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Note moyenne 3.66 /5 (sur 109 notes)

Nationalité : Espagne
Né(e) à : Valladolid , le 17/10/1920
Mort(e) à : Valladolid , le 12/03/2010
Biographie :

Miguel Delibes Setién est un écrivain espagnol de la Génération de 36.

Castillan, Miguel Delibes fait des études de Droit parallèlement à une formation en dessin et en sculpture. Engagé volontaire dans la Marine, il passe une année sur un croiseur. A son retour, il obtient une chaire de droit commercial à l'Université de Madrid et opère comme caricaturiste dans un périodique, El Norte de Castilla. Il y tiendra ensuite la chronique cinématographique. Devenu journaliste, il aura des déboires avec le régime franquiste en raison de ses positions envers la situation des ruraux. En 1958, il en devient directeur. Il le restera jusqu'en 1963.

En 1947 il publie son premier roman "L'ombre du cyprès est allongée" et obtient le prix Nadal (équivalent du prix Goncourt). Mais ce n'est qu'avec son troisième roman "Le Chemin" qu'il connaîtra le succès.

Écrivain prolifique (romans, nouvelles, monologues) et magicien de la langue espagnole, il prend position dans ses œuvres face à tout ce qui le révolte.

En 1974, il est élu membre de la Réal Académia Española. Cette même année, sa femme décède et il fait une grave dépression de laquelle il est malade durant trois ans.
En 2000 et 2007, son nom a été proposé pour le prix Nobel de littérature. Par contre, il a eu le prix Cervantès en 1993.

Le dernier roman qu'il a écrit a été publié en 1998.
Il a succombé au cancer dont il était atteint depuis les années 90.
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Citations et extraits (10) Ajouter une citation
ivredelivres   23 janvier 2012
Vieilles histoires de Castille de Miguel Delibes
Le village demeure, et il reste quelque chose de chacun, accroché aux collines, aux peupliers et aux champs de blé
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SZRAMOWO   31 mai 2015
Dame en rouge sur fond gris de Miguel Delibes
Ses cheveux étaient pour moi une chose tellement essentielle que j’ai retardé leur sacrifice jusqu’au dernier moment. Alicia nous a accompagnés et sa coiffeuse, dont elle m’avait parlé comme d’une fille irresponsable, a pris soin de sa tête avec une sollicitude extrême. Je ne sais si ma présence l’intimidait, mais elle n’osait pas parler. Elle se contentait de répondre à ta mère par monosyllabes et une fois que ta sœur s’est assise près du balcon et a ouvert une revue, elle s’est enfermée dans un mutisme complet. Moi, je la regardais faire, appuyé au montant de la porte, sans me résoudre à entrer. Nous essayions tous de donner un air de geste quotidien à ce rituel, alors qu’à la vérité la tension était telle que l’on aurait cru assister aux préparatifs de sa décapitation. La fille a soulevé timidement les cheveux de la nuque : Je coupe ici. Ses yeux brillaient quand ta mère lui a donné courage : Coupe, ne t’inquiète pas. Elle a donné le premier coup de ciseaux et dans le silence de la petite pièce a résonné le léger impact de la mèche au contact du parquet. Ta mère serrait sur sa poitrine la perruque qu’elle avait achetée la veille. Elle l’avait essayée des douzaines de fois à la maison : les unes sur le front, les autres enfoncée sur la nuque ; comme une calotte, ensuite. À chaque fois, elle accompagnait l’essayage d’un commentaire ironique et elle contrefaisait quelqu’un. Tu veux bien me peigner cette perruque ? Tout à coup, elle a dit : Elle est horrible, d’une seule pièce, comme un casque, je ne peux pas la supporter. La fille séparait les mèches de cheveux et plaçait les ciseaux à leur base. Inopinément, elle a levé une main et interrompu l’opération. Elle m’a dit : Pourquoi tu n’irais pas faire un tour ? On n’a pas besoin de toi ici. Comment pourrais-je te laisser seule ? Je jouais les indispensables, le rôle de l’homme fort. Elle a ajouté : Alicia est là pour me tenir compagnie, ça me suffit. Je me suis empressé de déserter. Je me suis senti excusé et j’ai fui, j’ai descendu les escaliers quatre à quatre, sans me soucier de l’ascenseur.
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Wyoming   23 septembre 2020
Le fou de Miguel Delibes
Mon petit David, s’il te plaît, mets-toi à ma place. Une impulsion, un pressentiment… Rien de plus, c’est la vérité. Et ma femme contre moi, et ma santé contre moi, et tout contre moi, et moi ferme sur mes positions. Sanchez, mon collègue du service, s’est rendu compte lui aussi de ma contrariété, et un jour il m’a dit : « Attention, Lenoir. Ne te laisse pas obséder par une idée fixe, une idée fixe dans la cervelle sans avoir l’estomac plein peut te conduire jusqu’à l’asile. » Moi j’ai eu un peu peur, mon petit David, car réellement mon excitation était très grande ; mais, finalement, mon obsession a pris de nouveau le dessus sur ma frayeur et je me suis promis de ne pas me reposer avant d’avoir retrouvé Robinet.



Et, sans rien dire à Aurita, tous les soirs, en sortant du bureau, je parcourais les ruelles proches de la taverne du jeune gominé. À Aurita je disais que nous avions trouvé une différence dans les comptes, c’est quelque chose qui en vérité arrive fréquemment et nous occupe beaucoup. Un de ces soirs, fatigué de faire des recherches de manière aussi candide et aussi vaine, j’ai poussé la porte de la taverne et je suis entré.



— Bonjour, j’ai dit au garçon gominé.



— Bonjour, il a dit.



— Et Robinet ?



— Pourquoi cet acharnement à voir Robinet ?

Moi, mon petit David, j’étais disposé à payer ses services et je lui ai glissé un douro dans la main. Son rire strident et saccadé et sa manière de brandir le douro au-dessus de sa tête m’ont fait mal. Il a hurlé, tout à coup :



— Si vous voulez coincer Robinet, cherchez-le ; moi, il ne m’a rien fait de mal.



Et quand j’ai cru qu’il allait céder, il m’a jeté le billet au visage, tout humide et tout collant. Moi je me suis armé de patience et je suis ressorti, et à mon arrivée à la maison, Aurita m’a arraché violemment à mes cogitations :



— D’où tu viens, dis ? elle m’a dit.



— Du bureau, j’ai dit. Nous avons trouvé une différence.



— Ce n’est pas vrai ! elle a crié.



Et je me suis aperçu que dans mon foyer il existait un malentendu depuis l’apparition de Robinet. Aurita avait des doutes sur ma fidélité.



— Je t’ai appelé du magasin, elle a ajouté. On m’a dit qu’il y avait une heure et demie que tu étais parti.



J’ai sursauté, mon petit David, comme toujours quand je suis pris la main dans le sac.



— Bon, j’ai dit pour finir. Je cherche Robinet.



— Encore cet homme ? a dit Aurita, énervée.



— Ce sont des choses contre lesquelles on ne peut rien, j’ai ajouté, pendant que j’enlevais mon pardessus.



À ce moment-là, mon petit David, j’ai eu envie de ma femme, et de ses épaules, et de sa gorge, et je me suis assis sur le bras du fauteuil qu’elle occupait et je lui ai passé la main autour de la taille et j’ai senti le tressaillement électrique de son corps sous ma paume. Elle me laissait faire passivement et ça m’excitait plus encore. Elle m’a regardé dans les yeux, tout à coup.



— Dis-moi que tu ne penseras plus à Robinet, elle a dit, sinon, non !



Et je le lui ai promis comme je lui aurais promis à cet instant de me jeter dans un puits la tête la première. Alors moi je te demande « Mon petit David : tu la crois valable, toi, une promesse faite dans des moments pareils ? »
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Rubinowy   19 décembre 2014
Le chemin de Miguel Delibes
Paco, le forgeron, ne voulait pas que son fils progresse; il se contentait de le voir forgeron comme lui et suffisamment habile pour soumettre le fer à sa volonté . Ça c’était un beau métier ! Et pour être forgeron, il n'y avait pas besoin d’étudier pendant quatorze ans, ni treize, ni douze, ni dix, ni neuf, pas une seule année. Et l'on pouvait devenir un homme gigantesque et corpulent comme le père du Bousseux. Daniel le Hibou ne se lassait jamais de regarder Paco, le forgeron, maitriser le fer dans sa forge.Il était fasciné par ces avant-bras gros comme des troncs d'arbres, couverts d'un poil épais et roux avec, en relief, plein de muscles et de nerfs. Sur que Paco le forgeron pourrait soulever la commode de sa chambre d'un seul de ses bras imposants.....Ça c’était un homme . Pas comme Ramon, le fils du pharmacien, pomponné, raide,pale, comme une jeune fille maladive et prétentieuse. Si ça c’était le progrès,lui, décidément ne voulait pas progresser. Pour sa part il lui suffisait de posséder une paire de vaches une petite fromagerie et un jardin insignifiant derrière la maison. Il ne demandait rien de plus . ....
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SZRAMOWO   10 juin 2017
Les saints innocents de Miguel Delibes
Sa sœur, la Régula, ça l’embêtait l’attitude de l’Azarías, elle le grondait, et alors lui, il retournait à la Jara, chez le señorito, et sa sœur, elle, ça l’embêtait son attitude parce qu’elle souhaitait que ses enfants s’instruisent, et ça, son frère trouvait que c’était une erreur, car, ensuite ils te servent à rien, ni comme rustres ni comme messieurs, pontifiait-il de sa voix sourde, légèrement nasillarde, en revanche, à la Jara, chez le señorito, personne ne cherchait à savoir si celui-ci ou celui-là savait lire ou écrire, s’ils étaient lettrés ou illettrés, ou si l’Azarías traînait à droite ou à gauche en marmonnant, avec son pantalon de velours rapiécé qui lui arrivait aux mollets, pas de boutons à la braguette, pieds nus, et même, quand brusquement il partait chez sa sœur et que le señorito le demandait, on lui répondait, il est chez sa sœur, señorito, le señorito, poseur qu’il était, ne se troublait pas, ou peut- être haussait-il imperceptiblement une épaule, la gauche, mais il ne cherchait pas plus loin, ni ne commentait la nouvelle, et quand il revenait, même chose, ça y est, l’Azarías est de retour, señorito, le señorito ébauchait un demi-sourire, sans plus, car le señorito, la seule chose qui l’exaspérait, c’est que 10 l’Azarías affirme qu’il avait un an de plus que lui, parce que, en réalité, l’Azarías était déjà grand quand le señorito était né, mais l’Azarías ne se souvenait même pas de cela, et si, à l’occasion, il affirmait avoir un an de plus que le señorito, c’était parce que Dacio, le Porcher, le lui avait dit un soir de Saint-Sylvestre où il était un peu saoul, alors lui, l’Azarías, ça lui était resté gravé dans la caboche, et chaque fois qu’on lui demandait, quel âge ça te fait, Azarías?
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Alea   22 septembre 2012
Le chemin de Miguel Delibes
« Ce que son père n’avait pas pu être, il voulait le réussir maintenant à travers lui. Un caprice, voilà tout. Les grandes personnes avaient parfois des caprices plus tenaces et absurdes que ceux des enfants ».



« Cela le faisait souffrir de voir que les faits deviennent aussi facilement des souvenirs ; d’avoir la sensation que rien, rien de ce qui s’est passé ne pourra se reproduire. »



« Certains, par ambition, perdent la part de bonheur qui leur était assignée sur un chemin plus simple. Le bonheur ne se trouve pas, en réalité, dans ce qui est le plus haut, le plus grand, le plus appétissant, le plus sublime ; il consiste à adapter nos pas au chemin qui nous a été fixé sur Terre. Même s’il est modeste. »



« Comme beaucoup d’autres femmes, elle méprisa l’amour tant qu’aucun homme ne lui proposa d’aimer et d’être aimé. L’amour et la mort attaquent en traître. »



« Vivre c’était mourir jour après jour, peu à peu, inexorablement. »



« L’homme obtient le pouvoir de décision quand il n’en a plus besoin pour quoi que ce soit ; quand il ne peut même plus s’arrêter de [travailler] s’il ne veut pas rester sans manger. A quoi cela servait-il alors, je vous le demande ? La vie était le pire tyran qu’il soit donné de connaître. Quand la vie vous empoigne, tout pouvoir de décision est superflu. »



"Le Chemin", Miguel Delibes



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zazy   11 juillet 2017
Dame en rouge sur fond gris de Miguel Delibes
Mais un jour, elle, elle n’est plus là, il devient impossible de la remercier d’avoir resserré le bouton de la chemise et, subitement, cette attention ne te semble plus superflue ; elle devient quelque chose d’important.
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Miguel Delibes
ilea   18 octobre 2007
Miguel Delibes
"C'est incroyable le front qu'elle a c'est normal tu crois? Après c'était parti on ne pouvait plus l'arrêter sa mère a palpé la tête, examiné le profil, comme si elle voulait sur le champ établir une fiche anthropométrique de la petite. Plus rien d'autre ne comptait que se front bombé anormalement proéminent […. ]on les aime tant qu'on ne voit pas la réalité en face il faut un regard extérieur pour signaler l'évidence!"
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ivredelivres   23 janvier 2012
Vieilles histoires de Castille de Miguel Delibes
Dans mon village, les saisons n’ont aucune ponctualité; le printemps, l’été, l’automne et l’hiver se croisent et se recroisent sans le moindre égard
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ivredelivres   23 janvier 2012
Vieilles histoires de Castille de Miguel Delibes
Aucun nuage n’apparaissait pendant quatre mois, puis quand la nuée arrivait, elle portait la grêle dans ses entrailles et elle couchait les récoltes
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