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Note moyenne 4 /5 (sur 193 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : en Loire-Atlantique , le 23/12/1977
Biographie :

Marie Chartres était bibliothécaire à la médiathèque de Châteaubriant avant de déménager à Bruxelles. Elle est aujourd’hui libraire mais s’adonne aussi à l’écriture depuis la fin des années 2000. Elle écrit des romans pour la jeunesse et des récits poétiques pour les adultes. Son premier roman : « Bleu de Rose » paru aux éditions de l’Ecole des Loisirs dans la Collection Medium.

Source : Ouest-France
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Citations et extraits (68) Voir plus Ajouter une citation
echosdemots   23 novembre 2020
L'âge des possibles de Marie Chartres
Je l'ai vue surprise par mon assurance. J'étais d'accord avec elle. Moi-même j'étais étonné. Ce n'est pas moi, ce point d'exclamation, mon Dieu! L'exclamation ne fait guère partie de ma syntaxe. D'ordinaire, je ferme mes phrases, je les conclus par un silence, par un modeste point. Et le reste de la communauté se comporte pareil. Pourquoi en faire plus? L'excès ne fait pas partie des amishs, on l'abhorre, on le jette au néant. Il est inutile donc il disparaît.
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echosdemots   23 novembre 2020
L'âge des possibles de Marie Chartres
Nous suivons un code de conduite qui tente d'empêcher l'orgueil, l'envie, la vanité, la paresse ou la malhonnêteté. Nous appelons ça l'ordnung. Le suivre, c'est générer la paix, l'amour, le contentement, l'égalité et l'unité. L'ordnung crée un désir de solidarité et de fraternité. C'est une grammaire de vie, ma grammaire, ma déclinaison.
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Crazynath   10 avril 2016
Les petits orages de Marie Chartres
Ces monstres coupables qu'étaient la fureur et la rancune sommeillaient en chacun de nous, cette manière qu'ils avaient d’être tapis entre nos nerfs ou à l’intérieur même de nos cœurs me mettait en rogne.
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beamag87   13 mars 2016
Les petits orages de Marie Chartres
On ne pouvait pas dire qu'on faisait vraiment premiers de la classe. J'aurais même dit que c'était exactement l'inverse. Un génie dans une voiture brinquebalante. Un handicapé au milieu des blés. Voilà ce que nous étions.

Parfois la vie est aussi drôle qu'elle est triste. Exactement comme le ciel mélangé que l'on avait au-dessus de nos têtes.
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Nadael   13 mai 2016
Les petits orages de Marie Chartres
« L'empreinte d'un renard, puis le tintement de ma béquille. L'empreinte d'un renard, puis le tintement de ma béquille. Un pas, clic. Un pas, clic. C'était ma démarche bancale dans le grand couloir du lycée. Là où se retrouvaient les jeunes de mon école. Là où ils se montraient, là où ils s'observaient, là où ils se séduisaient. Je frôlais les casiers rouges. Jamais je ne marchais dans l'allée centrale. Moi, je m'extrayais, je contournais, je baissais la tête. Je fuyais, j'évitais, je m'écrasais. Je creusais le sol, je m'inventais un terrier, je m'engouffrais, je me camouflais, je disparaissais. C'était ma lente amnésie de l'instant, un évanouissement, une évaporation. J'avais envie de devenir une buée blanche, une solution. »
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gizmo   10 mai 2012
Immense et Rouge de Marie Chartres
Je ne veux plus rien savoir de cette histoire, je ne veux plus jamais l’entendre. Il baisse les yeux lorsqu’il le lui dit et puis il a ce mouvement de tête, toujours là, comme ça, comme s’il avait honte ou qu’il était blessé mais elle n’arrive pas à s’en empêcher. Elle veut toujours lui raconter l’histoire du petit oiseau au cimetière en caoutchouc. Un conte que l’on raconterait aux enfants avant d’aller dormir. Il fait cette tête de garçon fâché comme si son histoire n’avait aucun sens. Elle commence à parler fort et à rire, il y a ce spasme qui la secoue, un claquement sec, la chute d’un corps et elle dit tu ne peux rien contre ce qui s’est passé.



Il plie sa serviette de table, il passe les doigts sur les plis, une fois, deux fois, trois fois tandis qu’elle raconte le matin où elle a voulu sortir dans le jardin, il avait plu toute la nuit, il est très nerveux, quatre fois, cinq fois, si elle continue de parler, elle pense que tout ira bien, le temps restera immobile, les jours se suivront, diction, répétition et là c’est vrai que tout pourra aller, six fois, sept fois, elle est sortie du cellier, le ciel était gris et froid, elle a fait demi-tour pour enfiler ses bottes, elle a enfoncé son pied droit dans la chaussure, a forcé, forcé et en parlant comme si elle chantait, l’épouse a expliqué que la cruauté est un puits sans fond parce que durant de longues minutes, elle a continué de forcer sans chercher à comprendre, huit fois, neuf fois avant de saisir qu’il y avait une chose tout au fond, quelque chose de monstrueux qui changeait de forme sous la pression du pied, une sorte de tissu qui s’ouvrait en corolle spongieuse. Un printemps dégueulasse sous les orteils.



Le ciel est bas en couleur chrysanthème et lorsqu’elle a compris qu’il y avait là un oiseau mort, décomposé au fond de sa botte, elle a voulu hurler, il y a un cadavre sous mes pieds. Dans le jardin, les fleurs étaient rouges sanguines, elle s’en souvient très bien. Il continue de passer ses doigts sur les plis de la serviette. Elle a retiré son pied mais c’était trop tard, hein, trop tard parce que voilà, ça lui fera toujours penser à son mariage, le moment où il lui avait passé la bague au doigt, ce qu’elle avait ressenti lorsqu’il lui avait glissé l’anneau, elle avait eu la même sensation. Un dégoût et la corolle spongieuse.



Elle commence à pleurer en disant qu’elle a passé son pied à l’eau de javel, à s’en brûler la peau. Mais son mari à cet instant déplie sa serviette et prononce espèce de pute, il répète, pute, je vais te laisser. Un de ces jours, j’en finis avec toi et avec moi, un de ces jours, j’en finis avec nous. Tu me rends fou, je ne sais plus quoi faire avec toi.



La pièce est vide, la serviette à terre, le mot pute claque encore dans l’air, il n’y a plus qu’elle dans la cuisine. Elle voulait simplement raconter l’histoire de l’oiseau mort au cimetière en caoutchouc.



C’est tout,



Juste cette histoire d’oiseau décomposé sous son pied. Et la corolle qui lentement depuis se déplie au centre de son ventre.



Elle regarde le cadavre de la serviette pliée, martyrisée, petite flamme de l’enfer, tu me fais du mal à te voir jetée à terre.



L’épouse la ramasse et fait un nœud à la serviette devenue mouchoir pour se souvenir à l’infinitif que le petit oiseau est mort.

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myriampele   28 mai 2012
Bleu de Rose de Marie Chartres
Avoir sa valise prête.

Et se dire qu'à tout moment on peut s'en aller.
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Nadael   13 mai 2016
Les petits orages de Marie Chartres
« Je crois que je partais avec Ratso parce que je ne comprenais pas tout de moi. J'avais l'impression de vivre une aventure. Et ce mot « aventure » me plongeait dans un état de conscience illimité, cela ressemblait à une sorte d'éveil permanent. J'avais juste envie de bouleverser l'immobilité de mon monde, les déchirures de ma jambe et la fracture de mon coeur. »
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beamag87   13 mars 2016
Les petits orages de Marie Chartres
Je m'appelle Moses Laufer Victor. Et encore là, ce n'est pas mon nom de famille complet, mais seulement mon prénom. L'ensemble de mon patronyme donne ceci: Moses Laufer Victor Léonard. Une idée de mes parents. Ils sont psychanalystes.

(...)

Moses Laufer Victor Léonard, seize ans, boiteux, habitant Mobridge, Dakota du Sud. Curieux état civil.
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christinebeausson   30 octobre 2014
Comme un feu furieux de Marie Chartres
Parfois, il y a des événements, des conversations que l'on semble désirer et qui nous terrifient à la même seconde. Alors le plus simple est de ne pas choisir, de les laisser là où ils se cachent, là où ils dorment en attendant que la vie ou la mort se décident.
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Où Moses rencontre t' il le jeune indien ?

Devant chez lui.
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Dans une salle de classe.
A bord d'une vieille voiture.

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