AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Citations de Paul Greveillac (134)


palamede   15 décembre 2018
Maîtres et Esclaves de Paul Greveillac
Il n’était jamais sûr du grade des militaires qu’il portraiturait. La Révolution culturelle avait éradiqué les signes extérieurs de hiérarchie. Plus personne ne portait de galons. Et il fallait prêter une attention particulière au nombre de poches des vareuses kaki. Deux poches : un rien-du-tout. Quatre poches : un général. 
Commenter  J’apprécie          340
ODP31   05 septembre 2020
Art Nouveau de Paul Greveillac
Prise de panique, sans plus personne pour la tenir en bride, la haridelle qui tirait la carriole sur laquelle reposait le catafalque et le cercueil s'emballa. Elle fonça droit devant elle. Le mort eut la frayeur de sa vie.
(page 114)
Commenter  J’apprécie          310
palamede   11 décembre 2018
Maîtres et Esclaves de Paul Greveillac
... il faut maîtriser, dans la peinture traditionnelle chinoise, l’art d’écrire, avant celui de peindre. La peinture traditionnelle chinoise est l’acte d’un lettré, capable de lui donner par le Verbe la résonance longue d’un monde en creux. 
Commenter  J’apprécie          290
fanfanouche24   29 août 2018
Maîtres et Esclaves de Paul Greveillac
Kewei, quinze heures par jour, plongeait dans sa peinture aux exhalaisons puissantes. Il ruminait les critiques acerbes de son maître. Lorsqu'il allait enfin se coucher , l'odeur de la peinture l'accompagnait. Il lui semblait que ses cheveux étaient devenus des poils de pinceau. Qu'il était tout entier un manche douloureux. (p. 145)
Commenter  J’apprécie          290
palamede   04 décembre 2018
Maîtres et Esclaves de Paul Greveillac
L’histoire de la peinture traditionnelle chinoise est celle d’une expédition sans fin. Ses Argonautes — les peintres — ont bien la carte des océans. Mais ils ne font pas confiance à la mer. Ils doutent que la carte recense correctement les écueils et, partant, s’en remettent aux étoiles et à la navigation à vue. Ils passent ainsi leur vie à explorer un thème infiniment réducteur — pour atteindre, par ce prisme, une portion d’universalité. Au travers de leurs petits riens, ils donnent à voir l’ineffable Tout. Il est ainsi des maîtres des paysages, des bambous, des litchis, des crevettes. Le sujet est pour eux la fin et le moyen. 
Commenter  J’apprécie          260
Adriatik   18 septembre 2018
Maîtres et Esclaves de Paul Greveillac

Jiang, en se rasant, sifflait entre ses dents. « Sans le Parti communiste, il n’y aurait pas de Nouvelle Chine… » Jiang n’avait pas grand-chose à raser. Mais il s’imposait un visage parfaitement glabre. Le visage du progrès.
Commenter  J’apprécie          260
palamede   20 décembre 2018
Maîtres et Esclaves de Paul Greveillac
Botoxée à l’économie de marché, la Chine avait une mine resplendissante. Monstrueuse, elle avait su se réinventer, jusqu’à se nier en apparence. La dialectique, habilement manipulée, lui avait permis de dire tout et son contraire. La raison pure sait se fortifier des contradictions. Et l’impossible devient. Comme dans un rêve... 
Commenter  J’apprécie          250
Adriatik   16 septembre 2018
Maîtres et Esclaves de Paul Greveillac
La symétrie fascine l’œil et endort l’esprit. C’est pourquoi les régimes totalitaires adorent la symétrie.
Commenter  J’apprécie          230
fanfanouche24   07 septembre 2018
Les âmes rouges de Paul Greveillac
(...) il guettait les moindres sons émis par les voisins, au-dessus, au-dessous, sur les côtés. Mais les travailleurs, pour la plupart, s'acquittaient ailleurs de leur devoir envers le peuple. Puis il oublia bientôt tout- avalé par le roman, devenant, lecteur, l'acteur primordial de la fresque. Pendant ses trois jours d'arrêt, sans rien en dire à sa mère, replaçant avec précaution le roman là où il l'avait trouvé sur l'étagère, il dévora -Le Docteur Jivago- En le refermant, il se demanda pourquoi, au juste, on le censurait en U.R.S.S. Khrouchtchev, paraît-il, une fois destitué et après avoir enfin lu le livre, ne se demanda pas autre chose. (p. 61)
Commenter  J’apprécie          230
Adriatik   15 septembre 2018
Maîtres et Esclaves de Paul Greveillac

Mao était déjà sorti se promener dans la cour du restaurant. D’autres secrétaires de comité, dont Zhou Lin, venu du Guizhou, formaient autour du Président une nuée de papillons nocturnes attirés par la lumière. On allumait les lanternes sur leur chemin. La lune crémeuse s’accrochait au ciel du bout des ongles.

Commenter  J’apprécie          210
fanfanouche24   10 septembre 2018
Les âmes rouges de Paul Greveillac
Ce livre séminal -printed in the United States of America-, que Katouchkov lit sans se presser, est sorti des presses new-yorkaises en 1952. Il a mis plus de neuf ans à parvenir entre les mains du censeur, et son périple mérite à lui seul un roman. Ainsi Katouchkov en savoure -t-il chaque mot, en palpe-t-il chaque phrase, en soupèse t-il chaque chapitre - ici appelé "Note". Il prolonge le plaisir parce qu'il prolonge la transgression, le danger. Et dans ce danger, il est lié à sa mère. Olga Katouchka ignore qu'il a lu son - Docteur Jivago- Mais elle est dangereuse, comme lui, parce que portée par l'insatiable curiosité de l'esprit, par l'ardeur farouche de l'intelligence qui ne sait pas trouver le repos. Pour Olga Katouchkova, pour Vladimir Katouchkovv, pour des millions de Soviétiques, les années Khrouchtchev devaient rester comme un âge d'or relatif (...) Et ce court âge d'or suffit à semer le germe de l'impertinence. (p. 83)
Commenter  J’apprécie          200
fanfanouche24   09 septembre 2018
Les âmes rouges de Paul Greveillac
L'information est un pouvoir . Les états totalitaires, mieux que les autres, l'ont toujours compris; (p. 142)
Commenter  J’apprécie          200
Cannetille   19 novembre 2020
Art Nouveau de Paul Greveillac
Aucun art, semble-t-il, n’a tout à la fois réifié, aimé, idéalisé, sanctifié les femmes autant que l’« art nouveau ». Il s’est épanoui dans une débauche de sensualité et de vie, avant que de pourrir dans l’horreur et la mort de la guerre. Comme si la balance de l’Histoire avait, sur un coup de tête, décidé qu’il était grand temps de mettre fin aux frivolités.
Commenter  J’apprécie          190
fanfanouche24   04 septembre 2018
Maîtres et Esclaves de Paul Greveillac
Une sueur froide parcourut son échine. Il suivit le mouvement et se joignit au cortège. Dans les pays vraiment révolutionnaires, vraiment égalitaires, la hiérarchie saute toujours aux yeux. (p. 274)
Commenter  J’apprécie          190
fanfanouche24   30 août 2018
Maîtres et Esclaves de Paul Greveillac
Kewei, dans Pékin, vaquait désormais avec l'assurance de qui est devenu intouchable. Du statut d'exécutant, il avait accédé à celui de mandataire. Il avait partout l'illusion de s'être extirpé de sa condition de subalterne. Et partout, il le montrait... Sommes-nous maîtres de nos destins, esclaves de nos egos ? Maîtres de nos rêves, esclaves de ce qui les concrétise ?
Le printemps ne réchauffait pas encore le monde dans ses paumes que Kewei, dans la foulée de son acceptation au Parti, intégrait déjà le département de la Propagande. (...) mais ici, on ne peignait pas. On décidait ce qu'il fallait peindre. Ici, on gouvernait l'art. (p. 299)
Commenter  J’apprécie          170
Adriatik   16 août 2020
Art Nouveau de Paul Greveillac
Le rêve a la fragilité du miracle. Il n’est pas d’illusion si vacillante, ni si nécessaire. Les empires ne meurent pas de leurs blessures de guerre. Ils s’écroulent dès lors que la machine à rêve faillit.
Commenter  J’apprécie          160
Adriatik   18 septembre 2018
Maîtres et Esclaves de Paul Greveillac
Avant de peindre la vie, il faut la comprendre…
Commenter  J’apprécie          160
fanfanouche24   12 septembre 2018
Les âmes rouges de Paul Greveillac
Vladimir Sergueïevitch conduisait solitaire son coeur et sa raison sur une route de campagne dénuée d'éclairage, que nul panneau ne jalonnait. Et la lecture clandestine des samizdats, -tamizdat- et autre écrits réprouvés ne lui avait pas servi à se forger une opinion. Elle n'avait fait que confirmer celle-ci. "Si vous détruisez les statues, préservez les socles. Ils peuvent toujours servir ", écrivit Jerzy Lec. Vladimir Katouchkhov n'était plus très sûr de ce qu'il avait fait de son socle. (p; 260)
Commenter  J’apprécie          160
fanfanouche24   28 août 2018
Maîtres et Esclaves de Paul Greveillac
Dans le village, il n'y avait plus de vieux. Il y avait en revanche beaucoup d'enfants, très jeunes. La famine avait dévoré la base et le sommet de la pyramide des âges. L'avait rabotée jusqu'à en faire une tige de bilboquet. (p. 111)
Commenter  J’apprécie          160
enjie77   10 décembre 2018
Les âmes rouges de Paul Greveillac
A cette époque moderne où personne ne lisait plus, censeurs y compris, l'opiniâtreté de Katouchkov à lire de bout en bout les manuscrits qui lui étaient soumis, à ne pas décoller l'arrière-train de son siège tant que la lecture d'une ligne, d'un paragraphe ou d'un chapitre n'était pas terminée, lui avait valu le sobriquet fleuri de "Sueur de cul!". Et comme tout en U.R.S.S. finissait par se voir désigner par son acronyme, on ne l'appela bientôt plus autrement que par S.D.C. Mais la phonétique en étant décidément tentante : on finit par s'accorder sur S.D.Q.

Page 85
Commenter  J’apprécie          150



Acheter les livres de cet auteur sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox



Quiz Voir plus

Arts et littérature ...

Quelle romancière publie "Les Hauts de Hurle-vent" en 1847 ?

Charlotte Brontë
Anne Brontë
Emily Brontë

16 questions
653 lecteurs ont répondu
Thèmes : culture générale , littérature , art , musique , peinture , cinemaCréer un quiz sur cet auteur