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Citations de Michel Pastoureau (364)


Michel Pastoureau
Harioutz   21 octobre 2019
Michel Pastoureau
"Voyageons un peu dans le passé et transportons-nous à Falaise, petite ville de Normandie, à la fin du mois de janvier 1386.
Une truie, maladroitement costumée en habits féminins, est rituellement conduite à l’échafaud, puis pendue et brûlée. Qu’avait-elle fait ? Renversé le berceau d’un nourrisson mal surveillé et commencé à lui dévorer le visage.
Capturée, emprisonnée, conduite au tribunal, défendue par un avocat peu efficace, elle est condamnée à mort par le juge-bailli de Falaise qui l’estime responsable de ses actes. Son propriétaire, en revanche, n’écope d’aucune peine ni amende.

Aujourd’hui, de telles pratiques nous font rire, de même que nous nous esclaffons devant les questions que l’on se pose à la même époque en milieu clérical ou universitaire : peut-on faire travailler les animaux le dimanche ? Doit-on leur imposer des jours de jeûne ? Où vont-ils après la mort ? En Enfer ou au Paradis ? Que de croyances absurdes ? Que de superstitions grotesques ! Quels ramassis d’imbéciles tous ces médiévaux !

Nous avons tort de réagir ainsi. En jugeant le passé à l’aune des savoirs, des morales et des sensibilités du présent, nous montrons que nous n’avons rien compris à ce qu’était l’Histoire. En outre, nous oublions aussi que nos propres comportements sont tout aussi ridicules, qu’ils feront pareillement sourire nos successeurs dans quelques siècles, et qu’ils sont souvent plus atroces et beaucoup plus dangereux que ceux de nos ancêtres. Dangereux pour toutes les espèces vivantes, dangereux pour l’avenir de la planète.

Qui parmi nous a déjà visité une porcherie industrielle ? Je suis normand d’origine et breton de cœur, je n’ai aucune animosité envers les éleveurs de porcs, je ne milite dans aucune société protectrice des animaux ; je suis simplement historien, spécialiste des rapports entre l’homme et l’animal. Or l’honnêteté m’oblige à dire que ces porcheries industrielles sont des lieux abominables, constituant une sorte d’enfer sur terre pour les animaux qui s’y trouvent. Les truies sont enfermées par centaines dans des espaces qui leur interdisent de se déplacer. Leur vie durant, elles ne voient jamais la lumière du soleil, ne fouillent jamais le sol, sont nourries d’aliments chimiques, gavées d’antibiotiques, inséminées artificiellement. Elles doivent produire le maximum de porcelets en une seule portée, avoir le maximum de portées dans les quelques années de leur misérable vie, et lorsqu’elles ne sont plus fécondes, elles partent à l’abattoir. Les porcelets eux-mêmes doivent engraisser le plus vite possible, produire le maximum de viande, et tout cela, bien sûr, au moindre coût. Ces crétins du Moyen-Âge qui pensaient que les cochons étaient des êtres sensibles, qu’ils avaient une âme et qu’ils pouvaient comprendre ce qu’était le Bien et le Mal, n’avaient certainement jamais pensé à cela : martyriser des porcs pour gagner de l’argent !

Récemment, un directeur de porcherie industrielle située dans les Côtes d’Armor à qui je venais de faire part de mon indignation m’a répondu d’une manière sordide : « Mais, Cher Monsieur, pour les poulets c’est bien pire ». De fait, dans des établissements carcéraux du même genre, les poulets ne peuvent pas poser leurs deux pattes au sol en même temps : il y circule un courant électrique qui les oblige, à longueur de vie, à poser au sol une patte après l’autre. Pourquoi un tel supplice ? Pour faire grossir leurs cuisses, bien sûr, et les vendre ainsi plus cher. La cupidité de l’être humain est devenue sans limite.

Où sont passés les cochons de nos campagnes ? Où peut-on encore les voir gambader autour de la ferme, jouer les uns avec les autres, se faire caresser par les enfants, partager la vie des paysans. Nulle part ! Nous avons oublié que les cochons – mais cela est vrai de tous les animaux de la ferme - étaient des êtres vivants et non pas des produits. Qui, dans la presse, évoque leur sort pitoyable, leur vie de prisonniers et de condamnés lorsque l’actualité parle du prix de la viande de porc et du mécontentement des éleveurs ? Qui a le courage de rappeler qu’avant d’être un produit de consommation le cochon était un animal vivant, intelligent, sensible, anatomiquement et physiologiquement cousin très proche de l’être humain ? A ma connaissance, personne. De même, à propos des débats autour des cantines scolaires, qui s’interroge sur les raisons qui font que certains peuples mangent du porc et d’autres non ? C’est pourtant un dossier passionnant, l’occasion de s’instruire et de rappeler les nombreuses hypothèses qui ont été avancées depuis le Moyen-Âge pour expliquer les rejets et les tabous qui entourent cet animal.

Les animaux domestiques n’ont plus d’histoire, plus de mythologie, plus de symbolique. Ils ne suscitent plus aucune curiosité, aucune interrogation, aucune nostalgie. Ils n’ont même plus droit à une vie simplement animale. Ce sont des produits ! Comme tels, ils doivent participer au « redressement productif » de notre pays (cette expression est en elle-même absolument répugnante) et générer du profit. Un profit ironiquement bien mince, voire inexistant pour les éleveurs de porcs, ce qui rend encore plus aberrante et intolérable l’existence de ces porcheries industrielles, inhumaines, « inanimales » même, si l’on peut oser un tel néologisme. Elles polluent l’air, la terre, les eaux des rivières et celles de la mer. Dans mon petit coin de Bretagne, des sangliers sont morts à cause du rejet dans la nature du lisier produit par l’élevage intensif de leurs cousins domestiques. Un comble ! À la cupidité s’ajoute l’absurdité.

L’être humain est devenu fou. Il tue non seulement ses semblables mais tout ce qui vit autour de lui. Il rêve même d’aller sur Mars ou ailleurs vérifier si la vie existe et, si c’est le cas, y semer la mort. Tout en donnant des leçons à l’univers entier et en paradant à la COP 21, 22, 23, 24.

Protéger la nature, défendre l’environnement, sauver la planète ? Certes. Mais pour quoi faire ? Pour sauver une humanité barbare et suicidaire, cruelle envers elle-même, ennemie de tous les êtres vivants ? Le mérite-t-elle vraiment ? Le souhaite-t-elle réellement ? Il est permis d’en douter."
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Michel Pastoureau
Jean-Daniel   12 octobre 2020
Michel Pastoureau
On ne peut pas se passer du noir et du blanc pour décrire un monde en couleurs.
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cuisineetlectures   04 janvier 2013
Le petit livre des couleurs de Michel Pastoureau
Les couleurs ne sont pas anodines, bien au contraire. Elles véhiculent des codes, des tabous, des préjugés auxquels nous obéissons sans le savoir, elles possèdent des sens variés qui influencent profondément notre environnement, notre langage, notre imaginaire.
Les couleurs ne sont pas immuables. Elles ont une histoire, mouvementée, qui remonte à la nuit des temps et qui a laissé des traces jusque dans notre vocabulaire : ce n’est pas par hasard si nous voyons rouge, rions jaune, devenons blanc comme un linge, verts de peur ou bleus de colère….
[…]
On verra ici comment la religion les a mises sous sa domination, comme elle l’a fait d’ailleurs pour l’amour et la vie privée. Comment la science s’en est-elle mêlée, débordant sur la philosophie – onde ou particule ? Comment la politique, aussi, s’en est emparée – les rouges et les bleus n’ont pas toujours été ceux que l’on connait. Et comment, aujourd’hui, nous sommes toujours lestés par cet étrange héritage. L’art, la peinture, la décoration, l’architecture, la publicité bien sûr, mais aussi nos produits de consommation, nos vêtements, nos voitures…. Tout ceci est régi par un code non écrit dont les couleurs ont le secret.

Avant-propos de Dominique Simonnet
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Jean-Daniel   28 février 2018
Le petit livre des couleurs de Michel Pastoureau
Nos ancêtres avaient d'autres conceptions et d'autres visions de couleurs que les nôtres. Ce n'est pas notre appareil sensoriel qui a changé, mais notre perception de la réalité, qui met en jeu nos connaissances, notre vocabulaire, notre imagination, et même nos sentiments, toutes choses qui ont évolué au fil du temps.
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gouelan   28 janvier 2015
Bleu : Histoire d'une couleur de Michel Pastoureau
Enfin, et surtout, il faut rapprocher du bleu des romantiques allemands le "blues", forme musicale d'origine afro-américaine, probablement née dans les milieux populaires à l'horizon des années 1870 et caractérisée par un rythme lent à quatre temps, traduisant des états d'âme mélancoliques. Ce mot, anglo-américain, "blues", que de nombreuses langues ont adopté tel quel, provient de la contraction du syntagme "blues devils"; ce dernier désigne la mélancolie, la nostalgie , le cafard, tout ce que le français qualifie d'une autre couleur : "idées noires". Il fait écho à l'expression anglaise "to be blue" ou "in the blue", qui a pour équivalents allemand "alles swartz sehen", italien "vedere tutto nero", et français "broyer du noir".
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Aela   20 juillet 2012
Le petit livre des couleurs de Michel Pastoureau
Vous rappeliez que pendant longtemps la mariée était en rouge
Oui ; car jadis chez les Romains par exemple, la virginité d’une femme n’avait pas l’importance qu’on lui a donnée ensuite.
Avec l’institution définitive du mariage chrétien, au XIII ème siècle, il est devenu essentiel.
A compter de la fin du XVIII ème siècle, alors que les valeurs bourgeoises prennent le pas sur les valeurs aristocratiques, on somme les jeunes femmes d’afficher leur virginité, probablement parce que celle-ci n’allait plus de soi.
Le code nous est resté.
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Erik35   23 janvier 2019
Le loup : Une histoire culturelle de Michel Pastoureau
Contrairement à une idée reçue, en effet, les affaires de sorcellerie ne concernent pas tant le Moyen-Âge que l'époque moderne [NB : l'ancien Régime] : la grande chasse aux sorcières commence à l'horizon des années 1430 et va occuper l'Europe pendant trois siècles. Une surenchère à l'orthodoxie pousse désormais l'Église à voir partout des hérétiques, des adorateurs du Diable, des déviants de toutes espèces parmi lesquels de nombreux loups-garous.
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tamara29   04 juin 2017
Rouge : Histoire d'une couleur de Michel Pastoureau
[Le petit chaperon rouge] : pourquoi rouge ? Chaque spécialité peut apporter sa réponse. Parce qu’on a eu longtemps l’habitude d’habiller les enfants de rouge (histoire). Parce que le récit se situe le jour de la pentecôte (Liturgie). Parce que la fillette est pubère et a très envie de se retrouver dans le lit avec le loup (psychanalyse). Parce qu’il s’agit d’une triade de couleurs et qu’au rouge du chaperon il faut associer le noir du loup et le blanc du petit pot de beurre (sémiologie).
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Mimimelie   14 septembre 2014
Le petit livre des couleurs de Michel Pastoureau
Regardez les vêtements des enfants à la sortie d'une école primaire : dans un quartier plutôt défavorisé, vous verrez beaucoup de couleurs. Dans un quartier chic, la palette sera moins bariolée. La richesse et le luxe s'incarnent dans la retenue.
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gouelan   27 janvier 2015
Bleu : Histoire d'une couleur de Michel Pastoureau
Pour les Égyptiens comme pour d'autres peuples du Proche et du Moyen- Orient, le bleu est une couleur bénéfique qui éloigne les forces du mal. il est associé aux rituels funéraires et à la mort pour protéger le défunt dans l'au-delà. Souvent le vert jour un rôle voisin et les deux couleurs sont associées.[...]

Plus encore que les Grecs, les Romains voient dans le bleu une couleur sombre, orientale et barbare; ils l'utilisent avec parcimonie.
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cicou45   26 novembre 2011
Bleu : Histoire d'une couleur de Michel Pastoureau
"La préférence individuelle, le goût personnel existent-ils vraiment ? Tout ce que nous croyons, pensons, admirons, aimons ou rejetons passe toujours par le regard et le jugement des autres. L'homme ne vit pas seul, il vit en société."
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Erik35   21 janvier 2019
Le loup : Une histoire culturelle de Michel Pastoureau
Cette mise en scène d'un loup [NB : Ysengrin] qui fait rire au lieu de faire peur ne constitue peut-être pas tant un exutoire, comme on pourrait le croire au premier abord, que le reflet d'une certaine réalité. Il semble bien que l'on ait moins peur du loup dans les campagnes des XIIè et XiIIè siècles qu'avant l'an mille, du moins en Europe occidentale. La peur du loup ne sera de retour qu'à la fin du Moyen Âge et, surtout, à l'époque moderne, où elle deviendra une angoisse permanente dans la vie des campagnes. Cette peur est en effet liée au périodes de crises (climatiques, agricoles, sociales), pas aux moments de prospérité économique ni d'essor démographique. Ce n'est pas un hasard si l'histoire de la Bête du Gévaudan trouve sa place dans la France du XVIIIè siècle et non au cœur du Moyen-Âge. À l'époque féodale, dans les campagnes françaises, on a surtout peur du Diable, du dragon, de la mesnie Hellequin ou des revenants, mais on n'a plus guère peur du loup. Cette accalmie, hélas ! ne durera pas ; cette peur reviendra avec force moins de deux siècles plus tard.
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tamara29   29 mars 2014
Noir Histoire d'une couleur de Michel Pastoureau
Le corbeau du reste n'a pas toujours été noir. La mythologie grecque raconte comment cet oiseau protégé d'Apollon était à l'origine aussi blanc que l'oie ou le cygne ; mais une délation malvenue causa sa perte et en fit un oiseau noir.
Apollon en effet était amoureux de la belle Coronis, une mortelle avec qui il conçut Aesculape. Un jour, devant se rendre à Delphes, le dieu chargea le corbeau de surveiller la jeune femme en son absence. L'oiseau vit qu'elle se rendait sur une plage pour y rencontrer son amant, le bel Ischys. Malgré les objurgations de la corneille, qui lui conseillait sagement de ne rien dire, le corbeau s'empressa de tout rapporter à Apollon. Furieux, le dieu fit tuer Coronis. Puis, se repentant d'avoir écouté l'oiseau délateur, il le maudit et décida de l'exclure de la famille des oiseaux blancs : dorénavant et pour l'éternité son plumage sera noir.
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Musardise   02 mars 2015
Bleu : Histoire d'une couleur de Michel Pastoureau
La notion de couleur préférée est en elle-même extrêmement floue. Peut-on dire dans l’absolu, hors de tout contexte, quelle est la couleur que l'on préfère ? Et quelle portée cela doit-il réellement avoir sur le travail du chercheur en sciences sociales, notamment de l’historien ? Lorsque l'on cite le bleu, par exemple, cela signifie-t-il que l'on préfère réellement le bleu à toutes les autres couleurs et que cette préférence - mais qu’est-ce qu'une "préférence" - concerne toutes les pratiques et toutes les valeurs, aussi bien le vêtement que l'habitat, la symbolique politique que les objets de la vie quotidienne, les rêves que les émotions artistiques ? Ou bien cela signifie-t-il qu'en réponse à une telle question ("quelle est votre couleur préférée"), par certains côtés très pernicieuse, on souhaite être, idéologiquement et culturellement, rangé et compté dans le groupe de personnes qui répondront "bleu" ? Ce point est important. Il chatouille d'autant plus la curiosité de l'historien que celui-ci, lorsqu'il tente - un peu anachroniquement - de projeter dans le passé sa réflexion sur l'évolution des couleurs "préférées", ne peut jamais cerner de résultats intéressants sur la psychologie ou la culture individuelle, mais seulement des faits de sensibilité collectifs, ne concernant qu'un domaine des activités d'une société (le lexique, le vêtement, les emblèmes et les armoiries, les commerce des pigments et des colorants, la création poétique ou picturale, les discours scientifiques). Au reste, en va-t-il différemment à notre époque ? La préférence individuelle, le goût personnel existent-ils vraiment ? Tout ce que nous croyons, pensons, admirons, aimons ou rejetons passe toujours par le regard des autres. L'homme ne vit pas seul, il vit en société.

Chapitre 4, "La couleur préférée"
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Ziliz   11 janvier 2019
Le loup : Une histoire culturelle de Michel Pastoureau
Le loup ('leukos' en grec) est un être de lumière : il voit dans les ténèbres. C'est pourquoi, attribut d'Apollon chez les Grecs, il l'est aussi de Lug chez les Celtes et de Belenos chez les Gaulois : tous trois sont des divinités solaires.
Bien qu'il soit de moeurs nocturnes et qu'il hurle souvent à la lune (laquelle passe parfois pour lui avoir volé son ombre), le loup est dans les mythologies anciennes un animal solaire, pleinement solaire.
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gouelan   29 janvier 2015
Bleu : Histoire d'une couleur de Michel Pastoureau
Bernard n'est pas seulement iconoclaste, il est aussi fortement chromophobe, et avec lui le sont également différents prélats, pas seulement cisterciens, ennemis de tout luxe.[...]
Comme saint Bernard, ils appuient leur rejet de la couleur sur une étymologie du mot latin "color", qui rattache ce terme à la famille du mot "celare", cacher : la couleur, c'est ce qui cache, ce qui dissimule, ce qui trompe.
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GabyH   16 décembre 2012
Le petit livre des couleurs de Michel Pastoureau
Une couleur, c’est une catégorie intellectuelle, un ensemble de symboles.
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Jcequejelis   13 août 2012
Une histoire symbolique du Moyen Age occidental de Michel Pastoureau
Plus pauvre encore (que le bûcheron), plus sale, plus chétif et plus inquiétant est le charbonnier. Ne maniant pas le fer mais le feu – le plus grand ennemi du bois -, il est réellement diabolique. Le charbonnier ne se marie pas et n’a pas de postérité. Il ne quitte la forêt que pour s’enfermer dans une autre forêt, afin d’y continuer son œuvre de destruction et de crémation. En toutes régions, les villageois ont peur du charbonnier. Dans les textes littéraires, notamment dans les romans courtois, les auteurs mettent quelquefois en scène un preux chevalier perdu au cœur de la forêt et contraint de demander son chemin à un horrible charbonnier. Pour les lecteurs du XIIe et du XIIIe siècle, cette rencontre constitue celle des extrêmes ; c’est le contraste social le plus fort qui puisse être imaginé. Dans ces textes, le charbonnier est toujours décrit de la même façon : petit, noir, velu, les yeux rouges et enfoncés, la bouche tordue et cruelle ; c’est l’archétype de l’homme situé au plus bas de l’échelle sociale : il est à la fois misérable, animal et démoniaque.

511 - [Points H465, p. 99]
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Alzie   28 novembre 2018
Le loup : Une histoire culturelle de Michel Pastoureau
La médecine du loup

De l'Antiquité jusqu'au XVIIIe siècle, le loup est l'une des vedettes de la pharmacopée animale. Toutes les parties de son anatomie passent pour avoir des vertus médicamenteuses. Sa graisse et son fiel protègent de tous les maux ; son foie séché et réduit en poudre guérit à peu près tout ; ses excréments placés sur les yeux améliorent la vue ; porter ses intestins en guise de ceinture soulage "les flux de ventre" ; manger son coeur donne du courage ; cuisiner un bout de sa verge procure virilité et fertilité. La plupart des recettes proposées visent non seulement à guérir tel ou tel mal, mais aussi à acquérir les qualités propres du loup : souplesse, vélocité, endurance, courage, vigueur sexuelle et vue aiguisée. (p. 53)

4 - Le loup des bestiaires
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mcd30   29 décembre 2017
Le petit livre des couleurs de Michel Pastoureau
Même la musique du mot est calme, atténuée : bleu, blue, en anglais, blu, en italien...C'est liquide et doux. On peut en faire un usage immodéré.
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