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Note moyenne 3.77 /5 (sur 58 notes)

Né(e) à : Barcelone, Catalogne , le 10/10/1908
Mort(e) à : Genève , le 13/04/1983
Biographie :

Mercè Rodoreda (1908-1983) est la romancière la plus importante de la littérature catalane et, aussi, la plus traduite, surtout La place du diamant (1962). Née à Barcelone, elle a vécu dans différentes villes européennes, à Paris et Genève, en particulier, et elle a été le témoin des évènements historiques les plus importants du XXe siècle, de deux guerres : la Guerre civile espagnole, en Catalogne et la Guerre mondiale, en France. La première a supposé un long exil, qui a embrassé la plus grande partie de sa vie, la seconde, une expérience dramatique, et le tout l’a poussée à trouver une profonde maturité humaine et, par conséquent, littéraire ; en fait, sa vie est vraiment celle d’une romancière – elle affirme avoir vécu comme il faut vivre, c’est-à-dire dangereusement –, et elle est pleinement inscrite dans le XXe siècle, désigné comme ténébreux, avec ses guerres, ses exils et ses régimes totalitaires, qui apparaissent dans sa production d’une façon toute particulière ; il s’agit d’une production romanesque qui prend appui sur la vie intérieure de ses personnages, selon la lignée des romanciers européens qu’elle a toujours admirés, de Tolstoï à Proust, en passant par Virginia Woolf et James Joyce, entre autres, une lignée qu’elle remettra à jour et qu’elle fera sienne.

En 1972 elle rentra en Catalogne après la mort de son compagnon à Vienne. Elle s’installa à Romanyà de la Selva, dans la maison de campagne de Carme Manrubia. Elle y acheva son œuvre la plus ambitieuse, Mirall trencat (1974) et le recueil de contes Viatges i flors (1980).

Son dernier roman, Tant et tant de guerre, fut publié en 1980, date à laquelle Rodoreda reçut le Prix d’honneur des lettres catalanes. Cette année-là, elle abandonna la maison de campagne de Manrubia où elle avait écrit ses trois dernières œuvres et elle déménagea dans une petite maison de campagne qu’elle avait pu faire construire à Romanyà, à côté de celle de Manrubia. Finalement, Mercè Rodoreda mourut à Gérone victime d’un cancer, en 1983


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Source : Visat
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Citations et extraits (8) Ajouter une citation
Alice_   29 novembre 2013
La place du diamant de Mercè Rodoreda
J'ai senti très fortement le passage du temps. Pas le temps des nuages et du soleil et de la pluie, ni celui des étoiles qui ornent le firmament, pas le temps des printemps à la saison printanière ni le temps des automnes à la saison automnale, pas celui qui met des feuilles sur les branches et puis les arrache, ni celui qui frise et défrise et colore les fleurs, mais le temps en moi, le temps qu'on ne voit pas et qui nous pétrit. Le temps qui tourne et tourne dans le cœur et le fait tourner et qui nous change de l'intérieur et de l'extérieur, patiemment, et nous rend tels que nous serons au dernier jour.
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Alice_   26 novembre 2013
La place du diamant de Mercè Rodoreda
J'ai fait un petit tour du côté de la Grande-Rue en léchant les vitrines. Surtout la vitrine des poupées du magasin des toiles cirées. Quelques benêts ont commencé à me dire des choses pour m'embêter et un qui faisait très gitan s'est approché plus que les autres et m'a dit vous êtes bonne. Comme si j'étais une assiette de soupe. Tout ça ne m'amusait pas beaucoup. C'est vrai, pourtant, mon père me disait toujours que j'étais du genre exigeant... Mais c'est que je ne savais pas très bien pourquoi j'étais au monde.
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Alice_   29 novembre 2013
La place du diamant de Mercè Rodoreda
Et toujours elle leur recommandait que si elle mourait et que ça soit elles qui l'habillent, elles ne lui mettent pas de chaussures, parce que si c'était vrai que les morts reviennent sur terre elle voulait revenir sans faire de bruit et sans gêner personne.
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Alice_   26 novembre 2013
La place du diamant de Mercè Rodoreda
A la maison on vivait sans un mot et les choses que je sentais en dedans me faisaient peur parce que je ne savais pas si elles étaient à moi...
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Tricia12   05 juin 2014
Miroir brisé de Mercè Rodoreda
Il se recroquevilla un plus derrière le rideau. Sa mère descendait l'escalier tout en boutonnant ses gants. Elle portait toujours des gants longs et, après les avoir boutonnés et bien lissés, elle les faisait glisser vers la main en laissant des plis étudiés. Comme son père, une fois les gants posés, elle descendait plus vite. Mais s'il y avait quelqu'un dans le vestibule, elle n'en finissait pas. Ils furent bien étonnés tous les trois parce qu'au lieu de s'en aller, elle entra dans la salle à manger. Ils écartèrent un peu le rideau pour voir ce qu'elle faisait: elle se regardait dans un des miroirs qui étaient disposés de chaque côté de la cheminée. Ces miroirs, entourés d'un cadre doré, décomposaient les traits: on aurait dit que la personne qui s'y regardait faisait des grimaces. Devant le miroir, Sofia se rendit compte que les enfants l'épiaient. Elle s'en alla très lentement, comme si elle ne les avait pas vus.
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Alice_   29 novembre 2013
La place du diamant de Mercè Rodoreda
Et j'ai fini par comprendre ce qu'on voulait dire quand on disait qu'une personne était en liège... parce que, moi aussi, j'étais en liège. Je ne l'étais pas, mais j'ai dû me transformer. Et mon cœur était de neige. J'ai dû devenir de liège pour pouvoir tenir le coup, car si au lieu d'être de liège, et d'avoir un cœur de neige j'avais été, comme avant, de chair, qui souffre quand on la pince, je n'aurais pas pu passer par un pont si haut et si étroit et si long.



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Krystania   05 novembre 2013
Voyages et fleurs de Mercè Rodoreda
Fleur rouge

Elle est clouée sur la branche : pas de filet. Brillant d'un rouge douloureux, lorsque le vent s'arrête et lui souffle dessus, le bord des pétales tremble. Et la nuit, quand l'herbe est fraîche et que les serpents boivent du lait, sur chacun de ses pétales tendus perle une goutte de sang noir, plate et dure comme les graines de pastèque. Humide. C'est la maladie. Mieux vaut ne pas la toucher. La maladie brûle la fleur et une averse fait pourrir la maladie. Les vers luisants, qui en savent long, allument leur lanterne. Et regardent.
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Valleerie   17 juillet 2019
La place du diamant de Mercè Rodoreda
Et à force de vivre ainsi, mollement, je suis devenue comme une figue-fleur : tout me faisait pleurer. Et j'avais toujours un petit mouchoir dans la manche.
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