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Note moyenne 2.93 /5 (sur 62 notes)

Nationalité : Allemagne
Né(e) : 1969
Biographie :

Markus Orths a grandi dans une famille de catholiques pratiquants. A 16 ans, au risque de se perdre, l'enfant de cœur qui se destinait à la prêtrise, et qui ne faisait en cela que répondre aux vœux pressants de ses parents - enfant, il a reçu en cadeau un calice ! -, se détourne en douceur du droit chemin. A 20 ans, étudiant à Fribourg, il s'oblige encore à prier, s'oblige à la messe du dimanche ­espérant faire taire son mal-être. Puis il décide de rompre avec son éducation, se « libère de ses chaînes », se réfugie dans la philosophie, Heidegger, l'existentialisme, Sartre, Camus, découvre des outils pour penser sa vie, se donner un corps et s'achemine vers la sérénité.
Markus Orths, comme sa femme de chambre, est un écorché vif, un candide dans la fosse aux lions qui nous sert de société. Pour fuir ce qu'il nomme l'« imposture ambiante », celle de la consommation à outrance, et pour se protéger de toute vanité, il s'est une fois encore « obligé » à des règles strictes d'emploi du temps. Comme Lynn, il s'est inventé des rituels. Ecriture le matin. Enfants l'après-midi, « le seul véritable cadeau de la vie ». Seule son épouse détient le code secret pour surfer sur Internet : « J'ai le droit à une ­demi-heure par jour ! Et c'est très bien comme cela. »

Depuis une dizaine d'années, Markus Orths s'adonne uniquement à l'écriture. Ecrire, chercher la « vérité », être au plus près de l'humanité, de toutes ces Lynn en perdition imposent le recueillement et l'effort. Markus Orths a rencontré la félicité.
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Source : Télérama
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Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
Malivriotheque   23 janvier 2015
Second roman de Markus Orths
Les yeux de Kuller rayonnaient encore à cause de l'inspection qu'il avait subie le matin même avec succès. Il nous avait tout raconté en détail dans la salle des professeurs. Anglais, neuvième classe, sujet : l'Australie. Pendant la durée du cours, Kuller porta un costume de kangourou. Pour concrétiser son enseignement, il tirait de sa poche les objets australiens les plus divers et les tendait aux enfants en prononçant le mot anglais correspondant. Il maîtrisa aussi l'unique situation critique de l'heure : lorsqu'il lança un boomerang par la fenêtre ouverte et que sur son chemin de retour, le boomerang n'emprunta pas la même fenêtre mais celle d'à côté qui était fermée, Kuller s'exclama spontanément dans le bruit des éclats de verre : "Oh ! Look ! The window is...? - ...broken ! cria la classe en choeur. - Exactly, nasilla Kuller sous sa tête de kangourou. And that's why you always need an... insurance." Il écrivit le mot insurance au tableau et enchaîna habilement sur l'absolue nécessité, pour tout voyageur qui se rend en Australie, de prendre une assurance de retour à cause de la cherté des billets d'avion. L'inspecteur fut au comble de l'enthousiasme. Il n'avait encore jamais rien vu de tel, dit-il. Il attribua la mésaventure du boomerang à la nervosité générale, cela ne valait pas la peine d'en parler, dit-il, on avait bien vu que le stagiaire s'était préparé très sérieusement à ce grand lancer, et Kuller ajouta timidement qu'il avait pris des leçons de boomerang pendant deux semaines.
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tulisquoi   25 octobre 2010
Femme de chambre de Markus Orths
Désormais, chaque mardi, Lynn emporte un chiffon sous le lit et nettoie les lattes de sommier. Jamais les dessous ds lits n’ont été aussi propres. Les premières heures, Lynn y est seule. Alors elle écoute ce qui se passe en elle. D’abord, elle n’entend rien, sauf le battement de son pouls, parfois. Lynn devient toute vide, les yeux fermés, elle tombe dans un état de somnolence. Quand la porte s’ouvre et que quelqu’un entre dans la chambre, elle sursaute, revient à elle, pose les mains sur son ventre. Alors elle est éveillée. Alors elle est là.
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BMR   17 juillet 2011
Femme de chambre de Markus Orths
[...] Personne ne lui ordonne de s'arrêter. On la laisse faire. Et bientôt Lynn disparaît dans le décor de l'hôtel, on ne la remarque plus, c'est comme si elle en faisait invisiblement partie, une pièce de mobilier qui se meut de temps en temps de façon à peine perceptible, un esprit qui va et vient comme il veut, un lutin qui fait tout le travail en passant.

Un objet tombe par terre : Lynn est là pour le ramasser. Une revue oubliée dans le bar : elle n'y reste pas longtemps. Les traces de pas boueuses d'un client qui a marché sous la pluie : avant que le chef de la réception ait pu s'en soucier, c'est déjà effacé.

Mais Lynn passe la plupart du temps dans les chambres. Et là, c'est l'existence des choses, l'importunité des choses, l'omniprésence des choses qui enveloppe Lynn tout entière comme un drap.
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kathel   26 mai 2010
Second roman de Markus Orths
L’après-midi, je m’attardai dans les locaux plus longtemps que mes collègues. Non parce que, nouvel arrivant, je voulais faire bonne impression, mais pour me distraire et échapper à la solitude de mon épouvantable piaule, louée pour moi par l’administration, en face de la cour de l’école. Avec moi, il n’y avait plus qu’un stagiaire du nom de Stefan Kuller. Comme si nous nous livrions à un concours silencieux, nous nous jetions de temps en temps un regard oblique pour voir qui de nous deux faisait mine de quitter le LHDG plus tôt que l’autre. Mais nous restions tous les deux stoïquement sur place.



Les yeux de Kuller rayonnaient encore à cause de l’inspection qu’il avait subie le matin même avec succès. Il nous avait tout raconté en détail dans la salle des professeurs. Anglais, neuvième classe, sujet : l’Australie. Pendant la durée du cours, Kuller porta un costume de kangourou. Pour concrétiser son enseignement, il tirait de sa poche les objets australiens les plus divers et les tendait aux enfants en prononçant le mot anglais correspondant. Il maîtrisa aussi l’unique situation critique de l’heure: lorsqu’il lança un boomerang par la fenêtre ouverte et que sur son chemin de retour, le boomerang n’emprunta pas la même fenêtre mais celle d’à côté qui était fermée, Kuller s’exclama spontanément dans le bruit des éclats de verre : « Oh! Look! The window is…?



– …broken! cria la classe en choeur.



– Exactly, nasilla Kuller sous sa tête de kangourou.
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michoko   14 mars 2012
Femme de chambre de Markus Orths
Chez elle, Lynn reste longtemps dans la salle de bains. Devant les miroirs, elle ne se retrouve jamais. Elle a toujours détesté les miroirs. Quand elle est devant des miroirs, elle ne se voit jamais elle-même. Elle ne voit que de grands yeux, une peau lisse, des cheveux attachés sur la nuque, des lèvres pleines et quelques grains de beauté. Qui est-ce ? pense-t-elle.
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michoko   14 mars 2012
Femme de chambre de Markus Orths
L'ambiance est retombée. Quand quelque chose est fini, l'air se trouble. La fin de quelque chose sent toujours le brouillard.
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kathy   29 juillet 2011
Femme de chambre de Markus Orths
Je voudrais qu'une seule fois quelqu'un soit couché sous mon lit, je voudrais qu'un jour seulement quelqu'un écoute ma vie.
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myriampele   26 septembre 2012
Femme de chambre de Markus Orths
le vendredi est rouge vif comme un ballon de football, il sautille toute la journée, ne s'arrête pas, partout règne une hâte fébrile, préparation pour la fin de la semaine, le vendredi les gens sont nerveux, ils courent plutôt qu'ils ne marchent, ils se réjouissent de ce qui vient, boivent le temps en toute hâte, le renversent, vite arriver au samedi, avec la perspective de deux jours de temps libre, deux jours d'interruption de la vie telle qu'on la connaît.
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line70   25 mars 2011
Femme de chambre de Markus Orths
Si personne ne me voit, je ne suis plus obligée à rien, si personne ne me voit, je me dissous dans un bain de tranquillité et je vis comme sous l'eau. Pourtant, si l'on ne me voit pas, je ne suis plus rien, plus personne, plus rien qu'esprit, non, pas un esprit, plus rien qu'un peu d'air qui ne peut même plus devenir du vent, condamné pour toujours à la stagnation.
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kathy   30 juillet 2011
Femme de chambre de Markus Orths
Le vendredi est rouge vif, rond comme un ballon de football, il sautille toute la journée, ne s'arrête pas, partout règne une hâte fébrile, préparation pour la fin de la semaine, le vendredi les gens sont nerveux, ils courent plutôt qu'ils ne marchent, ils se réjouissent de ce qui vient, boivent le temps en toute hâte, le renversent, vite arriver au soir et ensuite faire ce que l'on veut faire, mais glisser enfin du vendredi soir au samedi avec la perspective de deux jours de temps libre, deux jours d'interruption de la vie telle qu'on la connaît.

Samedi soir de velours, les gens se sont vêtus de joie, ils sont enfoncés jusqu'aux chevilles dans le temps libre, font ce qu'ils veulent, ils ont laissé les devoirs au vestiaire.
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