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Citations de Michel Deguy (92)


Pasoa   30 septembre 2022
Poèmes de la presqu'île de Michel Deguy
Alluvion des cris Minerai d'hirondelles
Dans le delta du vent les plissements du vent
La trembleraie bleuit
Le pouls de l'étang bat
Toutes les trois heures un poème
Devient nouveau puis se ternit
Sous la lecture Recroît dans le silence
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cathcor   12 novembre 2012
Donnant Donnant : Poèmes 1960-1980 de Michel Deguy
Ce lieu me suffit
Où le parfum n'est pas rare
Mais la même senteur d'algue et d'hortensia
Dans les linges frais de l'air
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coco4649   10 octobre 2017
Poèmes de la presqu'île de Michel Deguy
2. Généalogies.


ROI SOLEIL

Quand le roi se levait de bonne heure
Marchait au fond dans l'eau du matin

Le scaphandre aux souliers de soie
Longe les combles poissonneux
Hante les palais démâtés.
Dans l'aube dorée sans courant
Luit un banc d'ardoises squameuses

La vase et l'épave le roi rêve
De les quitter si haut qu'il connaisse
À l'autre bord du jour transparent
Le pêcheur rouge penché qui verse
Au fond ses hameçons de lumière

p.57
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Michel Deguy
coco4649   17 février 2017
Michel Deguy
Le Suspens


Est sublime ce qui retombe
moins vite que nous, les pesants

Sublime la chose, l’être.
qui retient un instant sa chute

Le dégravir le ralenti le frein du périr
l’escalier dans le ciel
  la fontaine romaine
      le feu d’artifice
            Le thrène populaire

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coco4649   08 janvier 2016
Donnant Donnant : Poèmes 1960-1980 de Michel Deguy
OUÏ DIRE


Bleu gris peu de couleur permis au ciel
Permises à la terre mais variées dans les bornes
Je viens de voir passer les canards stochastiques

Silence aux castagnettes du pommier
L'automne où refroidit le corps
Il corrompt ses oronges aux fanges des vicinales

Du seuil d'où il y a, qui encadre le champ
Il buissonne de roux le houx qui résiste
Et laisse s'assombrir les troncs osmotiques

p.135
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Piatka   03 novembre 2015
Prose du suaire de Michel Deguy
Je t'ai baisé la main pour te dire adieu
Comme si nous pouvions t'envoyer là
D'où tu nous veillerais nous parlerais
Sachant qu'il n'y aurait ni au revoir ni à dieu

Extrait du poème Prose du suaire - Pour Abdelwahab Meddeb
traduit en vingt langues dans ce recueil
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coco4649   01 juin 2015
Donnant Donnant : Poèmes 1960-1980 de Michel Deguy
TOMBEAU DE DU BELLAY


Coup de silence
la distance détale
Écho de sans bruit

le premier cri rejoint la douleur décalée
décapitée lucide

Le printemps dégorge un froid miocène
Déjà l'été courcit le jour
Et le retard annonce
Et le premier succède

p.286
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PhilippeSAINTMARTIN   26 novembre 2016
Oui dire de Michel Deguy
Moraine bleue dans le glacier du soir

La vigne rentre sous le vert, le bleu reprend le
ciel, le sol s'efface dans la terre, le rouge
s'exhausse et absorbe en lui les champs de Crau.
Les couleurs s'affranchissent des choses et
retrouvent leur règne épais et libre avant
les choses, pareilles à la glaise qui précédait Adam.

Le saurien terre émerge et lève mâchoire
vers la lune, les années rêveuses sortent des grottes
et rôdent tendrement autour de la peau épaisse. Falaise se
redresse, Victoire reprend son âge pour la nuit. Les nuages
même s'écartent, les laissant.

En hâte quittée cette terre qui tremble
ils se sont regroupés dans la ville, bardée de portes.
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PhilippeSAINTMARTIN   26 novembre 2016
Oui dire de Michel Deguy
Tout se tolère et se juxtapose nombres et hortensias
Les bleus et verts dans le spectre du jour
Cependant que du balcon parfaitement mobile
Véloce l'homme arthropode se penche à travers
L'âme à facettes sur toutes choses
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coco4649   18 juin 2015
Donnant Donnant : Poèmes 1960-1980 de Michel Deguy
Écus de lumière au fond des ruelles leurs dernières
oriflammes
Le non sens de regarder dans la fête absente
Un visage oblong
Forceps du temps au coin des yeux
Boucles d’acacias
Les voix ne parviennent
Mouvement des murs comme les bateaux se volent
La visibilité dans le port

p.137
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coco4649   24 mai 2015
Donnant Donnant : Poèmes 1960-1980 de Michel Deguy
OUÏ DIRE
Chant royal


Le poète de profil
Le poète à l’équerre de corps et d’ombre sur les seuils
Le poète Gulliver qui retrace un roncier d’hiver avec la
pointe de Hopkins
Ou décroît pour accorder l’herbe au zodiaque avec
compas de Gongora
Génie des contes perses car il refuse l’indifférence

Il entretient la lymphe bleue dans le réseau des ormes
Veille zêta epsilon delta d’Orion sur la branche basse
Œil triple posé de witch 1 witch 2 witch 3
qui s’envole constellation subtile de corbeaux

Il est ici pour inventer quelque chose d’aussi beau
qu’un mot saxifrage inventé par personne
S’il cherche un trésor il le trouve
(Imagine un poisson cherchant un poisson dans
l’obscurité des mers…)

p.93
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coco4649   05 avril 2015
Poèmes II (1970-1980) : Tombeau de Du Bellay , Jumelages , Donnant donnant de Michel Deguy
QUI QUOI


II y a longtemps que tu n'existes pas
Visage quelquefois célèbre et suffisant
Comment je t'aime Je ne sais Depuis longtemps
Je t'aime avec indifférence Je t'aime à haine
Par omission par murmure par lâcheté
Avec obstination Contre toute vraisemblance
Je t'aime en te perdant pour perdre
Ce moi qui refuse d'être des nôtres entraîné
De poupe (ce balcon chantourné sur le sel)
Ex-qui de dos traîné entre deux eaux
Maintenant quoi
Bouche punie
Bouche punie cœur arpentant l'orbite
Une question à tout frayant en vain le tiers
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Michel Deguy
coco4649   03 septembre 2022
Michel Deguy
Qu’espères-tu des yeux



J’étais sur ta route
Une seconde pour la vie et
Tu ne m’as pas regardée
– Mais qu’espères-tu des yeux ?
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coco4649   23 mai 2015
Donnant Donnant : Poèmes 1960-1980 de Michel Deguy
OUÏ DIRE


Quai gris d'où tombe l'appât de neige
Le jour décline dans sa coïncidence
L'homme et la femme échangent leur visage
Le vin est lent sur le tableau
À passer dans son sablier de verre
Et l'artiste rapide au cœur par symboles
Doué de confiance hésite :
La pierre est-elle plus belle dans le mur ?

p.123
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coco4649   08 octobre 2017
Poèmes de la presqu'île de Michel Deguy
2. Généalogies.


LIBERTÉ

 Mais torsion de la vie, liberté, identique à flo-
raison exubérance venin, liberté négroïde, con-
vulsion des hommes jeunes inventeurs en plus
rapide de fleurs et de nuages incessants, liberté
feu, la flamme qui jette en avant dans d'impré-
visibles courts-circuits de déterminisme, et qui
te laisse juste en deçà du seuil d'un destin.

p.61
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coco4649   19 juin 2015
Donnant Donnant : Poèmes 1960-1980 de Michel Deguy
OUÏ DIRE


Remonte l’entropie sous l’os
Reviens hanter comme un amour
Sans violence la terre
Ce que je sais je ne le sais pas
En douce ubiquité plus fort que le mortel
Fantôme à mi-hauteur sous la lumière de l’élu
Mais à lambeaux de chair et de toile telle
Une mort sculptée du quinzième.

p.125
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coco4649   19 juin 2015
Donnant Donnant : Poèmes 1960-1980 de Michel Deguy
OUÏ DIRE
Les rocs les fleurs les fleuves hantés de forme héroïque
Dieux hydrifiés pyrifiés hylifiés choses
Comment y eut-il corneille laurier
Qui sont-ils ce masque ce moulage d’homme
Dont le poème soupçonne la genèse sur son silence
Paraître fut mourir et l’immortel se retirait

p.144
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coco4649   18 juin 2015
Donnant Donnant : Poèmes 1960-1980 de Michel Deguy
OUÏ DIRE


C'est entre nous
L'air entre les mains salut
Et la main entre les saluts
Et le salut pur intervalle
Rien avec rien jouant à
S'envoyer la belle apparition

p.113
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laurentpasquelin   08 décembre 2021
Le sens de la visite de Michel Deguy
Montagnes célestes
le plus loin devient le plus haut
le très loin le très haut

L'en-même temps du haut et bas
égalise le bas le haut de bas en haut:
étapes sages de la montée du Mont

Une passerelle très légère
d'une seule phalange ajointe
les monts très séparés
voisins d'abîme

Les branches les mousses même
font idéogrammes
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Partemps   20 septembre 2020
Fragment du cadastre de Michel Deguy
Le Golfe



Le long été commence où croît et décroît l’ambition

Je vis au niveau des éruptions stridentes des sauterelles

Et parmi les insectes de papier que disperse le vent

Il y a du seigle sur les genoux de l’écrivain et dans son dos

pleuvent les blés

L’oreille appliquée à la terre entend son sang

Il est le désoeuvré



La roue du paysage tourne sous le triomphe du soleil

Les raies blanches du ciel convergent au-delà de la terre

Les îles s’effilochent, la marée décèle des ruches d’algues couleurs

de débris

Où fermentent des invertébrés

Vois toute la rotation horizontale du golfe,

Le glissement des bocages, le grincement des bornages de genêt,

Rayons verts sur le moyeu de l’horizon !



Si je reprends les chemins profonds – faut-il encore s’en entretenir ?

Je vais lentement aux rendez-vous essentiels

Le vent traverse la presqu’île pliant les blés vers l’Est

Partout la mer m’assaille car le vent du large lui ouvre le passage

entre les haies

Entre les orges entre les châtaigniers

L’Océan épais monte entre les toits



Le vent rapide descend les trois hauts degrés des pins, des genêts et

des blés

Il se rue frôlant les oreilles et passe

Le soleil à reculons fait face Le soleil acrobate descend du chapiteau

Interminable

Parfois des spectateurs repèrent l’exercice Mais beaucoup l’été se

couchent avant la fin



Le vent parle trop fort

Dans les trous du vent se glissent les chiens des fermes éloignées

L’alouette ne cesse de tomber Le vent se fraie un passage

jusqu’aux premiers rangs des champs

Il enjambe violemment la lisière de paille et se jette aux oreilles



Des chiens gardent des chemins sans importance d’où je suis

Les voix qui miment les bêtes pour leur commander

Issues des niches plus hautes où elles veillent sur les biens

Passent par les trous du vent

Hélant pour des travaux sans importance d’où je suis



Promenades en vue de quoi ?

Le corbeau sans couleur

La mouette qui arrête le vent

La lune, cirrus obèse, qui marque où le vent ne souffle plus



Car il manque au pas la constance du vent

Du vent qui sait aux papillons aux fougères aux nuages

Indiquer la direction

Orienter insistant courber repassant diriger rassembler dans

son souffle incliner joindre

- et tout à coup redresser cabrer recourber tordre

Le vent parcourt le site, adjointe et fait communiquer les

lignes du site

Lui de haut de partout les suit

C’est lui qui trace les sillons du site



Tout en moi répond au vent – sauf…

Tout plie sous l’injonction qui assemble :

Les cheveux comme un champ plus dense

Le dos pareil aux troncs, les yeux dessillés sous le sel

Les jambes écroulées dans les pierres

Et la manducation au bruit de charrette ; tout…

Sauf la voix debout qui demande où elle naît ; tout

Sauf la voix étonnée de sa dissemblance !



Le grand vaisseau du matin appareille :

Cris de poulies des mouettes ; cordages du soleil dans

les yeux ; hautes trinquettes des cumulus hissées brassées

drossées ; un équipage d’alouettes qui survole les basses

vergues des frênes ; les corbeaux quartiers-maîtres

Et le grand spinaker de l’orage…



Du Morbihan
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