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Note moyenne 4.01 /5 (sur 323 notes)

Nationalité : France
Né(e) : 1986
Biographie :

Née en 1986, Nastassja Martin est anthropologue diplômée de l’EHESS et spécialiste des populations arctiques. Elle est l’auteure d’un essai, tiré de sa thèse de doctorat dirigée par Philippe Descola : Les Âmes sauvages. Face à l'Occident, la résistance d’un peuple d’Alaska (La Découverte, 2016 ; prix d’Histoire de l’Académie française 2017) ainsi que d’un documentaire en cours, co-réalisé avec Mike Magidson, Tvaïan (Point du jour/Arte). Croire aux fauves est son premier récit.


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Jeudi 6 août 2020, dans le cadre du cycle de rencontres « Lire, lier » qui s'est déroulé du 4 au 14 août 2020, Yann Potin interrogeait Nastassja Martin. Nastassja Martin est anthropologue, diplômée de l'EHESS et spécialiste des populations arctiques. Elle est l'auteure d'un essai, Les Âmes sauvages. Face à l'occident, la résistance d'un peuple d'Alaska, publié à La Découverte en 2016. Croire aux fauves, paru en octobre 2019 aux éditions Verticales, a été un événement. Elle y raconte son aventure, à la fin du mois d'août 2015, dans les montagnes du Kamtchatka. Sa rencontre avec un ours, et la lutte dramatique qui s'ensuivit, dans laquelle elle fut près de perdre la vie. Mais le livre est aussi le récit des failles et des doutes sur la place de chacun dans ce monde, hommes et bêtes, corps et esprits. Une interrogation profonde et forte, qui a connu une nouvelle résonance dans la crise sanitaire que le monde vient de traverser.

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Citations et extraits (107) Voir plus Ajouter une citation
Cannetille   16 janvier 2020
Croire aux fauves de Nastassja Martin
La première chose à dénouer, avant le pourquoi de ma fuite hors de la forêt cet été-là, c’est le comment de ma fuite hors de mon propre monde vers la forêt, quelques années en arrière. Une pensée assez triviale me trotte dans la tête depuis longtemps : personne n’a écouté Antonin Artaud qui pourtant avait raison. Il faut sortir de l’aliénation que produit notre civilisation. Mais la drogue, l’alcool, la mélancolie et in fine la folie et/ou la mort ne sont pas une solution, il faut trouver autre chose. C’est ce que j’ai cherché dans les forêts du Nord, ce que je n’ai que partiellement trouvé, ce que je continue de traquer.

(…)

Combien de psychologues me prendraient pour une folle, si je leur disais que je suis affectée par ce qui se passe hors de moi ? Que l’accélération du désastre me pétrifie ? Que j’ai l’impression de ne plus avoir prise sur rien ? Ah, voilà donc la raison qui vous pousse à vous accrocher aux montagnes ! Oui, et là où ça devient grave, c’est que même la montagne s’effondre. Faute de cohésion, à cause de la glace qui fond, faute à la canicule. Les prises cassent, les rochers tombent, voilà la réalité.

(...)

Cela aurait été si simple, si mon trouble intérieur se résumait à une problématique familiale irrésolue, à mon père disparu trop tôt, aux attentes insatisfaites de ma mère. Je pourrais dès lors « résoudre » ma dépression. Mais non. Mon problème, c’est que mon problème n’appartient pas qu’à moi. Que la mélancolie qui s’exprime dans mon corps vient du monde. Je crois que oui, il est possible de devenir « le vent qui souffle à travers nous », comme disait Lowry. Et qu’il est commun de ne pas en revenir, comme lui, comme tant d’autres. J’ai rejoint les Êvènes d’Icha et j’ai vécu dans la forêt avec eux pour une raison bien en deçà de celle d’une recherche comparative. J’ai compris une chose : le monde s’effondre simultanément de partout, malgré les apparences. Ce qu’il y a à Tvaïan, c’est qu’on vit consciemment dans ses ruines.
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DoubleMarge   12 février 2021
Croire aux fauves de Nastassja Martin
Que fais-je d’autre qu’oser un pas de côté pour mieux voir, voir les signes qui puisent en moi et qui annoncent l’Époque, ses contradictions, sa fureur, sa tragédie et son impossible reproduction ?
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Zakuro   02 janvier 2020
Croire aux fauves de Nastassja Martin
Petite, je voulais vivre parce qu'il y avait les fauves, les chevaux et l'appel de la forêt ; les grandes étendues, les hautes montagnes et la mer déchaînée ; les acrobates, les funambules et les conteurs d'histoire.
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Nastassja Martin
Chouchane   19 juin 2020
Nastassja Martin
Chaque homme dans sa nuit s’en va vers sa lumière. Il rouvre les yeux.
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Stelphique   01 septembre 2020
Croire aux fauves de Nastassja Martin
Je veux du sombre, une grotte, un refuge, je veux des bougies, la nuit, des lumières douces et tamisées, du froid dehors, du chaud dedans et des peaux d’animaux pour calfeutrer les murs.
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JIEMDE   29 février 2020
Croire aux fauves de Nastassja Martin
Maman, je dois redevenir matukha qui descend dans sa tanière pour passer l'hiver et reprendre ses forces vitales. Et puis, il y a des mystères que je n'ai pas fini de comprendre. J'ai besoin de retourner auprès de ceux qui connaissent les mystères d'ours ; qui leur parlent encore dans leurs rêves ; qui savent que rien n'arrive par hasard et que les trajectoires de vies se croisent toujours pour des raisons bien précises.
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michelekastner   16 mai 2020
Croire aux fauves de Nastassja Martin
Je ne rentre pas chez moi, je fuis les bois, je pars en montagne. Quelque chose cloche, quelque chose d'essentiel. Lui le sait, le sent. Je le revois me donner la griffe au moment de partir. Tu sais que tu es mathuka, je ne t'apprends rien. Prends-la avec toi quand tu marcheras là-haut. Je t'entends me rappeler mes discussions pendant mes délires fiévreux, et me mettre en garde contre l'esprit de l'ours, qui me suit, qui m'attend, qui me connaît. Pourtant il ne me retient pas. Il ne fait pas un geste pour m'empêcher de monter aux volcans. Et c'est bien ce que Daria lui reproche. Qu'il sache, pour moi, pour l'ours, et qu'il ne fasse rien. Qu'il n'ait jamais rien fait, rien dit ; ou plutôt : qu'il ait tout dit à un fauve qui par défi courait de toute manière vers sa perte, au-devant de mon initiation, et qu'il faudrait l'intervention d'un miracle pour qu'elle y survive. Non, rien n'est sa faute. Ce qu'il a fait : il a guidé mes pas pour que j'aille au-devant de mon rêve.
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Carrevert   30 avril 2020
Croire aux fauves de Nastassja Martin
Pour continuer à vivre, il ne faut pas penser aux mauvaises choses. Il n'y a que l'amour qu'il faille nous rappeler à nous.
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Cathy74   01 février 2020
Croire aux fauves de Nastassja Martin
Je pense à l'ours. S'il est vivant, au moins vit-il sa vie d'ours sans toute cette violence symbolique et concrète dont je fais les frais. Enfin, qui sait ? Peut-être que le peuple des ours a lui aussi ses procédures de mises au ban, ses manières de marginaliser les outsiders, d'écarter ceux qui ne sont plus conformes.
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michelekastner   10 juillet 2017
Les âmes sauvages de Nastassja Martin
Le constat est le suivant : on ne voit rien, mais on apprend par accident que, premièrement, le sol est tapissé de pièges et que, deuxièmement, la menace s'applique à tout être qui ne sait pas "où il met les pieds", comme moi cette nuit-là. On ne voit rein, mais pourtant tout est là, et c'est l'attention qui n'est pas éduquée à chercher ce qui est caché, non ce qui se donne à voir d'emblée au regard. "C'est la guerre" signifie qu'une tension infuse le milieu en entier et que c'est elle qui noue les relations entre les êtres. Tous s'évitent, se cherchent, se poursuivent, se fuient. Tous doivent se positionner judicieusement pour échapper à l'autre ou l'attraper, élaborer des tactiques, des manoeuvres, des ruses, et toujours avancer masqués. Cette invisibilité des animaux est en elle-même le signe de ce qui existe, là sous le paysage. La dissimulation des animaux est donc la première clé pour recontacter un univers où ces derniers ne sont justement pas construits à l'image de ce que les hommes attendent d'eux, puisqu'ils les fuient, puisqu'ils sont maîtres de leur propre trajectoire, puisque les hommes n'ont de cesse de tenter de les intercepter. L'invisibilité, la dissimulation, le fait que tous se dérobent au regard et, in fine, leur absence sont les prémisses absolument nécessaires à toute relation incarnée dans le subarctique alaskien, à la possibilité de la chasse, puisque, justement, les animaux "ne se donnent pas" immédiatement aux hommes, mais se dérobent. C'est bien parce qu'ils se dérobent qu'on les traque ; parce qu'ils ne sont pas là qu'on les cherche.

C'est aussi cette opacité qui sauve les indigènes de la stabilité que voudraient leur imposer les Occidentaux, en ségréguant chacun des collectifs dans sa propre espèce pour qu'aucune des deux parties ne craigne plus l'autre, pour que les animaux s'offrent au regard des hommes en toute confiance, comme des domestiqués plutôt que comme des sauvages. De manière très poétique, les animaux migrateurs sont ceux-là mêmes qui protègent les hommes du subarctique : l'obscurité dont ils s'entourent les garde à la fois des menaces de leurs prédateurs, humains et non humains, mais elle garde aussi les Gwich'in de ces autres hommes qui tentent de les assimiler ; ceci, en les attirant dans leur sillage, sur leurs traces, jusqu'au plus profond de la forêt.
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