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Note moyenne 3.81 /5 (sur 27 notes)

Biographie :

Docteur en sciences de l’information et de la communication, professeur dans le secondaire à Mayenne, a été détaché à l'Université de Bretagne-sud puis à l'Université de Lyon 3
auteur d'un blog sur la recherche en sciences de l'information et de la communication http://www.guidedesegares.info
contributions à des colloques et ateliers

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Olivier Le Deuff

Si t'as pas ta notice wikipédia avant 40 ans, c'est quand même un peu que tu as raté ta vie... heureusement qu'il reste pornhub.

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Y A-T-IL UNE MENACE NUMÉRIQUE POUR LA DOCUMENTATION ?

Les processus documentaires et la culture de l'information sont-ils menacés par l'instabilité actuelle que génèrent les nouveaux médias, depuis la question du document numérique jusqu'aux processus de diffusion de l'information ? En clair, existe-t-il des bouleversements, au niveau de la production et de la circulation des savoirs, qui pourraient constituer une forme de menace sur la documentation ?

Il est tentant de répondre rapidement par l'affirmative. D'indéniables évolutions sont présentes, mais elles ne sont pas uniquement l'apanage du numérique. En effet, des mouvements sont déjà apparus auparavant. Le numérique ne fait parfois qu'accélérer ces changements. Parmi eux, ce processus de dé-légitimation de la connaissance, notamment au travers de "son émiettement sur le plan de sa forme, de ses supports et instances productrices" (cf La circulation médiatique des savoirs dans les sociétés contemporaines écrit par Brigitte Juanals / Université Paris 7 Diderot, 2008) qui s'opère depuis la fin du XIXème siècle, comme le montre Brigitte Juanals :

" Les germes de cette délégitimation se trouvaient dans les principes mêmes de légitimation du discours du savoir ; ils ont été renforcés et accélérés par le développement du capitalisme et des sciences, l'industrialisation de la culture et la communication numérique en réseau".

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Le robot du secretcrawler, surnommé le fouineur, opère en recherchant toutes les occurrences et similitudes dans un index parfois peu recommandable : l’enfouisseur. L’enfouisseur est en fait un compilateur avec ajouts de métadonnées semi-automatiques. Entretenus par des passionnés, des documentalistes et des chercheurs, le système et le programme demeurent maintenus bénévolement depuis que les subsides de l’Etat pour ce programme de recherche sont complètement arrêtés. Le programme n’est plus accessible désormais que par mots de passe à certains chercheurs car les moyens sont insuffisants pour supporter des milliers de requêtes par minute.

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Par ailleurs, les dirigeants doivent souvent faire face à la tentation d’imposer une solution logicielle quasi miraculeuse qui évite de devoir affronter des problèmes organisationnels et humains plus complexes. Comme le déplore Christian Fauré, il se produit une « excroissance du code ». La solution logicielle devient un remède qui tente de soigner, mais qui ne guérit pas et qui finit par devenir empoisonnant. La technique ne doit donc pas servir de palliatif, mais être conçue comme médium de dispositifs de transmission.

Cela implique le développement de nouveaux professionnels qui mêlent compétences techniques, compétences documentaires et informationnelles couplées à une vision stratégique et organisationnelle. Un véritable défi quand on constate que certains informaticiens ne sont en fait experts que d’un seul logiciel. Si bien qu’il est intéressant de se rapprocher de la position d’un architecte capable de posséder une vision d’ensemble, notamment du système.

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[Suggestion de développement sur les machine tags]

J’ai plaidé à plusieurs reprises pour des systèmes de ce type dans les signets sociaux. Plusieurs pistes sont possibles. On pourrait certes se contenter de simples champs pour mieux décrire la ressource par des tags, mais il est sans doute plus intéressant d’aller un peu plus loin en profitant du développement du web de données. Cela ne nécessite pourtant pas d’énormes développements parfois. On peut ainsi imaginer des champs nouveaux portant sur le nom de l’auteur, sur des éléments temporels ou géographiques abordés par la ressource. Il est vrai que d’aucuns rétorqueront que c’est le retour à une logique documentaire plus classique. C’est sans doute vrai, mais il est probable que cette logique permettrait aux tags une plus grande utilité.

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La curation : la tentation d’une réponse par l’outil

L’outil s’avère autant un atout qu’un obstacle qui peut devenir tellement gênant qu’on est tenté d’aller chercher des causes ailleurs. Le fait d’inciter à utiliser une série d’outils pour mieux gérer l’information n’en garantit en rien le succès. Sans réelle médiation, l’outil nouveau peut être rebutant ou l’investissement en temps peut nuire à son développement. Les outils sont fréquemment sous-utilisés pour des raisons sociologiques et techniques. On ne décrète pas le changement.

En outre, le fait de croire qu’un outil supplémentaire permet de répondre dans l’absolu à un nouveau problème détecté est un leurre. Il y a même de forts risques que le nouvel outil ne fasse que dissimuler des dysfonctionnements organisationnels et humains plus profonds. Au final, l’accumulation d’outils accroit le risque d’échouer dans l’objectif initial de curation informationnelle et organisationnelle. En ce sens, l’outil de curation peut s’avérer à terme être autant un poison qu’un remède. Bien souvent à l’inverse, il faudrait commencer par réinterroger les outils déjà utilisés et surtout les pratiques, les manières de penser et de faire. Évidemment, c’est beaucoup plus complexe et cela oblige à de plus amples remises en cause. D’où la tentation de l’innovation proclamée qui oblige à l’adaptation plutôt qu’à un réel processus d’adoption.

Par conséquent, la meilleure curation possible ne vient pas d’un système imposé de manière top down, mais de la formation des salariés et des employés afin que ces derniers soient capables d’investir et d’adopter de nouveaux outils pour améliorer leur pratique quotidienne. C’est seulement de cette manière que l’organisation pourra en tirer des bénéfices en utilisant au mieux les compétences dont elle dispose.

Les travailleurs du savoir vont disposer de plus en plus d’outils. À eux d’en disposer en mieux et d’inventer de nouvelles pratiques et méthodes s’ils veulent demeurer bien documentés.

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Nigel parlait d’augmentation. Ils voulaient repousser les limites physiques et intellectuelles grâce à des ajouts, implants greffés ou connectés. Il s’agissait aussi de pouvoir compenser et répondre à des handicaps mais il s’agissait de bien plus que cela. Et je sais que Nigel commençait à avoir peur de ce qu’ils étaient en train de réaliser. Je me souviens de son regard quasi terrifié lorsqu’il me dit : On est en train de réinventer la vie.

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Impression d’être comme des proies parmi une jungle parsemée d’existences d’un autre type : hommes-lions, cyborgs, femmes-panthères, gynandres, performeurs, archives humaines qui diffusent sur leurs poitrines via un écran plat et intégré sur leur t-shirt des vidéos kitsch des années 80, ou bien encore sex-toys humains et autres forcenés du désir.

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Mais en matière d’indexation profonde et globale, la seule solution était l’implantation permanente et définitive. Et dans ce domaine, Argos était à la pointe. Les petits génies qui effectuaient leurs recherches quasiment en solo avaient fini pour la plupart par être recrutés par Argos pour des salaires incomparables.

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On sait bien que les systèmes informatiques dans les organisations sont souvent peu adaptés aux besoins et aux pratiques des usagers et des employés qui privilégient des services présents sur le Web. Certains sites ou certains logiciels sont parfois filtrés, voire, censurés pour des raisons de sécurité. Cela devient gênant, puisque cela crée souvent une rupture entre des possibilités de travailler plus efficacement et des limites techniques, sociales et stratégiques que posent les organisations. Le paradoxe vient du fait que le lieu de travail n'est plus l'endroit idéal où exercer ses missions... au contraire du domicile où la connexion est parfois meilleure et les outils non bridés. (184)

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