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Note moyenne 3.45 /5 (sur 925 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Épinal , le 05/03/1980
Biographie :

Maria Pourchet est une romancière française, sociologue de formation.

Elle est titulaire d'un doctorat en sciences sociales (section sociologie des médias). Après des études qu’elle poursuit tout en travaillant au Républicain Lorrain (presse quotidienne Metz), elle s’installe à Paris. Elle y dispense des cours (sociologie de la culture) à l’Université de Paris 10 Nanterre, puis travaille comme consultante, notamment auprès d’équipements culturels, à partir de 2006. Elle a enquêté, dans le cadre de ses missions, sur les pratiques de lecture, la prescription littéraire et la promotion du livre.

Parallèlement, elle "pige" pour la télévision. En 2009, elle écrit et co-réalise (avec Bernard Faroux) un premier documentaire Des écrivains sur un plateau : une histoire du livre à la télévision (1950-2008), diffusé sur France 2. Elle participe depuis au développement de différents projets de fictions ou de documentaires de télévision.

Elle est l'auteure de plusieurs romans publiés aux éditions Gallimard dans la collection Blanche. "Avancer" est son premier roman. Elle a reçu le prix Prix Erckmann-Chatrian en 2013 pour son deuxième roman "Rome en un jour" et son quatrième roman "Les Impatients" a été sélectionné pour le prix Françoise Sagan 2019.

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Bibliographie de Maria Pourchet   (6)Voir plus


L`entretien de Maria Pourchet avec Babelio :Avancer


Victoria s`inscrit dans une tradition de grands velléitaires littéraires comme Oblomov ou les héros de La bête dans la jungle d`Henry James et de L`humeur vagabonde d`Antoine Blondin. Est-elle un personnage intemporel, ou un produit de notre époque?

Merci pour les références, elles me flattent ! Je n`ai jamais envisagé Victoria comme un personnage générationnel, historiquement caractérisé. Mais il se trouve qu` un certain nombre de lectrices m`ont dit s`être totalement « retrouvées » dans ce personnage et sa mystique particulière. Je me dis alors que peut-être, si Victoria présente cette surface d`identification, peut-être qu`elle est une figure, une passante au moins, de notre temps… Mais pour moi elle est intemporelle. Un personnage qui se vit comme tragique (elle est fataliste bien qu`optimiste, habitée par une vraie foi en l`avenir mais pas en elle–même, etc...) et qui va devoir se révéler picaresque… moi j`ai le sentiment que c`est un peu la condition humaine. Pour un individu sur deux au moins.


L`incapacité de Victoria à faire des choix est liée à sa lucidité quant aux conseils à suivre et aux chemins déjà tracés (les magazines féminins, l`inconscient, les sociotypes, les anges et les diables sur les épaules, le tarot de Marseille etc.) Est-il possible d` « Avancer » sans y céder ?

Difficile de répondre. Ces aides ou explications là (psychologiques, sociologiques ou, à une autre extrémité, mystiques, occultes) peuvent aussi bien vous libérer de vos propres conditionnements que les entretenir, il me semble. Ce qui est sûr - et c`est ce qui manque à Victoria par excès d`introspection et faute d`estime de soi -c`est que l`on « avance » pas sans prendre le risque de « céder » à l`intuition. Grosse généralité, je sais, pardon.


Erudit, fouineur, sentencieux, trop vite monté en graine : sur le papier le personnage du Petit à tout d`une tête à claques. Comment expliquer qu`il soit finalement l`un des personnages les plus attachants du roman ?

Parce qu`il hérite d`une somme de personnages attachants. J`ai écrit le Petit un peu comme un hommage aux grands personnages de « petits » de la littérature… Il tient à la fois du petit Nicolas de Sempé et René Goscinny, du petit Malaussène de Daniel Pennac, du petit Momo de La Vie devant soi et d`autres enfants qui traversent l`œuvre de Romain Gary (le Fosco initial des Enchanteurs qui se décline dans nombre des livres suivants). Ensuite, je pense que le Petit est attachant parce que dans le, disons, je-m`en-foutisme ambiant qui lui sert de cadre, il est le moraliste, le moralisateur, le principe organisateur dans le bazar (c`est d`ailleurs lui qui essaie de ramener Victoria à la maison). Et il n`est pas individualiste : tous les personnages de ce livre veulent avancer mais lui est le seul à voir ça en terme de collectif (en l`espèce la famille).


Victoria ferait-elle un bon écrivain ?

Je craindrais qu`elle ne soit pas comprise. Ça finirait mal. Je dirais non.


Ces questions un peu sérieuses, ajoutées à l`intimidante couverture blanche de Gallimard, feraient presque oublier qu`Avancer est avant tout une comédie, légère dans le meilleur sens du terme. Y a-t-il des plumes humoristiques qui ont nourri votre style ?

Bien sûr. Pour la plupart celles que j`ai citées dans mes réponses, et pour certaines pas toujours des plumes associées à l`humour… Mais si l`humour est cette forme d`intelligence qui porte à considérer et soi-même et ses contemporains avec autant de lucidité, d`exigence, de cruauté (parfois) que de tolérance : Flaubert, Giono, Gary-Ajar, Marcel Aymé, Georges Perec … ont certainement nourri - mon style je ne sais pas - mais en tous cas, l`idée que je me fais de la littérature. Pour les auteurs plus récents, Christian Oster est plutôt inspirant aussi.


Travaillez-vous à un deuxième livre ? Si oui, pouvez-vous nous en dire un mot ?

Oui. Un roman. Mais il est encore trop dans les limbes pour que je puisse en dire quelque-chose de clair … La prochaine fois, promis.



Maria Pourchet et ses lectures


Quelle est votre première grande découverte littéraire ?

J`ai l`impression que de 8 à 25 ans, du Petit Nicolas à Pierre Michon, elles n`ont fait que s`additionner, les grandes découvertes « littéraires » ! Je vais plutôt vous répondre sur mes lectures fondatrices. Chronologiquement, la première, Madame Bovary de Gustave Flaubert. J`avais 13, 14 ans, j`avais lu quantité de classiques avant celui-ci, mais là j`avais l`impression d`avoir dans les mains un livre plus intemporel que n`importe quel autre,d`avoir reçu comme une leçon du fond du XIXème siècle, ou alors un secret… c`est difficile à exprimer. Mais cette lecture m`a très profondément marquée.


Quel est le livre que vous avez relu le plus souvent ?

Gros câlin de Romain Gary.


Quel est le livre que vous avez honte de ne pas avoir lu ?

S`il n`y en avait qu`un ! Ce sont plutôt des auteurs, des œuvres entières. J`ai encore du mal à avouer ne pas avoir lu Homère, ne pas avoir lu James Joyce. Je dois avoir un problème avec Ulysse. Et plein d`autres titres que je ne révélerai pas ici, ça reviendrait à étaler une inculture somme toute assez crasse, maintenant que j`y pense …


Quelle est la perle méconnue que vous souhaiteriez faire découvrir à nos lecteurs ?

Je vous dirais bien, « ben, mon premier roman » mais ça pourrait être pris au premier degré. Et Babelio est un site sérieux. Je ne sais pas. Dans l`absolu, j`encouragerais le lecteur à lire tout ce qui le porte à rire de lui même. Un plaisir trop méconnu, j`en suis sûre.


Quel est le classique de la littérature dont vous trouvez la réputation surfaite ?

Bien des livres de Marguerite Duras.


Avez-vous une citation fétiche issue de la littérature ?

Oui, j`en ai une, mais comme elle très longue (une page entière des Âmes fortes de Giono), je ne vais pas pouvoir vous la livrer in extenso même si je la sais par cœur. C`est lorsque Giono écrit « Thérèse était une âme forte. Elle ne tirait pas sa force de la vertu, la raison ne lui servait de rien elle ne savait même pas ce que c`était ; clairvoyante elle l`était, mais pour le rêve » jusqu`à « elle se satisfaisait d`illusions comme un héros, il n`y avait pas de défaite possible ». Ça fait très longtemps que cette page m`accompagne.


Et en ce moment que lisez-vous ?

Je lis L`auteur et moi, d`Eric Chevillard, à cause du titre. Je me baladais dans ma librairie,j`épluchais des titres pas très engageants, et là paf, je tombe sur cette déclaration de narcissisme aigu. Ça m`a touchée, forcément.



Découvrez Avancer de Maria Pourchet aux éditions Gallimard.


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Vidéo de

Extrait du livre audio "Feu" de Maria Pourchet lu par Coraly Zahonero et Thierry Hancisse. Parution CD et numérique le 8 juin 2022. www.audiolib.fr/livre/feu-9791035408428/

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Citations et extraits (195) Voir plus Ajouter une citation
sebastolivre   21 avril 2019
Les impatients de Maria Pourchet
Élisabeth renonce. Encore un peu on va la mordre. ElIe doit passer un appel, ne retient pas la visiteuse puisque c'est écrit, noir sur blanc, sur son badge. Elle mettra ce registre singulier sur le compte de la notoire créativité. Encore une chose, Reine, une innovation managériale. On réserve ici à tout opérationnel arrivant une singulière épreuve, vous allez voir c'est très ludique : présenter en trente slides sa quête pour le groupe. Exactement, sa quête. C'est inspiré du Tao, vous savez le jeu. Il s'agit d'exposer les origines de votre mission, pourquoi vous, vos armes et vos limites, votre historique et vos objectifs, vos projections. Merci de mettre des chiffres, des graphes, sinon c'est flou. Et des visuels, sinon, c'est chiant. Vous présenterez votre quête aux collaborateurs, ils verront tout de suite où ça déconne. Vous allez voir, c'est très contemporain.



Pages 32-33, Gallimard, 2019.
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sebastolivre   22 avril 2019
Les impatients de Maria Pourchet
L'argent travaille lui aussi, comme tout le monde. Et quand il ne travaille plus, converti en biens immobiliers et revenus locatifs, il garantit l'avenir, sans quoi on nage dans l'incertitude comme les parents de Pierre. Et comme eux on sera réduit à la conjurer dans la bouffe, l'alcool, le Xanax et les crédits revolving, merci bien. On parle de Pierre comme s'il était là, c'est parfaitement désobligeant, oui. L'équilibre de Pierre, pour ne pas dire sa félicité, repose sur la prévision. Entre autres petits placements sans risque dans de jeunes entreprises du big data, ils disposent avec Reine de deux studettes dans le arrondissement louées sans risque à des locataires eux-mêmes entretenus par leurs propriétaires de parents. Ajoutés à cela, deux appartements à Saint-Jean-CapFerrat, loi Pinel, assureront des revenus locatifs en cas non pas de licenciement mais de réflexion, envie de liberté, nécessité d'émigration. La France pourrait devenir insupportable, décevante au moins, l'histoire l'a montré. Enfin, un compte est approvisionné dans le cas plus que probable où la mère de Pierre, fantasque retraitée de l'enseignement primaire, témoignerait d'une soudaine perte d'autonomie et voudrait vivre chez son fils. Pierre a évalué le coût de six ans de pension complète en maison de repos. Il a placé le total à taux fixe et depuis il respire. Ils ne partent pas en vacances tous les quatre matins, inutile. Pierre est suffisamment détendu à l'idée que sa mère ne viendra pas tacher le chesterfield.



Page 50, Gallimard, 2019.
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migdal   20 novembre 2021
Feu de Maria Pourchet
Cette femme s'appelle Laure, elle m'aime, comme quoi. Pour le moment aveugle mais pas trop con, Laure comprend peu à peu ce qui l’attend en termes de nous. Rien. Absolument rien au-delà du pronom. C'est une femme avec des idées, je suis un homme avec un chien, je ne peux pas être partout. Je ne supporte que les fictions, elle a toujours la nostalgie de la vérité. Ses idées c'est vivre, les miennes c'est attendre, un chien devant moi. Bref, vous voyez.
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Ladybirdy   20 février 2019
Toutes les femmes sauf une de Maria Pourchet
Être mère, je l’apprendrai avec les semaines, c’est trouver des endroits sur Terre, des coins dans les maisons et pouvoir en puissance aller très loin. Je chercherai un lieu frais pour veiller ton sommeil en été. Un lieu pour te regarder marcher. Je chercherai encore un lieu sûr pour te laisser, quand il s’agira pour moi de disparaître ou de guérir. Je chercherai les lieux sans bruit pour te parler, nous cacher.
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Bookycooky   03 octobre 2021
Feu de Maria Pourchet
Trouver un bouvier bernois, même gare de l’Est, ce n’est pas normal.

Il insiste. Le mec a fait douze ans d’études pour prescrire du Xanax à des Maincoon stérilisés et il va nous apprendre ce qui est normal.
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Bookycooky   03 octobre 2021
Feu de Maria Pourchet
Laure est passée d’une robe corail à déjà nue, les bras dorés, c’est tôt dans la saison pour des marques de maillot sur les hanches, elle est censée travailler en journée. Elle aura une terrasse dans sa baraque de banlieue, un endroit où s’étaler. Je me concentre sur des conneries vu qu’elle est très belle et surtout trop près, déjà très au-delà des gestes barrières. C’est difficile la peau nue d’un coup, sans un écran devant, j’avais oublié. Elle a un petit chat dans les yeux, et sur le front, et dans les mains, elle me terrorise alors je me désape et je dis voilà, qu’elle ne s’attende pas à plus. Pas plus qu’un corps noueux, blanc tirant sur le vert, monté correctement je suppose. Je n’ai jamais su me situer sur l’échelle des queues.
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migdal   20 novembre 2021
Feu de Maria Pourchet
Tu vas me dire, elle est intéressante, elle sait des choses. Precisement ça m’énerve, ça prend de la place. Et savante c'est Ie terme poli pour dire pauvre chez les diplômés, un prof ça gagne quoi, 2 000 balles. Tu vas me dire, elle est belle. Tu plaisantes ]'espère ? C'est périssable et pas toujours vrai. Elle est honnête. En effet. C'est du reste une vertu appréciable chez une crémière, un poissonnier, quand la question c'est la fraîcheur de la came. C'est d'un rural, l’honnêteté, surtout qu'elle l'a perdue. La preuve elle trompe son mari. Elle est forte ? Arrête, elle chiale tout Ie temps et j'en fais ce que j'en veux. Elle me trouve beau. C'est vrai, mais elle va se réveiller. On baise bien. La j'ai rien a dire. Mais enfin, elle n’aime pas les chiens et moi je n'ai jamais aimé les profs, alors de quoi on parle. Nous n'avons elle et moi rien en commun, sinon une chose : on ne se comprend pas.
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Ladybirdy   20 février 2019
Toutes les femmes sauf une de Maria Pourchet
Des filles qui montrent leurs genoux, elle dit qu’elle sont vulgaires, nous sommes en 1996. Des jolies, des soignées, qu’elles singent leur mère. Le féminin est condamné. Une porte après l’autre. Je ne sais plus par où passer. Tout est interdit, tout est porno. Elle m’arrache des mains le Journal d’une femme de chambre, sur la liste des lectures du collège, porno. Elle éteint la radio, porno. Des filles qui s’épilent les mollets elle dit aguicheuses et les bronzées sont des folles.

Moi je te protège. Tu me diras merci.
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Maria Pourchet
afriqueah   18 décembre 2021
Maria Pourchet
Tu ris toute seule de consumer en une phrase des générations de bienséance, de convenances, de principes, de préceptes, de prudence, de pudeur, de punition, de réserve, de respect, de tact, de vertu….. et pour dire quel bien ça fait , en revanche tu n’as pas de mot.
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afriqueah   18 décembre 2021
Feu de Maria Pourchet
Tu voudrais lui avouer que la guerre des sexes n’a jamais été la tienne, tu avais autre chose à faire. Naître n’importe où, tenir, trouver comment t’arracher, apprendre par cœur des livres entiers jusqu’au dégoût, trouver un homme, le perdre, trouver à bouffer, accoucher, faillir être bouffée, renaître, retrouver, accoucher.
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