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Note moyenne 3.17 /5 (sur 3 notes)

Nationalité : France
Né(e) : 1973
Biographie :

Patricia Suescum, née en 1973, est l’auteur de deux recueils : L’étreinte du vide, Je suis la nuit (Rafael de Surtis, 2017) et Noir d’encre (Petits tirages éditions, 2012). Les qualités de Patricia Suescum, écrit Perrin dans la revue en ligne Possibles, sont évidentes. « Je me noie de l’intérieur », écrit-elle, parce qu’elle a des peurs pérennes qui surgissent, peut-être, de l’enfant en elle qui refuse de mourir. Le sujet reste l’ombre d’une ombre, et pourtant il brille sourdement à chaque page. Elle utilise le langage en poète de plein exercice, faisant entrer de la clarté dans la serrure qu’elle ouvre, page après page. Elle est inventive avec la langue, tout en restant parfaitement naturelle, sans un mot de trop, d’une efficacité totale. C’est donc un grand art que son écriture livre en toute simplicité. Parfois elle émeut, toujours elle touche.
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Source : http://www.leshommessansepaules.com
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
Patricia Suescum
coco4649   10 juin 2017
Patricia Suescum
Inédit 1 



 

Vivre plus cachée que son ombre, se retourne et personne ;

aucune trace en dehors ni au-dedans, aucune odeur à tenir

entre ses doigts, un parfum demandant à jaillir et qui trop

mûr prend gangrène. L’enveloppe se tord sur elle-même,

tourne sur l’ombre et griffe ; nulle lumière tendue autour

d’un corps sans miroir. Tout s’éteint et la mécanique de la

mâchoire, sous l’extinction du souffle en pleine carcasse, la

douleur n’est pas, le vent s’éjecte dans le cocon et brise

longtemps après, une nacelle vide.
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Patricia Suescum
coco4649   16 mai 2017
Patricia Suescum
 

 

Mémoire en désordre ; je garde de toi l’attente irrésolue, le manque, l’acceptation, les mots à double sens, le sens du ridicule, le deuil d’une conscience, éteinte, aveugle ; je garde de toi l’odeur du désir, grappe de soleil rangée dans un tiroir, étincelle éclatée sur un sol mouvant, le vertige des rêves gâchés.

Et je laisse entrer la brûlure, migraine des grands soirs, où ton nom frappe le nerf optique et glace le front moite de ma fièvre.

L’aube comme une gueule de bois, un couteau sorti de mon crâne, que le jour cicatrise en surface ; main ouverte, étoile sur la crevasse.

L’écho d’un souffle suffit ; la réalité se crispe, convulse et donne du monde une image atrophiée, réduite au contour d’un regret fantoche, à deux centimètres de douleur insoluble.

Des lendemains rongent la corde, échappent au nœud coulant, la vie est fin stratège…

Je garde de toi un voile de solitude planté dans l’œil.
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Patricia Suescum
coco4649   16 mai 2017
Patricia Suescum
 

 

Aux chants des pierres noires jonchant le sol comme

derniers cris lucides, de cette humanité écrasée sous

le poids instable des générations, de ces manifestations

d’effroi pétrifiés dans l’œil de celui qui voit… de celui qui

ressent et entend son cœur comme une décharge d’éclairs

instantanée…

Lève ton bras de poussière sous la couche glaciale d’un

corps tendu comme un cierge, dont la flamme ne réchau-

ffe qu’un désert de plus…

Entends la lumière d’outre tombe qui dort comme un soleil

écarté de la scène et brûle de sa puissance à ne jamais ren-

dre les armes, à ne jamais se défaire de la promesse de l’aube

...
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Patricia Suescum
coco4649   06 janvier 2020
Patricia Suescum
Et puisqu’il n’y a ni gagnants…





Et puisqu’il n’y a ni gagnants, ni perdants, creuse sous le voile

d’apparence et gave-toi d’absolu…

Qu’elle soit longue l’agonie de vivre, qu’elle soit vengeance

sous le pli de l’oubli…

Gagne du terrain et grave ta propre tombe d’une lettre d’or…

Que la lumière se penche sur ton sommeil…

Et se reflète dans l’œil de celui qui a vu…

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coco4649   09 juin 2017
L’Étreinte du vide suivi de Je suis la nuit de Patricia Suescum
LA MER A PITIÉ DE MOI…





   La mer a pitié de moi, de mon chant solitaire.

Elle connaît tout du naufrage et de ses voyageurs.

La mer délivre le souvenir et recrache sa voix aux

vivants.

   Des mots sans importance. Le mal n’a pas

d’importance ici. C’est un langage obscur. Nos

mémoires perdent son origine pour ne pas

sombrer.

   La mer est plus forte que moi. Son cri chasse

la tempête. Elle me dit de ne pas m’inquiéter de

l’écho.

    « Tu es l’écho et je suis ton navire »

   Je me suis couchée sous l’écume et j’ai bu.



   Enfin je peux dormir. Plus de distance, plus

de chemin à parcourir. Demain, j’aurai regagné la

terre.
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Patricia Suescum
coco4649   16 mai 2017
Patricia Suescum
 

 

À ne voir l’Autre que sous le prisme du désir, un pan d’obscurité se détache de l’œil et couvre les trois quarts de l’Être.

La chair m’inflige ses assauts, dont je suis lasse ; la question reste en surface et dérive sans capter mon attention.

Et parce que je ne suis pas ce que l’on veut voir de moi, je détourne le regard et cherche en vain le terrain vierge de constructions massives, où la place offerte n’est pas celle d’une statue gigantesque créée par la main de l’homme.

Que l’on me donne autre chose qu’un chant de coq, aussi criard qu’un réveil matin, quand je n’aspire qu’au calme d’une conversation.

La femme déborde, l’être vivant s’ennuie.
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coco4649   06 janvier 2020
À l’heure où les fauves dorment de Patricia Suescum
Guetter les vrais échanges…





Guetter les vrais échanges,

la fraternité de la réflexion,

l'équité du regard,

l'élévation jumelle



La dissociation,

les apparences multiples

n'engendrent pas plusieurs

vérités mais décalent l'angle

du discernement



Ta peau vaut-elle plus que la mienne,

existe-t-il une valeur contre la chute ?

Existe-t-il un rempart contre l'erreur ?

Et crois-tu vraiment

que je ne vais pas en rire ?



(L'attribut nuisible

à la clairvoyance).
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Patricia Suescum
coco4649   06 janvier 2020
Patricia Suescum
Et gueule comme la terre…





Et gueule comme la terre qui s’échine à survivre sous le pas

du guerrier, sous la cloison de l’ombre, sous la face d’un idéal

s’étiolant plus que tous les désirs réunis dans la paume d’un

enfant ; les enfants que nous sommes dans l’éternité d’un

chant oblique qui danse de la lune au croisement secret de

l’espérance jamais éteinte.



Danse sur la braise puisque le feu est terre natale et ne retiens

que le frisson du néant qui balaie ta joue aux quatre coins de

l’enfer que l’on nomme existence…
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coco4649   06 janvier 2020
À l’heure où les fauves dorment de Patricia Suescum
VIENNENT CES MATINS…





Viennent ces matins

dans la lenteur

des lumières endormies

à l’ombre des montagnes,

dans l’opacité d’un diamant brut

que l’homme affairé de son sommeil

n’a pas encore taillé



Vient la page inexploitée,

le projet tenu en laisse



À l’heure où les fauves dorment,

que les murs tombent en miettes,

c’est la fraîcheur sur la plaie indolore,

c’est le rebond des écroulés



Viennent ces matins

de réconciliations

où le chemin soude la faille



La conscience du choix.
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coco4649   16 mai 2017
Noir d'encre de Patricia Suescum
 

 

Sans toi je fais l’amour avec la mort,

Dans ces draps humides et froids.

Dans l’absence de tes bras,

Mon corps résigné ne bouge pas.
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