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Note moyenne 3.96 /5 (sur 81 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Nogent sur Marne , le 25/11/1950
Mort(e) à : Toulouse , le 08/07/2019
Biographie :

Michel Baglin, né en 1950 dans la région parisienne, vit depuis ses onze ans à Toulouse. Après la fac et de nombreux « petits boulots », il devient journaliste. Guy Chambelland édite son premier recueil en 1974. Depuis, il a publié plus d’une vingtaine de romans, essais, recueils de poèmes et de nouvelles. Il est notamment l’auteur de Les Mains nues (L’Âge d’Homme), L’Obscur vertige des vivants (Le Dé bleu), Entre les lignes (La Table Ronde), L’Alcool des vents (Le Cherche Midi), Les Chants du regard, poèmes sur 40 photographies de Jean Dieuzaide (Privat), La Balade de l’escargot (Pascal Galodé) et De chair et de mots (Le Castor Astral).

Il a reçu le prix Max-Pol Fouchet en 1988. Critique pour divers journaux et revues et fondateur de la revue Texture, il anime aujourd’hui le site littéraire revue-texture.fr
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Vidéo de
Bruno Doucey lit le texte "Merci à la vie" de Michel Baglin, extrait de l'anthologie "Courage ! Dix variations sur le courage et un chant de résistance", publiée aux Éditions Bruno Doucey en 2020.

Citations et extraits (135) Voir plus Ajouter une citation
Michel Baglin
TerrainsVagues   03 octobre 2017
Michel Baglin
J’écris pour tenir tête au silence établi,

pour rallumer des mots éteints par l’habitude

et les garder vivants face à cette hébétude

qui pétrifie le cœur et qui nous désunit.



(De chair et de mots - J'écris)
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TerrainsVagues   20 septembre 2017
Un présent qui s'absente de Michel Baglin
Frères de terre



Je n’ai pas de frères de race,

j’ai des frères de condition,

des frères de fortune et d’infortune,

de même fragilité, de même trouble

et pareillement promis à la poussière

et pareillement entêtés à servir

si possible à quelque chose,

à quelqu’un, même d’inconnu,

à quelque frère de même portée,

de même siècle, ou d’avenir…



Je n’ai pas de frères de race,

ni de religion, ni de communauté,

pas de frères de couleur,

pas de frères de guerre ou de combat,

je n’ai que des frères de Terre

secoués dans la galère

des espoirs et désespoirs

des mortels embarqués,

des frères de rêve partagés

de peurs trop communes.



Je n’ai pas de frères de race,

j’ai des frères de condition,

bien différents et très semblables,

d’ailleurs terriblement interchangeables

dans l’égoïsme

ou dans la compassion…

Des frères tout pétris de l’envie

de partager leur solitude avec le pain

et parfois le bonheur insigne

d’apprendre ensemble à dire non…



Je n’ai pas de frères de race,

mais des frères dans le refus

de n’être qu’un passant,

des frères par l’art et par le chant,

et l’énergie déployée chaque jour

à tenir tête au néant.es frères à travers les âges,

la géographie et les frontières,

- et qui sait même, au-delà de l’espèce,

peut-être un frère en tout vivant…

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TerrainsVagues   30 août 2019
L'alcool des vents de Michel Baglin
Je rends grâce au gros temps qui trempa mes ferveurs de marcheur.

Au crachin des grèves de Bretagne

Comme au pin s’égouttant dans un brouillard d’automne.

A ces rochers du bout des terres où l’on se risque quand se mêle aux déflagrations d’océan

L’orgueil d’être sous les bourrasques un vivant qui contemple et qui tient

A cette envie qui me prend alors de me dissoudre sans cesser d’être une proue.

A cette ivresse d’écume venue de l’enfance dans les embruns du large

A jamais absorbé avec l’alcool des vents.
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Michel Baglin
TerrainsVagues   05 octobre 2017
Michel Baglin
Sois la passante, le reflet sur la cornée de l’homme qui marche.

Sois l’hirondelle dont on ne peut suivre le vol, la seconde qu’on ne peut caresser.

Sois un sillage. L’écume à la poupe des bateaux qui s’éloignent. Rien qu’un parfum, rien qu’un embrun de femme.

Ne laisse pas ton corps se dessiner trop longtemps dans l’œil des convoitises. Ne le pose dans aucun regard de vitrine. Qu’il se joue de ses formes comme un feu dans les yeux du désir. Qu’il danse déjà par le souvenir.

Passe, tu es pour un instant le sourire de la rue. Passe en mirage sur un décor trop connu. Passe en douceur, passe en fraude. Maraude entre les cœurs surpris qu’on les éveille.

Sois la rôdeuse qui devient la merveille. L’entraperçue qu’on n’en finit plus d’évoquer. Toute amante est passante en secret. Fuis pour mieux demeurer. Commence par être un regret.



Michel Baglin (De chair et de mots).
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TerrainsVagues   04 novembre 2017
De chair et de mots : Suivi de Embruns de femmes de Michel Baglin
Tu vieillirais donc en distillant toujours la nostalgie sur les derniers chantiers du rêve. L'ultime passion de ta rancœur n'allumerait plus que des colères de paille.

Tes souvenirs ne feraient pas de bruit. Tes cimetières seraient peuplés d'éclairs. Blancs, comme ta vie.

Et tu mourrais comme on replie sur soi les draps, ayant éconduit les aventures offertes. Au fond d'une citadelle, d'un regret embué, d'une sagesse d'un autre age.

Sans avoir dit pourquoi, sans avoir dit pour qui, longtemps, tu auras eu si froid.
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Michel Baglin
TerrainsVagues   14 octobre 2017
Michel Baglin
Elles auront patienté des heures, des jours au milieu des cruches et des bonbonnes, assises sur un sac ou sur la pierre, écoutant les fontaines du temps abreuver le silence des places, l’été sous les arbres, quand l’eau promet au Sud sa fraîcheur.

Toujours ici cette besogne fut la leur. Parce qu’elles ne savent plus qu’attendre. Entre les bêtes et les gens, la vieille familiarité de choses rondes comme des outres. Parce qu’elles ne savent plus qu’attendre, avec derrière elles des charrettes, des gosses, d’autres femmes, les manèges laborieux de la poussière et de la pauvreté. Parce qu’elles ne savent plus que se parcheminer sous le fichu noir des paysannes. Et là, comme autour d’un feu, absorbées par le chant de la flamme liquide qui danse sur les jarres, remplir le jour de leur possible éternité.



Michel Baglin (Les Chants du regard).
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TerrainsVagues   07 octobre 2017
Un présent qui s'absente de Michel Baglin
L'autre, c'est lui, là bas. Toujours là bas Parce qu'ici,

c'est moi, c'est toi, c'est nous, c'est du pareil au même.

L'autre, c'est la peur remontée du fond des ages qui

fabrique un étranger.

Qui fait serrer les fesses, et puis les poings, et puis les

rangs.

C'est quelqu'un qu'on attendait pas,quelqu'un qui

vient de loin,

quelque autre qui s'est invité dans nos jeux de miroirs

et s'y réfracte.

Il diffère, on le compare. Il se distingue, on sen méfie.

Et parce qu'il nous ressemble trop, les différences

s'exaspèrent.

L'autre se tient là bas, au delà d'une frontière.

Il est le nom d'une peur commune aux êtres dissemblables,

qui porte les peuples, depuis toujours aux solidarités

de clan, de tribu, de meute.

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Michel Baglin
Piatka   28 juin 2018
Michel Baglin
Je rends grâce au poète en nous qu’une simple vague fascine,

à cette part résiduelle qui nous ressemble encore au bout de nos fatigues et des journées perdues,

à cette part que nous voudrions croire aussi irréductible qu’elle est rebelle aux injonctions des modes,

rétive aux rêves qu’on affrète pour nous perdre

et qui nous fait chercher des mots pour tenter dans la foule

d’aller réveiller en chacun le poète qui s’est tu.
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TerrainsVagues   24 septembre 2017
Un présent qui s'absente de Michel Baglin
Sillage.



Une vie, à peine un peu

d’écume dans son sillage,

guère plus de traces

que l’oiseau n’en laisse dans l’air qu’il fend.



Une vie, ce qu’il en reste,

cette traînée d’images

dans les mémoires amies

s’évaporant avec les ans.



Une vie, une voile, un vol,

un grain de lumière

dans les sillons du vent.
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TerrainsVagues   29 octobre 2017
De chair et de mots : Suivi de Embruns de femmes de Michel Baglin
Il y avait dans tes rues tous mes quartiers d’automne. Ma tristesse d’écolier quand septembre décline et les frayeurs confuses. Un sourire de tes yeux emportait les dernières digues avec les premiers chagrins.

L’hiver encore. Ses soleils fonctionnaires aux ordres des interrupteurs. A l’horizon des corps solitaires, ton couchant cent fois pressenti.

Ô savoir l’aventure condamnée, l’espoir pauvre comme un avenir sans surprise! En pleine floraison, le dessèchement des feuilles inscrit dans les calendriers…

Voilà. Le ciel va neiger. L’angoisse est froide et lourde, comme une dalle dans la poitrine. Ce monde qui s’en va était un dernier lit.

La lune a trébuché.
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