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Note moyenne 3.65 /5 (sur 17 notes)

Nationalité : Russie
Né(e) à : Moscou , le 01/07/1958
Biographie :

Luba Jurgenson est une écrivain d'origine russe née en 1958 à Moscou, qui a émigré en 1975 à Paris. Elle est désormais écrivain, traductrice et maître de conférence à l'Université Paris IV-Sorbonne.

Elle est également co-directrice de la collection Poustiaki aux éditions Verdiers (avec Anne Coldefy-Faucard). Ces traductions les plus connus sont les suivantes :
Ivan Gontcharov, Oblomov, l'Âge d'homme, 1986
Nina Berberova, Les Petits Romans, Borodine, Le Cap des tempêtes, Actes Sud, 1997-1999, 2003
Leonid Guirchovitch, Apologie de la fuite, Verdier, 2004


Source : Wikipédia
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Dimanche 16 mai 2010 Rencontre avec le romancier russe Vladimir Sorokine, Anne Coldefy-Faucard et Luba Jurgenson : « L'espace dans l'oeuvre de Sorokine », dans le cadre du banquet de printemps 2010 intitulé "L'Espace russe". Vladimir Sorokine est connu dans les milieux non-conformistes depuis la fin des années soixante-dix. Il est né en 1955, et devient un écrivain russe majeur après l'effondrement de l'Union soviétique. Ses romans, nouvelles, récits et pièces de théâtre sont de véritables événements, suscitant louanges, critiques acerbes, contestations, indignation. Écrit dans les années 1985-1989, Roman est un des chefs-d'oeuvre de l'auteur. Il est publié en 2010 en français chez Verdier, en même temps que La Voie de Bro (Éd. de l'Olivier).

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Citations et extraits (10) Ajouter une citation
alzaia   31 mai 2016
Au lieu du péril de Luba Jurgenson
En arrivant à Paris, je parlais français avec un petit accent. On me demandait d'où je venais. Je me suis acharnée à le perdre afin que cette question ne puisse jamais être posée. Je choisis à que je raconte d'où je viens.

(...) Garder un accent, c'est comme ne pouvoir refermer complètement la porte de sa chambre : tout le monde peut s'y introduire. Je tiens à pouvoir vivre la porte fermée.
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alzaia   31 mai 2016
Au lieu du péril de Luba Jurgenson
Le bilingue ne peut jamais être vu en entier par les autres. Je tends à l'autre ma main russe ou française, jamais les deux à la fois.
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alzaia   31 mai 2016
Au lieu du péril de Luba Jurgenson
Le sortilège du français avait pris fin. Dans un conte que j'avais lu, enfant, un prince avait gagné l'immortalité contre la promesse de ne jamais remettre les pieds dans sa ville natale. Un beau jour, il décidait de rendre visite aux siens, alors, disait le livre, "il tomba en poussière".

Mon français était tombé en poussière. Je décidai d'écrire mon rapport en russe et de le traduire. Impossible. M'expatrier, cette fois-ci vers l'italien ? Cela donna un texte purement bureaucratique : je suis allée, j'ai vu, j'ai réalisé. Des phrases rectilignes. Je n'avais rien à dire, dans aucune langue. Impuissance absolue à m'insinuer dans les replis du langage où ce que j'avais vécu se disait en moi.

Je ne pouvais pas savoir alors que ce rapport devait être rédigé au futur, qu'il me faudrait plus de vingt dans pour en venir à bout.
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YANCOU   22 mai 2016
Au lieu du péril de Luba Jurgenson
"Un jour, comme il était temps qu'il sorte de sa maison, il partit, toujours par le même chemin car il n'y en avait pas d'autre, jusqu'à l'endroit où chacun rencontre sa pierre d'achoppement." C'est ainsi que commençait un récit que je devais remettre à la revue Siècle en mai 1986, quelques jours avant la naissance de Rachel, mon aînée. À l'endroit où "il" s'arrêtait pour considérer indéfiniment l'obstacle surgi sous ses pieds, cloué sur place par la pensée de l'empêchement, la pensée de l'arrêt sur la pensée, ma propre écriture se heurtait à une interdiction de franchissement. Le récit en resta là. Si je l'avais continué, il aurait consisté en cette seule phrase répétée en boucle, en un ressassement de la progression impossible, de la sortie jusqu'à l'obstacle. J'avais bien sûr devant moi une image venue de la langue russe, qui possède aussi cette autre expression : "la faux a buté sur une pierre". La Faucheuse elle-même, freinée momentanément dans sa marche, laisse à l'homme un sursis afin qu'il puisse contempler l'obstacle. Aussi, ne sort-on de chez soi que pour cela : marquer un temps d'arrêt. Un temps d'arrêt.

Mais c'est dans une autre langue que se cachait la suite de cette histoire. En 1995, à Cologne, puis à Berlin, dans Oranien-strasse que j'avais arpentée et où je m'étais arrêtée tant de fois, Gunter Demnig plaça des Stolpersteine, pierres d'achoppement qui invitent le passant à regarder sous ses pieds pour constater qu'un Juif ayant vécu là a été déporté et assassiné.

Car on disait lorsque l'on trébuchait : "Da liegt ein Jude begraben" - ici, un Juif est enterré. Un peu comme on dit "à vos souhaits" lorsque quelqu'un éternue.

On ne pouvait pas repeupler l'Allemagne de Juifs ressuscités, mais de Juifs morts, oui.

Le Juif enterré en moi m'a fait signe. Et, comme il fallait s'y attendre, il m'a hélée dans une langue étrangère.
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wentworth23   15 septembre 2014
Au lieu du péril de Luba Jurgenson
Nous manœuvrons entre l’étrange et le familier. Nous apprivoisons – et nous ensauvageons les choses. Le chemin du retour n’est jamais le même qu’à l’aller, d’ailleurs il nous paraît plus rapide. (C’est comme la lecture : on ne lit jamais chaque mot du texte, sauf s’il s’agit d’une langue qu’on ne maîtrise pas complètement.) Reconnaître prend du temps. Parler toute la journée une langue étrangère est aussi fatigant que charrier des pierres. Le bilingue est celui qui s’est approprié deux mondes, qui a deux langues également siennes. Mais il peut à chaque instant dire, à propos de l’une des deux : « l’autre langue ». Telle chose évidente ici ne l’est plus là-bas – il suffit de passer le seuil. Ce qui n’a pas besoin d’explication ici en a besoin là-bas. Et vice-versa. Le bilingue n’est jamais dans de l’entièrement reconnaissable. Vue de « là-bas », ma chambre est étrange. C’est peut-être pour cela que je n’arrive pas à y mettre de l’ordre. Que je parviens à créer du désordre en cinq minutes, même dans une chambre d’hôtel à peu près vide. Jamais se contenter d’un sens commun, toujours décrypter, c’est le lot du bilingue. On m’a dit que j’avais une écriture « myope » : en effet, il me faut sans cesse plisser les yeux, sans cesse déplisser le réel. Revenir, m’arrêter devant, examiner – aucune image n’est jamais donnée d’emblée. C’est comme si la mémoire collective dont sont lestées nos sensations me faisait défaut. Non pas « renommer le monde », mission du poète selon Tsvetaeva, mais désensabler le regard – mission de l’enfant.
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alzaia   19 juin 2016
Au lieu du péril de Luba Jurgenson
Des touristes promènent leurs doigts hésitants sur un plan de Paris disent "boulevard Arago" en roulant les "r", et soudain, éclate en moi l'être duel, le monde se scinde en deux : celui du maintenant et celui de l'immémorial. Celui où je suis moi-même - et celui où je suis plus (ou moins?) que moi-même : l'origine. C'est ainsi qu'elle (la langue) se signale, c'est son lieu. Ces touristes ignorent qu'ils ont le pouvoir de me diviser (me recoller ?) tout simplement en cherchant une rue dans "ma langue"
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alzaia   31 mai 2016
Au lieu du péril de Luba Jurgenson
Pourquoi a-t-on dit que le russe était difficile ? Le débutant jubile. Et c'est là qu'un gouffre s'ouvre sous ses pieds. Le passé et le futur se scindent en deux : le perfectif et l'imperfectif. En russe, la langue porte en elle, en permanence, l'idée d'inaccomplissement - et vous vous frappez la tête contre ce mur, vous criez à la forme perfective : je ferai ! j'agirai ! je me réaliserai !
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alzaia   31 mai 2016
Au lieu du péril de Luba Jurgenson
Je demande : "Comment vivez-vous entre deux langues?" Lui (Brodsky) : "Mais où est le problème ? Ecrivez en chinois si ça vous chante." Ma question est déjà le symptôme d'un mal européen - les Européens sont accrochés à leurs langues comme l'huître à son rocher. Ma tête est organisée à l'image des rues parisiennes.
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alzaia   31 mai 2016
Au lieu du péril de Luba Jurgenson
Des tournures défuntes ressuscitaient dès que j'ouvrais la bouche. Pour ceux qui m'entendaient, je ne pas de l'étranger, je venais des années soixante dix.
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ClementineFerry   30 septembre 2012
Le serpent bleu de Luba Jurgenson
"Montre-toi, petit serpent

Sois gentil et ps méchant,

Montre-toi, nous serons contents,

Nous t'attendons depuis longtemps!"
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