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Note moyenne 4.4 /5 (sur 75 notes)

Nationalité : Royaume-Uni
Né(e) à : Londres , le 20/11/1959
Biographie :

Orlando Figes, né en 1959 à Londres, est un historien britannique, spécialiste de l'histoire de la Russie et professeur au Birkbeck College de Londres. Il contribue régulièrement au journal The Guardian et aux revues London Review of Books et New York Review of Books.

Orlando Figes est le fils de l'écrivain féministe Eva Figes et frère de l'éditrice Kate Figes. Il étudie l'histoire à l'université de Cambridge, au Gonville and Caius College dont il sort major de promotion en 1982. Il est chercheur à Cambridge de 1987 à 1999, année à partir de laquelle il occupe la chaire d'histoire du Birkbeck College.
Orlando Figes a écrit de nombreux ouvrages sur l'histoire de la Russie, qui ont connu un grand succès dans le monde anglo-saxon. On peut notamment citer A People's Tragedy: Russian Revolution 1891-1924 et Natasha's Dance: A Cultural History of Russia, livres dans lesquels il combine des qualités d'historien et d'écrivain. Ses travaux présentent un style historiographique novateur et sont souvent rattachés à l'histoire culturelle. A People's Tragedy est considéré comme une référence dans la nouvelle école de l'histoire narrative
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Citations et extraits (66) Voir plus Ajouter une citation
Oliv   14 septembre 2017
Les chuchoteurs (Tome 1): Vivre et survivre sous Staline de Orlando Figes
La collectivisation marqua le grand tournant de l'histoire soviétique. Elle détruisit un mode de vie qui s'était développé au fil des siècles : une vie fondée sur la ferme familiale, l'ancienne commune paysanne, le village indépendant et son église, mais aussi le marché rural, dans lesquels les bolcheviks voyaient autant d'obstacles à l'industrialisation socialiste. Des millions de personnes furent arrachées à leurs foyers et dispersées à travers l'Union soviétique : récalcitrants fuyant les fermes collectives ; victimes de la famine provoquée par la réquisition excessive des grains des kolkhozes ; orphelins ; "koulaks" et leurs familles. Cette population nomade devint la principale main-d'œuvre de la révolution industrielle de Staline, emplissant les villes et les chantiers industriels, les camps de travail et les "colonies spéciales" du Goulag (administration centrale des camps). Le premier plan quinquennal, qui fixa cette forme de développement forcé, lança un nouveau type de révolution sociale (une "révolution par le haut") qui consolida le régime stalinien : dislocation des liens et allégeances d'antan, dissolution de la morale et imposition de valeurs et identités nouvelles ("soviétiques"). La population tout entière se trouva subordonnée à l'État et tributaire de celui-ci en toute chose ou presque : logement, scolarité, travail et vivres, tous relevant de l'économie planifiée.
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gean25   12 décembre 2012
Les amants du Goulag de Orlando Figes
Trois vieilles malles venaient d'être livrées. Entreposées dans le couloir, elles bloquaient l'accès à la salle animée de Mémorial, à Moscou, ou l'on recevait le public et les chercheurs en histoire. En cet automne 2007, j'étais venu y voir des collègues de la section "recherches" de cette organisation des droits de l'homme. Remarquant mon intérêt pour les malles, ils me confièrent qu'elles contenaient les plus grosses archives privées données à Mémorial depuis sa création vingt ans auparavant.
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Oliv   13 septembre 2017
Les chuchoteurs (Tome 1): Vivre et survivre sous Staline de Orlando Figes
Viatcheslav Kolobkov se souvient de la peur panique de son père, ouvrier de Leningrad, quand une voiture s'arrêtait devant chez eux la nuit :



Chaque nuit, il demeurait éveillé, guettant un bruit de moteur. Quand une voiture arrivait, il se dressait, raide, dans son lit. Il sentait la peur à plein nez, avec sa transpiration nerveuse, et je devinais qu'il tremblait de tout son corps même si je ne pouvais le voir dans l'obscurité. "Ils sont venus pour moi !" disait-il immanquablement quand il entendait une voiture. Il était convaincu d'être arrêté pour une chose qu'il avait dite : parfois, à la maison, il maudissait les bolcheviks. Quand il entendait une automobile s'arrêter et la porte claquer, il se levait et, paniqué, se mettait à chercher à tâtons les choses dont il pensait avoir le plus besoin. Il gardait toujours ses affaires à proximité de son lit pour être prêt quand "ils" viendraient le chercher. Je me souviens des miches de pain qui s'y trouvaient : sa plus grande peur était de partir sans pain. Bien souvent, mon père fermait à peine l'œil de la nuit : attendant une voiture qui ne venait jamais.
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Oliv   20 septembre 2017
Les chuchoteurs (Tome 2): Vivre et survivre sous Staline de Orlando Figes
En décembre 1952, lors d'une réunion du Comité central, Staline déclara que "chaque Juif est un espion en puissance pour le compte des États-Unis", faisant ainsi de toute la population juive la cible de sa terreur. Des milliers de Juifs furent arrêtés, chassés de leur emploi et de leur habitation, et déportés comme "parasites déracinés" des grandes villes vers des régions reculées de l'URSS. Staline ordonna la construction d'un immense réseau de nouveaux camps de travail en Extrême-Orient, pour y envoyer tous les Juifs. À travers toute l'Union soviétique, on maudit les Juifs. Les patients refusaient de consulter des médecins juifs, harcelés au point de devoir délaisser leur pratique et de travailler comme ouvriers. Des rumeurs coururent sur des médecins qui tuaient les bébés dans leurs services. Les mères enceintes ne voulaient plus aller à l'hôpital. La presse reçut des lettres appelant les autorités soviétiques à "éliminer les parasites", à les "exiler des grandes villes, où ces porcs sont beaucoup trop nombreux".

C'est alors, au faîte de cette hystérie, que Staline mourut.
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Oliv   07 septembre 2017
Les chuchoteurs (Tome 1): Vivre et survivre sous Staline de Orlando Figes
Pour les bolcheviks, la réalisation radicale de la "personnalité collective" impliquait de "faire exploser la coquille de la vie privée". Tolérer une "distinction entre vie privée et vie publique", assurait la femme de Lénine, Nadejda Kroupskaïa, "débouchera tôt ou tard sur la trahison du communisme". Selon les bolcheviks, l'idée d'une "vie privée" distincte du champ politique était un non-sens parce que la politique affectait tout ; dans la prétendue "vie privée" d'une personne, il n'était rien qui ne fût politique. Ainsi la sphère personnelle devait-elle être soumise à la supervision et au contrôle publics. Aux yeux des bolcheviks, les espaces privés soustraits à la coupe de l'État étaient de dangereuses pépinières de contre-révolutionnaires, qu'il convenait de débusquer et d'extirper.
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gean25   15 décembre 2012
Les amants du Goulag de Orlando Figes
J'ai toujours ces vers présents à l'esprit : " Donne sans rien attendre en retour : telle est la clé qui ouvre les coeurs "
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Oliv   08 septembre 2017
Les chuchoteurs (Tome 1): Vivre et survivre sous Staline de Orlando Figes
Les enfants étaient initiés au culte de "l'oncle Lénine" dès leur premier âge. Dans les jardins d'enfants, on les appelait les "octobrins" ou "petits octobres" ("oktiabriata"), dès l'instant où ils étaient capables de montrer du doigt le portrait du dirigeant soviétique. Après la mort de Lénine, craignant qu'une génération entière ne grandît sans savoir qui il était, ordre fut donné aux écoles d'aménager des "coins Lénine", des sanctuaires politiques réservés au culte du fondateur quasi divin de l'État soviétique. Les récits légendaires autour de Lénine et des autres héros de la révolution étaient un instrument d'éducation politique important. La plupart des enfants ne comprenaient pas l'idéologie de l'État soviétique — à leurs yeux, la révolution n'était qu'une simple lutte entre le "bien" et le "mal" —, mais ils pouvaient s'identifier aux actes héroïques des révolutionnaires.
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Oliv   18 septembre 2017
Les chuchoteurs (Tome 2): Vivre et survivre sous Staline de Orlando Figes
Selon Lazarev, qui entra au Parti par la base, l'idéologie bolchevik ne joua pour ainsi dire aucun rôle dans la guerre, tandis que les slogans d'avant-guerre qui servirent le culte de Staline et le Parti perdirent une bonne partie de leur force et de leur signification :



La légende court que les soldats montaient à l'attaque en criant : "Pour Staline !" En vérité, nous ne parlions jamais de Staline, et, quand nous engagions la bataille, c'était "Pour la patrie !" que nous criions. Nos autres cris de guerre étaient des obscénités.
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gean25   20 décembre 2012
Les amants du Goulag de Orlando Figes
La vie doit être assumée avec tant de fermeté que même le plus grand chagrin ne saurait changer cette attitude, du moment que ce n'est pas une attitude étriquée d'en bas, mais une attitude sage, presque tolstoïenne, d'en haut. en l'occurrence, elle ne détruit pas ce qui est humain, mais, au contraire, nous rend plus humains.
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Oliv   23 septembre 2017
Les chuchoteurs (Tome 2): Vivre et survivre sous Staline de Orlando Figes
Norilsk représente un paradoxe saisissant : une grande ville industrielle construite et habitée par des détenus du Goulag, dont la fierté civique s'enracine dans leur travail servile pour le régime stalinien.

Un semblable paradoxe sous-tend la nostalgie populaire qu'inspire Staline et qui, plus d'un demi-siècle après la mort du dictateur, continue d'être partagée par des millions de personnes, y compris nombre de ses victimes. D'après une étude menée par le Centre panrusse d'étude de l'opinion publique en janvier 2005, 42 % des Russes souhaitaient le retour d'un "leader comme Staline" (60 % des plus de soixante ans interrogés étaient favorables à un "nouveau Staline").
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