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Note moyenne 3.18 /5 (sur 34 notes)

Nationalité : Canada
Biographie :

Auteur familialement acclamé, Martin Dubé est surtout célèbre pour sa série de 60 tomes pas encore rédigés. D'une grande intensité dramatique, son œuvre aborde des thématiques universelles tel le blé, le limbo et l'ablation des amygdales. Son premier roman, Nul si découvert, a été fort remarqué par quelqu'un dans un librairie québécoise.

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Citations et extraits (27) Voir plus Ajouter une citation
Cielvariable   17 mai 2018
Nul si découvert de Martin Dubé
Émile regarde au fond de son sac. Quelques sous noirs, des jujubes. Il est déçu. Non par sa mince récolte, mais plutôt

par son accoutrement, qu’il juge dépassé, sans intérêt.

– C’est pas que c’est con, papa! Ça fait au moins douze vampires qu’on croise… Je me sens comme tout le monde!

Il a raison. Pour l’originalité, on repassera! Sans trop réfléchir, je l’incite à traverser la rue.

– Les adresses impaires, ça c’est payant!

N’importe quoi pour faire diversion! La cape molle, les fausses dents dans la main gauche en signe d’abandon, Émile se frotte les joues en simulant un picotement. Je sais pertinemment qu’il essaie, à chaque coin de rue, d’enlever en catimini ce similimaquillage acheté en vitesse à la pharmacie près du resto. Un autre Dracula se dandine à trois mètres de nous. Ses parents, en retrait, discutent tout en lui jetant des tonnes de coups d’œil inquiets. Émile attend son tour. Le petit vampire lance un merci obligé, à peine prononcé, et court montrer son butin. Des sorcières au chapeau trop grand, des petits oursons aux pas incertains, des punks déguisés en punk, des fées aux ailes ramollies et un concours improvisé de sosies de Harry Potter! Et des vampires… trop de vampires! Émile a la fâcheuse manie de triturer ses vêtements lorsqu’il hésite, ne veut pas suivre une consigne.

Des monstres plus ou moins convaincants, mélange de zombies et de clochards saouls, pressent le pas et Émile sent qu’il ne peut plus prolonger l’attente. Crocs en bouche et sac au vent, il avance vers le balcon, emprunte l’escalier de fer forgé qui chambranle sous ses talons décidés et appuie longuement sur la sonnette. Trop. J’entends un «du calme, du calme, j’arrive!» Charmant! J’imagine l’hôtesse: une vieille cinglée avec un filet de bave au coin des lèvres, poignard caché dans le dos. Comme il s’apprête à me dire qu’il n’y a pas de réponse, la porte s’ouvre dans un grincement rappelant une certitude†: l’immeuble date du début de l’autre siècle tout comme son occupante.

– Il me reste seulement des petits bonbons à l’aneth!

– Euh… Joyeux Halloween, madame†!

Elle aurait pu lui donner la friandise, fermer la porte et aller prendre un bon bain chaud. Il a fallu qu’elle dise «le» truc qu’il ne fallait pas.

– Tiens, tiens, si c’est pas le trentième Dracula que je voisce soir, j’en ai pas vu un seul!

Émile baisse la tête et, même si je suis à quelques pieds de lui, je l’entends clairement grincer des dents. Mon regard se porte quelques instants sur la vieille qui fixe encore mon fils et, intrigué, je me demande si elle est déguisée ou bien si cette robe en jute fait partie de sa garde-robe. Elle me sourit avec les dents qu’elle peut et agite dans les airs son bras droit au bout duquel je devine un bonbon datant de la belle époque du Steinberg.

– Le papa en veut? grogne-t-elle.
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rkhettaoui   03 mars 2016
Cobayes, Yannick de Martin Dubé
Toute ma vie, j’ai jugé les gens qui agissent de la sorte, qui affirment leur mécontentement. Au fond, je les enviais. Oui, très souvent, ils exagèrent. Mais, parfois, ils crient haut et fort à l’injustice. J’admirais leur verve, leur courage.
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rkhettaoui   03 mars 2016
Cobayes, Yannick de Martin Dubé
Savoir que mes souffrances passées ont pu servir à leur nouvelle vie m’aide à cheminer ; cela donne un sens à tout le reste.

Et puis il y a Martine.

Celle que j’aime. Celle qui prouve qu’il faut toujours garder espoir. Notre amour est simple. Nos moments, toujours uniques. Sans le savoir, elle m’aide à redevenir bon, à accepter ma vraie nature, à mettre un baume sur mes tourments de violence.
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Cielvariable   17 mai 2018
Nul si découvert de Martin Dubé
Émile termine à peine sa réplique et sprinte vers ma voiture. Je dis «†voiture†», juste pour me convaincre que j’en possède une. Moitié bunker, moitié corbillard, hybride sans prix d’une décennie lointaine. Prendre cette expression au premier degré.
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Deej1223   20 décembre 2019
Cobayes, Yannick de Martin Dubé
L’humain est ainsi fait: on prend conscience de l’importance d’une chose quand on ne l’a plus.
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rkhettaoui   03 mars 2016
Cobayes, Yannick de Martin Dubé
Tout le monde fait semblant de regarder au loin, de froncer les sourcils en cherchant une réponse à un problème imaginaire, d’être dans la lune de manière professionnelle. Bref, comme chaque matin, personne n’est assez gentil pour offrir son siège au vieux monsieur qui meurt à vue d’œil. Je devine qu’ils m’implorent tous de me lever et de lui laisser ma place. Ils savent que je suis le bon Samaritain, celui qui, à chaque occasion, se fend en quatre pour être gentil avec son prochain. Ils me connaissent trop bien, même si on ne s’est jamais parlé.
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rkhettaoui   03 mars 2016
Cobayes, Yannick de Martin Dubé
L’amour qu’elle me témoigne me fait perdre tous mes repères. Je plonge.
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rkhettaoui   03 mars 2016
Cobayes, Yannick de Martin Dubé
On pourrait penser qu’à force de donner sans jamais recevoir en retour, je vais finir par être révolté contre le genre humain et arrêter les actes de bonté en série. C’est bien mal me connaître. C’est dans mon sang, mes gènes, mes tripes. Il y a bien longtemps que j’ai accepté mon état. Alors, au lieu de les utiliser pour devenir ce que je ne suis pas, je canalise mes forces pour faire le bien. Même si je me heurte à la bêtise humaine.
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rkhettaoui   03 mars 2016
Cobayes, Yannick de Martin Dubé
Que ce soit les enfants africains, les itinérants, les gens dans le besoin autour de moi ou tous ceux à qui je prête de l’argent sans jamais en revoir la couleur. Si j’avais gardé pour moi tous ces dollars éparpillés par excès de gentillesse, je serais l’heureux propriétaire d’une voiture, je voyagerais tous les ans et je posséderais une trentaine de cafetières pour pallier les bris éventuels.
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Deej1223   20 décembre 2019
Cobayes, Yannick de Martin Dubé
Je ne crois en rien. Ni en Dieu ni dans les jeux de hasard ou l’astrologie. Tout est toujours coïncidence, chance ou malchance. Je pense que nous n’avons aucun pouvoir sur la plupart des trucs qui nous arrivent, malgré que nous ayons, toujours, après coup, la liberté, la responsabilité de réagir à ces événements. Un mince pouvoir, oui, mais toujours là.
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