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Note moyenne 3.6 /5 (sur 131 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Nice , le 01/12/1940
Biographie :

Écrivain, diplômée de l’École des Hautes Études en Sciences Sociales. Née à Nice, a vécu ensuite à Strasbourg et habite à Paris. A été publiée dès l’âge de 14 ans. A d'abord écrit des ouvrages destinés à la jeunesse (plus d'une centaine qui ont donné lieu à de nombreuses traductions à l'étranger), et s'adresse principalement au public adulte depuis 1997. Ses romans fortement ancrés dans l'Histoire et très documentés, souvent inspirés par les péripéties du peuple juif, entraînent les lecteurs aux quatre coins du monde. S'est fait connaître par Shanghaï-la-juive (1997, nouvelle édition 2010) et Cacao, Prix cœur de la France 2003. Dernières parution: Le Rabbin de Salonique (2010), et Les Prunes de Tirana (2011). Pour en savoir plus, voir http://wwwmichelekahn.com
Journaliste, a tenu la page Jeunesse du Magazine Littéraire et collabore chaque mois à L’arche.
Ancienne vice-présidente de la SGDL, ancienne vice-présidente de la Scam (Société civile des auteurs multimédia) , a fondé à la Scam les Prix Joseph Kessel et François Billetdoux.
Une "bibliothèque Michèle Kahn" a été créée en 1997 pour la jeunesse par l’Alliance Israélite Universelle (Paris).
Ambassadeur de l'Académie du Chocolat de Bayonne, Chevalier Honoris Causa de la Confrérie des Chocolatiers, Officier des Arts et Lettres, Chevalier du Mérite.
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Source : http://www.editionsdurocher.fr/auteurs-k.html
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Michèle Kahn et ses lectures



Quel est le livre qui vous a donné envie d`écrire?



C`est, dans l`enfance, l`un des épisodes du Mouron rouge, de la baronne Orczy, traduit en français dans la jolie petite collection Nelson. Ce jour-là j`ai découvert qu`une femme aussi pouvait être écrivain. Je me suis dit alors que je pourrais donner par le livre autant de bonheur que j`en recevais.

Quel est l`auteur qui vous a donné envie d`arrêter d`écrire (par ses qualités exceptionnelles...)



Cela m`arrive régulièrement. Je me souviens de Kafka, Perec, Joseph Conrad, George Sand, Joseph Kessel, Thomas Mann, Blaise Cendrars, Proust bien sûr… et tant d`autres ! Certains jours de découragement, il vaut mieux s`abstenir de lire des romans.

Quelle est votre première grande découverte littéraire ?



Jacques Prévert.

Quel est le livre que vous avez relu le plus souvent ?



La Bible.

Quel est le livre que vous avez honte de ne pas avoir lu ?



Un jour j`ai dit à Bernard Noël que j`avais honte de ne pas avoir lu Maurice Blanchot. Il a ri, m`a dit que ce n`était pas une honte mais une chance : j`avais encore cette découverte à faire.

Quelle est la perle méconnue que vous souhaiteriez faire découvrir à nos lecteurs ?



Nicolas Bouvier, et particulièrement L`usage du monde. Ce livre me paraît être un exemple à tous points de vue : rapports entre les êtres, approche et partage du monde, littérature bien sûr. Il parle d`une ère et d`usages, disparus, que j`aurais aimés faire miens. Et avec une si belle écriture !

Quel est le classique de la littérature dont vous trouvez la réputation surfaite ?



??? Ce sont plutôt des livres contemporains dont la réputation me semble parfois surfaite.

Avez-vous une citation fétiche issue de la littérature ?



Curieusement, c`est une citation allemande : les premiers vers de la Lorelei de Heinrich Heine :

Ich weiß nicht, was soll es bedeuten,
Daß ich so traurig bin;
Ein Märchen aus alten Zeiten,
Das kommt mir nicht aus dem Sinn.

(Je ne sais pas pourquoi /Mon âme est si triste ;/ Un conte de l`ancien temps/ Obsède mon esprit.)

Parfois je cite aussi ces mots attribués à Einstein : « le hasard, c`est Dieu qui se promène incognito. »

Et en ce moment que lisez-vous ?



Les livres sélectionnés pour (par ordre de distribution) le Prix des Romancières, le Prix Joseph Kessel et le Prix François Billetdoux, car j`appartiens à ces jurys. En dire plus serait indélicat.

L`entretien de Michèle Kahn avec Babelio : « le Rabbin de Salonique »



Avant d`aborder l`écriture de ce livre, que connaissiez-vous de l`histoire des juifs de Salonique ? Et quel regard portiez-vous sur le rabbin ?



Je ne connais absolument rien de l`histoire des Juifs de Salonique (sur les 50 000 membres de cette communauté, plus de 45 000 ont été déportés vers les camps de la mort), lorsque, en mai 2005, un ami me conte un événement lié à cette tragédie. Je fais une recherche pour en savoir plus, et je tombe sur le personnage du grand rabbin Koretz, dont je n`avais jamais entendu parler.

A quel moment vous êtes-vous décidée à écrire un livre pour lui rendre justice ?



A travers ma recherche, je découvre donc que ce rabbin a été accusé d`avoir livré sa communauté aux Allemands afin de sauver sa peau et celle de ses proches. C`est souligné dans les témoignages principaux. Mon sang ne fait qu`un tour. Je ne parviens pas à admettre qu`un homme de foi et d`amour ait pu commettre une telle ignominie, et je me dis que si un rabbin a trahi, vraiment trahi, il faut que cela soit dit et même crié sur les toits, pour que des naïfs de mon espèce ne se laissent plus prendre aux faux-semblants. Je commence donc ce livre avec l`intention de dénoncer moi aussi le rabbin. J`accumule les documents et témoignages, je mets tout à plat et, lentement, tandis que je découvre des écrits d`historiens qui disculpent le rabbin, c`est une autre vérité qui transparaît. Ce sera ma vérité dans ce livre.

Dès son arrivée à Salonique, Koretz est accueilli avec une certaine méfiance. C`est un rabbin ashkénaze au sein d`une population de juifs séfarades. Des différences entre ces deux cultures peuvent-elle être à l`origine de l`animosité constante entre le rabbin et sa communauté ?



Des différences entre ces deux cultures sont certainement à l`origine d`une incompréhension mutuelle. Au-delà des faits relatifs à cette tragédie, elle démontre notre difficulté fondamentale à aimer ceux qui ne nous ressemblent pas.

On sait peu de choses sur le passage de Koretz à Vienne en 1941. Vous en faites le théâtre d`un « pacte faustien » entre le rabbin et le haut dirigeant SS Alois Brunner. Est-ce le scénario le plus probable ? Ses proches n`ont-ils jamais rien su de son passage à Vienne?



Bien après la guerre, la veuve du rabbin Koretz a confié à une amie d`enfance que son mari était resté muet sur ce qui s`était déroulé pendant son incarcération dans la Prison de Vienne. Comme bien d`autres, je me suis interrogée sur ce silence, et je l`ai fait pendant cinq ans. A plusieurs reprises, à propos d`autres romans, des lecteurs m`ont écrit pour me dire : « Mais c`est mon histoire que vous avez racontée, mon histoire à moi ! Vous racontez exactement ce qui m`est arrivé ! » Or, j`avais complètement inventé ces Histoires. Longueur de temps, logique et intuition rendent les écrivains médiumniques. J`ai assez « fréquenté » le rabbin pour être sûre qu`il a agi avec une grande rigueur morale, et je pense avoir envisagé un scénario vraisemblable.

Sa connaissance de la langue allemande, qui aurait pu être un avantage certain, n`est-elle pas au contraire un élément qui a participé à sa mauvaise image au sein de la communauté ? Il n`a aucune marge de manœuvre mais la communauté pense pourtant qu`il est au courant de tout !



Exactement. La communauté pense que sa connaissance approfondie de la langue allemande lui permet de négocier avec les occupants, alors qu`il n`y a en fait aucune possibilité de négociation.

Le rabbin ne manquait certes pas de courage mais on reste tout de même interloqué par son aveuglement et, au contraire de sa femme, de sa naïveté sur les intentions nazies. N`était-il pas Prisonnier de son statut d`homme de paix et de sa foi absolue en Dieu ?



Il était en effet Prisonnier de son statut, mais aussi de son optimisme et de sa foi naïve en un Dieu de légendes. Il faut par ailleurs souligner qu`il avait fait ses études à Vienne et à Berlin, que l`Allemagne représentait pour lui la patrie des arts et de la culture, et que, avant l`arrivée d`Hitler, les Allemands étaient réputés pour être des gens d`honneur. Il n`a pas compris que les nazis étaient différents. Il a cru qu`une guerre menée par les Allemands serait une guerre
loyale, à l`image du peuple qu`il aimait.

Vous écrivez dans les dernières pages que le ressentiment contre le rabbin reste encore vif dans l`esprit des Saloniciens. Il existe pourtant Aujourd`hui quelques travaux de réhabilitations du rabbin dont le vôtre. Est-ce que son image et sa réputation tendent à s`améliorer ces derniers temps ?



Cela va très, très lentement. de nombreux descendants de Saloniciens prennent pour parole d`évangile – si j`ose dire ! – ce qui leur a été transmis par leurs parents, et ceci dans l`ignorance d`un certain nombre de données, à savoir que le rabbin Koretz a été le grand responsable de la tragédie. Ils refusent de se demander comment ils auraient agi à sa place, ou ils s`imaginent qu`ils auraient fait mieux. Mais cela, ils le pensent à l`appui de ce qu`ils savent maintenant, et sont incapables de se mettre à la place d`un homme qui pouvait mourir à chaque seconde sous les balles du SS Brunner, qui ignorait complètement la réalité des camps d`extermination, et qui était englué dans une situation chaque jour plus
kafkaïenne.

Vous avez écrit de nombreux livres pour enfants. Comptez-vous publier d`autres romansJeunesse dans le futur ?



Je ne fais aucun projet. J`essaie de me laisser guider par mon cœur et par le hasard – voir plus haut la définition d`Einstein - plutôt que par mon esprit.

Votre dernier ouvrage, « les Prunes de Tirana », est publié sur Publie.net, c`est-à-dire uniquement en numérique. Qu`est ce qui vous a poussé à publier sur ce format ? Est-ce vous vous êtes prête, Aujourd`hui, à abandonner le format papier ?



Publie.net vient également de publier mon roman « le Shnorrer de la rue des Rosiers », un livre épuisé auquel l`édition numérique donne une nouvelle vie. Pour « Les Prunes de Tirana », il s`agit d`un texte très court que je ne savais à quel éditeur présenter. Dans ce travail avec François Bon, j`ai beaucoup, beaucoup aimé son enthousiasme immédiat, par retour de mail, alors qu`un éditeur papier met au moins trois mois à répondre, la rapidité vertigineuse de l`exécution, et l`esprit de générosité qui anime son travail. J`aimerais poursuivre ensemble ces deux formes d`édition, le papier et le numérique.

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Michèle Khan - Loin de Sils Maria
Citations et extraits (44) Voir plus Ajouter une citation
Annette55   04 juin 2020
Le Schnorrer de la rue des Rosiers de Michèle Kahn
«  J’appris à vivre dans la minute présente, à ne m’interroger ni sur le lendemain ni même sur l’heure entamée. »
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Annette55   03 juin 2020
Le Schnorrer de la rue des Rosiers de Michèle Kahn
«  Ils assimilaient le Juif au rat, le ravalaient au rang de vermine, de bête malfaisante , de microbe, de parasite ou de bacille nuisible, ce qui à leurs yeux légitimait toutes les violences . Les Polonais regardaient faire avec complaisance . »
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ClaireG   05 janvier 2016
La Clandestine du voyage de Bougainville de Michèle Kahn
Commerson comprend mieux, maintenant, pourquoi les hommes embarqués sur l'Etoile sont aussi mal dégrossis. Dans cette entreprise aventureuse, il ne suffit pas d'avoir de bons officiers et de bons marins, il faut disposer de gens habitués à braver la fureur des éléments, capables d'accepter leur mission car ils ont déjà dix ou vingt fois bravé la mort. Comment de tels individus, élevés dans l'ignorance, ne connaissant que les pontons ou les barques de pêcheur,ne seraient-ils pas des brutes ? Cette brutalité fait leur force (p. 148)
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Annette55   04 juin 2020
Le Schnorrer de la rue des Rosiers de Michèle Kahn
«  La mort braconnait sans vergogne, se ruait à la curée. »
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lolols28   31 août 2019
Quand vous reviendrez, aurons-nous une auto ? de Michèle Kahn
très bon livre, qui jongle entre récit, documents et journal d'enfant. Très simple, très humain. Une belle leçon de courage, la vie qui compte par dessus tout. on s'attache à ce petit garçon qui doit grandir trop vite, il espère dans son cahier mais s'est fait une raison dans la vie, très touchant.
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ClaireG   04 janvier 2016
La Clandestine du voyage de Bougainville de Michèle Kahn
M. de Bougainville s'intéresse de très près à la faune et à la flore. Etrangement, son souci s'apparente plus à celui de Jeanne qu'à celui de Commerson. Il ne consacrera pas des jours et des nuits à identifier, classer une plante ou un animal, mais il s'interroge au premier chef sur leur utilité pour l'homme. Son journal regorge d'observations pratiques (p. 127).
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coquinnette1974   01 juin 2016
Un soir à Sanary de Michèle Kahn
La vie serait magnifique, soupirai-je, si chacun de nous réussissait à aimer même celui qui ne lui parait pas aimable. Le respecter pour ce qu'il est, accepter ses travers sans animosité. Simplement l'ignorer si ces façons ne nous conviennent pas.
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brigetoun   01 février 2011
Le Schnorrer de la rue des Rosiers de Michèle Kahn
– Un jour, derrière la fenêtre de l’infirmerie, je dessinai la tourelle de cadavres érigée au milieu de la cour. Leur immobilité tragique. Les bouches entrouvertes pour happer le dernier souffle d’air. Les doigts minces, fragiles, gantés d’une peau blanche, à peine bleutée…Et tout à coup, en-dessous, ça commence à bouger, d’abord doucement puis avec force, et voici qu’un cadavre écarte les autres, se fraie un chemin, sort la tête, les yeux exorbités, regarde à gauche et à droite pour repérer l’endroit, d’éventuelles présences, se dégage, se lève, se met à courir et soudain s’arrête, gêné au pied, continue à courir à cloche-pied tout en arrachant l’étiquette fixée à son orteil, cette étiquette des morts qui portait le nom, le numéro, la nationalité, qui ne voulait pas se laisser arracher, et l’homme, comique dans son agacement, qui triomphe enfin, repart en courant et disparaît.
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annie   07 février 2011
Le Rabbin de Salonique. de Michèle Kahn
p.90-

A ses proches, le roi Georges II de Grèce disait :

"l'outil le plus important pour un roi de Grèce est sa valise"
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brigetoun   16 novembre 2010
Les prunes de Tirana de Michèle Kahn
Un projet de roman attisait, si besoin était, ma curiosité du Pays des Aigles. Despotisme, dictature et décervelage serviraient de toile de fond à une intrigue ethno-socio-policière. Le héros, écrivain du dimanche, héritier d’une famille de haute noblesse et fonctionnaire au Ministère des affaires étrangères, allait être invité au colloque. Il y ferait convier son amant, un prolétaire deLaCourneuve, deux cents mots de vocabulaire et une syntaxe bancale, en le présentant comme un homme de lettres terriblement taciturne.
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