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Note moyenne 3.71 /5 (sur 17 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Andillac , le 04/08/1810
Mort(e) le : 19/07/1839
Biographie :

Contemporain de Lamartine et de Victor Hugo, Maurice de Guérin est l'auteur du Centaure, de la Bacchante et de nombreux poèmes qui se situent dans l'histoire littéraire à la charnière du romantisme religieux de Chateaubriand et de la « modernité poétique » de Baudelaire et Mallarmé. Son journal, Le Cahier Vert, et sa correspondance avec Barbey d'Aurevilly traduisent notamment ses interrogations sur sa destinée d'homme et d'écrivain.

Source : G:\Histoire et littérature\De Guérin Arvers\Maurice de Guérin - Wikipédia.htm
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"Un feu du ciel", une rare émission de radio sur Maurice de Guérin diffusée en 1999, sur France Culture, dans la série "Une vie, une œuvre".


Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
Maurice de Guérin
Kiyoaki   28 novembre 2019
Maurice de Guérin
Comme un fruit suspendu dans l'ombre du feuillage,

Mon destin s'est formé dans l'épaisseur des bois.

J'ai grandi, recouvert d'une chaleur sauvage,

Et le vent qui rompait le tissu de l'ombrage

Me découvrit le ciel pour la première fois.

Les faveurs de nos dieux m'ont touché dès l'enfance ;

Mes plus jeunes regards ont aimé les forêts,

Et mes plus jeunes pas ont suivi le silence

Qui m'entraînait bien loin dans l'ombre et les secrets.
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Maurice de Guérin
Carosand   03 février 2014
Maurice de Guérin
Ce que tout homme d'une certaine nature, plutôt écartée que supérieure, garde avec le plus de vigilance, c'est le secret de son âme et des habitudes intimes de ses pensées. J'aime ce Dieu Harpocrate, son index sur sa bouche.
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coco4649   23 septembre 2020
Journal, Lettres et Poèmes de Maurice de Guérin
LE CENTAURE







Extrait 4



Depuis, j’ai noué mes bras autour du buste des centaures,

et du corps des héros, et du tronc des chênes ; mes mains

ont tenté les rochers, les eaux, les plantes innombrables

et les plus subtiles impressions de l’air, car je les élève

dans les nuits aveugles et calmes pour qu’elles surprennent

les souffles et en tirent des signes pour augurer mon chemin ;

mes pieds, voyez, ô Mélampe ! comme ils sont usés ! Et cepen-

dant, tout glacé que je suis dans ces extrémités de l’âge, il est

des jours où, en pleine lumière, sur les sommets, j’agite de ces

courses de ma jeunesse dans la caverne, et pour le même

dessein, brandissant mes bras et employant tous les restes de

ma rapidité.

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Austral   20 septembre 2010
Le centaure de Maurice de Guérin
Je me portai un jour vers le lever du soleil, dans le temps où les rayons de ce dieu comblent la maturité des fruits et ajoutent la dernière vertu aux ouvrages de la terre. Je gagnai les collines pour m'offrir à ses traits et devant déplier mes cheveux à la première issue de sa lumière au-dessus de l'horizon ; car on enseigne que la chevelure inondée par les flammes matinales en devient plus féconde et reçoit une beauté qui l'égale à la chevelure de Diane. Mes yeux, en sortant, avaient surpris les extrémités des ombres qui redescendaient sous le pôle. Quelques signes célestes, lents à accomplir leur déclin vers les flots, marquaient encore le ciel presque abandonné, et le silence laissé par la nuit occupait les campagnes. Mais ainsi que dans les fraîches vallées de la Thessalie, les fleuves ont coutume d'élever une haleine semblable aux nuages, et qui se repose sur eux-mêmes, la vertu de ton souffle, ô Bacchus ! s'était exhalée du sein de la terre, durant les ombres, et réglait au retour du soleil sur toute l'étendue des plaines. Les constellations qui se lèvent pâles prennent moins d'éclat en gagnant dans la profondeur de la nuit, que ma vie ne croissait dans mon sein, soit en puissance, soit en splendeur, à mesure que je pénétrais dans les champs.



La Bacchante
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Austral   20 septembre 2010
Le centaure de Maurice de Guérin
Je garde encore assez de hardiesse pour gagner le haut des rochers où je m'attarde, soit à considérer les nuages sauvages et inquiets, soit à voir venir de l'horizon les hyades pluvieuses, les pléiades ou le grand Orion ; mais je reconnais que je me réduis et me perds rapidement comme une neige flottant sur les eaux, et que prochainement j'irai me mêler aux fleuves qui coulent dans le vaste sein de la terre.



Le Centaure
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coco4649   23 septembre 2020
Journal, Lettres et Poèmes de Maurice de Guérin
LE CENTAURE







Extrait 3



La joie qu’elle rapportait se marquait de loin dans quelques

traits de sa marche et s’épandait de ses regards. J’en éprouvais

des communications dans tout mon sein ; mais ses abattements

me gagnaient bien davantage et m’entraînaient bien plus avant

dans les conjectures où mon esprit se portait. Dans ces moments,

je m’inquiétais de mes forces, j’y reconnaissais une puissance qui

ne pouvait demeurer solitaire, et me prenant, soit à secouer mes

bras, soit à multiplier mon galop dans les ombres spacieuses de

la caverne, je m’efforçais de découvrir dans les coups que je

frappais au vide, et par l’emportement des pas que j’y faisais,

vers quoi mes bras devaient s’étendre et mes pieds m’emporter…
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coco4649   23 septembre 2020
Journal, Lettres et Poèmes de Maurice de Guérin
LE CENTAURE







Extrait 2



Mon accroissement eut son cours presque entier dans les ombres

où j’étais né. Le fond de mon séjour se trouvait si avancé dans

l’épaisseur de la montagne, que j’eusse ignoré le côté de l’issue,

si, détournant quelquefois dans cette ouverture, les vents n’y

eussent jeté des fraîcheurs et des troubles soudains. Quelquefois

aussi, ma mère rentrait, environnée du parfum des vallées ou

ruisselante des flots qu’elle fréquentait. Or, ces retours qu’elle

faisait, sans m’instruire jamais des vallons ni des fleuves, mais

suivie de leurs émanations, inquiétaient mes esprits, et je rôdais

tout agité dans mes ombres. Quels sont-ils, me disais-je, ces dehors

où ma mère s’emporte, et qu’y règne-t-il de si puissant qui l’appelle

à soi si fréquemment ? Mais qu’y ressent-on de si opposé qu’elle en

revienne chaque jour diversement émue ? Ma mère rentrait, tantôt

animée d’une joie profonde, et tantôt triste et traînante et comme

blessée.

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coco4649   23 septembre 2020
Journal, Lettres et Poèmes de Maurice de Guérin
LE CENTAURE







Extrait 1



J’ai reçu la naissance dans les antres de ces montagnes.

Comme le fleuve de cette vallée dont les gouttes primitives

coulent de quelque roche qui pleure dans une grotte pro-

fonde, le premier instant de ma vie tomba dans les ténèbres

d’un séjour reculé et sans troubler son silence. Quand nos

mères approchent de leur délivrance, elles s’écartent vers

les cavernes, et dans le fond des plus sauvages, au plus épais

de l’ombre, elles enfantent, sans élever une plainte, des fruits

silencieux comme elles-mêmes. Leur lait puissant nous fait

surmonter sans langueur ni lutte douteuse les premières

difficultés de la vie ; cependant nous sortons de nos cavernes

plus tard que vous de vos berceaux. C’est qu’il est répandu

parmi nous qu’il faut soustraire et envelopper les premiers

temps de l’existence, comme des jours remplis par les dieux.

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jeanlouisr   11 janvier 2019
Poésie de Maurice de Guérin
Ô mon cahier, tu n’es pas pour moi un amas de papier, quelque chose d’insensible, d’inanimé ; non, tu es vivant, tu as une âme, une intelligence, de l’amour, de la bonté, de la compassion, de la patience, de la charité, de la sympathie pure et inaltérable. Tu es pour moi ce que je n’ai pas trouvé parmi les hommes, cet être tendre et dévoué qui s’attache à une âme faible et maladive, qui l’enveloppe de son affection, qui seul comprend son langage, devine son cœur, compatit à ses tristesses, s’enivre de ses joies, la fait reposer sur son sein ou s’incline par moments sur elle pour se reposer à son tour ; car c’est donner une grande consolation à celui que l’on aime que de s’appuyer sur lui pour prendre du sommeil ou du repos.
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jeanlouisr   16 juin 2019
Le cahier vert de Maurice de Guérin
Quitter la solitude pour la foule, les chemins verts et déserts pour les rues encombrées et criardes où circule pour toute brise un courant d'haleine chaude et empestée ; passer du quiétisme à la vie turbulente, et des vagues mystères de la nature à l'âpre réalité sociale, a toujours été pour moi un échange terrible, un retour vers le mal et le malheur. À mesure que je vais et que j'avance dans le discernement du vrai et du faux dans la société, mon inclination à vivre, non pas en sauvage ni en misanthrope, mais en homme de solitude sur les limites de la société, sur les lisières du monde, s'est renforcée et étendue.
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