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Note moyenne 3.94 /5 (sur 427 notes)

Nationalité : France
Né(e) : 1986
Biographie :

Née en 1986, Nastassja Martin est anthropologue diplômée de l’EHESS et spécialiste des populations arctiques. Elle est l’auteure d’un essai, tiré de sa thèse de doctorat dirigée par Philippe Descola : Les Âmes sauvages. Face à l'Occident, la résistance d’un peuple d’Alaska (La Découverte, 2016 ; prix d’Histoire de l’Académie française 2017) ainsi que d’un documentaire en cours, co-réalisé avec Mike Magidson, Tvaïan (Point du jour/Arte). Croire aux fauves est son premier récit.


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Jeudi 6 août 2020, dans le cadre du cycle de rencontres « Lire, lier » qui s'est déroulé du 4 au 14 août 2020, Yann Potin interrogeait Nastassja Martin. Nastassja Martin est anthropologue, diplômée de l'EHESS et spécialiste des populations arctiques. Elle est l'auteure d'un essai, Les Âmes sauvages. Face à l'occident, la résistance d'un peuple d'Alaska, publié à La Découverte en 2016. Croire aux fauves, paru en octobre 2019 aux éditions Verticales, a été un événement. Elle y raconte son aventure, à la fin du mois d'août 2015, dans les montagnes du Kamtchatka. Sa rencontre avec un ours, et la lutte dramatique qui s'ensuivit, dans laquelle elle fut près de perdre la vie. Mais le livre est aussi le récit des failles et des doutes sur la place de chacun dans ce monde, hommes et bêtes, corps et esprits. Une interrogation profonde et forte, qui a connu une nouvelle résonance dans la crise sanitaire que le monde vient de traverser.

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Citations et extraits (147) Voir plus Ajouter une citation
Cannetille   16 janvier 2020
Croire aux fauves de Nastassja Martin
La première chose à dénouer, avant le pourquoi de ma fuite hors de la forêt cet été-là, c’est le comment de ma fuite hors de mon propre monde vers la forêt, quelques années en arrière. Une pensée assez triviale me trotte dans la tête depuis longtemps : personne n’a écouté Antonin Artaud qui pourtant avait raison. Il faut sortir de l’aliénation que produit notre civilisation. Mais la drogue, l’alcool, la mélancolie et in fine la folie et/ou la mort ne sont pas une solution, il faut trouver autre chose. C’est ce que j’ai cherché dans les forêts du Nord, ce que je n’ai que partiellement trouvé, ce que je continue de traquer.

(…)

Combien de psychologues me prendraient pour une folle, si je leur disais que je suis affectée par ce qui se passe hors de moi ? Que l’accélération du désastre me pétrifie ? Que j’ai l’impression de ne plus avoir prise sur rien ? Ah, voilà donc la raison qui vous pousse à vous accrocher aux montagnes ! Oui, et là où ça devient grave, c’est que même la montagne s’effondre. Faute de cohésion, à cause de la glace qui fond, faute à la canicule. Les prises cassent, les rochers tombent, voilà la réalité.

(...)

Cela aurait été si simple, si mon trouble intérieur se résumait à une problématique familiale irrésolue, à mon père disparu trop tôt, aux attentes insatisfaites de ma mère. Je pourrais dès lors « résoudre » ma dépression. Mais non. Mon problème, c’est que mon problème n’appartient pas qu’à moi. Que la mélancolie qui s’exprime dans mon corps vient du monde. Je crois que oui, il est possible de devenir « le vent qui souffle à travers nous », comme disait Lowry. Et qu’il est commun de ne pas en revenir, comme lui, comme tant d’autres. J’ai rejoint les Êvènes d’Icha et j’ai vécu dans la forêt avec eux pour une raison bien en deçà de celle d’une recherche comparative. J’ai compris une chose : le monde s’effondre simultanément de partout, malgré les apparences. Ce qu’il y a à Tvaïan, c’est qu’on vit consciemment dans ses ruines.
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DoubleMarge   12 février 2021
Croire aux fauves de Nastassja Martin
Que fais-je d’autre qu’oser un pas de côté pour mieux voir, voir les signes qui puisent en moi et qui annoncent l’Époque, ses contradictions, sa fureur, sa tragédie et son impossible reproduction ?
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Wyoming   07 juillet 2021
Croire aux fauves de Nastassja Martin
Chaque homme dans sa nuit s'en va vers sa lumière.
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Zakuro   02 janvier 2020
Croire aux fauves de Nastassja Martin
Petite, je voulais vivre parce qu'il y avait les fauves, les chevaux et l'appel de la forêt ; les grandes étendues, les hautes montagnes et la mer déchaînée ; les acrobates, les funambules et les conteurs d'histoire.
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Wyoming   05 juillet 2021
Croire aux fauves de Nastassja Martin
Je ne rentre pas chez moi, je fuis les bois, je pars en montagne. Quelque chose cloche, quelque chose d'essentiel. Lui le sait, le sent. Je le revois me donner la griffe au moment de partir. Tu sais que tu es mathuka, je ne t'apprends rien. Prends-la avec toi quand tu marcheras là-haut. Je t'entends me rappeler mes discussions pendant mes délires fiévreux, et me mettre en garde contre l'esprit de l'ours, qui me suit, qui m'attend, qui me connaît. Pourtant il ne me retient pas. Il ne fait pas un geste pour m'empêcher de monter aux volcans.
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Nastassja Martin
Chouchane   19 juin 2020
Nastassja Martin
Chaque homme dans sa nuit s’en va vers sa lumière. Il rouvre les yeux.
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psech   22 mai 2022
Les âmes sauvages de Nastassja Martin
En effet, la manière dont les politiques de gestion de la nature opèrent en Alaska nous montre à quel point les gestionnaires occidentaux de l’environnement se trouvent paradoxalement loin de tenir une véritable relation distanciée à la nature qu’ils ordonnent. Ils enferment pourtant ses territoires dans des bulles interdites aux hommes, séparent, scindent et classifient chaque espèce pour être en mesure de l’étudier de manière plus objective et pertinente ; ils mettent tout en œuvre pour protéger la nature alaskienne comme un joyau sur le point de s’éteindre, comme un tableau sur le point de se ternir, comme une belle photographie en proie aux intempéries. Comme de nostalgiques pèlerins venus contempler l’idole en train de brûler, l’image figée qu’ils sont en train de perdre puisqu’elle se transforme et n’est plus identique à elle-même, ils tentent à tout prix de la restaurer. Ils s’emploient alors à redonner son véritable éclat au joyau, ses couleurs éclatantes au tableau, son réalisme clinquant à la photographie. Le problème, à tenter de restaurer l’idée qui préexiste à notre relation au monde, est que l’on risque de perdre l’attention au mouvement de ce dernier, à ses métamorphoses et à son devenir.
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psech   22 mai 2022
Les âmes sauvages de Nastassja Martin
Treize kilomètres au nord du cercle arctique au mois d’avril 2011. C’est la débâcle des glaces et nous sommes assis au bord de la rivière Yukon avec quelques chasseurs. Nous regardons, circonspects, les monceaux de bois mollement charriés par les monticules d’eau gelée. La glace craque violemment, l’eau jaillit entre les débris qui s’entrechoquent mais, pourtant, le temps s’écoule au ralenti. Un élan apparaît dans notre champ de vision, juché sur un iceberg à la dérive. Il devait être au milieu de la rivière lorsque c’est arrivé, lorsque le fleuve gelé s’est brusquement disloqué sous ses pieds, tout est allé très vite alors, tout a commencé à bouger, il a été entraîné. Il passe à une vingtaine de mètres de nous, coincé sur son bout de glace qui vogue vers l’aval, il a les yeux hagards, il doit avoir peur. La scène dure quelques secondes, l’élan et son iceberg disparaissent comme ils sont apparus derrière un bras du fleuve. Nous nous regardons. « Voilà, dit l’un des chasseurs. Ça, c’est un peu nous. Nous sommes emportés par un courant que nous ne maîtrisons pas, le sol s’est ouvert sous nos pieds, il n’y a plus rien de solide qui tienne. On ne sait plus où on va. »
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psech   22 mai 2022
Les âmes sauvages de Nastassja Martin
Les raisons gwich’in que nous allons reformuler dans ce qui suit gisent d’abord dans ce « non » résigné, loin de Dieu et de Sa nature mais au cœur des relations quotidiennes qui créent le milieu ; dans les fougères ployées sous le poids d’un animal ; dans les yeux d’un homme levés vers les aurores boréales. Cette constellation de détails qui persistent est soutenue par les hommes ainsi que par toutes les parties non humaines de l’environnement, qui sont ce qu’elles sont parce qu’elles sont regardées avec ces yeux-là, et parce que leur évanescence, leur fugacité et parfois leur absence sont ce qui compte. Pour aller à l’encontre de la purification, il nous faut ramener chaque petite portion de monde significative à la vie, et laisser de côté le Tout. Dès à présent, laissons-nous porter par les bruissements des nuits sans nuit et des jours sans jour du Grand Nord, car c’est à tâtons les yeux mi-clos que l’on se laisse surprendre : être soudainement ébloui par la lumière lorsqu’elle surgit à l’improviste au cœur de la nuit sous forme d’explosions d’électricité.
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psech   22 mai 2022
Les âmes sauvages de Nastassja Martin
Là s’observe la césure concrète entre les premiers habitants du territoire et les Américains immigrés. Les premiers, en dépit de leurs difficultés économiques, sociopolitiques et sanitaires, demeurent majoritairement dans des villages reculés et vivent encore principalement de chasse et de pêche. Les seconds, malgré l’intense plaisir qu’ils éprouvent à rappeler à eux-mêmes et à clamer aux autres qu’ils habitent en ALASKA, doublé d’une appétence hors du commun pour les pratiques outdoor en général, vivent dans une sphère similaire à la bulle spéculative du marché ; c’est-à-dire absolument déconnectés des réalités physiques et concrètes qui permettent à un organisme de s’implanter dans tel ou tel endroit du globe, et d’y mener sa vie. Une aporie qui, on le verra, est en train de devenir un problème majeur, à l’heure où les métamorphoses environnementales pressent les Occidentaux de prendre en compte l’état d’incertitude générale dans lequel ils se trouvent de fait, eux aussi, plongés.
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