bondance ! y a pus de fun à voyager. On part, on arrive : on voyage pas. Parlez-moi d'y a vingt-cinq à trente ans, c'est Jos Violon qui vous dis ça ! C'était queuque chose, dans ce temps-là le méquier de voyageur !

Le Coq qu'avait jamais, lui, travelé autrement qu'en berlot ou en petit cabarouette dans les chemins de campagne, avait pas tout à fait la twist dans le poignet pour l'aviron ; mais on voyait qu'y faisait de son mieux pour se dégourdir.

Avec ça qu'y devait avoir de quoi pour se dégourdir le canayen en effrette, parce que, de temps en temps, je le voyais qui se passait la main dans la chemise, et qui se baissait la tête, sous vot'respec', comme pour sucer quèque chose.

Je croyais d'abord qu'y prenait une chique, mais ya des imites pour chiquer. On a beau venir de la Beauce, un homme peut toujours pas virer trois ou quatre torquettes en sirop dans son après-midi.
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