A l'occasion du Festival Hypermondes qui s'est déroulé à Mérignac, Melchior Ascaride vous présente son ouvrage "Eurydice déchaînée" aux éditions Les Moutons électriques.
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Note de musique : © mollat
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L'entraide dans l'adversité forge des liens plus épais que le fer de la haine.
"- J'ai dit, et moi? La question s'est-elle frayé un chemin jusqu'à ton esprit momifié, mon roi? Ou plutôt devrais-je dire mon oncle? T'es-tu enquis de mon avis lorsque tu m'arrachas à ma Sicile? Quand tu es allé auprès de Zeus demander la permission de me conserver captive, ai-je été sollicitée? Alors que toute la Grèce manqua mourir pendant que l'Olympe statuait sur la légitimité de ton rapt, qui suggéra de me demander? Ne t'embarrasse point à répondre, tu te ridiculiserais.
Tu as ravi une déesse à son sol pour ton propre plaisir, remué les cieux pour aboutir à tes fins, et jamais, jamais, ne t'es-tu appesanti du fardeau de mon consentement.
Tout cela pour mettre ta nièce dans ton lit!
Eurydice a raison , Hadès, tu n'es qu'un porc, doublé d'un couard!"
"Certainement jamais les ténèbres des Enfers n'auront connu bande plus vivante que la nôtre. Cinquante femmes chantant à tue-tête, riant, lançant injures et menaces à la lignée de Cronos. Quelle fresque! Ô Orphée, si tu ne t'avérais pas si médiocre, tu pourrais assister à une marche digne de mille chansons. Car nul, de la Lybie aux lointaines terres de l'Indus ne posa jamais les yeux sur de si rigolardes va-t'en-guerre."
Je renvoie ma colère aux tréfonds du spectre de mes entrailles et laisse place à cette voix douce et apaisante qui n’a plus franchi l’enceinte de mes lèvres depuis bientôt une éternité. Je fouille dans ma mémoire fracassée des éclats d’instants imprégnés de tendresse et d’amour. J’en appelle à ces liens de sang et de femmes contre lesquels la haine et la malice se montrent sans pouvoir. Je dis les mots qu’un jour j’aurais souhaité entendre. Et pour un temps, la vie investit de nouveau la cité morte.

Tu t'en es retourné là où l'herbe verdoie et le vent charrie la douce fragrance des acanthes quand, moi, je foule une pierre noire et ne respire qu'une brume aigre. Égoïste. Sans doute reviens-tu avec une épopée qui traversera les âges. Voici l'unique dessein que tu tramais, n'est-ce pas ? Jamais le désir de m'exhumer, de me restituer aux vivants, ne couva dans ton esprit. Tu n'aspirais qu'à une chanson. Probablement la plus belle et la plus triste jamais composée. Le conte des contes, qui te porterait aux nues et attiserait la prompte convoitise d'Apollon? Les aèdes te jalouseront et les rois se bousculeront pour t'inviter à leur cour afin que tu leur chantes le tragique destin de ta douce prisonnière du sous-monde. Personne ne t'oubliera, toi l'éploré? La victime affligée d'amour, l'époux coupable d'avoir trop désiré. Peu t'importera que moi, captive des ombres, n'aie pour banquet que des charognes et pour musique des hurlements. Compose tes vers, langue de crapaud, bientôt ils te dévoreront.