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Note moyenne 3.43 /5 (sur 223 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Epinal , le 05/03/1980
Biographie :

Maria Pourchet est une romancière française, sociologue de formation.

Elle est titulaire d'un doctorat en sciences sociales (section sociologie des médias). Après des études qu’elle poursuit tout en travaillant au Républicain Lorrain (presse quotidienne Metz), elle s’installe à Paris. Elle y dispense des cours (sociologie de la culture) à l’Université de Paris 10 Nanterre, puis travaille comme consultante, notamment auprès d’équipements culturels, à partir de 2006. Elle a enquêté, dans le cadre de ses missions, sur les pratiques de lecture, la prescription littéraire et la promotion du livre.

Parallèlement, elle « pige » pour la télévision. En 2009, elle écrit et co-réalise (avec Bernard Faroux) un premier documentaire Des écrivains sur un plateau : une histoire du livre à la télévision (1950-2008), diffusé sur France 2. Elle participe depuis au développement de différents projets de fictions ou de documentaires de télévision.

Elle est l'auteure de plusieurs romans publiés aux éditions Gallimard dans la collection Blanche. "Avancer" est son premier roman. Elle a reçu le prix Prix Erckmann-Chatrian en 2013 pour son deuxième roman "Rome en un jour" et son quatrième roman "Les Impatients" a été sélectionné pour le prix François Sagan 2019.

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Source : wikipédia
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L`entretien de Maria Pourchet avec Babelio :Avancer


Victoria s`inscrit dans une tradition de grands velléitaires littéraires comme Oblomov ou les héros de La bête dans la jungle d`Henry James et de L`humeur vagabonde d`Antoine Blondin. Est-elle un personnage intemporel, ou un produit de notre époque?

Merci pour les références, elles me flattent ! Je n`ai jamais envisagé Victoria comme un personnage générationnel, historiquement caractérisé. Mais il se trouve qu` un certain nombre de lectrices m`ont dit s`être totalement « retrouvées » dans ce personnage et sa mystique particulière. Je me dis alors que peut-être, si Victoria présente cette surface d`identification, peut-être qu`elle est une figure, une passante au moins, de notre temps… Mais pour moi elle est intemporelle. Un personnage qui se vit comme tragique (elle est fataliste bien qu`optimiste, habitée par une vraie foi en l`avenir mais pas en elle–même, etc...) et qui va devoir se révéler picaresque… moi j`ai le sentiment que c`est un peu la condition humaine. Pour un individu sur deux au moins.


L`incapacité de Victoria à faire des choix est liée à sa lucidité quant aux conseils à suivre et aux chemins déjà tracés (les magazines féminins, l`inconscient, les sociotypes, les anges et les diables sur les épaules, le tarot de Marseille etc.) Est-il possible d` « Avancer » sans y céder ?

Difficile de répondre. Ces aides ou explications là (psychologiques, sociologiques ou, à une autre extrémité, mystiques, occultes) peuvent aussi bien vous libérer de vos propres conditionnements que les entretenir, il me semble. Ce qui est sûr - et c`est ce qui manque à Victoria par excès d`introspection et faute d`estime de soi -c`est que l`on « avance » pas sans prendre le risque de « céder » à l`intuition. Grosse généralité, je sais, pardon.


Erudit, fouineur, sentencieux, trop vite monté en graine : sur le papier le personnage du Petit à tout d`une tête à claques. Comment expliquer qu`il soit finalement l`un des personnages les plus attachants du roman ?

Parce qu`il hérite d`une somme de personnages attachants. J`ai écrit le Petit un peu comme un hommage aux grands personnages de « petits » de la littérature… Il tient à la fois du petit Nicolas de Sempé et René Goscinny, du petit Malaussène de Daniel Pennac, du petit Momo de La Vie devant soi et d`autres enfants qui traversent l`œuvre de Romain Gary (le Fosco initial des Enchanteurs qui se décline dans nombre des livres suivants). Ensuite, je pense que le Petit est attachant parce que dans le, disons, je-m`en-foutisme ambiant qui lui sert de cadre, il est le moraliste, le moralisateur, le principe organisateur dans le bazar (c`est d`ailleurs lui qui essaie de ramener Victoria à la maison). Et il n`est pas individualiste : tous les personnages de ce livre veulent avancer mais lui est le seul à voir ça en terme de collectif (en l`espèce la famille).


Victoria ferait-elle un bon écrivain ?

Je craindrais qu`elle ne soit pas comprise. Ça finirait mal. Je dirais non.


Ces questions un peu sérieuses, ajoutées à l`intimidante couverture blanche de Gallimard, feraient presque oublier qu`Avancer est avant tout une comédie, légère dans le meilleur sens du terme. Y a-t-il des plumes humoristiques qui ont nourri votre style ?

Bien sûr. Pour la plupart celles que j`ai citées dans mes réponses, et pour certaines pas toujours des plumes associées à l`humour… Mais si l`humour est cette forme d`intelligence qui porte à considérer et soi-même et ses contemporains avec autant de lucidité, d`exigence, de cruauté (parfois) que de tolérance : Flaubert, Giono, Gary-Ajar, Marcel Aymé, Georges Perec … ont certainement nourri - mon style je ne sais pas - mais en tous cas, l`idée que je me fais de la littérature. Pour les auteurs plus récents, Christian Oster est plutôt inspirant aussi.


Travaillez-vous à un deuxième livre ? Si oui, pouvez-vous nous en dire un mot ?

Oui. Un roman. Mais il est encore trop dans les limbes pour que je puisse en dire quelque-chose de clair … La prochaine fois, promis.



Maria Pourchet et ses lectures


Quelle est votre première grande découverte littéraire ?

J`ai l`impression que de 8 à 25 ans, du Petit Nicolas à Pierre Michon, elles n`ont fait que s`additionner, les grandes découvertes « littéraires » ! Je vais plutôt vous répondre sur mes lectures fondatrices. Chronologiquement, la première, Madame Bovary de Gustave Flaubert. J`avais 13, 14 ans, j`avais lu quantité de classiques avant celui-ci, mais là j`avais l`impression d`avoir dans les mains un livre plus intemporel que n`importe quel autre,d`avoir reçu comme une leçon du fond du XIXème siècle, ou alors un secret… c`est difficile à exprimer. Mais cette lecture m`a très profondément marquée.


Quel est le livre que vous avez relu le plus souvent ?

Gros câlin de Romain Gary.


Quel est le livre que vous avez honte de ne pas avoir lu ?

S`il n`y en avait qu`un ! Ce sont plutôt des auteurs, des œuvres entières. J`ai encore du mal à avouer ne pas avoir lu Homère, ne pas avoir lu James Joyce. Je dois avoir un problème avec Ulysse. Et plein d`autres titres que je ne révélerai pas ici, ça reviendrait à étaler une inculture somme toute assez crasse, maintenant que j`y pense …


Quelle est la perle méconnue que vous souhaiteriez faire découvrir à nos lecteurs ?

Je vous dirais bien, « ben, mon premier roman » mais ça pourrait être pris au premier degré. Et Babelio est un site sérieux. Je ne sais pas. Dans l`absolu, j`encouragerais le lecteur à lire tout ce qui le porte à rire de lui même. Un plaisir trop méconnu, j`en suis sûre.


Quel est le classique de la littérature dont vous trouvez la réputation surfaite ?

Bien des livres de Marguerite Duras.


Avez-vous une citation fétiche issue de la littérature ?

Oui, j`en ai une, mais comme elle très longue (une page entière des Âmes fortes de Giono), je ne vais pas pouvoir vous la livrer in extenso même si je la sais par cœur. C`est lorsque Giono écrit « Thérèse était une âme forte. Elle ne tirait pas sa force de la vertu, la raison ne lui servait de rien elle ne savait même pas ce que c`était ; clairvoyante elle l`était, mais pour le rêve » jusqu`à « elle se satisfaisait d`illusions comme un héros, il n`y avait pas de défaite possible ». Ça fait très longtemps que cette page m`accompagne.


Et en ce moment que lisez-vous ?

Je lis L`auteur et moi, d`Eric Chevillard, à cause du titre. Je me baladais dans ma librairie,j`épluchais des titres pas très engageants, et là paf, je tombe sur cette déclaration de narcissisme aigu. Ça m`a touchée, forcément.



Découvrez Avancer de Maria Pourchet aux éditions Gallimard.


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Citations et extraits (75) Voir plus Ajouter une citation
Sebthocal   21 avril 2019
Les impatients de Maria Pourchet
Élisabeth renonce. Encore un peu on va la mordre. ElIe doit passer un appel, ne retient pas la visiteuse puisque c'est écrit, noir sur blanc, sur son badge. Elle mettra ce registre singulier sur le compte de la notoire créativité. Encore une chose, Reine, une innovation managériale. On réserve ici à tout opérationnel arrivant une singulière épreuve, vous allez voir c'est très ludique : présenter en trente slides sa quête pour le groupe. Exactement, sa quête. C'est inspiré du Tao, vous savez le jeu. Il s'agit d'exposer les origines de votre mission, pourquoi vous, vos armes et vos limites, votre historique et vos objectifs, vos projections. Merci de mettre des chiffres, des graphes, sinon c'est flou. Et des visuels, sinon, c'est chiant. Vous présenterez votre quête aux collaborateurs, ils verront tout de suite où ça déconne. Vous allez voir, c'est très contemporain.



Pages 32-33, Gallimard, 2019.
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Sebthocal   22 avril 2019
Les impatients de Maria Pourchet
L'argent travaille lui aussi, comme tout le monde. Et quand il ne travaille plus, converti en biens immobiliers et revenus locatifs, il garantit l'avenir, sans quoi on nage dans l'incertitude comme les parents de Pierre. Et comme eux on sera réduit à la conjurer dans la bouffe, l'alcool, le Xanax et les crédits revolving, merci bien. On parle de Pierre comme s'il était là, c'est parfaitement désobligeant, oui. L'équilibre de Pierre, pour ne pas dire sa félicité, repose sur la prévision. Entre autres petits placements sans risque dans de jeunes entreprises du big data, ils disposent avec Reine de deux studettes dans le arrondissement louées sans risque à des locataires eux-mêmes entretenus par leurs propriétaires de parents. Ajoutés à cela, deux appartements à Saint-Jean-CapFerrat, loi Pinel, assureront des revenus locatifs en cas non pas de licenciement mais de réflexion, envie de liberté, nécessité d'émigration. La France pourrait devenir insupportable, décevante au moins, l'histoire l'a montré. Enfin, un compte est approvisionné dans le cas plus que probable où la mère de Pierre, fantasque retraitée de l'enseignement primaire, témoignerait d'une soudaine perte d'autonomie et voudrait vivre chez son fils. Pierre a évalué le coût de six ans de pension complète en maison de repos. Il a placé le total à taux fixe et depuis il respire. Ils ne partent pas en vacances tous les quatre matins, inutile. Pierre est suffisamment détendu à l'idée que sa mère ne viendra pas tacher le chesterfield.



Page 50, Gallimard, 2019.
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Ladybirdy   20 février 2019
Toutes les femmes sauf une de Maria Pourchet
Être mère, je l’apprendrai avec les semaines, c’est trouver des endroits sur Terre, des coins dans les maisons et pouvoir en puissance aller très loin. Je chercherai un lieu frais pour veiller ton sommeil en été. Un lieu pour te regarder marcher. Je chercherai encore un lieu sûr pour te laisser, quand il s’agira pour moi de disparaître ou de guérir. Je chercherai les lieux sans bruit pour te parler, nous cacher.
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Ladybirdy   20 février 2019
Toutes les femmes sauf une de Maria Pourchet
Des filles qui montrent leurs genoux, elle dit qu’elle sont vulgaires, nous sommes en 1996. Des jolies, des soignées, qu’elles singent leur mère. Le féminin est condamné. Une porte après l’autre. Je ne sais plus par où passer. Tout est interdit, tout est porno. Elle m’arrache des mains le Journal d’une femme de chambre, sur la liste des lectures du collège, porno. Elle éteint la radio, porno. Des filles qui s’épilent les mollets elle dit aguicheuses et les bronzées sont des folles.

Moi je te protège. Tu me diras merci.
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le_Bison   17 novembre 2013
Rome en un jour de Maria Pourchet
Il est bien là, Paul, C’est un sentiment court et parfait, toujours difficile à décrire. Plus un état qu’un sentiment d’ailleurs, car tout cela est avant tout physiologique, disons que chaque cellule de Paul se trouve pour une fois à sa place, heureuse de son sort dans ce corps libre et avachi et, brièvement, Paul ne manque de rien. A la rigueur, une petite pipe. Si l’on voulait être perfectionniste. A la rigueur. Voici justement qu’apparait Marguerite mais ne rêvons pas.
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Bazart   04 novembre 2013
Rome en un jour de Maria Pourchet
Pour qui n'aurait jamais vu de création sous Power Point un peu chiadée, et même pour les autres, la proposition technologique de Benoît forçait l'admiration. Des couleurs lumineuses, quasi réelles, des contrastes parfaits, des effets de transitions de la dernière recherche : les silhouettes se détachaient des photographies tels des fantômes et, dans un fondu enchaîné, prenaient place dans la suivante, à chaque écran, des inserts furtifs indiquaient les prénoms des figurants afin que l'on s'y retrouve. Un moment dans l'histoire de l'électricité. Benoît avait dû y consacrer des journées entières, des trésors d'habileté, de patience, de doigté, on ne pouvait que s'interroger sur ses motifs. Qui se ferait ainsi chier pour rien ?
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la_fleur_des_mots   01 novembre 2013
Rome en un jour de Maria Pourchet
Le bananier parlons-en, on vous le colle à tous les balcons, c’est bien joli mais on ne lui rend pas service. Il n’est pas prévu pour la ville, le bananier, il crève.
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la_fleur_des_mots   31 octobre 2013
Rome en un jour de Maria Pourchet
Paul n'est pas tout à fait sot, Paul est diplomate qui rassure le partenaire quant à l'atmosphère du foyer, sa tranquillité, son repos. Il évoque du quotidien la quiétude, le confort, la douceur. Mais la rhétorique est une tentation persistante. Tu remarqueras que je dis la douceur, souligne Paul, j'aurais pu dire la fadeur, mais non. Prétérition, synonymes, et tout le bazar, Marguerite s'en prend plein la gueule et s'en rend compte.
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le_Bison   27 novembre 2013
Rome en un jour de Maria Pourchet
C’est comme les hanches, ajoutait-elle juste parce qu’une idée en entraîne une autre, ses hanches, il ne faut pas lui en parler.



- Tu exagères, opposa Michel, elle est mince comme tout. Un roseau.



Sabine ne disait pas le contraire. La belle affaire que Marguerite soit fine avec ce qu’elle mangeait : rien. La privation n’avait cependant aucun effet sur sa région postérieure et Marguerite continuait de faire face à un sérieux problème de pantalon, était-ce bien sérieux de risquer l’anémie pour rester au seuil du 40, Sabine posait ce soir la question. Les femmes callipyges, c’est beau en peinture mais moins en jean, crut-elle bon d’ajouter. Personne ne se gaussant, Sabine rappela le caractère permissif de la date, cette règle universelle voulant que le samedi on puisse se lâcher. Sinon, franchement c’est quand ?
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hcdahlem   06 mars 2019
Les impatients de Maria Pourchet
Le succès vint qui statistiquement se décrit par le nombre de visites, le montant de la caisse après la fermeture, les abonnés au Facebook officiel, le volume de recommandations, les conversations en ville qui, à un moment ou un autre évoquait l’État Sauvage comme une plage secrète, les gens dans les affaires qui voulaient savoir qui connaissait quelqu’un qui avait le numéro de cette fille. On disait que Reine avait trouvé un truc, rapproché l’Atlantique de Paris, placé au cœur de la ville ce qui était à quatre heures de train. Quelqu’un voulait savoir pour quelqu’un qui cherchait pour son fils quelle école de commerce avait formé cette pépite, on supposait que c’était loin, aux Amériques probablement. À l’État Sauvage, on s’y rendait pour vérifier si c’était vrai, qu’on vous vaporisait vraiment un peu d’eau de mer dans les cheveux. C’était vrai. On avait du volume, un peu de sel sur les lèvres. On prétendait que les algues en jus contenaient autant de fer et de protéines que de la viande rouge, on tapait sur Google le nom de Reine. Qui n’avait pas encore essayé se disait par-devers soi, quel con. Tu vas voir que quand je me réveillerai il faudra faire la queue.

Il faut déjà faire la queue. »  121
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