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4.08/5 (sur 242 notes)

Nationalité : Espagne
Né(e) à : Burgos , le 11-09-1970
Biographie :

Philosophe et écrivaine, Paul B. Preciado a traversé beaucoup de frontières dans sa vie. D'abord celle terrestre, de l'Espagne à la France, qui la plonge quotidiennement dans un univers multilingue. Ensuite celle du genre, de femme à homme.

Après l'école, grâce à une bourse, Preciado quitte Burgos pour Madrid, puis New York et les études de philosophie aux côtés de Jacques Derrida à la New School, puis Princeton pour un doctorat de théorie de l’architecture. Après une thèse aux Etats-Unis, elle commence à prendre de la testostérone pendant plusieurs années accédant ainsi à une expression de genre plus fluide (gender fluid). Elle documentera ce processus et ses injections "pirates" dans son ouvrage "Testo Junkie" (2008).

C'est grâce à son poste d’enseignant à l’Université Paris VIII, qu'à lieu sa rencontre avec l’écrivaine Virginie Despentes. Elle sera sa compagne pendant dix ans.

En novembre 2019, elle est invitée aux Journées internationales de l’École de la Cause Freudienne, une des plus importantes institutions de psychanalystes Lacaniens de France. Son intervention déclenche un tel débat entre les experts qu'elle décide de publier son texte dans son intégralité en 2020 chez Grasset : "Je suis un monstre qui vous parle".

Depuis 2013 elle rédige une chronique régulière sur le genre, la sexualité, l'amour et le bio-politique pour Libération. La compilation de ces chroniques a mené à la parution du recueil : "Un appartement sur Uranus" en 2019.

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Source : https://www.letemps.ch/societe/paul-b-preciado-pardela-bien-male
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L'éthique de l'homme occidental et les buts moraux de la psychanalyse Lacan presque queer intervient au coeur du débat opposant les militants queer et les spécialistes des études de genre aux psychanalystes. Il évalue la pertinence des critiques politiques développées par les premiers tout en rappelant l'exigence émancipatrice de l'expérience psychanalytique (revue par Lacan) et l'ampleur de son analyse historique de l'évolution de l'éthique des sociétés occidentales (de l'antiquité à la modernité). Le 17 novembre 2019, le philosophe queer Paul B. Preciado invité à la tribune du congrès de l'Ecole de la cause freudienne prononce une mémorable conférence exigeant des psychanalystes une profonde mutation de leur discipline qui reste selon lui la science de l'inconscient hétéropatriarcal et colonial, enferme les sujets dans la cage de l'épistémologie binaire et hiérarchique de la différence des sexes, reconduit la domination masculine, les pratiques de mort contre les homosexuels et les transsexuels, culpabilise les enfants par l'oedipe, et oeuvre au total à toutes sortes d'opérations de normalisation favorisant au mieux l'état actuel de la reproduction sociale ou de la domination mortifère du père (blanc). Pour Markos Zafiropoulos, il fallait répondre par Lacan à cette violente critique, qui divise le champ freudien et celui des études de genre, mais aussi les associations militantes comme les cercles tâtonnant vers la construction d'une queer psychanalyse. En retournant au texte même, l'auteur prend la mesure de l'analyse de Lacan concernant l'histoire de l'éthique en Occident, les ressorts cliniques qui font de l'homme moderne un fugitif et un prisonnier de la cage du fantasme mais aussi de ce qu'il apporte aux buts moraux de la psychanalyse qui vont comme un gant aux impératifs des avant-gardes politiques. Dans la collection Entre les lignes

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Citations et extraits (156) Voir plus Ajouter une citation
La pose de Hefner en architecte n’avait rien d’un canular, elle dévoilait les ambitions architecturales de ce qui, à première vue, semblait n’être qu’un simple projet de presse à contenu érotique. Playboy était bien plus que du papier et des filles nues. De 1950 à 1960, le magazine était parvenu à créer un ensemble d’espace qui, à travers une diffusion médiatique imparable, avaient réussi à incarner une nouvelle utopie érotique de masse. Le magazine avait popularisé les dessins de « L’appartement-terrasse Playboy » (Playboy penthouse apartment), de la « cuisine sans cuisine » (kitchenless kitchen) et du « lit tournant » (rotating bed) qui seront réalisés à l’intérieur du Manoir Playboy en 1959.
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La révolution ne commence pas par une marche au soleil, mais par un hiatus, une pause, un déplacement minuscule, une déviation dans le jeu des improvisations et des apparences.
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Ce que le discours scientifique et technique occidental considère comme les organes sexuels emblématiques de la masculinité et de la féminité, le pénis et le vagin, n'est pas plus réel que le Rwanda ou le Nigeria, que l'Espagne ou l'Italie. Il y a une différence entre une colline verte qui pousse de l'autre côté d'un fleuve et un désert qui s'étend du côté balayé par le vent. Il y a le paysage érotique d'un corps. Il n'y a pas d'organes sexuels mais des enclaves coloniales de pouvoir.
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Ni à l'époque, ni aujourd'hui, je n'ai demandé qu'on me "donne" la liberté. Les puissants ne cessent de promettre la liberté, mais comment pourraient-ils donner aux subalternes quelque chose qu'ils ne connaissent pas eux-mêmes ? Paradoxe : celui qui attache est aussi emprisonné que celui dont les mouvements sont entravés par les cordes nouées.
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C'est l'histoire de la fin des démocraties dans l'Occident. Comment la finance a découvert qu'elle s'accommodait très bien des régimes autoritaires – et même qu'elle préférait les régimes autoritaires car on consomme encore mieux les poings liés.

Préface de Virginie Despentes
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Ce qu’il faut, comme le dit Franco Berardi Bifo, c’est érotiser la vie quotidienne, c’est déplacer le désir capturé par le capital, la nation ou la guerre, pour le redistribuer dans le temps et l’espace, qu’il traverse tout et qu’il nous traverse tous.
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Paul B. Preciado
L'homosexualité est un sniper silencieux qui colle une balle dans le cœur des enfants des cours de récréation, il vise sans chercher à savoir s'ils sont gosses de bobos, d'agnostiques ou de catholiques intégristes. Sa main ne tremble pas, ni dans les collèges du VIe arrondissement, ni dans les zones d'éducation prioritaires. Il tire avec la même précision dans les rues de Chicago, les villages d'Italie ou les banlieues de Johannesburg.
L'homosexualité est un sniper aveugle comme l'amour, éclatant comme un rire et aussi tendre qu'un chien. Et s'il se lasse de prendre des enfants pour cible, il tire une rafale de balles perdues qui vont se loger dans le cœur d'une agricultrice, d'un chauffeur de taxi, d'un chanteur hip-hop, d'une factrice pendant sa tournée… la dernière balle a atteint une femme de 80 ans pendant son sommeil.

La transsexualité est un sniper silencieux qui colle une balle dans la poitrine d’enfants plantés devant un miroir ou qui comptent leurs pas sur le chemin de l’école. Il ne se préoccupe pas de savoir s’ils sont nés d’une insémination artificielle ou d’un coït catholique. Il ne se demande pas s’ils viennent de familles monoparentales ou si papa portait du bleu et maman s’habillait de rose. Il ne tremble ni du froid de Sotchi ni de la chaleur de Carthagène. Il ouvre le feu aussi bien sur Israël que sur la Palestine.
La transsexualité est un sniper aveugle comme le rire, éclatant comme l’amour, aussi tendre et tolérant que le sont les chiennes. De temps en temps, il tire, sur une professeure en province ou sur un père de famille, et boum.

Pour ceux qui ont le courage de regarder la blessure en face, la balle devient la clé d’un monde dont ils n’avaient jamais rien vu auparavant. Les rideaux s’ouvrent, la matrice se décompose. Mais parmi ceux qui portent la balle dans la poitrine, quelques-uns décident de vivre comme s’ils ne sentaient rien.
D’autres compensent le poids de la balle en faisant de grands gestes de Don Juan ou de princesse. Des médecins et des Eglises promettent d’extirper la balle. On dit qu’en Equateur une nouvelle clinique évangéliste ouvre chaque jour, pour ré-éduquer les homosexuels et les transsexuels. Les foudres de la foi deviennent des décharges électriques. Mais nul n’a jamais su comment extirper la balle. Ni les mormons ni les castristes. On peut l’enfouir plus profondément dans sa poitrine, mais on ne peut jamais l’extirper. Ta balle est un ange gardien : elle sera toujours à tes côtés.
(...)

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• "Homosexualité, transsexualité : nous sommes partout" - tribune dans Libé, le 14 02 2014
https://www.liberation.fr/debats/2014/02/14/nous-sommes-partout_980296/
Texte brillamment lu/interprété par Casey dans le spectacle « Trouble », concert littéraire avec Virginies Depentes, Béatrice Dalle, Casey et le groupe Zëro
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Les commémorations les plus belles sont celles que célèbres les révolutions invisibles, les transformations sans date de commencement ni de caducité. Qui célèbre l’herbe quand elle pousse?

Le ciel changeant de couleur? Qui célèbre la lecture d’un livre? L’apprentissage d’un nouveau geste? Qui célèbre le dernier instant de bonheur avant une mort subite? Il faut oublier les anniversaire. Il. Faut oublier les repères et laisser tomber les reliques. Pour célèbre toutes nos autres naissances possibles.
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La misère ça t'écrase comme un camion renversé sur toi – elle te saisit et elle te broie. Et tu ne l'oublies pas.

Préface de Virginie Despentes
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Je m’adresse aujourd’hui à vous, académiciens de la psychanalyse, depuis ma « cage » d’homme trans. Moi, corps marqué par le discours médical et juridique comme « transsexuel », caractérisé dans la plupart de vos diagnostics psychanalytiques comme sujet d’une « métamorphose impossible », me situant, selon la plupart de vos théories, au-delà de la névrose, au bord ou même dans la psychose, incapable selon vous de résoudre correctement un complexe d’Œdipe ou ayant succombé à l’envie du pénis. Eh bien, c’est à partir de cette position de malade mental où vous me renvoyez que je m’adresse à vous […]. Je suis le monstre qui vous parle. Le monstre que vous avez construit avec vos discours et vos pratiques cliniques. Je suis le monstre qui se lève du divan et prend la parole, non pas en tant que patient, mais en tant que citoyen, en tant que votre égal monstrueux.
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