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Note moyenne 2.84 /5 (sur 16 notes)

Nationalité : États-Unis
Né(e) à : Evanston, Illinois , 1971
Biographie :

Romancier et poète americo-kenyan,, cet auteur est né aux Etats-Unis en 1971, a grandi au Kenya avant de revenir dans son pays natal, où il enseigne à l'université Cornell. Il est le fils de l'écrivain Ngugi Wa Thiong'o. Là où meurent les rêves est le point de départ d'une série policière.

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Bibliographie de Mukoma Wa Ngugi   (3)Voir plus

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Citations et extraits (95) Voir plus Ajouter une citation
rkhettaoui   17 juin 2019
Black Star Nairobi de Mukoma Wa Ngugi
J’avais toujours considéré Obama comme un Noir. Les Noirs aux États-Unis s’étaient trouvés au centre de tout – la construction du pays, les inventions, les sciences, le sport –, et pourtant, curieusement, nous restions sur la touche. Allions-nous donc enfin accéder à la Maison Blanche ? Cependant, une chose me gênait que je ne parvenais pas à formuler : je n’avais pas l’impression qu’il pouvait réellement parler en mon nom. Mais je suppose que l’événement nous dépassait tous.
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belette2911   10 février 2020
Là où meurent les rêves de Mukoma Wa Ngugi
Si la peau blanche de Thompson lui servait depuis aussi longtemps de bouclier, c’était seulement parce que les Noirs autour de lui se chargeaient de le lever. Et que gagnaient-ils en retour ? L’humiliation et le meurtre étaient son fonds de commerce. Peut-être était-ce pour venger ces assassinats ou parce que tant de terres lui appartenaient alors qu’ils n’avaient rien, ou encore parce qu’il se moquait d’eux en reproduisant ce qu’il croyait être l’essence de la vie africaine…
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rkhettaoui   02 novembre 2019
Là où meurent les rêves de Mukoma Wa Ngugi
Après tout, c’était la terre de mes ancêtres ; un endroit qui me faisait vaguement rêver sans que j’aie vraiment envie d’y trouver ma place. Autant me montrer honnête : étant américain, j’avais fini par considérer l’Afrique comme une terre de guerre, de famine, de maladie et de saleté, même si ma peau noire me poussait vers elle. M’arrivait-il donc de penser à l’Afrique ? Pas souvent, pas de façon réelle.



Chose curieuse cependant, je me retrouvai noyé dans la masse blanche – passagers, équipage et pilotes – dans l’avion qui m’emmenait enfin sur le continent africain. Nous étions au début du mois de mai, et je déduisis des conversations autour de moi que mes compagnons de voyage étaient des hommes et femmes d’affaires, des touristes et des chasseurs texans. Les mêmes passagers que d’habitude, supposai-je.



Dehors, je regardai la pleine lune faire du surplace dans le ciel au bout de l’aile de l’avion et me pris puérilement à imaginer qu’elle tentait de voyager gratis. Le vol se poursuivit un moment ainsi, la lune surfant sur l’aile de l’appareil, jusqu’à ce que le pilote nous avertisse, avec cet accent britannique très comme il faut que nous avons fini par associer à l’efficacité, que nous allions bientôt atterrir.
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belette2911   10 février 2020
Là où meurent les rêves de Mukoma Wa Ngugi
Je ne considérais pas les Masaï comme des sauvages –, mais je mentirais si je disais qu’à mon émerveillement ne se mêlait pas une certaine condescendance, un sentiment que j’aurais pu résumer en une seule phrase : comment peut-on encore vivre comme ça au xxie siècle ? Mais alors que cette pensée me traversait l’esprit, je réalisai que ce genre de réflexion formait précisément la composante de base de la haine.
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rkhettaoui   11 novembre 2019
Là où meurent les rêves de Mukoma Wa Ngugi
J’ai découvert que la confiance s’établit plus rapidement lorsqu’on commence par infliger de la douleur à son interlocuteur. Je déteste les interrogatoires. Je te pose une question, tu réponds que tu ne sais pas, un peu de douleur, un peu de confiance, et cetera, tu vois ce que je veux dire. Quand j’exécute ce genre de travail, j’aime déblayer le terrain afin qu’apparaisse plus vite la vérité.
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rkhettaoui   11 novembre 2019
Là où meurent les rêves de Mukoma Wa Ngugi
La vieille femme avait raison. La justice arrive toujours trop tard, mais la justice, même en retard, reste la justice, elle sert à quelque chose, ne serait-ce qu’à symboliser un ultime acte d’amour de la part de ceux qui sont encore en vie. Lord Thompson, étant donné son âge, n’en avait plus pour longtemps ; mais aux yeux de mon nouvel ami, cela valait la peine de lui ôter la vie afin que la vieille femme puisse mourir avec un semblant de satisfaction. Un semblant seulement, parce que pour tourner véritablement la page, il lui aurait fallu l’aide de la société – incarnée par un juge et des jurés. Mais c’était inenvisageable ; ainsi, dès que lord Thompson avait été acquitté du second meurtre, O avait compris qu’il le tuerait. Il avait ensuite attendu le bon moment. Certes, il avait attendu plusieurs années qu’une occasion se présente, mais il en avait profité pour se purger du sentiment de culpabilité qu’on peut éprouver en tuant un homme comme lord Thompson.
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rkhettaoui   17 juin 2019
Black Star Nairobi de Mukoma Wa Ngugi
Il existe différentes sortes de calme : le calme lorsque tout est silencieux autour de vous, ou celui qui se produit quand votre environnement bat en rythme, au contraire de vous – le calme qui accompagne un bruit de fond, par exemple. Le calme de la forêt de Ngong était du genre sonore. Nous n’étions ni plus ni moins bruyants que le vent se frayant un violent passage à travers les arbres ou les hyènes riantes, les léopards rugissants, et Dieu sait quoi d’autre ; nous, les humains, faisions simplement un bruit différent. Vêtements qui s’accrochent dans les buissons et se déchirent, semelles épaisses qui frottent et arrachent les broussailles, juron accompagnant l’égratignure d’une peau nue par quelque chose d’épineux. C’était comme si nous chantions faux au sein d’un groupe bruyant. Cette impression d’être trop humain me donnait envie de foutre le camp de Ngong sur-le-champ.
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rkhettaoui   17 juin 2019
Black Star Nairobi de Mukoma Wa Ngugi
Il avait vu et provoqué suffisamment de morts pour accepter sa propre mortalité. La plupart des criminels sont prêts à tuer mais pas à mourir – aussi, quand des connards tombaient sur O, c’était lui qui avait l’avantage.

Au bout du compte, c’était cette dualité, presque un dédoublement de personnalité, qui le rendait dangereux. Le type bien en lui travaillait comme tout un chacun de neuf heures à dix-sept heures ; il était heureux en ménage et rentrait toujours chez lui le plus tôt possible. Cependant, lorsque nous pénétrions dans le monde des voleurs et des assassins, il s’y intégrait sur-le-champ et suivait leurs règles aussi souvent qu’il les inventait et les enfreignait. Il y avait des avantages à travailler avec un homme comme O : il ne perdait jamais de vue l’essentiel, ce qui lui donnait souvent l’air froid.
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rkhettaoui   06 novembre 2019
Là où meurent les rêves de Mukoma Wa Ngugi
Mourant de faim, chacun de nous mangea comme s’il n’avait rien avalé depuis une semaine, malgré ses traumatismes en tout genre. Ensuite, il nous fallut emmener Janet à son école, où O expliqua ce qui s’était passé à une sévère sœur noire portant habit et cornette. Selon ses dires, il restait deux années d’études à Janet, et c’était une fille intelligente. La nonne veillerait donc à ce qu’elle soit admise à l’internat.



Nous rentrâmes à Eastleigh Estate presque sans échanger un mot. Il était tard, pas loin de minuit, à notre arrivée chez O, et sa femme était déjà partie se coucher. Il m’accompagna jusqu’à ma chambre puis s’attarda sur le seuil tandis que je me laissais tomber sur le lit avec une sensation de vide et d’apesanteur.
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rkhettaoui   12 novembre 2019
Là où meurent les rêves de Mukoma Wa Ngugi
À présent, je pouvais savourer cet exercice physique sans effort. Je pouvais écouter mon corps – mon souffle, le bruit de mes pieds foulant le sol et mon cœur battant contre mes côtes – et me sentir vivant. Mais vers le troisième kilomètre, je commençai à avoir un coup de pompe. N’importe quel coureur en passe par là – l’esprit suggère au corps de s’arrêter et le corps se dit que c’est une bonne idée, l’épuisement s’installe, le souffle se fait court, les muscles deviennent douloureux et cette course se transforme peu à peu en supplice. Mais si on parvient à surmonter ce coup de pompe, l’esprit finit par laisser le corps tranquille, et cette petite victoire est pour moi une véritable récompense – la raison pour laquelle je cours.
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