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Note moyenne 3.58 /5 (sur 1995 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Ivanovo , le 18/07/1900
Mort(e) à : Paris , le 19/10/1999
Biographie :

Fervente lectrice depuis son enfance, Nathalie Sarraute découvre, dans les années vingt-cinq, Proust, Joyce et Virginia Woolf, qui bouleversent sa conception du roman. En 1932, elle écrit les premiers textes de Tropismes, publié en 1939, et dès lors se consacre entièrement à l'écriture, loin de tout milieu littéraire, dans un isolement et une incompréhension presque totale pendant près de vingt-cinq ans. L'Ère du soupçon (1956), textes fondateurs du Nouveau Roman, et Le Planétarium (1959) marquent sa consécration dans le monde entier. Sarraute, née Nathalie (Natacha) Tcherniak, est une écrivaine française d'origine russe. Elle est la mère de Claude Sarraute, journaliste, romancière et comédienne.

Née dans une famille de la bourgeoisie juive, aisée et cultivée, la jeune Nathalie quitte la Russie pour un temps et vient à Paris avec sa mère, après le divorce de ses parents. Elle retourne en Russie, à Saint-Pétersbourg, avec sa mère et le nouveau mari de celle-ci. Ilyanova Tcherniak, le père de Nathalie, qui connaît des difficultés en Russie du fait de ses opinions politiques, est contraint d'émigrer à Paris.

La jeune Nathalie grandit avec Véra, la seconde femme de son père, et a une éducation cosmopolite. Elle devient ensuite avocate. Elle entame également une carrière de juriste internationale. En 1925, elle épouse Raymond Sarraute.

Parallèlement, elle découvre la littérature du XXe siècle, spécialement Proust, Joyce et Woolf, qui bouleversent sa conception du roman. En 1932, elle écrit "Tropismes" qui sera publié en 1939 et salué par Jean-Paul Sartre et Max Jacob.

En 1941, Sarraute est radiée par deux fois du barreau, à la suite des lois anti-juives, et se consacre alors à la littérature. En 1947, Jean-Paul Sartre écrit la préface de "Portrait d'un inconnu", qui sera publié un an après. Ce n'est qu'avec "Martereau" (1953) qu'elle commence à connaître le succès.

En 1964, elle reçoit le Prix international de littérature pour son roman "Les Fruits d'Or". Parallèlement à son oeuvre romanesque, elle commence à écrire pour le théâtre, à l'invitation d'une radio allemande. Elle réalise un film "Portrait de Nathalie Sarraute", avec Nathalie Sarraute, Juliet Berto et Erika Kralik, sélectionné dans "Perspectives du cinéma français", Festival de Cannes, 1978.
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« Tropismes », texte mouvant au gré des rééditions, est la première œuvre de Nathalie Sarraute, celle qui informe tout le reste de son travail littéraire. C'est tout naturellement que l'autrice choisit d'en immortaliser une partie à la création de La Bibliothèque des voix par Antoinette Fouque aux éditions Des femmes. L'écrivaine assure la lecture de certains chapitres, d'autres sont lus par la grande comédienne Madeleine Renaud. Quelques années plus tard, Isabelle Huppert complétait de sa voix cette œuvre canonique qui a marqué la littérature française du XXe siècle. / Le texte publié a paru en 1957 aux Éditions de Minuit. Direction artistique : Michelle Muller.

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Citations et extraits (246) Voir plus Ajouter une citation
chartel   16 décembre 2009
Enfance de Nathalie Sarraute
Je regardais les espaliers en fleurs le long du petit mur de briques roses, les arbres fleuris, la pelouse d’un vert étincelant jonchée de pâquerettes, de pétales blancs et roses, le ciel, bien sûr, était bleu, et l’air semblait vibrer légèrement… et à ce moment-là, c’est venu… quelque chose d’unique… qui ne reviendra plus jamais de cette façon, une sensation d’une telle violence qu’encore maintenant, après tant de temps écoulé, quand, amoindrie, en partie effacée elle me revient, j’éprouve… mais quoi ? quel mot peut s’en saisir ? pas le mot à tout dire : "bonheur", qui se présente le premier, non, pas lui… "félicité", "exaltation", sont trop laids, qu’ils n’y touchent pas… et "extase"… comme devant ce mot ce qui est là se rétracte… "Joie", oui, peut-être… ce petit mot modeste, tout simple, peut effleurer sans grand danger… mais il n’est pas capable de recueillir ce qui m’emplit, me déborde, s’épand, va se perdre, se fondre dans les briques roses, les espaliers en fleurs, la pelouse, les pétales roses et blancs, l’air qui vibre parcouru de tremblements à peine perceptibles, d’ondes… des ondes de vie, de vie tout court, quel autre mot ?… de vie à l’état pur, aucune menace sur elle, aucun mélange, elle atteint tout à coup l’intensité la plus grande qu’elle puisse jamais atteindre… jamais plus cette sorte d’intensité-là, pour rien, parce que c’est là, parce que je suis dans cela, dans le petit mur rose, les fleurs des espaliers, des arbres, la pelouse, l’air qui vibre… je suis en eux sans rien de plus, rien qui ne soit à eux, rien à moi.
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torezu   16 août 2010
Enfance de Nathalie Sarraute
A moi aussi un sort a été jeté, je suis envoûtée, je suis enfermée ici avec eux, dans ce roman, il m’est impossible d’en sortir…
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Nathalie Sarraute
Pixie-Flore   20 avril 2012
Nathalie Sarraute
On a pas encore découvert de langage qui pourrait exprimer d'un seul coup ce qu'on perçoit en un clin d'oeil.
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torezu   24 octobre 2010
Enfance de Nathalie Sarraute
Je dévale en courant, en me roulant dans l’herbe rase et drue parsemée de petites fleurs des montagnes jusqu’à l’Isère qui scintille au bas des prairies, entre les grands arbres… […] je regarde le ciel comme je ne l’ai jamais regardé… je me fonds en lui, je n’ai pas de limites, pas de fin.
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annie   18 juillet 2009
Enfance de Nathalie Sarraute
"On n'a pas encore découvert ce langage qui pourrait exprimer d'un seul coup ce qu'on perçoit en un clin d'oeil." ”
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mathilde08   14 mai 2011
Enfance de Nathalie Sarraute
Voici enfin le moment attendu où je peux étaler le volume sur mon lit, l'ouvrir à l'endroit où j'ai été forcée d'abandonner... je m'y jette, je tombe... impossible de me laisser arrêter, retenir par les mots, par leur sens, leur aspect, par le déroulement des phrases, un courant invisible m'entraîne avec ceux à qui de tout mon être imparfait mais avide de perfection je suis attachée, à eux qui sont la bonté, la beauté, la grâce, la noblesse, la pureté, le courage mêmes... je dois avec eux affronter des désastres, courir d'atroces dangers, lutter au bord de précipices, recevoir dans le dos des coups de poignard, être séquestrée, maltraitée par d'affreuses mégères, menacée d'être perdue à jamais... et chaque fois, quand nous sommes tout au bout de ce que je peux endurer, quand il n'y a plus le moindre espoir, plus la plus légère possibilité, la plus fragile vraisemblance... cela nous arrive... un courage insensé, la noblesse, l'intelligence parviennent juste à temps à nous sauver..
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Nathalie Sarraute
coco4649   20 octobre 2016
Nathalie Sarraute
Pour moi, la poésie, dans une œuvre, c'est ce qui fait

apparaître l'invisible. Plus fort sera l'élan qui permettra de

percer les apparences — et parmi les apparences je

compte ce qu'il est convenu de considérer comme

'poétique' — plus grande sera dans l'œuvre la part de

poésie.



La littérature aujourd'hui — II Tel Quel, 9 (printemps 1962), p.53.

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Musardise   26 février 2018
Pour un oui ou pour un non de Nathalie Sarraute
H.1 : Étaler, moi ? Qu'est-ce que j'étale ? Est-ce que je me suis jamais vanté de quoi que ce soit ?

H.2 : Te vanter, oh non... quelle balourdise... ça c'était bon pour moi, c'est moi qui suis allé me vanter. Je suis un gros balourd auprès de toi.

H.1 : J'en suis flatté. Je croyais que pour ce qui était des subtilités...

H.2 : Mais voyons, tu es bien plus subtil que moi.

H.1 : Ah comment ? Comment plus subtil ? Comment, dis-moi...

H.2 : Eh bien justement quand tu présentes tes étalages. Les plus raffinés qui soient. Ce qui est parfait, c'est que ça n'a jamais l'air d'être là pour qu'on le regarde. C'est quelque chose qui se trouve être là, tout naturellement. Ça existe, c'est tout. Comme un lac. Comme une montagne. Ça s'impose avec la même évidence.

H.1 : Quoi ça ? Assez de métaphores. Qu'est-ce qui s'impose ?

H.2 : Le Bonheur. Oui. Les bonheurs. Et quels bonheurs ! Les plus appréciés. Les mieux cotés. Les bonheurs que tous les pauvres bougres contemplent, le nez collé aux vitrines.
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brigittelascombe   31 juillet 2011
Enfance de Nathalie Sarraute
Il referme le cahier, il me le rend et il dit:"Avant d'écrire un roman, il faut apprendre l'orthographe".
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Musardise   23 mai 2018
C'est beau de Nathalie Sarraute
ELLE, affolée

Ah non, arrête, attention... ne recommence pas pas... pas ces mots... si convenus... sclérosants... emphatiques... tu vois, mon chéri, je crois que je comprends.

LUI

Bon, bon, d'accord... puisqu'il est si raffiné... (Ravi.) Si délicat... Mais, enfin, c'est, hein ?... Tu ne trouves pas ?... (Siffle.)

LE FILS

Oui, c'est assez chouette je te l'accorde.

LUI, ravi

Chouette. Chouette. Chouette. J’aurais dû y penser. Chouette. Maintenant, je le saurai. Il peut suffire d'un mot !...
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