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Note moyenne 3.68 /5 (sur 31 notes)

Nationalité : France
Biographie :

Après avoir suivi des études d'art dramatique au Cours Florent, Olivier Steiner a travaillé pour France Culture, documentaires et fictions.

En mars 2012 il publie Bohème, son premier roman chez Gallimard.

Il publie régulièrement des chroniques pour le Huffington Post français et tient un blog, www.oliviersteiner.fr

Il obtient pour Bohème Le Prix Rive Gauche à Paris.


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L`entretien d`Olivier Steiner avec Babelio : Bohème


Bohème est l’histoire d`un échange épistolaire entre deux hommes : Pierre et Jérôme. Comment est née la forme de ce roman ? Les romans épistolaires sont plutôt rares dans la littérature française contemporaine !

Il y eut plusieurs versions et la forme épistolaire n`est arrivée qu`en dernier lieu. Au départ j`étais parti dans l`aventure d`une totale fiction pour laquelle j’avais fait des recherches plutôt sérieuses. L`histoire se déroulait sur deux semaines en juillet 1962, aux Etats-Unis. Dans ce projet d`écriture, Diane Arbus (la photographe) rencontrait Marilyn Monroe un mois avant la mort de celle-ci. le point d`ancrage pour moi - point d`impulsion - fut une phrase trouvée dans le journal intime de Diane Arbus, qui disait à peu près ceci : J`aurais voulu photographier Marilyn Monroe, apercevoir l`ombre de la mort dans ses yeux. Pour Marilyn, le point d`ancrage était sa beauté physique bien sûr, sa voix de sirène mais aussi et surtout le magnifique poème de Pier Paolo Pasolini :

"Du monde antique et du monde futur, la beauté seule était demeurée, et toi, pauvre petite soeur cadette, celle qui court derrière ses frères plus grands, et rit et pleure avec eux, pour les imiter, toi petite soeur plus jeune, cette beauté-là tu la portais humblement, et ton âme de fille de petites gens n’a jamais su qu’elle la possédait, sinon il n’y aurait pas eu de beauté. le monde te l’a enseignée." (A retrouver ici.")

J’étais très intéressé (fasciné) par le long flirt de Monroe avec la mort – au final, suicide actif ou passif, peu importe. Dans mon histoire, j’inventais une sorte de rapt (ravissement), un road-movie à la Thelma et Louise durant lequel Diane et Marilyn se rencontraient, nouaient une relation très forte tout en faisant la route entre Los Angeles et New-York, et d`une certaine façon elles tombaient amoureuses, l`une de l`autre, Eros bien sûr, mais beaucoup de Thanatos, idem.

Mais plus le temps passait, plus le roman me tombait des mains et me rendait dépressif. Je me sentais emporté par la dépression des deux personnages, Diane Arbus a aussi terminé sa vie par un suicide. Bref, j`en ai eu marre et j’ai jeté la centaine de pages écrites. J`ai sombré dans une forme de neurasthénie, je ne savais plus quoi faire, j`étais paralysé. Puis j’ai réfléchi et je me suis dit qu’il était inutile de se cacher, que ces personnages de Monroe et Arbus n’étaient que des masques, des leurres. Je me cachais derrière Marilyn Monroe (oui, c`est ridicule à dire ainsi) pour dire des choses très personnelles et à travers le personnage de Diane Arbus, je parlais d`un autre, d`autres personnes.



On retrouvait déjà cette idée de dialogue !

Oui mais aussi cette idée de rencontre fulgurante et évidente sur une durée limitée. Quand j’ai décidé d`arrêter de mettre des masques (de me voiler la face) je me suis dit que j’allais raconter l’histoire au plus près de moi tout en inventant des personnages fictifs. Je me suis éloigné de moi et des autres personnes, des autres hommes dont il est question et qui étaient l’objet du roman. Lorsque je me suis remis à écrire, j`ai repris l`histoire dans une forme très classique, "flaubertienne", c`est-à-dire à la troisième personne, avec des bouts de dialogues, des descriptions subjectives, etc. Cela m’est encore tombé des mains, et nouvelle déprime, nouvelle paralysie, jusqu’à ce que je vire toutes les descriptions, tous les « il était une fois ». Le seul moyen de m’intéresser à moi-même et à ce que je faisais, c’était de les faire parler, de les faire écrire, s`écrire. C’est ainsi devenu un roman épistolaire. Presque par défaut. Les autres manières ne convenaient simplement pas. Je ne me suis même jamais dit que j`écrivais un roman épistolaire.



L’amour passe dans le roman par la lecture des lettres et messages de l’autre. Ils ne se rencontrent qu’une fois. Est-ce suffisant pour aimer quelqu’un ?

Je ne sais pas, peut-être. Ce sont deux personnes qui sont amoureuses de l`amour mais aussi amoureuses de l’écriture, de la lecture, et ils tombent d`abord amoureux de l’écriture l`un de l’autre. Mais c’est vrai, et ce n`est pas un détail, ils se sont déjà vus. Ils se sont croisés, une fois, dans un lieu public. Cet état de fait change vraiment la donne : ils ont tout de même une image, même furtive.
De même, il y a de nombreux passages « off » : quand ils parlent au téléphone et où Pierre « se donne » plus qu’à l’écrit. C`est vraiment du "off", ces passages ne sont donc pas dans le roman. Ces passages sont très importants, ils ont été écrits mais j`ai tout jeté encore une fois. Même s`ils ne sont pas dans le livre, ils existent, j`espère qu`on les sent ou qu`on les devine, ils expliquent aussi la nature de cet amour fulgurant. Ils sont le hors-champ, il y a tout le temps du hors-champ dans la vie.



Pierre et Jérôme représentent deux visions très différentes de la vie. Pierre est un homme célèbre et marié quand Jérôme est plus dans l’aventure et multiplie les conquêtes. Ce choix des personnages que tout oppose est-il symbolique ?

Je ne me suis pas occupé de la symbolique ou du symbole. Derrière Jérôme et derrière Pierre, Il y a deux modèles, deux personnages existants. C`est en cela que je suis dans l`autofiction. Je est un autre, un autre que moi, etc. Dans les passages concernant Pierre, il y a des choses que j’aurais aimé entendre de la part de ces « modèles vivants », dans les passages concernant Jérôme, il y a des choses que j`aurais aimé dire si j`avais eu le temps ou l`esprit pour cela. Je suis celui qui projette, fantasme, affabule. Et j`assume. Je suis donc autant (et aussi peu) dans un personnage que dans l’autre ; même si Pierre et Jérôme existent quelque part, ils ne sont pas que des symboles ou des « clichés ». Ah ! Je viens de lâcher le mot fatal : « cliché » ! Certains critiques m’ont beaucoup (violemment même) reproché l`usage de certains clichés mais ils ne savent pas que si j’avais été plus loin dans l’autobiographie, si j`avais juste retranscrit la vie, la liste des clichés aurait été plus grande encore. La vie est remplie de clichés ! Elle regorge de clichés ambulants et autres choses improbables, vous ne trouvez pas ? Je ne vois pas pourquoi la littérature devrait être plus intelligente ou plus sobre ou moins romantique que la vie. La vie est aussi une montagne de clichés.

Effectivement, tout oppose Pierre et Jérôme, mais ce sont deux amants. Il y a une vraie attraction / affection entre eux. Pierre est quelqu’un de célèbre. Jérôme est strictement inconnu. L’un est quelqu’un de très stable, l’autre est paumé, une sorte de clochard céleste, un garçon en forme de fait divers. L’un écrit de manière raisonnée, l’autre écrit à la poursuite d`un lyrisme qui l`emporte. Mais j’espère qu’on se rend compte que Pierre est en réalité tout aussi paumé que Jérôme. Ils le sont différemment. Ce n’est pas le même type de perdition mais ils sont perdus tous les deux. C`est pour cela qu`ils se reconnaissent si bien, que cela va si vite entre eux, comme si ça coulait de source, leur rencontre est un précipité, comme on dit en chimie.


Vous abordez également le terme de la folie à travers le personnage de Jérôme. Au contraire de Pierre, on sent que Jérôme peut basculer à tout moment…

Jérôme est un être clivé, le sexe et l`amour sont séparés chez lui, idem les sentiments et le corps. Jérôme est quelqu’un de très fragile sur le plan psychique, on parlerait aujourd`hui de « bipolarité ». Je préfère dire « caractère malheureux », c`est peut-être moins précis, moins sérieux mais c`est plus joli. La dépression est un thème que je voulais aborder même s’il existe déjà de très beaux livres sur le sujet. L’un de plus beaux est de William Styron, « Face aux ténèbres » qui est le récit d`une longue descente aux enfers. Sinon il y a « Coma » de Pierre Guyotat. Ce sont deux grands livres sur la dépression mais je voulais faire quelque chose d`un peu différent. Je voulais construire un livre dans lequel la dépression interviendrait comme un mécanisme faisant avancer l’histoire. Ces moments de dépression de Jérôme inquiètent et intéressent Pierre. La folie de Jérôme provoque Pierre, elle lui fait peur, elle le « déconforte ». Pierre ne connaît pas la dépression autrement que dans les livres, il n`en a aucune connaissance intime, c`est aussi quelque chose qui le fascine chez Jérôme, il veut comprendre, jusqu`au bout, jusqu`à l`os.

Jérôme est un saint et une pute (c`est souvent la même chose), il cherche l’amour désintéressé, l’amour sans salissures. C’est aussi pour cela qu’il a tant de mal avec le sexe. Il n’a pas compris encore que la salissure n’est pas forcément le problème. Plus la rencontre approche, plus Jérôme a peur. Ils montent tellement haut que la réalité ne peut être que décevante. Jérôme cherche l’amour absolu comme on chercherait le Saint Graal, au fond, ce qui compte, c`est la quête. le mort peut apparaître comme la meilleure solution pour ne jamais interrompre cette quête, la mort fixe l`amour.


Il y a peu de romans épistolaires qui sortent en librairie. Vous êtes-vous inspiré de certains romans pour respecter la mécanique très particulière de ce genre littéraire ?

Non, je ne suis pas quelqu’un qui étudie. Bien sûr, au lycée, j’ai lu les « Liaisons dangereuses », mais c’est tout. J’ai arrêté les études très vite. J’ai travaillé Bohème à l’instinct, à l`oreille. Quand on écoute on sait vite ce qui va ou ne va pas. Ce qui n’était pas évident, c’était de garder une tension dramatique tout au long roman. Quand on s`aime, il faut le dire, il y a beaucoup de répétitions, on arrête pas de se dire qu`on s`aime et c`est à peu près tout. C`est très ennuyeux pour les autres, ce n`est passionnant que pour ceux qui s`aiment. J`exagère mais vous voyez ce que je veux dire. J’ai beaucoup travaillé cet aspect des choses. Je voulais que la mécanique soit bien huilée et montre aussi la répétition. Pour moi c’est comme une démonstration mathématique. A + B = C ou D soit Pierre + Jérôme = Amour ou Absence d`amour. On se saura jamais. Il faut que l`équation reste ouverte.

Cela dit un roman m’a beaucoup fait réfléchir, c’est « Délire d`amour » de Ian McEwan, roman basé sur l`étude d`une maladie psychiatrique, « le « syndrome de Clérambault»». C’est un type d`érotomanie à tendance mystique. La personne malade est persuadée qu’elle est amoureuse d`un autre mais cet autre ne le sait pas encore. La personne atteinte du syndrome fait tout pour ouvrir les yeux à celui ou celle qui ne sait pas encore qu’il est amoureux. C`est effrayant et cela peut aller très loin dans la violence, jusqu`au crime passionnel. A l`époque de Clérambault, on pensait que ce syndrome ne touchait qu`une grande majorité de femmes. Je ne sais pas si c’est toujours le cas aujourd`hui. Il me semble que les hommes sont aussi capables d`érotomanie mystique. Et peut-être, particulièrement, les homosexuels...



Vous venez de recevoir le Prix Rive Gauche à Paris. le Paris où se déroule une grande partie de votre roman est-il le Paris dans lequel vous vivez ?

Oui, je vis dans le Paris de mon livre ou plutôt mon livre se situe dans le Paris que je connais. Je vis dans cette même rue Michelet qui est citée dans le roman, cette rue Michelet du 6ème arrondissement où habite Jérôme. Quand je note des éléments très vrais et vérifiables, j`ai l’impression de moins mentir et ça donne du plaisir dans l`écriture, il y a comme un danger, un goût de réel. Car le réel, sachant qu`il sera toujours l`impossible à dire, c`est le principal moteur d`écriture.
Ce besoin de réel soulève évidemment de nombreuses questions quand on écrit un livre. Ne pas oublier que c`est un roman, et ce n`est pas un caprice si je dis roman. Je fais confiance au temps, qui fait décanter les choses. Il y a un tri qui se fait tout seul. Certaines choses sont de l’ordre du racontable, d`autre non. Cela ne se joue pas forcément sur le plan de la morale. Tout se joue au moment de l’écriture qui est toujours un moment d`éthique. Il faut aimer ses personnages, même si c`est pour mieux les violenter. Tant qu`on aime, même si on dit des horreurs, ça va. C`est terrible les écrivains qui ne savent pas aimer, il y en a beaucoup en plus...



Olivier Steiner et ses lectures


Quel est le livre qui vous a donné envie d`écrire ?

Le premier auteur c’est Marguerite Duras qui est d`ailleurs assez présente dans mon roman. Elle disparaîtra dans les prochains mais je voulais rendre à César ce qui lui appartient. Même si j’en suis aujourd’hui sorti, j’ai longtemps été très « durassien », dans la maladie Duras. Je crois avoir tout lu, de ses romans aux essais, aux biographies, aux thèses, aux films. J’ai écouté toutes les émissions qui parlaient d`elle. La lire fut un grand choc, je ne savais pas que l`écriture pouvait être aussi libre, courante. Avant Duras, un autre grand choc fut Bossuet, Les Oraisons funèbres, en classe de Première. J’avais adoré cette écriture. Comment peut-on construire un texte aussi court mais aussi dense et fort ? Après j`ai lu tout Bossuet.
Ensuite j`ai fait du théâtre. Je ne lisais plus beaucoup mais j`apprenais des textes par cœur. Plus tard je me suis aperçu qu`au théâtre, c`est la place de l`auteur qui me plaisait, pas celle du comédien. Je n`ai pas su me l’avouer tout de suite. C’est un peu grandiloquent, un peu inaccessible de se dire que l’on va écrire et qu`on ne va faire que ça.


Quel est l`auteur qui vous donnerait envie d`arrêter d`écrire (pour ses qualités exceptionnelles) ?

Marcel Proust. Quand je n’écris pas du tout, j’adore le lire. Je le lis et je l`écoute beaucoup, des nuits entières. Les éditions Thélème ont enregistré toute La Recherche, c`est génial, splendide. J’écoute parfois d`une oreille, mais je suis là, j’écoute, il y a le flot des paroles, ça pénètre. En revanche, si j’ai décidé d`écrire, il m’est impossible de le lire. Il y a des auteurs, comme Proust ou comme Duras, de grands stylistes, qui provoquent une forme de dictature dans leur écriture. Ils ne laissent pas le choix, ils intimident, mettent sous influence. Leur écriture devient la seule écriture possible. C’est très fort mais dangereux.


Quel est le roman que vous avez relu le plus souvent ?

Proust et Duras, je pense, je me répète. Mais je relis aussi beaucoup d`écrivains contemporains. J’ai des phases où je me consacre entièrement, uniquement à l`oeuvre d`un seul écrivain, Hervé Guibert, Guillaume Dustan, Bernard-Marie Koltès. Je lis tout ce qu’il est possible de lire. Je fabrique ma culture ainsi, de manière autodidacte. Quand Duras évoque un autre auteur, je me mets à lire tout de cet auteur. Quand elle parle de Jean Paul Sartre, de Racine ou de HélèneBessette, je vais lire Sartre, Racine et Hélène Bessette, etc. J’ai également eu ma période Violette Leduc. Qui fut très intense. J’ai tout lu. Idem Jean Genet, Mishima. Maintenant j’ai moins de fanatisme, je suis moins monomaniaque. C’est quelque chose d`assez adolescent, ce besoin d`avoir des idoles. On a besoin d`admirer, de se placer dans le sillage d`un auteur, de se prétendre « fils spirituel de machin ou truc». Ça passe avec l`âge.


Quel est le livre que vous avez honte de ne pas avoir lu ?

Oh presque toute la littérature américaine et des auteurs comme Faulkner par exemple. Sinon je regrette de ne pas mieux connaître Dostoïevski. J’ai seulement lu « Les carnets du sous-sol » et « L`Idiot ». Et Tolstoï ! le géant Tolstoï ! Shame on me ! Même pas lu… pourtant c`est guère épais…


Quelle est la perle méconnue que vous souhaiteriez faire découvrir à nos lecteurs ?

Laissez moi réfléchir… Un essai de Marguerite Yourcenar sur Mishima : « Mishima ou la vision du vide». C’est peu connu mais tellement grand ! J`avais 17 ans quand je me suis retrouvé avec ce petit essai entre les mains. J`ai eu beaucoup de chance ce jour-là.


Quel est le classique dont vous trouvez la réputation surfaite ?

Paul Claudel. J`ai toujours eu du mal avec Claudel. « Partage de midi » à la rigueur mais le Soulier de Satin, pitié ! Je crois que c`est Guitry qui en sortant de la pièce s`est écrié : Heureusement qu`il ne nous a pas fait la paire ! Et puis Paul Claudel le grand chrétien... quand on pense comment il s`est comporté avec son génie de sœur...


Avez-vous une citation fétiche issue de la littérature ?

J’aime beaucoup cette phrase de Proust : « Chaque lecteur est, quand il lit, le propre lecteur de soi-même. » On peut remplacer le terme « lire » par « écrire » : Chaque écrivain est, quand il écrit, le propre écrivain de soi-même. Non ?


Et en ce moment que lisez-vous ?

Contes à Rebours de Nick Flynn, j`aime beaucoup beaucoup. J`attends avec impatience le prochain Mathieu Riboulet, Les œuvres de miséricorde, mais aussi « Fassbinder, La mort en fanfare », de Alban Lefranc et « Pour une contemplation subversive » de Christophe Pellet.



Découvrez Bohème d`Olivier Steiner aux éditions Gallimard.


Retrouvez Olivier Steiner sur le site du Huffington Post.
Merci à Laurence Biava et au Prix Rive Gauche à Paris.

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5ème épisode de l'émission Le Living-Boox présenté par Laurent Kupferman avec pour invité Olivier Steiner.

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Citations et extraits (27) Voir plus Ajouter une citation
Booknapping   19 novembre 2014
La vie privée de Olivier Steiner
Emile dit que les petites choses vont survivre. Quoi par exemple ? Tes questions. Tes questions, elle vont me survivre. J'entends, je ne vois pas en quoi c'est une bonne nouvelle mais j'entends, je voudrais qu'il développe. Je ne suis toujours pas satisfait. Emile le voit, il dit que les réponses ne me satisferont jamais. Qu'il faut que je m'y fasse, que j'ai tout mon temps pour ça. Il dit qu'il va falloir apprendre à sauter, à glisser. Et ne pas avoir peur.
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l-opulence-de-la-nuit   28 juin 2020
Bohème de Olivier Steiner
Car si ce que nous nous sommes écrit est si précieux, le plus important, la vie, reste muet entre les lignes. Quoique nous écrivions, nous restons en deça de ce que nous avons vécu.
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l-opulence-de-la-nuit   28 juin 2020
Bohème de Olivier Steiner
La fébrilité de l'amoureux, l'angoisse de l'amant, la douleur de l'absent, je chemine sur ces trois territoires qui sont autant de pièges que de raisons de vivre.
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l-opulence-de-la-nuit   28 juin 2020
Bohème de Olivier Steiner
Je me méfie des mots. J'ai du mal à les manier. Tantôt faibles, tantôt outranciers : il est si difficile de leur faire dire certaines nuances. Malgré cela, je passe la plupart de mon temps avec ces foutus mots, car c'est ce que je fais, écrire, ou plutôt ce que je veux faire, ce qui revient peut-être au même.
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l-opulence-de-la-nuit   28 juin 2020
Bohème de Olivier Steiner
Ils ne peuvent pas savoir que devant la dépression, c'est toute la volonté qui se dérobe, elle n'est plus qu'un conte pour enfants, la volonté, un souvenir lointain, et le sujet, le moi se désagrère.Il ne reste plus qu'à serrer les dents, attendre que ça passe, si ça passe, supporter l'idée que ça ne passera jamais. Mais parfois, je sors du tunnel et ça me semble définitif, d'un coup tout va mieux, c'est merveilleux, le monde est à ma portée, si vaste et si accueillant, c'est de nouveau l'âge des possibles, mon énergie est immense, j'ai l'envie de tout embrasser,eveything is absolutely beautiful, rien n'y personne ne me résiste.
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l-opulence-de-la-nuit   28 juin 2020
Bohème de Olivier Steiner
(...) je vais m'appliquer à aimer le manque de vous, seul moyen de le bien vivre finalement.
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julienraynaud   27 janvier 2017
La main de Tristan de Olivier Steiner
Il n'avait rien prévu concernant la mort
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l-opulence-de-la-nuit   28 juin 2020
Bohème de Olivier Steiner
Et je me sens coupable, coupable dans le sens de coupable de tout. Vous voyez ? Je suis compètement mégalo. Si j'étais plus modeste je comprendrais et accepterais que nous sommes finalement très peu responsables. "I'm think I'm paranoid", la chanson de Garbage, vous connaissez ? It's me.
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l-opulence-de-la-nuit   17 novembre 2019
La main de Tristan de Olivier Steiner
Parfois nous essayons de nous raisonner, nous nous disons que nous allons trop loin, trop vite, que tout cela est excessif, nous sommes d'accord mais le courant est trop fort, le plaisir trop intense. Comment résister, pourquoi, en vertu de quel empire de la moral ?
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l-opulence-de-la-nuit   17 novembre 2019
La main de Tristan de Olivier Steiner
Je m'enfonce chaque jour un peu plus dans la dépression, c'est-à-dire que je m'absente, je m'absente de moi-même, je suis mal puis je ne suis plus que mal, je finis par oublier la cause de mon mal-être, je me confonds avec lui.
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