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3.97/5 (sur 64 notes)

Nationalité : France
Biographie :

Fils d'un tonnelier dont il a conservé le savoir-faire, Louis Mercadié est un amoureux du temps passé. Membre de la Société des lettres, sciences et arts de l'Aveyron et historien, il est l'auteur de plusieurs ouvrages, dont "L'Enfant du buron", son premier roman publié aux éditions De Borée.

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Rencontre avec Louis Mercadié à l'occasion de la parution de son livre "L''enfant trouvée" (Éditions de Borée, janvier 2018). Abandonnée sur le parvis d'une église par une nuit glaciale, Noëlle a été recueillie par les soeurs et va grandir à l'orphelinat. Comme tous les enfants sans famille, la petite fille doit participer aux tâches de nettoyage et d'entretien de l'établissement, jusqu'au jour où on estimera qu'elle est en âge de travailler. Exploitée comme tant d'autres dans une filature puis à la mine, l'existence qui l'attend n'a rien de réjouissant. Pourtant, Noëlle ne baisse jamais les bras. Des écuries d'un château aux barricades de la Commune, du froid des nuits sans toit à la chaleur d'un atelier d'artiste, elle est poussée par l'espoir de retrouver un jour celle qui l'a mise au monde. Fils d'un tonnelier dont il a conservé le savoir-faire, Louis Mercadié est un amoureux du temps passé. Membre de la Société des lettres, sciences et arts de l'Aveyron et historien, il est l'auteur de plusieurs ouvrages dont "Marie Talabot, une Aveyronnaise dans le tourbillon du XIXe siècle", pour lequel il a reçu deux prix littéraires.

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Citations et extraits (22) Voir plus Ajouter une citation
Femme hors du commun,elle fut pionnière dans la recherche de la liberté des femmes au côté d'un homme d'obédience saint-simonienne dont la doctrine promulguait leur émancipation.
Elle ne voulut pas subir sa vie mais écrire son destin.
De nos jours ,Marie séduit toujours.
Peut-être parce qu'elle se pénétra de cet amour de liberté,qui paraît être le signe distinctif d'une population violemment opposée à toutes les oppressions...
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L'hiver, le froid intense s'ajoutait à la misère omniprésente.
Des orphelins traînaient dans les rues, mendiant un morceau de pain ou une pièce d'étoffe pour se couvrir. Les pauvres vivaient de ce que la terre, redoutablement ingrate, voulait bien leur donner. Mais c'était peut-être les enfants qui offraient l'image la plus affligeante de la pauvreté.
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Dans les familles qui avaient quelqu’un au front, on préparait des colis avec des denrées utiles aux jeunes soldats. Aux saucissons et pâtés, on rajoutait des chaussettes, des gants, des écharpes, des tricots que les aïeules confectionnaient auprès de l’âtre. On lisait et relisait les lettres qui arrivaient, on les présentait aux voisins, au curé, à l’instituteur afin de recueillir leur avis, puis on les rangeait précieusement dans des boîtes comme des reliques de haute valeur.
 
La pleine guerre grondait en répandant ses flots d’horreur et Pauline, qui avait atteint ses dix-huit ans, était devenue une fille haute et superbe comme un épi de blé. Sa longue et sauvage chevelure, qui parfois retenait un brin de paille, jouait en permanence avec le vent. Ses yeux noirs, en amande, frangés de cils bruns, et son sourire communicatif magnifiant ses lèvres ourlées ne laissaient personne indifférent. Sur ses joues, deux petites fossettes se dessinaient, lui donnant un charme fou. Tous ces tristes événements l’avaient mûrie, aguerrie même. Elle s’était affirmée, était devenue plus responsable, toujours affairée à mille besognes. Ses pupilles, d’un noir d’ébène, marquaient son visage d’une volonté réelle. D’ailleurs, dotée d’un tempérament bien trempé – le même que son grand-père Auguste, disait-on –, elle n’était pas du genre à se laisser marcher sur les pieds !
Secouée par la mort de son père, de son amie et de nombreux jeunes hommes de son village, Pauline pensa qu’elle ne pouvait rester à attendre la fin du conflit. Son cœur était lourd, son sang bouillonnait, il lui fallait agir ! Elle souhaita ardemment venger son père et donc participer à l’effort de guerre demandé par le gouvernement. Elle apprit qu’à Decazeville6, la ville minière, on embauchait des femmes et des jeunes filles à la fabrication de munitions. Les plus anciens affirmaient que pour la guerre franco-prussienne, en 1870, les usines aveyronnaises de Viviez et de Decazeville s’étaient déjà lancées dans la fabrication d’obus et de canons, et qu’il était indispensable de faire cet effort. La mort dans l’âme, sa mère, Annette, la laissa partir. Toutefois, elle connaissait l’obstination et l’honnêteté de sa fille et lui fit confiance.
– Écris-moi souvent, ma petite, j’aurai besoin de savoir si tout va bien.
– Fais attention à toi ! lui recommanda le grand-père Auguste, les larmes au bord de ses paupières ridées. Dieu te garde, ma Pauline ! Nous penserons à toi.
– Je vous promets de vous écrire ! Ne vous faites pas de soucis inutiles. Et puis moi aussi j’aurai besoin des nouvelles de vous tous… D’ailleurs, j’ai promis d’écrire à Ginette. Elle aussi me répondra. Voyez, je resterai en contact avec le pays !
Un vieux garçon, Urbain, vint faire domestique à la ferme des Beyrac afin de les aider et suppléer le travail de Pauline aux côtés d’Antoine. Il était déjà venu travailler à la ferme comme journalier et connaissait parfaitement ce qu’il avait à faire.
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Cependant Jeanne ne se confiait jamais, à tel point qu'aucun de ses amants ne sut d'où elle venait. Elle était libre, libre dans sa tête, libre dans son corps, ne voulant être dirigée par aucune loi, et redoutait que l'on s'occupe de sa personne.
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Un instant, elle se tut. Les traits de son visage trahissaient sa lassitude, son chagrin. Toutefois, elle continua :
— Plus tard, si tu peux économiser, fais-le. Je souhaite qu’un jour tu puisses acheter une autre terre, des bêtes. Et si c’est le cas, défends tes biens… mais ne plaide jamais ! Jamais, c’est le début du malheur ! Tu sais, Léon, quand on est pauvre, il faut avoir de l’honneur… dit-elle avec un trémolo dans la voix.
Se levant, Gabrielle empoigna les deux mains de son fils et les serra de toutes ses forces.
— Oh oui ! Il faut avoir de l’honneur, répéta-t-elle fermement. Mais je sais que tu en auras, que tu en es capable. Promets-le-moi, Léon, promets-le-moi, je t’en supplie ! lui intima-t-elle en fixant ses yeux noirs.
— Je te le promets, maman. Je tiendrai ma promesse ! dit-il, présentant son petit visage grave.
— Oh ! Je sais que tu la tiendras !
Saisissant alors son fils à bras-le-corps, elle fondit en larmes… Et cette commotion douloureuse fut pour elle à la fois libératrice et salvatrice.
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Il est difficile de faire son deuil sans un corps à enterrer, sans une tombe où se recueillir précisément (….)
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Voyez, les amis, le bonheur est comme ces montagnes sur lesquelles nous sommes ; il faut peiner pour les gravir, mais le soleil les baigne quand la plaine est dans l’ombre ! C’est si beau !
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Tous attendaient un secours qu’elles ne pouvaient pas toujours apporter. Un quidam au regard farouche appelait d’une voix pathétique, suppliant un soin ; un autre, couché à même le sol, demandait dans combien de temps surviendrait sa mort. Ailleurs, un tout jeune, qui n’avait peut-être que vingt ans, souhaitait qu’on l’achève d’un coup de fusil… Un autre encore, en meilleur état, réclamait un baiser…
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Mais en tout temps, en tout lieu, la guerre se charge d’apporter le nécessaire pour changer les femmes comme les hommes !
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Ce fut toute une science ancestrale, fondée sur le bon sens mais parfois teintée de sorcellerie, qu'apprit la jeune femme au fil des mois. Devenir mère sage, soigner ses contemporains, apporter du bonheur, voir leur sourire s'épanouir, aider et soutenir les femmes agressées, voilà ce à quoi elle aspirait !
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