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Note moyenne 3.98 /5 (sur 392 notes)

Nationalité : Italie
Né(e) à : Asiago , le 01/11/1921
Mort(e) à : Asiago , le 16/06/2008
Biographie :

Mario Rigoni Stern est un des romanciers italiens les plus populaires, tout en jouissant d’un large succès critique.

Il est né dans la province de Vicence, sur le plateau d’Asiago qui fut le théâtre de terribles combats lors de la Première Guerre mondiale (Fritz Lang et Robert Musil y participèrent).

En 1938, il entre à l’École militaire d’alpinisme d’Aoste: il combattra, dans un régiment de chasseurs alpins, en France, en Grèce, en Albanie, en Russie. Fait prisonnier par les Allemands lorsque l’Italie signe un armistice séparé avec les Alliés (le 8 septembre 1943), il est transféré en Prusse orientale. Il finit par s’évader, gagne l’Autriche et parvient, à pied, à rejoindre son foyer le 5 mai 1945.

Dès lors, revenu sur le plateau d’Asiago, il n’en bougera plus jusqu’à sa mort en juin 2008, habitant la maison qu’il a lui-même construite et devenant employé du cadastre avant de se consacrer entièrement à l’écriture à partir de 1970.

En 1953, Elio Vittorini a publié, dans sa célèbre collection I Gettoni des éditions Einaudi, le premier roman de Rigoni Stern, "Le Sergent dans la neige" (Il sergente nella neve), qui deviendra en Italie un véritable classique moderne, et qui relate, sur une base autobiographique, la retraite d’un groupe de soldats italiens sur le front russe.

Après ce premier livre paraîtront, avec une grande régularité, de nombreux romans et recueils de nouvelles, qui assureront à Rigoni Stern une place constante dans les lettres italiennes de ce second demi-siècle.

Les principaux thèmes de ses écrits tournent autour de souvenirs rapportés ou vécus (notamment le front russe ou ses longs mois de captivité) des deux guerres mondiales, de récits de chasse et d'animaux ou de nature en général.
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Source : www.editions-verdier.fr
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Mario Rigoni Stern: Les saisons de giacomo
Depuis la vallée de la roya dans les alpes Maritime, Olivier BARROT lit un passage de" Les saisons de giacomo" pour présenter l'ouvrage de Mario RIGONI STERN.
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Citations et extraits (189) Voir plus Ajouter une citation
Nastasia-B   01 janvier 2018
Les Saisons de Giacomo de Mario Rigoni Stern
En attendant, l'hiver mangeait aux tas de bois leurs bûches et aux caves leurs réserves. Les journées courtes étaient longues à passer pour ceux qui n'avaient pas de travail.
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Nastasia-B   24 novembre 2012
Les Saisons de Giacomo de Mario Rigoni Stern
Maintenant, c'est-à-dire depuis une trentaine d'années, les sept portes du hameau ne s'ouvrent que quand les gens de la ville montent de la plaine pour les vacances. Ils ne sont plus là, les descendants de ceux qui les avaient construites avec les pierres extraites des montagnes et les troncs choisis dans nos bois, qui les avaient réparées en 1920, qui avaient commencé ou achevé ici leur vie, ou qui étaient partis d'ici pour aller travailler au loin, ou à cause de la guerre. On n'allume pas le feu dans les cheminées mais on fait des grillades en plein air en brûlant des saucisses sur les barbecues le week-end. Les jardins sont devenus des parkings. Il n'y a même plus de fontaine car elle empêchait les voitures de manœuvrer. Tout à changé. Ce qui était vivant dans cette maison est très loin, elle est vidée de tout et remplie de silence.
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nadejda   06 novembre 2018
Le courage de dire non de Mario Rigoni Stern
J'aime le bouleau parce que c'est un arbre gentil, fragile seulement en apparence, comme les femmes. En réalité, il supporte des écarts thermiques de moins 35°C à plus 35°C. Avec son écorce riche en tanin, on obtient cette substance particulière pour le tannage des cuirs, qui donne le célèbre parfum "cuir de Russie" et, toujours avec son écorce, imperméable et isolante, on fait des chaussures,des toits de cabanes et des sols, des blagues à tabac, des stores, des pirogues sans compter que pendant la seconde guerre mondiale, il arrivait que l'on broie l'écorce des jeunes bouleaux en farine pour faire le pain. Le poète Sergueï Essénine disait de lui qu'il était l'arbre-enfant, l'arbre-amour.

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Nastasia-B   11 décembre 2012
Les Saisons de Giacomo de Mario Rigoni Stern
Le dernier jour d'école, c'est à lui que l'institutrice avait fait lire la dernière page du manuel : " (...) Le fascisme œuvre pour que l'Italie devienne toujours plus grande. " Il avait lu de sa voix sonore habituelle, mais après avoir reçu son livret et chanté les hymnes patriotiques, à l'église, pendant la messe en l'honneur de Saint Louis, il pensait que lui, les choses qu'il avait lues, il ne les avait jamais vues. Pourtant, si c'était écrit dans les livres, cela devait être vrai.
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nadejda   21 avril 2018
Le courage de dire non de Mario Rigoni Stern
"C'est le printemps, et non l'automne la saison pour mourir"

Extrait de l'entretien avec Paolo Rumiz paru dans "La Repubblica" du 24 septembre 2006 :

« Aujourd’hui il y a trop de bruit, nous sommes en train de perdre le sens des mots, leur force thérapeutique. Pourtant l’homme a besoin des mots, c’est pour cela qu’il cherche à en garder la trace. Primo Levi a survécu à Auschwitz en récitant la Divine comédie. Conserver le verbe au plus profond de lui-même l’a empêché de devenir un numéro ; le secret de la parole fait la différence entre les vivants et les morts. En Russie, dans ma Russie, les gens vont réciter des textes sur la tombe des poètes. Je l’ai vu faire sur la tombe de Sergueï Essénine. Une babouchka m’a donné un bouquet de violettes et je me suis approché. Il y avait quelqu’un qui déclamait la Lettre à ma mère, et les passants s’arrêtaient, ils pleuraient. J’ai demandé si quelqu’un connaissait le passage sur Tania et l’hiver dans Eugène Onéguine. Il s’est alors produit quelque chose d’extraordinaire : un homme s’est mis à chanter cet air avec une fabuleuse voix de baryton. »

Chez Rigoni Stern, la parole dite vient avant, bien avant la parole écrite. Elle a un rythme thérapeutique, elle épouse la façon dont l’homme se déplace, animal nomade prisonnier de la modernité.

« Quand j’allais parler aux jeunes lycéens, je leur disais : “Pourquoi vous sentez-vous perdus sans téléphone ni ordinateur ? Réfléchissez une seconde : Homère n’a pas écrit, il était aveugle, et il s’est contenté de chanter. Le Christ a écrit sur le sable des mots qui ont été effacés par la mer et le vent. Dante a travaillé avec une plume d’oie. Michel-Ange ne maniait pas un marteau-piqueur mais un scalpel. Brunelleschi n’était que maçon. Et regardez ce qu’ils ont créé. L’homme est capable de faire des choses énormes avec très peu de moyens.” »
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nadejda   25 avril 2018
Cioran dans mes souvenirs de Mario Rigoni Stern
Reste, pour finir, à se demander comment Cioran lisait les livres. S'il s'agissait de romans, il lisait "comme une concierge", en s'identifiant aux personnages et à la narration. S'il s'agissait d'essais, il s'intéressait seulement aux citations. Il pensait en outre, comme Foscolo, Jules Renard, Pessoa et enfin tous les grands, que, plus encore qu'un sacrilège, c'était une erreur de disséquer la beauté d'un livre quand il faut la sentir et la goûter. Et il jugeait qu'on n'avait jamais vraiment lu une oeuvre rant qu'on ne l'avait pas relue. p 31
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Nastasia-B   07 décembre 2012
Les Saisons de Giacomo de Mario Rigoni Stern
- C'est une bande de fous. On n'a pas encore enterré les soldats qui sont morts à la Grande Guerre, et ils pensent déjà à en faire une autre.
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nadejda   26 avril 2018
Cioran dans mes souvenirs de Mario Rigoni Stern
Cette affinité (entre Leopardi et Cioran), rien ne l'illustre mieux que cette petite anecdote : conversant un beau jour dans les rues de Paris avec Michel Orcel, écrivain et spécialiste de Leopardi, Cioran, avec son goût du paradoxe et son ironie souriante, déclara, tout à trac : "Leopardi m'a plagié !" p 80
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Nastasia-B   14 décembre 2012
Les Saisons de Giacomo de Mario Rigoni Stern
- Mes batteries ne se trompaient jamais.

- Regardez, monsieur, observez bien. À la guerre, tout le monde se trompe. Même les Autrichiens. Sur les tranchées italiennes, on trouve des morceaux d'obus italiens, sur les tranchées autrichiennes des morceaux d'obus autrichiens, sur les tranchées anglaises des morceaux d'obus anglais. (...) Pour savoir comment les choses se sont passées, les commandants devraient venir apprendre chez les récupérateurs et non pas lire les histoires dans les livres !
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santorin   12 février 2019
Le Sergent dans la neige de Mario Rigoni Stern
L'endroit avait été rendu célèbre par les partisans. Même les Allemands n'osaient y aller. C'est nous qu'on y envoya. Le starosta du village nous prévint qu'il devait nous répartir entre les familles afin que la charge ne fût pas trop lourde pour la population.. L'isba où l'on m'accepta était vaste et propre. Des gens, jeunes et simples, y habitaient. Je préparai ma couche dans un coin, sous la fenêtre. Tout le temps que je restai dans cette cabane, je le passai étendu sur un peu de paille. Toujours là, allongé des heures et des heures, à regarder le plafond. Dans l'après-midi, il n'y avait dans l'isba qu'une fillette et un nouveau-né. La fillette s'asseyait près du berceau. Le berceau était suspendu au plafond par des cordes et se balançait comme une barque, chaque fois que le bébé bougeait. La fillette s'installait à côté avec son rouet à pédale et filait du chanvre. Toute l'après-midi, les yeux fixés au plafond ; le bruit du rouet me remplissait tout entier comme celui d'une cascade énorme.

Quelque fois, j'observais la fillette. Le soleil de mars se glissait entre les rideaux ; le chanvre devenait de l'or et la roue étincelait de mille lueurs. De temps en temps, le bébé pleurait. Alors, la petite poussait doucement le berceau et chantait. J'écoutais sans jamais dire un mot. Certaines après-midi, de petites amies venaient lui rendre visite. Elles apportaient leurs rouets et filaient, elles aussi, parlant entre elles d'une voix douce, tout bas, comme si elles avaient craint de me déranger. C'était un murmure harmonieux et le bruissement des rouets rendait leurs voix plus douces encore. C'est ce qui m'a guéri. Elles chantaient aussi. Leurs vieilles chansons de toujours : Stienka Rasin, Natalka Poltawka et les anciennes danses populaires.

Des heures et des heures, je regardais le plafond et écoutais…..

Le bébé dormant dans son berceau de bois qui se balançait légèrement, suspendu au plafond. Le soleil entrant par la fenêtre et le chanvre qui devenait de l'or. Le rouet qui renvoyait mille lueurs, faisant un bruit de cascade. Et la voix de la fillette, chaude et douce, au milieu de ce bruissement...
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