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Note moyenne 3.31 /5 (sur 8 notes)

Nationalité : France
Biographie :

Maïa Kanaan-Macaux est née en Italie et travaille désormais entre la Normandie et Paris. Elle est productrice de projets culturels.

Près de Fécamp, Maïa Kanaan-Macaux raconte la vie de sa famille, dans un premier roman
Littérature. La mémoire de sa mère se réduit. Alors Maïa Kanaan-Macaux, installée à Sassetot-le-Mauconduit, se rappelle et écrit la vie de sa famille peu ordinaire, mais pouvant atteindre tout lecteur.

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Bibliographie de Maïa Kanaan-Macaux   (1)Voir plus

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Citations et extraits (40) Voir plus Ajouter une citation
Bazart   16 mai 2020
Avant qu'elle s'en aille de Maïa Kanaan-Macaux
Je ne croise pas d'enfants sauvages comme ceux que nous étions, toujours dehors la tête dans les arbres ou installés sur le muret qui surplombe le Tibre.
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rkhettaoui   01 juin 2020
Avant qu'elle s'en aille de Maïa Kanaan-Macaux
J’aime ces journées où nous sommes ensemble. Chacun vaque à ses occupations. J’aime aussi lorsqu’on décide de partir à Torvaianica pour une journée de plage avec des amis. Mon père délaisse les adultes qui se prélassent au soleil pour être avec nous. Il aime les enfants et c’est réciproque. Nous grimpons sur son dos, nous l’éclaboussons, nous lui montrons ce que nous avons appris à l’école de natation où nous allons tous ensemble, en bas de la colline. Puis, lorsque les autres se sont lancés dans une partie de ballon dans l’eau, nous nous éloignons, lui et moi. Nous nageons côte à côte. Lui, la nage indienne, la seule dont aucune école de natation ne vous apprend le style. Pourtant il nage avec élégance. Ses bras se croisent, ses jambes prennent des directions opposées et repoussent l’eau comme dans un ballet aquatique.Lorsque je suis fatiguée, j’enlace son cou, je m’agrippe à son dos et il me ramène au bord.Nous retrouvons mon frère et ma mère, bien plus frileuse que nous tous, qui prend tout son temps pour entrer dans l’eau.
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rkhettaoui   01 juin 2020
Avant qu'elle s'en aille de Maïa Kanaan-Macaux
Combien de vies imaginées dans ces demeures patriciennes, dans ses rues arborées, dans ces bains publics. Je mesure l’histoire qui s’est jouée, là, en face de moi. Les ruines la racontent en silence, elles en sont les vestiges, la mémoire de pierre, de brique et de mousse, à la fois majestueuses et désuètes. Rien ne s’y joue et pourtant tant s’y est tramé, construit, décidé. Cette histoire imprègne la nôtre en profondeur, elle irrigue nos vies d’Occidentaux du Vieux Monde.Plus près de nous, derrière les petits jardins carrés, en contrebas, l’enclos d’un couvent, dans lequel des nonnes possèdent des poules et des vaches, un verger et un potager. On ne les voit pas, elles sont cachées derrière de lourdes et hautes enceintes, mais on les entend, on les devine.Mon père s’est levé alors qu’assise par terre, je dessine au pastel sur la table basse. Je cherche les couleurs, le rouge des briques et le vert des arbres.Tout est encore calme. Mon père s’affaire dans la cuisine. Il aime les rituels. Les œufs au plat du dimanche matin en font partie.Je l’entends de l’autre côté de la porte qui accueille mon frère tout endormi, épis dans les cheveux et mine du matin. Je les rejoins.Mon père est rarement là. Lorsqu’il revient de mission, c’est la fête.
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rkhettaoui   01 juin 2020
Avant qu'elle s'en aille de Maïa Kanaan-Macaux
L’Égypte, ce sont les enfants dans la rue qui me paraissent alors plus libres que pauvres, les cerfs-volants en papier journal, les ballons en carton, les grappes humaines qui débordent des bus traversant la ville, ce sont les domestiques que nous avons connus enfants et vus vieillir dans notre famille. C’est cet autre monde loin des droits sociaux et qui existe pourtant encore. Ce sont les baignades dans la piscine du Mena House au pied des pyramides alors que les adultes prennent le café au soleil, les après-midi au Gezira Sporting Club, poumon vert, havre de paix dans la cohue de la ville où on joue au foot, on se baigne, on court, on bavarde sous la tonnelle. Ce sont les Noëls chez tante Mimi et les mariages dans les grands hôtels où nous ramassons après leur passage les petites pièces dorées lancées sur les mariés pour leur souhaiter prospérité. 
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rkhettaoui   01 juin 2020
Avant qu'elle s'en aille de Maïa Kanaan-Macaux
À mes tentatives désespérées pour ressembler aux enfants parfaits, les croyants, les bons élèves, les sportifs, les rigolos, les bien-dans-leur-peau, les bien habillés, les invités aux fêtes d’anniversaire. Moi, la timide, la renfermée, la pleine de doutes.Moi qui aurais voulu être un peu moins ronde, un peu moins bouclée, un peu moins grande, un peu moins maladroite, un peu plus à l’aise avec moi-même et avec les autres. Moi qui cherchais une perfection qui n’existe pas, mais dont j’avais l’illusion. Quand mon frère, lui, était à l’aise en toutes circonstances, ne cherchait à ressembler à personne, bien avec lui-même et avec les autres. Il aimait la lumière alors que je cherchais l’ombre.Deux faces d’une même pièce, chacun jouant parfaitement sa partition.Ensemble, il ne pouvait rien nous arriver.
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rkhettaoui   01 juin 2020
Avant qu'elle s'en aille de Maïa Kanaan-Macaux
Je cherche à comprendre ce qui l’a poussée à sauver sa peau, à se construire un avenir sans se préoccuper de nous.Parce que sa solitude me peine, parce qu’au fond il n’y aura jamais d’indifférence entre nous et que j’entraperçois, au bout de notre chemin commun, que je suis capable de reconnaître sa tendresse.Parce qu’à n’en pas douter, mon père et elle se sont aimés et nous ont aimés. Elle, avec distance, méfiance, car forcément nous risquions d’entraver sa liberté.Parce qu’aimer, pour elle et pour moi, ne passe pas par les mêmes chemins sensibles. Ce n’est pas, comme chez certains, limpide, heureux et doux, mais c’est tout de même envisageable. 
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rkhettaoui   01 juin 2020
Avant qu'elle s'en aille de Maïa Kanaan-Macaux
Ce sont de vaines humiliations que provoque l’oubli, des situations désagréables qu’engendre notre monde à mille à l’heure. Car si le corps de ma mère reste vigoureux, sa mémoire immédiate, celle qui la rendait forte, autonome, lui fait de plus en plus défaut, la mettant en panique, l’excluant d’une vie en mouvement, cloisonnant peu à peu son univers.C’est un handicap qui s’installe et réduit son horizon, un handicap qui l’oblige à vivre un quotidien restreint, le seul qu’elle ose encore aborder. Dans cette nouvelle période de sa vie, les souvenirs ont une part importante, elle y plonge comme on plongerait dans une mer connue et rassurante.
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Bazart   16 mai 2020
Avant qu'elle s'en aille de Maïa Kanaan-Macaux
Son chignon tiré contraste avec son regard tendre et son bon sourire. Elle a en elle quelque chose de volontairement burlesque, elle a gardé sa fantaisie. C'est sa façon à elle d'être au monde, de faire face au meilleur comme au pire.
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rkhettaoui   01 juin 2020
Avant qu'elle s'en aille de Maïa Kanaan-Macaux
Nous passions la plupart de nos vacances en Égypte, nous y étions chez nous. Souvenirs qui font la nique à ces enfants d’hier, devenus aujourd’hui fous de Dieu et de misère.C’était un pays doux où les femmes voilées étaient minoritaires, où chacun cohabitait sans blesser l’autre et où la haine n’avait pas encore déferlé dans les cœurs. C’était l’Égypte où Ali, le cuisinier, faisait sa prière cinq fois par jour en étalant son petit tapis et où les femmes se baignaient tout habillées à côté de nous qui arborions nos maillots deux pièces. Nous pouvions rire ensemble. C’était avant la brutalité, la haine et le repli.
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rkhettaoui   01 juin 2020
Avant qu'elle s'en aille de Maïa Kanaan-Macaux
C’est long une journée qui change votre vie. Je sens mes yeux craquelés d’avoir tellement pleuré. Je ne pensais pas qu’on pouvait ressentir autant de chagrin, qu’on pouvait avoir mal de tant de larmes. Jean-Sélim pose son bras autour de mes épaules. Il est si jeune et si frêle. Son corps est encore celui d’un enfant, il a juste un peu de duvet sur le visage, prémices d’une adolescence tardive ; nous sommes blottis l’un contre l’autre, maladroits, apeurés par la vie qui nous attend sans lui, et il me dit « Je suis là, moi », puis tout bas, comme pour lui-même : « Tout ira bien. »
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