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Note moyenne 4.01 /5 (sur 99 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Nantes , le 25/09/1966
Biographie :

Patrice Jean a 45 ans et est professeur de français au lycée de Saint-Nazaire. Il vit dans une maison de paludiers, à Guérande, au cœur des marais salants – en couple, sans enfants, sans bateau, sans cheveux.

Il a étudié la philosophie et en 1993, il sort, en collaboration avec un ami, un petit livre de pensées "Tout à fait Jean-Michel" avec des dessins de Sempé (éditions du Seuil).

Ses romans, "La France de Bernard" (2013) et "Les structures du mal" (2015), sont publiés aux éditions 'Rue Fromentin'.

Source : Wikipedia
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A quoi sert la littérature?

Citations et extraits (51) Voir plus Ajouter une citation
GeraldineB   12 juillet 2020
L'homme surnuméraire de Patrice Jean
L'aliénation par le travail, en déliant les individus de leurs préoccupations personnelles, sauve ces derniers du vide et de la médiocrité contemplée, médiocrité qui acculerait beaucoup d'entre eux à la dépression et au suicide.
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TerrainsVagues   26 juillet 2015
La Philosophie selon Bernard de Patrice Jean
C'est aussi à cette époque qu'il se mit à lire Kierkegaard. Le titre de l'essai Ou bien…Ou bien, par son incertitude affichée, l’attirait particulièrement. Il ne comprit pas grand-chose. Il s’essaya aux Miettes philosophiques, mais là encore, ce fut un morceau un peu lourd à avaler. Il finit par deviner que l’existence proposait plusieurs directions, différentes manières de vivre : le stade esthétique, le stade éthique et le stade religieux. Il sentait confusément que lui-même relevait du premier stade, mais tout aussi confusément il saisissait que Kierkegaard estimait moindrement ce choix existentiel. A force de réfléchir à la question, il réussit, quelques jours, à joindre le stade esthétique et le stade éthique, disjoints pourtant par le philosophe danois. Il dut reconnaître plus tard que c’était là un piètre bricolage.

Sa réflexion prit alors une autre ampleur, un autre envol, un autre chemin… Puis, il décida de ne plus lire Kierkegaard.

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Henri-l-oiseleur   03 avril 2019
Tour d'ivoire de Patrice Jean
L'Incorrect, avril 2019, entretien avec l'auteur.

... Je me demande si on peut écrire des romans aujourd'hui sans parler de la littérature, parce que la littérature ne va plus de soi.

(Olivier Maulin) Vous croyez vraiment qu'il y a aujourd'hui une rupture particulière ?

(Patrice Jean). Il y a des auteurs qui vendent 500000 exemplaires, mais la littérature un peu plus exigeante, qui essaie de réfléchir et ne donne pas dans le cliché systématique, elle ne vend pas énormément. Je suis tout de même un peu inquiet. Vous ne l'êtes pas, vous ?

(Olivier Maulin et Romaric Sangars). Si.

(R. Sangars). Richard Millet parle du "culturel" comme du lieu de la déréliction du littéraire. C'est un peu ce que vous mettez en scène dans la médiathèque où travaille votre médiateur, non ?

(P. Jean). Oui, bien sûr. Hier, j'étais dans une librairie à Guérande, il y avait un grand présentoir avec les livres d'Aurélie Valognes. J''arrive à Paris et, dans le métro, je vois de grandes affiches d'Aurélie Valognes : ça prend toute la place ...

(O. Maulin) Enfin, il y a aussi le problème qu'en règle générale, les libraires sont des cons.

(P. Jean). Il ne faut pas trop le dire ... Et puis, dans mon livre, il y a un libraire héroïque.

(Maulin). Oui, qui ferme.
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dcombier   18 septembre 2017
L'homme surnuméraire de Patrice Jean
Il n'est que trop évident que les hommes ont tendance à s'exagérer l'importance de leur personne. L'espèce se développe d'une façon inouïe, invente, découvre, engendre des technologies inédites. Mais l'exemplaire humain n'est le plus souvent qu'une ombre de l''époque, un reflet du temps présent, engorgé des idées les plus sottes de la saison. Le grand secret de l'existence est que l'être humain ne pense pas : c'est une marionnette bredouillant avec orgueil un texte collectif, banal et sans surprise.

(...) les êtres humains, tous prévisibles, prétendaient pourtant à l'unicité et à l'originalité. Quelle bande de cons !
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Henri-l-oiseleur   06 avril 2019
Tour d'ivoire de Patrice Jean
... tout individu passionné par l'organisation de la cité plus que par la poésie, la beauté et la vanité des choses, s'apparentait, à ses yeux, à un demeuré. Je n'en étais pas encore à ce stade (de demeuré), cependant, les leveurs de papattes [note : les militants engagés politiquement corrects] ne me laissant pas en paix, je prenais un malin plaisir à défendre toutes les idées qu'ils haïssaient, par un réflexe qu'on aurait pu qualifier de "moral". A prendre une posture je risquais de me figer en elle, oubliant qu'elle n'était, au commencement, qu'une stratégie pour faire la nique au confort intellectuel dans lequel se vautraient mes amis progressistes. Thomas, lui, ne cherchait même pas, même plus, à jouer les épouvantails à moineaux, les fascistes à sermonneurs.



p. 81
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Henri-l-oiseleur   06 avril 2019
Tour d'ivoire de Patrice Jean
Lire, écrire, ne plus être au monde, réduire à pas grand-chose mes points de contact avec la vie ; la regarder de loin, à travers les lentilles du souvenir et de la fiction, cela me suffisait. Au fond, j'en avais un peu marre de vivre ; en soi, exister eût été passionnant si la plupart de mes frères humains n'avaient pas mis en berne le drapeau de la littérature et de l'art. Ne restait que cette tour d'ivoire portative en quoi consistent les grands livres.



p. 143
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Julian_Morrow   27 juillet 2019
Revenir à Lisbonne de Patrice Jean
Depuis la chute originelle, les descendants d'Adam et Eve couvrent leur nudité d’étoffes et de rubans. Moins majestueux que les lions, plus fragiles que les rhinocéros, nous sommes obligés de revêtir une seconde peau artificielle : les toilettes ennoblissent les corps impeccables et dissimulent les corps contrefaits.

Le vulgaire, à rebours, se complaît en cette idée fausse que la belle apparence est une préoccupation futile. Son rejet s'affermit à l'aide de proverbes tels que «l'habit ne fait pas le moine» ou bien «les apparences sont trompeuses». Les plus sots s'imaginent qu'un costume bien coupé exclut son propriétaire du domaine de la pensée, alors qu'une tenue négligée traduirait, selon eux, l'indifférence aux tracas superficiels et, partant, la sincérité et la profondeur. Forts de ces certitudes, les sots promènent sur le théâtre des jours une allure lamentable.



(p.103)
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Henri-l-oiseleur   27 octobre 2017
L'homme surnuméraire de Patrice Jean
La littérature humaniste.

... Mais grâce à Gilbert, ceux qui désirent fuir la lecture, souvent pénible reconnaissons-le, de textes douteux d'un point de vue moral, sans se priver des beautés qu'ils contiennent, pourront le faire en toute sécurité ... Pensez à ces parents qui découvrent, éberlués, dans Proust, par exemple, des considérations certes d'une grande intelligence, mais déprimantes, sur l'impossibilité de l'amitié : j'en ai connu, je vous l'assure, qui ont regretté amèrement d'avoir conseillé Proust à leur gamin, un auteur qu'ils croyaient inoffensif. (...)

... Pensez à tous ces esprits naïfs qui ouvrent, pleins d'espoir, un roman d'Apollinaire comme "Les Onze Mille Verges", et qui subissent, ahuris, une épopée sexuelle de la cruauté. Pensez à tous ces esprits encore jeunes qu'un Léautaud pourrait fasciner, et dans son sillage, conduire à l'égoïsme le plus racorni, à l'écart des luttes pour le progrès ... Avec notre collection, rien de semblable n'arrivera. L'Histoire avance, mademoiselle ! Il faut, enfin, je ter le négatif, sinon l'humanité fera du surplace !"



pp. 144-145
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Henri-l-oiseleur   26 octobre 2017
L'homme surnuméraire de Patrice Jean
... il sentait qu'il n'appartenait pas à ce monde aristocratique de l'optimisme, ce monde qui identifie le mal, qui désigne les responsables puis les combat dans le dessein d'amender l'imparfaite société. La difformité, c'était lui. Serge Le Chenadec, agent immobilier, quarante-cinq ans, marié, deux enfants : l'homme surnuméraire.



p. 42
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Henri-l-oiseleur   27 octobre 2017
L'homme surnuméraire de Patrice Jean
(Chez l'éditeur). Jacqueline Collinet, en particulier, lui vouait une haine sans partage et sans répit. Habituée à diriger une collection pour enfants, elle aimait les personnages simples et sans nuances, croyait à la pureté morale et abhorrait le double jeu. Elle était fière d'avoir publié des contes à valeur éducative qui luttaient contre le racisme, le machisme et l'homophobie, et de ce fait elle prétendait éduquer les enfants à la citoyenneté. (... ) Quand elle apprit par un vertueux collègue que Weil ne la désignait jamais autrement que par les sobriquets de "Soeur Jacqueline" ou de "Notre-Dame patronnesse de la colline", elle rugit de colère et renversa, de rage, les livres qui encombraient son bureau (même "Petit-Pierrot et le renard qui aurait voulu être un imam"). Weil devint à ses yeux une incarnation de la duplicité, un genre de Méphistophélès, charmeur et sournois. Ni son homosexualité, ni ses origines juives ne le protégèrent de l'hostilité que la directrice de la collection "Chansons douces pour enfants turbulents" éprouvait à son endroit.



p. 155
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