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Note moyenne 3 /5 (sur 3 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Vierzon , le 04/01/1856
Mort(e) : 1889
Biographie :

Maurice Mac-Nab est un poète et chansonnier français.
Il est le créateur du genre "en bois". "Tout en lui était en bois: l'allure, le geste, la voix" dit de lui Léon Bercy.
C'est Emile Goudeau qui réussit à le convaincre de dire en public ses "chansons-réclames". Le succès fut immédiat et perdura pendant sa brève carrière.
Il publia chez Vanier : Poèmes mobiles (1885), Poèmes incongrus (1887).
Ses Chansons du Chat Noir (1890) furent éditées après sa mort à l'hôpital Lariboisière.

Source : Wikipédia ,Grand Larouss
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Stéphane Branger chante Maurice Mac-Nab


Citations et extraits (6) Ajouter une citation
coco4649   09 janvier 2015
Poemes Mobiles; Monologies de Mac-Nab, Avec Illus. de L'Auteur Et Une Pref. de Coquelin Cadet de Maurice Mac-Nab
LA SONNETTE DES HYDROPATHES

À Emile Goudeau.





J'ai pris pour ma chansonnette

Des rimes par-ci par-là,

Et j'y chante la sonnette,

La sonnette que voilà.

Le silence

lence

lence,

Grâce à son timbre strident,

Se balance

lance

lance

À la main du président !



Comme nous elle s'enivre

De rimes et de chansons.

Comme nous elle veut vivre

Gaie en toutes les saisons.

Hydropathe

pathe

pathe

Hydropathe comme nous,

Elle épate

pate

pate

Avec ses tintements fous.



Si vous trouvez qu'elle tinte

Comme une folle le soir,

C'est qu'elle a pris son absinthe

En rôdant sur le comptoir.

En ribotte

botte

botte

Elle se met le matin,

Et jabote

bote

bote

Dans le vieux quartier latin !



Moi, je pense qu'elle est sage :

En faisant ce bruit d'enfer,

Elle sauve du naufrage

Les poètes à la mer.

O sonnette

nette

nette,

Sonnette qui tintes tant,

Sois honnête

nête

nête

Et ne perds pas ton battant !



p.125-126-127

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coco4649   06 mars 2016
Poemes Mobiles; Monologies de Mac-Nab, Avec Illus. de L'Auteur Et Une Pref. de Coquelin Cadet de Maurice Mac-Nab
LES FŒTUS

À Jules Lévy





On en voit de petits, de grands,

De semblables, de différents,

Au fond des bocaux transparents.



Les uns ont des figures douces ;

Venus au monde sans secousses,

Sur leur ventre ils joignent les pouces.



D'autres lèvent les yeux en l'air

Avec un regard assez fier

Pour des gens qui n'y voient pas clair !



D'autres enfin, fendus en tierce,

Semblent craindre qu'on ne renverse

L'océan d'alcool qui les berce.



Mais, que leur bouche ait un rictus,

Que leurs bras soient droits ou tordus,

Comme ils sont mignons, ces fœtus,



Quand leur frêle corps se balance

Dans une douce somnolence,

Avec un petit air régence !



On remarque aussi que leurs nez,

À l'intempérance adonnés,

Sont quelquefois enluminés :



Privés d'amour, privés de gloire,

Les fœtus sont comme Grégoire,

Et passent tout leur temps à boire.



Quand on porte un toast amical,

Chacun frappe sur son bocal,

Et ça fait un bruit musical !



En contemplant leur face inerte,

Un jour j'ai fait la découverte

Qu'ils avaient la bouche entrouverte :



Fœtus de gueux, fœtus de roi,

Tous sont soumis à cette loi

Et bâillent sans savoir pourquoi !...



Gentils fœtus, ah ! que vous êtes

Heureux d'avoir rangé vos têtes

Loin de nos humaines tempêtes !



Heureux, sans vice ni vertu ;

D'indifférence revêtu,

Votre cœur n'a jamais battu.



Et vous seuls, vous savez, peut-être,

Si c'est le suprême bien-être

Que d'être mort avant de naître !



Fœtus, au fond de vos bocaux,

Dans les cabinets médicaux,

Nagez toujours entre deux eaux,



Démontrant que tout corps solide

Plongé dans l'élément humide

Déplace son poids de liquide.



C'est ainsi que, tranquillement,

Sans changer de gouvernement,

Vous attendez le jugement !...



Et s'il faut, comme je suppose,

Une morale à cette glose,

Je vais ajouter une chose :



C'est qu'en dépit des prospectus

De tous nos savants, les fœtus

Ne sont pas des gens mal f.....



pp.17-22
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coco4649   08 janvier 2015
Poemes Mobiles; Monologies de Mac-Nab, Avec Illus. de L'Auteur Et Une Pref. de Coquelin Cadet de Maurice Mac-Nab
BALLADE DES ACCENTS

CIRCONFLEXES





Lorsque je voyais sur un mot

Planer la forme biconvexe

D'un vulgaire accent circonflexe,

Cela me rendait très perplexe,

Étant alors jeune marmot.



Comme en de sombres paysages,

La chauve-souris des sabbats

Vole en rasant le sol très bas,

Ces accents prennent leurs ébats,

Porteurs de funestes présages !



Tantôt ils semblent occupés

À d'incroyables gymnastiques :

Prenant des poses fantastiques,

Ce sont alors de longs moustiques

Dont bras et pattes sont coupés.



Tantôt les ailes étendues,

Ainsi que l'aigle, roi des airs,

Qui s'en va semer les éclairs

Dans l'immensité des déserts,

Ils semblent planer dans les nues !



Leur forme change à tout moment :

C'est un chapeau de commissaire,

Puis un capuchon débonnaire,

Une bosse de dromadaire,

Ou le fronton d'un monument !



Dans les vieux manuscrits gothiques,

Ils coiffent comme un abat-jour

Les cinq voyelles tour à tour

Qui, sous leurs griffes de vautour,

Font des rondes épileptiques.



Ces accents-là font mon malheur.

Et j'ai tenté mainte escarmouche

Contre leur bataillon farouche

Qui vous force d'ouvrir la bouche

Pour dire âne, hôte ou contrôleur !



Vains efforts ! L'accent circonflexe

Étendra toujours sur les mots

Ses bras étrangement jumeaux,

Au grand désespoir des marmots.

. . . . . . . . . . . . . . . . .

Et je suis toujours très perplexe !...



p.31-32

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coco4649   09 janvier 2015
Poemes Mobiles; Monologies de Mac-Nab, Avec Illus. de L'Auteur Et Une Pref. de Coquelin Cadet de Maurice Mac-Nab
L'oiseau Bleu

À Georges Fragerolles.





Quand on me contait l'histoire

De mon ami l'oiseau bleu,

Vraiment j'essayais d'y croire,

D'y croire un tout petit peu.



Car sa légende soulève

Des horizons merveilleux

Qui font que lorsqu'on y rêve

Au réveil on est joyeux.



On me disait qu'à la brune

Il fuyait le paradis

Dans un blanc rayon de lune

Loin des anges interdits !



Il se coiffait d'une aigrette

D'émeraude et de rubis,

Et piquait une fleurette

Sur l'azur de ses habits!



Il avait des équipages

Traînés par des papillons,

De grands lézards verts pour pages,

Des souris pour postillons.



Il avait dans son cortège

Petit-Poucet, Cendrillon,

Noël, éclatant de neige,

Les anges du réveillon !



La Belle au bois endormie,

Gracieuse et Percinet,

Urgelle, la fée amie

Au gigantesque bonnet.



À chaque instant, pour lui plaire,

Je m'efforçais de montrer

Une sagesse exemplaire,

Et me couchais sans pleurer,



Croyant avoir de la sorte

Tous les joujoux que j'aimais !

Mais il frappait à ma porte

Toujours quand je m'endormais !

…………………………………………………..



Vous qui m'êtes apparue

Dans un rayon de soleil,

Et dont l'image est venue

Illuminer mon sommeil,



Vous me rappelez l'histoire

De mon ami l'oiseau bleu :

Ah ! dites-moi, dois-je y croire,

Y croire un tout petit peu ?



p.129-130-131

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coco4649   09 janvier 2015
Poemes Mobiles; Monologies de Mac-Nab, Avec Illus. de L'Auteur Et Une Pref. de Coquelin Cadet de Maurice Mac-Nab
VÆ SOLI !





Qu'il est doux d'être deux ! de sentir dans sa main

Frissonner une main que l'amour a bénie !

Qu'il est doux d'être deux ! deux hier, deux demain,

Deux toujours, au banquet d'amour et d'harmonie !



S'il est vrai qu'ici-bas l'on ne puisse être heureux

Sans qu'on se soit donné le plaisir d'être deux,

Il faut bien l'avouer, dans la nature entière

L'être le plus à plaindre est le ver solitaire !...



p.23

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coco4649   31 mai 2016
Poèmes incongrus, suite aux Poèmes mobiles : Contenant ses nouveaux monologues et dernières chansons de Maurice Mac-Nab
LE PARAPLUIE

À l’ami Plet.





Le premier jour de mars allant à Charenton,

Je m’étais acheté, craignant les giboulées,

Un beau parapluie aux baleines effilées

Emmanché de bois noir et couvert en coton.



J’arrivai sur le quai crotté jusqu’au menton ;

Le vent faisait courir les dames dévoilées

Et l’espace était plein de choses envolées.

Mais voilà qu’en mettant les pieds sur le ponton,



Mon emplette m’échappe et tombe dans la Seine ;

Pas un homme de cœur pour lui porter secours.

Ainsi disparaissez, illusions, toujours.



L’été suivant, non loin de la Samaritaine,

Un pêcheur qui n’avait rien pris depuis trois jours

En retirant sa ligne y vit une baleine.



p.45

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