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Note moyenne 3.71 /5 (sur 98 notes)

Nationalité : Algérie
Né(e) à : Maghnia en Algérie. , le 21/10/1952
Biographie :

Mehdi Charef est un écrivain, réalisateur de cinéma et auteur de théâtre français, né le 21 octobre 1952 à Maghnia en Algérie.

Il vint en France à l'âge de dix ans, et vécut les cités de transit et les bidonvilles de la région parisienne. Fils d'ouvriers, il a lui-même travaillé en usine de 1970 à 1983, comme affûteur.

Il vint au cinéma quand Costa-Gavras lui conseilla de réaliser lui-même la version cinématographique de son roman Le Thé au harem d'Archi Ahmed.

En 2005, il signa une première pièce de théâtre, 1962, évoquant la fin de la guerre d'Algérie.

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Mehdi Charef, auteur de Rue des pâquerettes (Ed. Hors d'atteinte), interrogé pour Mediapart, pour la collection « Tire ta langue », par Antoine Perraud et Faïza Zerouala. ? Abonnez-vous a? Mediapart : https://www.mediapart.fr/abonnement ? Toutes les vide?os de Mediapart : https://www.mediapart.fr/studio/videos ? Abonnez-vous a? la chai?ne YouTube de Mediapart : https://www.youtube.com/user/mediapart
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Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
Biblioroz   25 septembre 2020
Rue des Pâquerettes de Mehdi Charef
C'est peut-être ça que monsieur Raffin essaie de nous enfoncer dans la cervelle, que notre richesse, c'est la connaissance. Il dit :

— Quand vous admirez un beau tableau d'un grand peintre, que vous restez en extase devant, c'est qu'il vous a conquis, vous vous l'êtes approprié, il devient à vous, vous le possédez ! C'est pareil avec un beau livre, il vous a tant plu qu'après avoir fini de le lire, vous vous remémorez les plus beaux extraits, vous vous les relisez, ils deviennent à vous, vous les possédez. Le tableau, le livre, ces deux belles œuvres sont à jamais gravées en vous, leur beauté se reflète en vous, vous la portez comme un don, une richesse. C'est cela la possession. Vous êtes riches !
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Biblioroz   22 septembre 2020
Rue des Pâquerettes de Mehdi Charef
Ce qui m'agace, c'est de buter au milieu de la phrase sur un mot ou un verbe dont je ne connais pas le sens, et ne pas posséder de dictionnaire. C'est comme croquer un caillou dans un bon casse-croûte.
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lilietalia   26 septembre 2020
Rue des Pâquerettes de Mehdi Charef
Je sais maintenant que la France a autorisé l'arrivée chez elle de familles entières d'immigrés comme la mienne, pour préparer le départ en retraite de nos pères. Je suis de cette deuxième génération: je suis dans cette école, dans cette classe, afin d'apprendre à lire et à écrire correctement avant d'être jeté dans le monde du travail en lieu et place de mon père.
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Sachenka   06 avril 2014
Le thé au harem d'Archi Ahmed de Mehdi Charef
Dans la médiocrité, faut être le moins médiocre. Sauter la femme du voisin, c'est se croire moins con que lui, puisqu'on lui pique sa bergère. Et plaire, c'est se dire qu'on mérite mieux que ce qu'on a et qu'on est digne d'une autre vie. Les sentiments? Que dalle!
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Mehdi Charef
Charybde2   03 janvier 2017
Mehdi Charef
BARNABÉ : Toi, Dacquin, qui accuses, tu n’as jamais coiffé un indigène, on n’a jamais vu un Arabe dans ton échoppe !

DACQUIN : Cela ne m’aurait pas dérangé de coiffer un Arabe. Il n’en venait pas, même ceux qui étaient mes amis. Nous les avons repoussés si loin qu’ils ne pouvaient revenir. Nous avons profité de leur candeur et accaparé les plus belles situations : dans les campagnes, les terres les plus fertiles, celles qui bordent ruisseaux et oueds, sont les nôtres ; nous y avons élevé nos fermes, étendu des domaines à perte de vue. Nos troupeaux paissent en de verts et abondants pâturages et vont s’abreuver sans courir ; quant à eux, les indigènes, ils ont reculé si loin sur la terre craquelée afin de trouver ne serait-ce qu’un ru près duquel ils ont dressé leurs gourbis que nous les avons perdus à jamais.

PERRET : Dacquin ! Tu voulais une Algérie algérienne ! Tu l’as ! Alors restes-y ! Car ce dernier train, tu ne monteras pas dedans, foi de moi, sur ma vie je le jure !

DACQUIN : Oui, je voulais une Algérie algérienne. Nous leur avons bien imposé notre administration, notre drapeau, notre langue, et ç’a failli aller loin, pourquoi refuser d’être algériens à notre tour ?

LÉONIE : Ils nous auraient tous éliminés, tu rêves Dacquin !

DACQUIN : Nous serions un même peuple ! Des dirigeants arabes ? Et alors ! Avec le temps tout se serait arrangé ; là, nous perdons tout, par orgueil et par haine.

PERRET : Là, Dacquin, tu joues de la trompette avec ton zob.

DACQUIN : J’ai hurlé de toutes mes forces afin de vous prévenir : restons dans une Algérie algérienne ! L’O.A.S., votre organisation fasciste, m’a condamné à mort ; j’ai dû fuir, rejoindre la montagne où les fellaghas m’ont pris, ils ont voulu me supprimer, je ne dois mon salut qu’au fils Belhadj qui m’a reconnu. Je les ai suivis, et je me suis terré à leurs côtés dans les mahals entre deux embuscades.

PERRET : Tu as tiré sur les nôtres dans ces embuscades ?
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Charybde2   02 septembre 2016
Le Harki de Meriem de Mehdi Charef
À son tour il appuya sèchement son poing sur la bouche de Sélim et dit en grimaçant :

– Tes papiers, on veut voir tes papiers c’est tout, bon ! C’est sûr que tu vas prendre une branlée de première, même que tu ne pourras pas te regarder dans une glace pendant longtemps. Seulement – il leva le doigt -, seulement si tu as la modestie de rester crouille et fils de crouille. Parce que tu n’es que ça et les crouilles, on n’en veut pas, même avec une tronche bariolée de bleu blanc rouge… T’entends ?

Il mit le doigt sur son oreille et pencha ses yeux rouges. En guise de réponse, il tira les cheveux du frisé.

– Pauvre con ! lui jeta Sélim.

Le châtain s’essuya les lèvres et reprit :

– Si par malheur tu as une carte d’identité française on te fait la peau, on ne veut pas de basanés dans les mêmes registres que nous. Bicot tu es, bicot tu resteras. Tes papiers ?
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Charybde2   23 janvier 2017
Le thé au harem d'Archi Ahmed de Mehdi Charef
– Je vais aller au consulat d’Algérie, elle dit maintenant à son fils, la Malika, en arabe, qu’ils viennent te chercher pour t’emmener au service militaire là-bas ! Tu apprendras ton pays, la langue de tes parents et tu deviendras un homme. Tu veux pas aller au service militaire comme tes copains, ils te feront jamais tes papiers. Tu seras perdu, et moi aussi. Tu n’auras plus le droit d’aller en Algérie, sinon ils te foutront en prison. C’est ce qui va t’arriver ! T’auras plus de pays, t’auras plus de racines. Perdu, tu seras perdu.

Parfois Madjid comprend un mot, une phrase et il répond, abattu, sachant qu’il va faire du mal à sa mère :

– Mais moi j’ai rien demandé ! Tu serais pas venue en France je serais pas ici, je serais pas perdu… Hein ?… Alors fous-moi la paix !

Elle continue sa rengaine, celle qu’elle porte nouée au fond du cœur. Jusqu’à en pleurer souvent.

On frappe à la porte d’entrée.

– Ce qu’il y a ? demande la mère, toujours en colère.

Elle quitte la chambre et Madjid se rallonge sur son lit, convaincu qu’il n’est ni arabe ni français depuis bien longtemps. Il est fils d’immigrés, paumé entre deux cultures, deux histoires, deux langues, deux couleurs de peau, ni blanc ni noir, à s’inventer ses propres racines, ses attaches, se les fabriquer.

Pour l’instant il attend… il attend. Il ne veut pas y penser, il ne supporte pas l’angoisse.
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muriel59   26 avril 2013
Le thé au harem d'Archi Ahmed de Mehdi Charef
A l'agence, il fut reçu par un de ces mecs qui aiment le travail bâclé. A peine ouvert le dossier de Madjid:-On n'a rien pour vous, mon vieux!

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Charybde2   23 janvier 2017
Le thé au harem d'Archi Ahmed de Mehdi Charef
Madjid prend le petit homme par le bras et le ramène sur le trottoir. La bagnole passe. Le jeune homme et son père se remettent sur la chaussée, les bas-côtés étant encombrés par les voitures. Madjid sort deux cigarettes de son paquet, qu’il allume.

Il en donne une à son père. Le vieux prend la cigarette avec la même éternelle expression dans le regard, un mélange de vide et de lointain. Madjid l’observe un instant, pitié et tendresse montent en lui, l’émeuvent pour son malade de père. Le papa a perdu la raison depuis qu’il est tombé du toit qu’il couvrait. Sur la tête. Il n’a plus sa tête, comme dit sa femme. Elle s’en occupe comme d’un enfant, un de plus. Elle le lave, l’habille, le rase, et lui donne quelques sous pour son paquet de gauloises, son verre de rouge.
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Pixie-Flore   11 octobre 2020
Rue des Pâquerettes de Mehdi Charef
Ce qui retient par le dos l'enfant immigré, ce qui lui enlève toute envie, tout désir de connaissance, de possession, c'est qu'au fond de lui, il sait qu'on l'a autorisé à rejoindre son père en un exil lointain pour, plus tard, prendre le même chemin que lui. Pourtant, il est différent : le père est docile, secret, l'enfant à la rage, la haine... Il porte en lui l'idée que ce n'est ni l'admiration, ni la reconnaissance de l'effort du père qui a conduit à regrouper sa famille. il y a de la besogne, d'immenses chantiers... On sera du bétail comme nos pères, mais avec un cartable sur le dos.



[p89]
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