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Note moyenne 3.54 /5 (sur 23 notes)

Nationalité : Italie
Né(e) à : Pise , le 20/05/1908
Mort(e) à : Rome , le 27/07/1989
Biographie :

Intellectuelle engagée, figure des cercles artistique et littéraire du XXe siècle, Paola Masino (1908-1989) a eu une vie non conforme pour son époque, dont la dissidence s’exprimera notamment au travers de son oeuvre majeure, La Massaia. Elle fut la compagne de l’écrivain Massimo Bontempelli, séparé de son épouse et âgé de trente ans de plus qu’elle. À Paris, où ils vécurent quelque temps, ils fréquentèrent Paul Valéry, Max Jacob, André Gide, Luigi Pirandello, et se lièrent d’amitié avec Joséphine Baker.

Pendant la seconde guerre mondiale, leurs prises de position les obligèrent à vivre cachés chez des amis jusqu’à la libération de Rome, en 1944. Proche de Moravia, Paola Masino fut aussi la traductrice en Italie de Valery Larbaud, Barbey d’Aurevilly, Balzac ou Stendhal. La Massaia fait preuve d’une incroyable richesse de genres et styles littéraires : prose poétique, inspiration surréaliste, fable, fragments de journal intime, en passant par l’essai métaphysique et l’écriture théâtrale. Ses oeuvres n’avaient encore jamais été traduites en France. [ Editeur ]
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Littérature italienne - Rentrée Littéraire 2018 Voici une petite fille qui a décidé de ne rien faire comme tout le monde. Elle a choisi de vivre? dans une malle. Oubliée de sa famille et de la société, entièrement absorbée par ses questionnements sur le sens de l?existence, elle ignore les devoirs qui incombent à toute femme. Car, sous l?Italie fasciste ? où l?on devine que se situe le roman ?, les femmes sont assignées au mariage et à leur foyer : « Des enfants, des enfants ! » assénait Mussolini. Sale, repoussante, cette étrange créature fait le désespoir de sa mère. Jusqu?au jour où elle cède à ses suppliques : adolescente, elle sort de la malle. Dans une riche propriété, la jeune fille mariée, entourée de domestiques, semble renoncer à ses idéaux, et tente à tout prix de devenir une parfaite maîtresse de maison : une Massaia. À l?instar de son héroïne, Paola Masino (1908-1989) fut une femme moderne et émancipée, très critique à l?égard des valeurs réactionnaires du fascisme. Intellectuelle d?avant-garde, figure des cercles artistiques et littéraires du XXe siècle, elle fit scandale dans son pays par sa liaison avec l?écrivain Massimo Bontempelli, séparé de son épouse et de trente ans son aîné. Francophile, elle fut aussi la traductrice en Italie de Barbey d?Aurevilly, Balzac ou Stendhal. Traduit de l?italien par Marilène Raiola Préface de Marinella Mascia Galateria Découvrez La Massaia en librairie : https://bit.ly/2MGr4ka
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Citations et extraits (40) Voir plus Ajouter une citation
fanfanouche24   11 juillet 2018
La Massaia : Naissance et mort de la fée du foyer de Paola Masino
Enfermée dans une malle, qui lui tenait lieu d'armoire, de lit, de buffet, de table et de chambre, emplie de couvertures en lambeaux, de quignons de pain, de livres et de vestiges funéraires (...) l'enfant n'aimait rien tant que broyer du noir. Elle réfléchissait, rongeait ses ongles incrustés de miettes de pain et de bouts de papier, et lorsqu'elle n'avait plus d'ongles ni de pensées à se mettre sous la dent, elle grignotait un quignon de pain et feuilletait des livres, en quête d'autres nourritures. (p. 16)
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colimasson   01 janvier 2019
La Massaia : Naissance et mort de la fée du foyer de Paola Masino
Voyez comme la vie des êtres humains est cohérente : vous optez pour un rôle et, aussitôt, vous vient le langage correspondant et, avec ce langage, vous devenez l’individu en question.
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Bazart   24 août 2018
La Massaia : Naissance et mort de la fée du foyer de Paola Masino
À la longue, ses terreurs nocturnes la rendirent encore plus étrangère à ses parents, d’autant qu’elle avait pris l’habitude de se reposer lorsqu’elle sentait les autres bien éveillés autour d’elle et prêts à la secourir. La nuit, elle plaçait une veilleuse au fond de sa malle et lisait jusqu’à l’aube sans oser lever les yeux de sa page, de peur de voir ces toiles d’araignées spectrales se refléter dans les airs, prêtes à s’insinuer sous ses paupières dès qu’elle les abaisserait.
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colimasson   05 décembre 2018
La Massaia : Naissance et mort de la fée du foyer de Paola Masino
Elle ferma la fenêtre et, puisque c’était déjà l’heure de s’entretenir avec son mari, elle discuta avec lui pendant au moins soixante minutes, afin qu’il pût lui demander si elle avait fait ceci ou cela : « Oui ». Avait-elle acheté telle ou telle chose ? « Bien sûr. » Est-ce qu’elle avait réglé le problème de Monsieur X ? » Naturellement. » Et celui de Madame Y ? « Aussi. » Ne faudrait-il pas licencier P. ? « Si tu le dis. » Et Z., ne devrait-on pas le renvoyer lui aussi ? « Tu as raison. » Est-ce qu’elle l’aimait ? « Quelle question ! » Elle aussi d’ailleurs était une femme parfaite. « Tu es trop gentil ! » Et ainsi de suite, jusqu’à ce que la pendule sonne onze coups. Alors son mari se leva, lui posa une main sur l’épaule, l’autre sur la joue, et la regarda tendrement ; puis il la serra contre sa poitrine, tout en couvrant son crâne, en plein sur la raie au milieu, de petits baisers. La Massaia ferma les yeux, en attendant qu’il finisse. On ne peut pas dire qu’elle s’ennuyait ni que cela l’embêtait, elle attendait, c’est tout, déjà à demi alanguie dans une sorte de sommeil vertical dont désormais elle avait pris l’habitude.
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colimasson   28 janvier 2019
La Massaia : Naissance et mort de la fée du foyer de Paola Masino
Mais cet idéal de perfection, cet idéal auquel elle a tout sacrifié, désormais ne l’intéressait plus. Rien ne l’intéressait. Elle se sentait de plus en plus distraite et légère ; elle n’aspirait plus à rien, sinon à ployer sous le poids de la vie et à toucher l’échéance suprême. Par moments, il lui arrivait de penser que c’est ainsi qu’avait dû se sentir Jésus en haut de la croix, tout entier concentré sur le poids de son corps qui le tirait vers la terre ; de ce corps qu’il a toujours négligé pour sauver l’âme d’autrui et qui, a présent, se venge, l’accable et, par sa matérialité, lui brise le cœur.
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colimasson   14 janvier 2019
La Massaia : Naissance et mort de la fée du foyer de Paola Masino
Toi, au moins, tu as le courage de renoncer à tout, même à tes rêves. Tu ne t’es pas bercée d’illusions sur les autres ; tu t’es perdue entièrement et, tu le sais, tu ne te souviens même plus de comment tu étais. De ces temps-là t’est resté une certaine allure physique. Tu es encore drôlement belle pour ton âge !
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Nadael   18 octobre 2018
La Massaia : Naissance et mort de la fée du foyer de Paola Masino
« La Massaia (en criant) – Et alors? Vous croyez qu’en agissant ainsi vous aidez leurs épouses, leurs filles et leurs soeurs? Elles sont toutes destinées à être louées, encensées en public et rabaissées dans le privé. Les allégez-vous du poids de leur vie quotidienne? Soulagez-vous leur esprit épuisé par la monotonie de leurs tâches triviales et par l’obligation de mettre au pas leur corps qui galopait, leur coeur qui avait appris à voler et leur âme qui s’amusait à des cabrioles? Or plus l’homme agit au gré de ses caprices, plus il est considéré, plus il nous écrase, plus il semble généreux. Et plus il court à sa perte, plus il conquiert. Les femmes, en revanche, doivent composer avec un corps qui porte depuis toujours inscrit en lui des échéances, des prescriptions et toutes sortes de mesures de précaution. En vous faisant payer, vous croyez vraiment les défendre? Vous ne faites que renforcer les barreaux de leur cage, vous leur assignez une valeur marchande et les réduisez à une réalité purement tangible et contrôlable. »
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colimasson   22 octobre 2018
La Massaia : Naissance et mort de la fée du foyer de Paola Masino
Peu à peu, la fillette se persuada qu’il n’existait rien d’inutile ni de vain, tant l’idée contraire la révulsait, et se fit un point d’honneur de découvrir la nécessité et la noblesse de toute chose, en particulier de celles que les autres méprisaient. Elle rapportait chez elle des poignées de terre, car la terre contenait peut-être des graines.
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Olivia-A   25 juillet 2018
La Massaia : Naissance et mort de la fée du foyer de Paola Masino
Fini les amoureux crasseux contemplant les étoiles du haut de leur donjon et les demoiselles, vêtues de la même sempiternelle robe, soupirant, le regard rivé sur un pot de basilic. Ces temps-là sont révolus, le monde a perdu toute sa poésie aux yeux des femmes depuis que vous les obligez à s'occuper de leur maison. Préparer un repas, c'est prévoir la quantité de nourriture que vous engloutirez le lendemain, savoir combien il coûtera, de quoi il sera composé, craindre de gaspiller et d'être volé. Dormir, c'est sentir, à chaque inspiration, l'odeur de l'eau de Javel sur la taie d'oreiller ; lire, c'est garder l'oreille à l'affût de la bonne qui surgira pour prévenir que la facture de gaz est arrivée ou que le robinet de la salle de bains s'est cassé ; regarder par la fenêtre, c'est voir les domestiques de la maison d'en face qui battent le tapis.
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colimasson   15 novembre 2018
La Massaia : Naissance et mort de la fée du foyer de Paola Masino
Le soir, lorsque son papa rentre à la maison et qu’il s’aperçoit que la maman est en train de crier dans la cuisine, il rouspète : « Quand je t’ai épousée, tu n’étais pas comme ça. » La maman devient blanche, bat des cils : le papa est très vilain. A dîner, il y a la soupe de légumes que les enfants détestent : « J’aime pas ça », dit le petit garçon. La maman remplit une cuillère de potage et l’avance vers l’enfant : il pince les lèvres et secoue la tête, il tache la nappe ; son papa le réprimande, mais la maman pose la main sur la tête de son fils, pour le défendre contre ce père qui gronde ; elle demande qu’on emporte la soupe, qu’on n’en parle plus, qu’on serve plutôt un bifteck pour son enfant, un peu de morue pour elle et pour son mari, agrémentée de beaucoup de pommes de terre pour le papa. Après quelques bouchées, le mari éloigne le plat, repousse le pain, sa serviette tombe par terre et, tandis qu’il boit, il murmure : « Ma mère faisait cuire la morue dans du lait. » Sa femme voit qu’il lorgne le bifteck de son fils : « Ma parole, il serait capable d’arracher la nourriture de la bouche de son fils », se dit-elle en lui lançant un regard méprisant. Elle aussi a envie de viande, elle aussi déteste la morue, mais avec ce qu’il gagne ! – comme il ne cesse de le lui répéter chaque fois qu’elle veut acheter une rose pour la placer dans un vase au milieu de la table ou deux bonbons pour le petit. Cependant, elle fait un effort ; elle coupe la moitié du bifteck dans l’assiette de son fils et, d’un ton tout à fait naturel, elle lance : « Donnes-en un peu à papa. » L’enfant ne bronche pas, son père rougit, la mère recoupe la viande très lentement au même endroit où elle l’a déjà coupée et, finalement, l’homme dit ce que tous s’attendaient qu’ils disent : « Non, non, ile n a plus besoin que moi. » Ce mari et cette femme s’aiment vraiment, et ils aiment vraiment leur enfant, c’est pour cela qu’ils se sont si souvent du mal : ils se mortifient, et ils s’imaginent qu’ils doivent faire des sacrifices, ils ont une fausse idée de l’amour et ne font qu’aggraver la situation.
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