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Citations de Lucie Delarue-Mardrus (60)


Lucie Delarue-Mardrus
Jangelis   18 octobre 2013
Lucie Delarue-Mardrus
J'ai dix ans aujourd'hui. Dommage !
Ça va devenir sérieux.
Un seul chiffre disait mon âge,
A présent, il en faudra deux.

Deux chiffres ! la même frontière
Que les gens les plus importants,
Deux chiffres pour la vie entière …
A moins d'aller jusqu'à cent ans !
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Lucie Delarue-Mardrus
ladesiderienne   15 février 2018
Lucie Delarue-Mardrus
L'hiver

L'hiver, s'il tombe de la neige,
Le chien blanc a l'air beige.

Les arbres seront bientôt touffus
Comme dans l'été qui n'est plus.

Les oiseaux marquent les allées
Avec leurs pattes étoilées.

Aussitôt qu'il fait assez jour,
Dans le jardin bien vite on court.

Notre maman nous emmitoufle,
Même au soleil, la bise souffle.

Pour faire un grand bonhomme blanc,
Tout le monde prend son élan.

Après ça, bataille de neige!
On s'agite, on crie, on s'assiège.

Et puis on rentre, le nez bleu,
Pour se sécher autour du feu
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coco4649   26 mai 2016
Souffles de tempête, poésies de Lucie Delarue-Mardrus
NOCTURNE


J'ai contemplé de loin la mer électrisée,
Toute de pâle feu.
Je pouvais deviner chaque vague frisée
A son phosphore bleu.

Je voulais m'enfuir dans la nuit orageuse,
Devenir l'élément,
Déferler et luire avec la vague creuse,
Impétueusement.

Pourtant je suis restée assise à la fenêtre
Et nul ne pouvait voir
Le phosphore caché qui courait dans mon être
Allumer mon œil noir.

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coco4649   25 mai 2016
Souffles de tempête, poésies de Lucie Delarue-Mardrus
AU JARDIN DE MAI


Pour un poète vrai qui, passionnément,
Parcourt d'un pied léger la saison la plus belle,
C'est toujours un étonnement
Que la rencontre d'une ombelle.

C'est toujours une offrande, et c'est toujours un don
Qu'un nuage, un reflet, un rayon, un coin sombre,
Et c'est un trésor qu'un bourdon
Qui survole l'herbe, dans l'ombre.

Nos cœurs battaient de joie, ô printemps ! ô printemps !
Tout était bonne odeur, douce couleur, musique,
Jeunesse, allégresse physique.
- Mais nos fronts étaient mécontents.

Que fait-on quelque part, qu'invente-t-on d'horrible,
Dans le même moment qu'au sein du printemps clair
Le bourgeon le plus insensible
Cède à la crasse de l'air ?

La nature fleurit, bourdonne, encense, bouge ;
Partout brille, innocent, le paradis de mai ;
Le sol même espère et promet.
... Sauf aux lieux où la terre est rouge.

Un épouvantement barre chaque horizon.
Le monstre de la guerre est là, qui boit et mange.
À deux pas de notre maison,
La face de l'Europe change.

Du fond de l'avenir, au bruit sourd des canons,
Voici venir des temps qui ne sont plus les nôtres,
Notre époque sombre, avec d'autres,
Dans l'Histoire pleine de noms.

Mais le jardin en fleurs est plus fort que la guerre.
Tandis que tout s'en va, pourquoi fait-il si beau ?
Ce merle ne peut-il se taire
Pendant qu'on nous couche au tombeau ?

Nous mourons ! Nous mourons ! Mais le printemps embaume.
On tue au loin, mais les oiseaux sont triomphants.
Nous sommes ruine et fantôme,
Et nous nous sentons des enfants.
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coco4649   26 mai 2016
Souffles de tempête, poésies de Lucie Delarue-Mardrus
PRÉSENCE


Que les pommiers d'avril ouvrent parmi l'aurore
Leurs mille blanches fleurs au cœur incarnadin
Ou que règne l'hiver sans feuilles et sans flors,
La mer est au bout du jardin.

On l'entend de partout, furieuse ou câline,
Léchant doucement l'herbe ou mangeant le terrain.
Elle est là, vivant monstre impatient du frein ;
La marée est sa discipline.

Oui, la mer est au bout du jardin ! Incessant,
Son rythme, nuit et jour, entre par les fenêtres.
On ne peut oublier, au plus profond des aîtres,
Ce voisinage menaçant.

Le raclement profond des grèves qu'elle drague
Berce tous les sommeils couchés au creux des lits,
Et l'on devine au loin ses plis et ses replis
Et la forme de chaque vague.

... Vers elle nous irons, de gradin en gradin,
Par les matins de joie et par les nuits pleurées.
— O vie humaine, ô sœur tragique des marées,
La mer est au bout du jardin !
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coco4649   12 mai 2016
Les sept douleurs d'octobre de Lucie Delarue-Mardrus
Cinq Petits Tableaux.


IV
L'avenue au matin, cathédrale d'automne,
Découpe sur le ciel des vitraux flamboyants.
Une épaisse jonchée est aux deux bouts fuyants,
Rouge et jaune lueur dont le regard s'étonne.

Je m'avance sans bruit dans ce monde vermeil,
Et, sous les hauts tilleuls dont la masse s'allège,
Je regarde tomber partout, comme une neige,
Les rondes feuilles d'or et les ronds de soleil.

Menant ainsi dans l'ombre une marche étouffée,
Je trace dans cet or tant de minces sentiers
Que je crois en rentrant voir briller à mes pieds,
Miraculeusement, des bottines de fée.
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coco4649   08 juin 2016
Mort et printemps de Lucie Delarue-Mardrus
LA ROUTE


Mon âge mûr rejoint ma rose adolescence
Sans faire nul effort, mère triste qui va
Retrouver dans l'Hier la fillette qu'elle a,
Que toujours elle aima malgré la longue absence.

Mon âge mûr aussi, dans l'avenir trop sûr,
Va visiter au loin ma vieillesse, grand'mère
Qu'il faut bien consoler d'être la vieille amère
À qui la longue vie a fait ce regard dur.

Nous voici toutes trois en moi qui ne suis qu'une,
Et nous nous en allons en nous tenant la main,
D'un pas qui traîne, vers l'identique infortune
De dormir dans la terre un éternel demain.
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coco4649   17 mai 2016
Occident de Lucie Delarue-Mardrus
L'ÂME DES RUES
Mardi gras


Le Mardi gras, falot comme un fantoche,
Met son faux-nez à l'huis, fait briller ses galons,
Siffle un air, et chacun, sautant sur ses talons,
Bâille et s'éveille avec une âme de gavroche.

Enflons de confetti quelque énorme sacoche ;
Le labeur de demain paiera les violons ;
Pendant trois jours entiers, vive la vie ! allons
Déambuler avec la bonne humeur en poche !

Les masques ont au bras les dominos fleuris
Et, sur l'arquelinade immense qu'est Paris,
Une neige en papier tombe, multicolore.

Cependant qu'imitant quelque souffle estival
Les serpentins fluets, comme une étrange flore,
Font aux arbres d'hiver flotter le carnaval.
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coco4649   24 mai 2016
Souffles de tempête, poésies de Lucie Delarue-Mardrus
Féerie


À cheval, j'ai quitté ma maison et ma ferme
Pour le dehors d'octobre immensément fané,
Où, dès que sur nos pas le sous-bois se referme,
Mon frémissant cheval est impressionné.

Mon cheval, mon cheval, sommes-nous chez les fées ?
L'automne aux sept couleurs palpite autour de nous.
Ces fougères au vent, blondes et décoiffées,
Nous enveloppent d'or plus haut que nos genoux.

Le sol rouge est taché comme d'un sang de faune,
Ce hêtre illuminé projette des rayons...
Vois, les feuilles de l'air tombent par millions :
Il pleut orange et roux ! Il pleut rouge ! Il pleut jaune

Quelle aurore, au retour, teintera tes sabots !
Tu trembles, mon cheval... Y a-t-il quelque chose ?
Est-ce de voir, parmi les chemins les plus beaux,
L'automne s'effeuiller sur nous comme une rose ?
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coco4649   17 octobre 2014
Ferveur de Lucie Delarue-Mardrus
L'Odeur de mon pays...

L'odeur de mon pays était dans une pomme.
Je l'ai mordue avec les yeux fermés du somme,
Pour me croire debout dans un herbage vert.
L'herbe haute sentait le soleil et la mer,
L'ombre des peupliers y allongeaient des raies,
Et j'entendais le bruit des oiseaux, plein les haies,
Se mêler au retour des vagues de midi...


Combien de fois, ainsi, l'automne rousse et verte
Me vit-elle, au milieu du soleil et, debout,
Manger, les yeux fermés, la pomme rebondie
De tes prés, copieuse et forte Normandie ?...
Ah! je ne guérirai jamais de mon pays!
N'est-il pas la douceur des feuillages cueillis
Dans la fraîcheur, la paix et toute l'innocence?


Et qui donc a jamais guéri de son enfance ?...
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coco4649   10 juin 2016
Mort et printemps de Lucie Delarue-Mardrus
PRINTEMPS


Depuis de lointaines enfances
Je sais qu'en mai l'herbe, les fleurs,
L'azur, toutes les innocences,
Parfums et charmes et couleurs,

Les esprits du printemps, à l'aise
Sous l'averse ou sous les rayons,
À travers prés, bois ou sillons,
Ne se parlent qu'en langue anglaise.

Enfants de Shakespeare, tous deux,
Jeune âge et fraîcheur, il me semble,
Ont leur nid avec ses œufs bleus
Près de la Tamise qui tremble.

Je le sais depuis bien longtemps,
Quand des filles d'Albion, si douces,
Sur mes premiers chemins de mousse,
M'enseignaient les fées du printemps.

Et quoique allant toujours plus vite
Du côté de l'âge où l'on meurt,
Je sens encore cette douceur
Que j'appris quand j'étais petite.
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coco4649   24 mai 2016
Souffles de tempête, poésies de Lucie Delarue-Mardrus
Vœux


Je ne peux pas finir de songer à la mer...
Je voudrais retourner aux pays d'où j'arrive,
Derrière un paquebot voir s'effacer la rive,
Et, devant, s'élargir l'infini large ouvert.

Je regrette déjà les départs, les escales,
Les courses d'Orient qu'on faisait dans les ports.
Je regrette le calme plat, l'orage tors,
Et ces lames de fond, hypocrites et pâles.

Je voudrais par un sabord les nuits, les jours,
Errer de cale en pont, monotone et bercée.
Je voudrais, je voudrais vivre une traversée
Qui ne finirait pas, qui durerait toujours.

Oh ! J’en ai comme assez de tout et de moi-même,
Des plaisirs et chagrins mesquins et superflus,
De l'existence ici, méchante, basse et blême...
— Je voudrais m'en aller pour ne revenir plus.
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coco4649   12 mai 2016
Les sept douleurs d'octobre de Lucie Delarue-Mardrus
Cinq Petits Tableaux.


I
Sur les arbres et sur le sol,
Des feuilles, des feuilles !
Tout jaune, un petit arbre fol
Perd d'un seul coup plus de cent feuilles.

Rouges, jaunes, mauves et roux,
O palette claire !
Le grand vert des prés s'exaspère
Sous les branchages noirs et roux,

Et ce petit bouton de rose
Qui fleurit trop tard,
Brille dans un peu de brouillard,
Cœur frileux de l'automne rose….
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coco4649   08 juin 2016
Mort et printemps de Lucie Delarue-Mardrus
ULULEMENT


La chouette crie,
Féerie,
Triste conte bleu,
Un peu
monotone,
De la grande automne.

Ce cri vient de soi, on croit,
Quand on est poète
Et bête.
Pourtant ce n'est rien,
Je suis bien,

Qu'un oiseau qui passe
Et chasse
Et qui ne sait pas
Son glas Identique
Au cœur romantique.
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coco4649   25 mai 2016
Souffles de tempête, poésies de Lucie Delarue-Mardrus
AU JARDIN DE MAI


Le printemps, au jardin de mai, nous faisait fête,
Et nos pieds étaient prêts pour la course et le bond.
Des arbres entiers sentaient bon.
Nous en pensions perdre la tête.

Nous allions, nous tenant la main, comme deux sœurs,
Sans presque nous parler, à grands pas, bouche bée.
Une frêle pluie est tombée
Qui semblait parfumée aux fleurs.

Les marronniers illuminés, tout blancs, tout roses,
Portaient leurs fleurs ainsi que de légers flambeaux.
Des lilas étaient lourds et beaux.
Nous y fîmes de longues pauses.

L'herbe montait à l'arbre, et l'arbre descendait
À l'herbe ; et les gazons berçaient des ombres rondes.
Une branche basse pendait,
Offrant des corolles profondes.

Nous disions qu'on ne peut s'habituer jamais
Au printemps, cette histoire irréelle de fées.
Ivres, par vaux et par sommets,
Nous voulions vivre décoiffées….
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coco4649   08 septembre 2016
Poèmes mignons de Lucie Delarue-Mardrus
L'Avion


L'avion, au fond du ciel clair,
Se promène dans les étoiles
Tout comme les barques à voiles
Vont sur la mer.

C'est un moulin des anciens âges
Qui soudain a quitté le sol
Et qui, par-dessus les villages,
A pris son vol.

Les oiseaux ont peur de ses ailes
Mais les enfants le trouvent beau,
Ce grand cerf-volant sans ficelles
Qui va si haut.

Moi, plus tard, en aéroplane,
Plus hardi que les plus hardis
Je compte bien aller — sans panne —
Au paradis.
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coco4649   12 mai 2016
Les sept douleurs d'octobre de Lucie Delarue-Mardrus
Cinq Petits Tableaux.


II
À travers prés, à travers bois,
Commence la féerie étrange de l'année.
Partout où vont mes yeux, je vois
La grande automne empoisonnée.

Les branchages tordus et noirs
Sont lentement en proie à toutes les chimies.
Les dernières roses, blémies,
Fleurissent sur des désespoirs.

Dans la jonchée épaisse et rose,
Je m'avance, et mes pieds font un étroit chemin.
Et toute tremblante, à ma main,
Une feuille se décompose….
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coco4649   07 mai 2016
Occident de Lucie Delarue-Mardrus
Mystérieusement


La lenteur de tes pas que suivent les étoffes,
Au sol jonché ramasse une à une des fleurs
Et l'épode te montre au bout des antistrophes
Droite et debout, drapant ta souplesse aux ampleurs
De ta robe en qui meurt toute une gamme bleue
Fraîche de tant de fleurs dans les plis de sa queue.

Et les mille parfums doucement en allés
De ces calices, vont à ta gorge plénière,
Vont à la nudité de tes bras étalés
S'unir à la senteur de ta chair printanière ;
Et le désir humain qui rôde tout autour
De toi son rêve fou d'enlacement farouche
Confie à chaque fleur le baiser d'une bouche
Et dans chaque parfum met un aveu d'amour.
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coco4649   03 octobre 2014
La Figure de proue de Lucie Delarue-Mardrus
À UNE MOUETTE

Qui donc aura souffert, pauvre mouette prise,
Ton grand essor capté ?
Tu tremblais dans mes mains, doucement blanche et grise
Toute chaude de liberté.

Esclave, je t'avais achetée au passage
À ces mauvais garçons,
Et ce geste me plut d'aller jusqu'à la plage
Te rendre à tes quatre horizons.

Les plumes de ta tête étaient lisses et belles
Sous mon baiser fervent;
Puis j'ouvris mes deux mains, tu ouvris tes deux ailes
Et partis librement dans le vent.

― Emporte sans le savoir le baiser du poète
Au large inapaisé.
C'était toute la mer, ô chère sœur mouette,
Que j'embrassais en ce baiser.

p.268-269

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coco4649   13 juin 2014
Poèmes mignons, pour les enfants de Lucie Delarue-Mardrus
PETITES SOURIS

C’est la petite souris grise,
Dans sa cachette elle est assise.
Quand elle n’est pas dans son trou,
C’est qu’elle galope partout.

C’est la petite souris blanche
Qui ronge le pain sur la planche.
Aussitôt qu’elle entend du bruit,
Dans sa maison elle s’enfuit.

C’est la petite souris brune
Qui se promène au clair de lune,
Si le chat miaule en dormant,
Elle se sauve prestement.

C’est la petite souris rouge,
Elle a peur aussitôt qu’on bouge !
Mais, lorsque personne n’est là,
Elle mange tout ce qu’on a.
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