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Note moyenne 4 /5 (sur 126 notes)

Nationalité : Roumanie
Né(e) à : Bucarest , le 1/06/1956
Biographie :

Mircea Cărtărescu est un écrivain roumain.

Il obtient son doctorat en littérature roumaine en 1999, avec la thèse "Le Postmodernisme Roumain", sous la direction du professeur Paul Cornea. Sa thèse est publiée la même année, par la maison d'édition Humanitas.

Critique et théoricien littéraire, il est un représentant de la Génération '80. À la fin de ses études, entre 1980-1989, il est professeur de roumain, occupant ensuite des fonctions administratives à l'Union des écrivains roumains, et rédacteur au magazine "Caiete Critice" ("Feuilles critiques").

En 1991, il devient lecteur et ensuite professeur, en 2004, à la Faculté des Lettres de Bucarest, spécialité Histoire de la littérature roumaine. Il vit en partie à Bucarest et en partie en Allemagne où il enseigne à l'université de Stuttgart. Il est aussi collaborateur régulier de la presse écrite roumaine.

Actuellement, il est considéré comme un possible candidat au Prix Nobel de la littérature.
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Source : Wikipédia
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Solenoïde de Mircea Cartarescu.
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Mircea Cartarescu
Tandarica   06 août 2019
Mircea Cartarescu
Sonnet



nous nous tenions face-à-face sur la banquise orange près du pôle

cernés par la mer poissonneuse

ta jupe frôlait mes genoux, et le fard léger de tes pommettes

tourmentait tes yeux jaunes ; un mécanisme complexe créait entre nous une sorte de tension

d'absence d'espoir rigide

ta robe écossaise pendait, raide, les mots prononcés se jetaient en panique dans l'eau muette

tes seins n'étaient plus qu'à peine la volonté de bomber ton chandail…

ton morceau de banquise se détacha lentement du cristal orange, offrant

au regard paralysé une tranche vitreuse et des couches de fossiles étranges

sans âge, sans nom ; nous nous tenions face-à-face et nous vîmes d'abord

un poisson torpille passer dans l'étroit chenal, puis un phoque s’y glisser

et bientôt des remorqueurs et des chalutiers naviguaient entre nous

et toi sur ton iceberg tu permettais à tes cheveux de flotter, à tes ongles de s’écailler

à ton ventre de se remplir de métal brut, grumeleux, bleuâtre.



(traduit par Alain Paruit, p. 69 de « Comme dans un dessin de Escher, huit poètes roumains »)
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Mircea Cartarescu
Tandarica   04 août 2019
Mircea Cartarescu
Rien sur la technique de survie



à côté de toi les constellations sont débraillées,

les lumières de la ville sont une plaisanterie de mauvais goût,

à côté de toi quand ils passent

les courants d'air telles des brocantes liquides

dévorent leurs oiseaux et croquent

les spores des plantes, ils n’envoient qu'un remugle de

malchance et de guano

vers les nouvelles terres volcaniques de mélanésie.

ta féminité donne la couleur démentielle des crises de pavor nocturnus à mes souvenirs du square

d’icoana, où tu te fardais sans discrétion devant le miroir convexe d'un setter ou de l'église anglicane

et où notre amour ajoutait un centimètre au record départemental…

belle justicière, tendre confédération de systèmes et d'appareils,

qui donc jouerait encore son fragment de précocité

sur ton échiquier rose, onduleux,

et qui décèlerait encore ta douce hypocrisie

ourlée de brasseries et de bruegel de velours

dans l’amas de personne, de rien, de nulle part, de jamais ?



quant au reste, une indifférente beauté morale,

une brillante dégringolade

et une réalité de discussions par-dessus le cristal et les tasses

du restaurant

quant au reste, cette jubilation bougonne d'unique survivant

d'un transatlantique de sentiments.



(traduit par Alain Paruit, p. 67 de « Comme dans un dessin de Escher, huit poètes roumains »)
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Mircea Cartarescu
Tandarica   02 août 2019
Mircea Cartarescu
Le pohème de l'évier



un jour l'évier se prit d'amour

d’amour pour une petite étoile bleue dans un coin de la fenêtre à la cuisine

il se confessa à la toile cirée et au pot de moutarde

il pleura sur les couverts déjà mouillés.

un autre jour l'évier se déclara :

–petite étoile, ne brille pas sur le minoterie

descends, car elle n'a pas besoin de toi

elle a dans ses caves une centrale électrique et des ampoules l’éclairent

tu gaspilles tes dorures en les posant sur les toits

et les paratonnerres.

petite étoile, mon nickel te désire, mon robinet a gargouillé

des chansons pour toi, en faisant de son mieux

tu plais déjà

aux assiettes qui sentent encore le poisson en conserve.

viens, et tu brilleras toute la nuit sur le royaume de linoléum

princesse des cafards.



mais, hélas ! l'étoile bleue ne répondit pas à cet appel

car elle était amoureuse du presse-purée

d’une comptable de poméranie

et passait ses nuits à le boire des yeux.

aussi sur le tard l’évier se posa-t-il des questions sur le sens de l'existence et sur son objectivité

et sur le plus tard encore il fit des propositions à la toile cirée.

.…il y a longtemps que je me suis impliquée aussi dans le jeu de l'amour,

moi, la déchirure du rideau, qui vous ai raconté cette histoire.

j'étais amoureuse d'un superbe berliet beige que je n'ai vu qu'une fois…

mais n'en parlons pas, j’ai maintenant des enfants à la maternelle

et tout le passé me paraît être un rêve.



(traduit par Alain Paruit, p. 70-71 de « Comme dans un dessin de Escher, huit poètes roumains »)
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Tandarica   08 février 2019
La Nostalgie de Mircea Cartarescu
Il n'existe en fin de compte ici-bas qu'un seul problème : comment se frayer un chemin ? Comment gagner le large ? Comment faire éclater la chrysalide et devenir papillon ?

(Thomas Mann)

(p. 453, en épigraphe à la nouvelle L’Architecte)
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Mircea Cartarescu
Tandarica   13 avril 2020
Mircea Cartarescu
Where Lemon Trees Bloom –



I’m waiting for the no. 26 tram at the stop by the state circus. the wide road looks golden and the trees are green, green and so full of leaves that even a renaissance painter couldn’t paint them all. I’m staring at the girls in jeans and baggy T-shirts ‘JOGGING’ I read across one’s budding tits—I twist around, completely wheel about. A no. 5 passes by and I run my fingertips over the warm, red steel plating, conceiving of a verse and phrasing it: ‘this summer we’ve all become auto mechanics, we’re all repairing something under the clouds’ body shop…’ It’s the middle of May, it’s summer and I’m becoming quite a wack children bring their schoolteachers coarse branches of lilac and cellophane-wrapped lily-of-the-valley if you look at the sun you’ll get jabbed in the eye by slippery-mauve splinters, and on your retina

a glare of faces and violet ribbons with a bright patina. you, o glassy sun, you moon, o hirsute body astronomic, this summer we’ve all become a sort of auto mechanic, we’re all repairing something under the clouds’ body shop we’re all unscrewing the flowers’ axle shafts nonstop. Finally, after a series of 24’s and 4’s—a 26. I push into the crowd and climb on, finding a place against the rear window. the glitter of the street can make you feverish, but your heart is cold, for you have no love and in the shop windows you can’t make out anything and you can’t write, only letters, dumb and useless. I open Himmelmann’s the utopian past bound in beautiful blue and read about statues according to Goethean thought. on my right, on my left, Bucharest is and is not.



(Translated by Adam J. Sorkin)

New Europe Writers. Bucharest Tales: A Collection of Central European Contemporary Writing
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Cricri124   22 décembre 2016
Pourquoi nous aimons les femmes de Mircea Cartarescu
Dans les dix années qui suivirent, j'ai du sentir au moins sept ou huit fois, en divers endroits, le parfum qui me dispersait la cervelle. [...] Chaque fois, je me disais que j'allais courir après la fille au parfum aussi enivrant et monstrueux, la prendre par l'épaule, la retourner et lui demander: "D'où on ce connait?" ou "Comment s'appelle votre parfum ?" ou "Voulez vous m'épouser?", toutes questions qui me semblaient, dans mon exaltation, parfaitement équivalentes.
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Tandarica   28 août 2018
Comme dans un dessin d'Escher : Huit poètes roumains de Mircea Cartarescu
ILEANA MĂLĂNCIOIU :



Pastel



C'est le printemps. L'asthénie est en fleur

Qui doit mourir bientôt va mourir

S'il n'a pas encore fleuri

Le tombeau de mon père va fleurir.



Ma mère a planté des fleurs de toutes sortes

Pour que passe de temps comme passe la chair

Mais une idée germe à nouveau en moi

Qui me coûtera cher.



Je ne puis m'y arrêter en ce moment

Un vent printanier m'apporte au vol

Les mots au vitriol d'une femme

Que l'hiver a rendu folle.



(p. 14)
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Cricri124   04 janvier 2017
Pourquoi nous aimons les femmes de Mircea Cartarescu
Nous faisons l'amour avec un cerveau d'adulte, mais nous aimons avec un cerveau d'enfant, confiant, dépendant, désireux de donner et de recevoir de l'affection.
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Tandarica   19 février 2019
Lulu de Mircea Cartarescu
Si l’écriture est bien, comme on l’affirme, une thérapie, si elle peut guérir, il faut qu’elle le fasse maintenant. Je noircirai page après page, j’userai des feuillets comme de gazes s’imprégnant non pas d’encre mais de la suppuration de mon ancienne blessure. Peut-être que finalement, tout passera en elles : au fur et à mesure qu’elles deviendront plus purulentes, plus bouillonnantes, moi je me viderai de mon venin.

(p. 20)
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Cricri124   20 décembre 2016
Pourquoi nous aimons les femmes de Mircea Cartarescu
La fille n''était pas belle, mais elle représentait l'exacte image sensible de la beauté. Il m'est impossible de dire si elle était seulement un objet esthétique, dépourvu de toute psychologie, ou si au contraire, elle n'était que psychologie, irréelle, projection des regards fascinés de ceux qui l'entouraient.
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