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Note moyenne 3.7 /5 (sur 10 notes)

Né(e) à : Barcelone , le 17/01/1917
Mort(e) à : Montreuil (93) FRANCE , le 24/11/1999
Biographie :

Matéo Maximoff est un écrivain rom. Autodidacte, il était pasteur.
Le père de Matéo Maximoff, Grégoire Maximoff dit Lolia, né le 1er juin 1890 en Russie, à Vladicaucase - Ordinikitch, (décédé le 18 octobre 1931 en France) était un Rom Kalderash. Il a épousé une Manouche de France.
Maximoff est le premier et l’un des plus prolixes romanciers roms avec une douzaine de romans. Il est aussi (avec Menyhert Lakatos de Hongrie) le plus traduit
Pendant sa vie, il est également grand voyageur et traducteur du Nouveau Testament et des Psaumes dans le parler kelderaś de la langue romani.
La plupart de ses œuvres s'inspirent de faits réels ou colportés par la mémoire traditionnelle. Son premier ouvrage est aussi le plus connu Les Ursitory (nom roumain de fées comparables aux Parques); la rédaction en remonte à son incarcération, à l'âge de 21 ans, suite à un dramatique fait divers en Auvergne. Une série de contes à faire peur (Darane paramisǎ) a été refondue dans le roman La poupée de Mamaliga. Son ouvrage le plus puissant est toutefois Le prix de la liberté, narrant la révolte des esclaves roms netoţi dans ces principautés roumaines qui avaient réduit, cinq siècles durant, les Roms au statut de bétail bipède.
Il a tenté de rappeler la mémoire des tsiganes exterminés au procès Barbie.
Il a écrit occasionnellement de la poésie, où se reflète la condition très dure de la plupart des Roms autour de lui. Bien que publié avant tout en langue française (et traduit dans plus d'une dizaine d'autres), il avait souvent gardé une version romani de ses principaux écrits. Il fut aussi photographe de talent pendant près d'un demi-siècle.
Sa fille Nouka, conteuse, se souvient des histoires que se racontaient ses ancêtres tsiganes au cours des veillées. Elle interprète aussi les contes écrits par son père.
Chevalier des Arts et des Lettres en 1986 et lauréat du Prix International Tsigane des 9 muses en 1987.
Les livres de Matéo Maximoff sont pour la plupart épuisés. Deux sont encore en édition chez WALLADA (Le prix de la liberté et Savina). On peut se procurer les autres chez sa fille Nouka Maximoff.

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Source : Wikipédia
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
Villoteau   15 décembre 2012
Le prix de la liberté de Matéo Maximoff
Le marché aux esclaves battait son plein. Le marchand à tête de Turc, avec sa carrure d'athlète et sa moustache en crocs, tenant un fouet dans la main droite, parcourait des yeux l'ensemble des acheteurs éventuels, habitué à reconnaître son monde. Le public s'agitait, s'impatientait, et même quelques hommes criaient et injuriaient le colosse qui, indifférent à ces menaces, feignait de ne pas s'en apercevoir, les dominant doublement de sa carrure et des hauteur sur l'estrade, avec un air moqueur. Puis il eut un large sourire quand il aperçut la voiture d'Andrei qui se frayait un passage à travers la foule, car le marchand savait que celui-ci était le meilleur acheteur; aussi commença-t-il son boniment:

— Messieurs, j'ai l'honneur une fois de plus, et comme chaque année à la même époque, de vous vendre les plus beaux esclaves qu'on puisse trouver sur les marchés mondiaux. Moi, Constantine le marchand, je vous défie de me prouver le contraire!

Il s'arrêta un moment, laissant ainsi au voïvode Andrei le temps d'approcher pour mieux examiner sa marchandise vivante.

– Notre seigneur, le puissant voïvode Ieremie, mort il y a quelques mois, a laissé tous ces esclaves à ses fils; ce sont ceux que nous allons vendre aujourd'hui. Vous verrez les plus forts de la région, et si vous doutez de ma parole...

Des familles tziganes furent poussées sur l'estrade. Pour activer la vente, on mit les tziganes à l'enchère par deux, puis par trois familles.

Yon, l'intendant, au nom de son maître le voïvode Andrei, acheta cinq familles en deux fois; celles qui comptaient peu d'enfants commencèrent à s'entasser dans la seconde charrette.

Pendant tout ce bruit, des regards de flamme se croisaient.

Les larmes coulaient en silence, car un tzigane, un rom, n'a pas le droit de pleurer sur le sort malheureux de son frère de race. Le jeune tzigane répondant au nom d'Isvan n'avait encore jeté qu'un rapide coup d'oeil vers la deuxième charrette pour voir s'il ne connaissait personne parmi ceux qui désormais allaient vivre avec lui.

– Trente ducats.

Ce chiffre fit tourner involontairement la tête à Isvan; la voix, c'était celle bien connue de Yon. Trente ducats: était-ce le voïvode ou l'intendant qui marchandait? La curiosité domina les sentiments d'Isvan et, pour la première fois, il regarda attentivement l'estrade. Quatre tziganes seulement: le père, homme d'environ quarante ans, grand et musclé; Constantine annonça qu'il exerçait la profession de forgeron. Ses deux fils, vingt et un et dix-neuf ans.

– Et la fleur de tous les tziganes: Lena, dix-sept ans.

– Trente-cinq ducats, cria une voix calme.

– Quarante, dit aussitôt Yon.
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Tandarica   16 novembre 2015
Les Ursitory de Matéo Maximoff
L'histoire que vous allez lire est la plus extraordinaire que les Roms aient connue.

Notre race a vu beaucoup de vols, d'enlèvements d'enfants, des crimes de toutes sortes, des meurtres, des assassinats, et pourtant celle-ci dépasse en horreur tout ce qu'on peut imaginer.
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